Réseaux sociaux et adolescents : le monde commence enfin à s’attaquer à l’addiction numérique
Eclairages
Par A.Bartleby
Le règlement annoncé aux États-Unis entre Meta et les autorités de 48 États américains marque un tournant dans la manière dont les pouvoirs publics considèrent les réseaux sociaux. Meta, propriétaire de Facebook et Instagram, a accepté de verser jusqu’à 18 milliards de dollars et de renforcer considérablement les mesures de protection des enfants et des adolescents. L’accord met fin à une procédure judiciaire historique qui accusait l’entreprise d’avoir conçu certaines fonctionnalités de ses plateformes de manière à retenir les jeunes utilisateurs le plus longtemps possible.
L’addiction aux réseaux sociaux relève-t-elle uniquement de la responsabilité individuelle, ou faut-il aussi responsabiliser les entreprises qui conçoivent ces plateformes ?
L’affaire est importante non seulement en raison de son montant, mais surtout parce qu’elle pose une question qui dépasse largement les États-Unis : peut-on continuer à considérer l’addiction aux réseaux sociaux comme un simple problème de responsabilité individuelle ou doit-on également responsabiliser les entreprises qui conçoivent ces plateformes ?
Selon les éléments de l’accord, Meta devra notamment
– instaurer une limite quotidienne de deux heures pour les adolescents, sauf autorisation parentale,
– interrompre certaines notifications pendant les heures scolaires, et
– renforcer les systèmes de vérification de l’âge.
De plus, des restrictions supplémentaires concerneront les contenus liés au harcèlement, aux troubles alimentaires et à l’automutilation. Les fonctions favorisant la comparaison sociale, notamment l’affichage du nombre de « likes », seront également limitées.
En outre, un auditeur indépendant devra contrôler la mise en œuvre et l’efficacité de ces mesures.
L’accord est particulièrement révélateur parce qu’il ne s’agit plus simplement de demander aux parents de surveiller leurs enfants. Il s’attaque au fonctionnement même des plateformes. C’est une évolution essentielle.
Pendant des années, la responsabilité a largement été renvoyée aux familles : limiter le temps d’écran, confisquer le téléphone, contrôler les applications. Mais comment demander à des parents de rivaliser avec des algorithmes conçus par des équipes d’ingénieurs et de psychologues pour capter continuellement l’attention des utilisateurs ?
Le montant de 18 milliards de dollars est spectaculaire, mais il faut néanmoins garder le sens des proportions. Il représente une fraction du chiffre d’affaires annuel de Meta. La véritable question sera donc celle de l’impact durable des mesures imposées. Comme le souligne l’ancien responsable de Meta Arturo Béjar, cité dans l’article de l’AP, limiter la durée d’utilisation ne suffit pas nécessairement si le contenu auquel les jeunes sont exposés demeure nocif.
Une réaction qui dépasse les États-Unis
D’autres pays ont compris que le problème exige une réponse réglementaire.
L’Australie a choisi l’une des approches les plus radicales. Depuis décembre 2025, les principales plateformes de réseaux sociaux doivent prendre des mesures raisonnables pour empêcher les moins de 16 ans d’avoir un compte. Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Snapchat, X et Reddit figurent notamment parmi les plateformes concernées. Les entreprises qui ne respectent pas leurs obligations peuvent encourir des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens.
Le Royaume-Uni va également beaucoup plus loin. En juin 2026, le Gouvernement a annoncé son intention d’interdire aux plateformes de fournir leurs services aux jeunes de moins de 16 ans, tout en prévoyant des restrictions supplémentaires pour certaines fonctionnalités dangereuses et des protections renforcées pour ceux ayant 16-17 ans. Ces dernières comprennent notamment des restrictions nocturnes, la désactivation par défaut de certaines notifications et la limitation des fils personnalisés et de la lecture automatique.
