Retour sur le 1er mai : Hommage à Guy Rozemont

L’héritage d’un tribun et la reconnaissance des luttes ouvrières à l’île Maurice

Hommage

Le 1er mai, célébré comme la fête du Travail dans de nombreux pays, occupe une place particulière dans l’histoire sociale et politique de l’île Maurice. Cette journée symbolise les luttes des travailleurs pour de meilleures conditions de vie et de travail. À Maurice, elle est indissociable de l’action de Guy Rozemont, figure emblématique du mouvement ouvrier. C’est dans cette optique que la Commission des droits humains a tenu, cette année encore, à rappeler et à rendre hommage à la contribution de ce tribun.

Ce dernier, rappelons-le, présenta en 1949 une motion au Conseil législatif pour faire du 1er mai un jour férié. Son objectif était de permettre aux travailleurs de célébrer leurs droits et leurs luttes. Grâce à cette initiative et à la pression du mouvement ouvrier, le 1er mai devint officiellement un jour férié en 1950 à Maurice.

Au début du  20e siècle, l’île Maurice était marquée par de profondes inégalités sociales héritées du système colonial. Les travailleurs, en particulier dans les plantations sucrières, vivaient dans des conditions précaires : bas salaires, absence de protection sociale et exploitation économique. Les premières célébrations du 1er mai sont apparues à la fin des années 1930, notamment en 1938 au Champ de Mars, où des milliers de travailleurs se sont rassemblés pour revendiquer leurs droits. Cependant, à cette époque, le 1er mai n’était pas encore reconnu officiellement : il s’agissait avant tout d’une journée de mobilisation populaire et syndicale.

Succédant à des figures comme Emmanuel Anquetil et Maurice Curé, Guy Rozemont s’est imposé comme un leader charismatique et engagé. Il défendait une vision fondée sur la justice sociale, la dignité humaine et l’égalité des chances. Son action la plus marquante concernant le 1er mai est survenue en 1949, lorsqu’il a proposé une motion au Conseil législatif visant à faire de cette date un jour férié. Cette initiative répondait à une revendication forte du mouvement ouvrier : reconnaître officiellement les luttes et les sacrifices des travailleurs.

Grâce à son engagement et à la pression populaire, cette revendication a abouti en 1950, lorsque le 1er mai a été proclamé jour férié à Maurice. Cette reconnaissance a marqué une avancée majeure dans l’histoire sociale du pays, en institutionnalisant une journée dédiée aux droits des travailleurs. L’action de Guy Rozemont dépasse largement la question du 1er mai. Il a contribué à poser les bases d’un État plus équitable, en promouvant des réformes sociales et en défendant les droits des plus vulnérables.

Aujourd’hui encore, son héritage se manifeste dans les acquis sociaux dont bénéficient les travailleurs mauriciens. La célébration récente du 1er mai demeure un rappel annuel que ces droits sont le fruit de luttes historiques, et qu’ils doivent être protégés et renforcés.

National Human Rights Commission


Mauritius Times ePaper Friday 29 May 2026

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