L’Union européenne adopte une approche différente, davantage fondée sur la réglementation des plateformes et la vérification de l’âge. La Commission européenne a publié des lignes directrices visant notamment à réduire l’exposition des mineurs aux pratiques favorisant les comportements addictifs, au cyberharcèlement et aux contenus dangereux. Elle développe également un système de vérification de l’âge conçu pour préserver la vie privée.
La France, de son côté, vient encore de renforcer son arsenal législatif avec une loi visant à protéger les mineurs contre les risques liés aux réseaux sociaux, promulguée le 24 août 2026, même si certaines dispositions initialement prévues ont été censurées par le Conseil constitutionnel.
Quelles leçons pour la République de Maurice ?
Cette évolution internationale mérite d’être suivie attentivement à Maurice. Le problème n’est pas de diaboliser Facebook, Instagram, TikTok ou YouTube. Les réseaux sociaux ont aussi une valeur éducative, professionnelle et sociale considérable. Mais il serait naïf de considérer toutes les plateformes comme de simples outils neutres.
Lorsqu’un modèle économique repose en partie sur la captation de l’attention, la protection des enfants ne peut être laissée à la seule bonne volonté des entreprises.
Maurice devrait donc réfléchir à une politique combinant plusieurs éléments : une vérification efficace de l’âge, des paramètres de sécurité renforcés par défaut pour les mineurs, des limites nocturnes et scolaires, une meilleure information des parents et surtout une véritable éducation au numérique dans les écoles.
Il faudrait également éviter une approche purement punitive. Interdire ne suffit pas. Un adolescent privé de TikTok ou d’Instagram — mais laissé sans accompagnement — peut simplement se tourner vers une autre plateforme ou contourner les restrictions.
La priorité devrait être de créer un environnement dans lequel la technologie sert l’adolescent au lieu de laisser le modèle économique de la technologie se servir de lui.
L’accord américain avec Meta constitue donc davantage qu’un règlement financier. Il pourrait annoncer un changement de philosophie : les entreprises technologiques ne peuvent plus demander à la société de supporter seule les conséquences de produits conçus pour retenir l’attention. La question n’est désormais plus de savoir si les réseaux sociaux doivent être réglementés, mais jusqu’où les États sont prêts à aller pour protéger toute une génération qui grandit avec un smartphone dans la main.
* * *
Justice mauricienne : 70 269 affaires en attente, l’urgence d’une réforme systémique
Le rapport annuel du judiciaire pour 2025 dresse un constat à la fois préoccupant et révélateur : la justice mauricienne traite un volume considérable d’affaires, mais peine à réduire son stock de dossiers en attente. Au 31 décembre 2025, pas moins de 70 269 affaires demeuraient en attente de jugement devant les tribunaux, contre 66 919 un an plus tôt, soit une progression de 5 %. À lui seul, ce chiffre traduit l’ampleur du défi auquel fait face l’appareil judiciaire.
Une justice efficace repose autant sur la discipline procédurale et la préparation des dossiers que sur les ressources judiciaires et le respect des délais par tous les acteurs
La situation est particulièrement préoccupante au pénal. Sur l’ensemble des affaires en attente, 57 212 sont criminelles, contre 13 057 civiles. Dans le même temps, le nombre de nouvelles affaires continue d’augmenter. En 2025, 92 649 dossiers ont été introduits devant les juridictions mauriciennes, contre 88 586 en 2024, soit une hausse de 4,6 %. Les nouvelles affaires criminelles ont notamment atteint 78 189, contre 74 384 l’année précédente.
Le problème n’est donc pas simplement celui d’une justice qui fonctionnerait lentement. Il s’agit d’un déséquilibre entre le nombre de dossiers qui entrent dans le système et la capacité de celui-ci à les traiter rapidement. En 2025, 88 470 affaires ont été disposées, contre 93 521 en 2024. Autrement dit, davantage de dossiers sont entrés alors que le nombre de dossiers traités a diminué. Dès lors, le stock ne pouvait que s’accroître.
Paradoxalement, le rapport fait également état d’une progression importante des condamnations. Quelque 48 231 infractions pénales ont abouti à une condamnation en 2025, contre 43 554 en 2024, soit une augmentation de 10,7 %. Les hausses sont particulièrement fortes pour les agressions (+79,1 %), les vols qualifiés (+44,1 %) et les affaires de fraude, faux et contrefaçon (+79,7 %). Les condamnations pour homicide ont également progressé de 23,5 %.
Toutefois, il convient de ne pas confondre condamnation et emprisonnement. Sur les 48 231 condamnations prononcées, seulement 5 966, soit 12,4 %, ont entraîné une peine privative de liberté. Les autres sanctions ont notamment pris la forme d’amendes, de travaux communautaires ou de mesures de probation.
Les chiffres des Assises sont, eux aussi, significatifs. Les condamnations sont passées de 54 en 2024 à 104 en 2025. Les condamnations pour infractions liées aux drogues ont plus que doublé, passant de 30 à 63, tandis que celles pour meurtre sont restées stables, à sept.
La criminalité financière constitue un autre foyer de pression. À la Financial Crimes Division de la cour intermédiaire, 74 affaires ont été enregistrées en 2025, contre 60 en 2024. Mais seulement 46 dossiers ont été disposés, contre 58 l’année précédente. Le stock est ainsi passé de 148 à 176 affaires. À la cour intermédiaire, les nouvelles affaires criminelles ont bondi de 282 à 430, soit 52,5 % de plus.
Derrière ces statistiques se trouve également un problème récurrent : les audiences qui n’aboutissent pas comme prévu. L’absence de témoins représentait 40,3 % des raisons de report le jour même du procès. Dans les cours de district, cette proportion atteignait 44,4 %. À la Financial Crimes Division, les motions présentées par les avocats représentaient 55,4 % des reports.
Cette réalité soulève une question essentielle : combien de temps et de ressources sont perdus lorsque les audiences sont fixées sans que toutes les conditions nécessaires à leur tenue soient réunies ? Une justice efficace ne dépend pas uniquement du nombre de juges, de magistrats ou de salles d’audience. Elle dépend aussi de la discipline procédurale, de la disponibilité des témoins, de la préparation des dossiers et de la capacité de tous les acteurs à respecter les échéances.
Les cours de district restent au cœur de cette activité. Elles ont enregistré 81 932 affaires civiles et criminelles en 2025, contre 78 489 en 2024. Pourtant, les affaires clôturées sont passées de 82 619 à 77 698. La cour de district de Pamplemousses, à elle seule, a enregistré 11 686 nouvelles affaires dans les juridictions rurales.
Le rapport révèle aussi une réalité sociale préoccupante : les demandes relevant de la “Protection from Domestic Violence Act” sont passées de 1 507 à 1 709. Sur les 1 690 demandes reçues en 2025, 1 667 concernaient des “Protection Orders” et 93 % des demandes introduites par des conjoints ou partenaires provenaient de femmes.
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Canada–États-Unis : quand le commerce devient un rapport de forces
La confrontation commerciale entre le Canada et les États-Unis prend une tournure qui dépasse largement la question des droits de douane. Elle pose une question fondamentale : jusqu’où un pays doit-il accepter les exigences d’un voisin beaucoup plus puissant pour préserver une relation économique privilégiée ?
Pour Mark Carney, le Canada ne peut « battre » les États-Unis, mais peut leur montrer que la pression permanente a un coût et qu’un partenaire économique n’est pas un pays vassal. P – Adrian Wyld-AP
Dans une analyse publiée le 26 août 2026, Eric Van Rythoven, chargé de cours en sciences politiques à Carleton University, examine le changement spectaculaire de posture du Premier ministre canadien Mark Carney face à Donald Trump. Après avoir privilégié la conciliation, Ottawa a décidé de suspendre les négociations commerciales avec Washington, estimant que les dernières propositions américaines étaient « injustes, non économiques » et remettaient en cause la fiabilité d’un éventuel accord.
Cette rupture intervient alors que les nouveaux tarifs douaniers américains de 50 % frappant certains produits canadiens viennent d’entrer en vigueur. Selon les premières estimations citées par Van Rythoven, quelque 90 000 emplois canadiens pourraient être menacés.
Le changement est d’autant plus significatif que Carney avait jusqu’ici adopté une approche prudente. En mai, il plaidait encore pour une plus grande intégration économique entre les deux pays. Mais Washington aurait finalement demandé beaucoup plus qu’il n’était disposé à offrir. Le Canada devait notamment accepter des droits de douane élevés sur l’automobile, l’acier, l’aluminium et le bois, tout en faisant face à des demandes touchant directement certains aspects de sa souveraineté.
Parmi les exigences les plus sensibles figureraient celles concernant la protection de la langue française et la capacité du Canada à choisir librement ses partenaires commerciaux. Carney a résumé sa position en des termes particulièrement fermes : le Canada ne peut accepter ce qui lui est proposé ni donner ce qui lui est demandé.
C’est là que se situe, à mon sens, l’enjeu essentiel de cette crise. Un accord commercial ne peut être durable lorsqu’il devient un instrument de pression politique et qu’une partie cherche à imposer à l’autre des concessions qui dépassent le strict cadre économique. Le libre-échange suppose normalement des avantages réciproques et des règles relativement prévisibles. Lorsque les tarifs douaniers deviennent un moyen de contraindre un partenaire à modifier ses politiques intérieures, la logique commerciale cède la place au rapport de forces.
La riposte canadienne marque donc un tournant. Alors qu’une majorité de Canadiens se déclarait déjà favorable à des mesures de représailles, Carney s’est désormais engagé à répondre dollar pour dollar. Certains responsables politiques vont même plus loin, envisageant des mesures touchant la coopération militaire et les achats d’équipements américains.
Mais le Canada doit également éviter de tomber dans le piège d’une escalade incontrôlée. Les États-Unis demeurent de loin l’économie la plus puissante et disposent d’une capacité de nuisance considérable. Une guerre commerciale prolongée pourrait coûter cher aux deux pays, notamment aux consommateurs et aux entreprises.
Van Rythoven souligne toutefois une faiblesse souvent sous-estimée de Washington : sa dépendance à certains produits canadiens essentiels, notamment le pétrole, l’électricité, l’aluminium et le bois. Les représailles canadiennes peuvent donc également provoquer une hausse des coûts pour les entreprises et les consommateurs américains. Le rapport de forces n’est pas aussi simple qu’il y paraît.
Plus profondément, cette crise oblige le Canada à revoir sa conception de ses relations avec son voisin. Pendant longtemps, Ottawa a considéré les tensions avec une administration Trump comme temporaires, en espérant un retour à la normalité après son départ. Une autre vision s’impose désormais : si les exigences américaines restent sans réponse, elles pourraient créer un précédent dont de futures administrations seraient tentées de s’inspirer.
La leçon dépasse d’ailleurs le Canada. Face à une grande puissance, la meilleure réponse n’est pas nécessairement la confrontation, mais la capacité à définir clairement ses lignes rouges et à défendre ses intérêts avec sang-froid. La fermeté n’exclut pas le dialogue ; elle peut – au contraire – lui donner un cadre plus équilibré.
Pour Mark Carney, le véritable défi sera donc de transformer cette nouvelle fermeté en stratégie durable. Il ne s’agit pas de « battre » les États-Unis – le Canada ne le peut pas – mais de démontrer qu’une relation fondée sur la pression permanente a également un coût pour Washington. Dans ce bras de fer, le Canada ne cherche peut-être pas la victoire. Il cherche surtout à rappeler qu’un partenaire économique n’est pas un pays vassal.
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Investissements directs étrangers : Maurice confirme son attractivité, mais fait face au défi de la diversification
Les chiffres récents de la Banque de Maurice confirment la vitalité des investissements directs étrangers (IDE). Après une année 2025 particulièrement dynamique marquée par des flux bruts hors Global Business atteignant 48 milliards de roupies — soit une progression de près de 46 % sur un an —, la tendance se maintient en ce début d’année 2026, avec près de 6 milliards enregistrés dès le premier trimestre.
Ce rebond spectaculaire, loin des creux de la période pandémique, témoigne de la confiance renouvelée des investisseurs internationaux, menés par le Royaume-Uni, la France et l’Afrique du Sud.
Cependant, cette embellie financière met en lumière une vulnérabilité structurelle bien connue : l’hyper-concentration des capitaux. En 2025, l’immobilier et la finance ont capté à eux seuls plus de 83 % des IDE (environ 45 % pour la pierre à travers les régimes dédiés tels que l’IRS, le PDS ou les Smart Cities, et près de 40 % pour les services financiers et d’assurance). À l’inverse, les secteurs productifs et manufacturiers continuent de marquer le pas.
Les pièges d’une dépendance excessive à l’immobilier
L’orientation massive des IDE vers l’immobilier de prestige et les programmes résidentiels génère des rendements à court terme, mais comporte des risques macroéconomiques et sociaux considérables qui ont été amplement documentés à travers le monde.
L’inflation foncière et l’exclusion des résidents locaux : Lorsque les flux étrangers se déversent massivement dans la pierre, les prix des terrains et de l’immobilier résidentiel se déconnectent rapidement du pouvoir d’achat de la population locale. Ce phénomène crée une crise du logement endémique, rendant l’accès à la propriété quasi impossible pour les jeunes ménages et les classes moyennes.
La vulnérabilité macroéconomique : Une économie trop dépendante de la construction et de la promotion immobilière devient extrêmement sensible aux fluctuations des marchés internationaux, aux taux d’intérêt mondiaux et à la confiance des investisseurs fortunés. En cas de retournement conjoncturel, c’est toute la chaîne de valeur (bâtiment, emplois induits, services) qui subit un choc brutal.
Le mythe de la diversification productive : Contrairement aux investissements dans l’industrie manufacturière de pointe, les technologies ou les services à forte valeur ajoutée, l’immobilier ne génère qu’un nombre limité d’emplois durables et qualifiés à long terme, tout en exerçant une pression accrue sur les infrastructures publiques (routes, eau, électricité, gestion des déchets).
Surchauffe immobilière liée aux IDE : quelles solutions à l’étranger ?
Face à la flambée des prix et aux pressions spéculatives, plusieurs nations ont mis en place des mesures énergiques pour réguler l’investissement étranger dans l’immobilier.
La Nouvelle-Zélande : Le pays a adopté dès 2018 la loi sur l’interdiction des achats de biens immobiliers résidentiels par des non-résidents (‘Overseas Investment Amendment Act’), visant spécifiquement à freiner la spéculation internationale et à protéger son marché local du logement.
Le Canada : Ottawa a introduit des interdictions temporaires sur l’achat de logements résidentiels par des non-Canadiens, tout en instaurant des taxes fédérales et provinciales alourdies sur les biens vacants ou détenus par des non-résidents pour décourager les acquisitions purement spéculatives.
Singapour : Célèbre pour sa maîtrise du marché foncier, la cité-État impose des droits de mutation additionnels très élevés (‘Additional Buyer’s Stamp Duty’ ou ABSD) pour les acheteurs étrangers — pouvant atteindre des taux dissuasifs –, protégeant ainsi l’accessibilité au logement pour ses citoyens tout en canalisant les IDE vers des secteurs technologiques et industriels de pointe.
Le défi mauricien
Pour Maurice, le défi des prochaines années ne consiste plus seulement à attirer des volumes de capitaux, mais à en orienter la trajectoire. Transformer cette attractivité financière et immobilière en un véritable levier de transformation structurelle exigera des incitations audacieuses en faveur de l’innovation, de la transition énergétique et des industries d’exportation.
Faute d’une telle réorientation, le pays risque de bâtir sa croissance sur des sables mouvants, où la prospérité affichée par la pierre se paiera par une fracture sociale et un coût de la vie intenable pour les Mauriciens.
Mauritius Times ePaper Friday 28 August 2026
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