“Les Mauriciens ont vu les alliances ; ils attendent désormais un gouvernement qui gouverne”

Interview : Nando Bodha, Leader du Rassemblement Mauricien

* ‘Un retour au MSM ne serait que pour sauvegarder les valeurs et les principes de Sir Anerood’

* ‘Paul Bérenger reste une personnalité importante de la vie politique mauricienne’


Après la victoire historique de l’Alliance du Changement, le paysage politique mauricien est en pleine recomposition. Face aux difficultés du Gouvernement et à une opposition qui cherche à se structurer, Nando Bodha, leader du Rassemblement Mauricien, analyse les nouveaux rapports de force, l’avenir des différentes formations politiques et les perspectives d’un grand rassemblement. Il évoque également son propre positionnement et sa vision pour la prochaine décennie.


Mauritius Times: La victoire de l’Alliance du Changement a profondément rebattu les cartes, avec l’affaiblissement spectaculaire du MSM. Mais ce nouvel équilibre reste fragile : le Gouvernement dispose d’une large majorité, tandis que l’opposition cherche encore ses repères et tente de se recomposer. Quelle analyse faites-vous de cette nouvelle situation politique, et pensez-vous que cette configuration est appelée à s’inscrire dans la durée ?

Nando Bodha: Après la belle victoire de l’Alliance du Changement, il y a eu un revirement très rapide. La période d’exaltation n’a pas duré longtemps. La communion avec le peuple est terminée. La population fait face à des difficultés liées au coût de la vie et à la hausse du trafic de drogue, tout en exprimant une déception face aux engagements pris mais non tenus.

Il y a un déficit de confiance dans le pays et une colère dans la rue. L’Opposition est divisée, certes, mais elle est présente tant au Parlement que dans les manifestations. Ses forces se dégagent à plusieurs niveaux, parfois structurées, parfois spontanées.

La victoire de l’Alliance du Changement a créé une nouvelle réalité politique qu’il faut respecter. Mais aucune situation politique n’est permanente. L’histoire nous enseigne qu’un gouvernement ne se maintient pas durablement grâce à sa majorité parlementaire. Il se maintient grâce à sa capacité à répondre aux attentes des citoyens. C’est cela qui fera la différence : « Une majorité se mesure en sièges tandis qu’un gouvernement se mesure en résultats. » Au fond, le Mauricien ne se pose qu’une seule question : Est-ce que je vis mieux qu’en 2024 ?

Pensons donc à leurs préoccupations. Ont-ils davantage de pouvoir d’achat ? Les services publics fonctionnent-ils mieux ? Les jeunes voient-ils davantage de perspectives d’avenir ? L’économie crée-t-elle davantage d’opportunités ? Les institutions fonctionnent-elles mieux ?Et la démocratie ainsi que la liberté se portent-elles mieux ? Il est difficile d’anticiper l’avenir, mais de nombreux événements se profilent, tant sur le plan politique que social.

* Malgré les résistances rencontrées par le gouvernement de l’Alliance du Changement, notamment sur la réforme des pensions, et une marge de manœuvre budgétaire relativement limitée en raison des largesses du précédent gouvernement, rien ne semble indiquer, à ce stade, que le gouvernement soit réellement menacé. Comment évaluez-vous aujourd’hui sa solidité politique et sa capacité à maintenir le cap de ses réformes ?

La survie du gouvernement est liée au nombre de députés, mais il a déjà perdu la majorité au sein de la population. Il a perdu sa confiance. Vous parlez du cap des réformes. La question est la suivante : quelle est la feuille de route des réformes ? La façon dont la réforme des pensions a été imposée a été un désastre.

En fait, les réformes sont très attendues. Le gouvernement doit comprendre que l’on ne peut pas gouverner en imposant sa politique sur des sujets qui touchent tout le monde, sans dialogue, sans consensus et sans considération de la dimension humaine. La résistance est liée à cet aspect fondamental et tout dépendra de la façon dont le gouvernement fera face à cette réalité.

Mais je crois que l’Opposition commettrait une erreur si elle passait son temps à attendre son échec. Le gouvernement a été élu pour gouverner. Il doit être jugé sur son action. L’Opposition, elle, a une autre responsabilité. Elle doit construire une alternative crédible. La vraie question n’est pas : Quand le gouvernement va-t-il échouer ? Mais c’est la suivante : L’Opposition sera-t-elle prête lorsque les Mauriciens demanderont une alternative?

* Il semble se dessiner un mouvement vers une reconfiguration de l’opposition. Rama Valayden et Neelkant Dulloo ont tous deux rejoint le FPM de Paul Bérenger, encore à ses débuts, et il semblerait que d’autres ralliements soient en préparation. Assiste-t-on réellement à une reconfiguration de l’opposition, et pourquoi si tôt ? Les élections ne sont pas pour demain, du moins le présume-t-on ?

Il y a une urgence dans la rue et l’Opposition est appelée à grandir et à se structurer davantage. Il y aura beaucoup de permutations à venir. Je suis sûr que certains, au Gouvernement, pourraient se joindre à l’Opposition au fil du temps. Le bilan du Gouvernement se détériore et il y aura une plus grande pression au niveau des mandants dans les circonscriptions.

La marmite politique va continuer à bouillir, car le peuple cherche des solutions politiques concrètes face à ses préoccupations qui augmentent quoditiennement. Face aux vrais problèmes de la population – la cherté de la vie, le commerce extrêmement grave de la drogue, la fuite de notre jeunesse ailleurs -, il y a dans le pays un sentiment qu’il y a une urgence, ou plutôt une désespérance. Il y a dans la tête de beaucoup de gens : « Encore trois ans…».

Assiste-t-on actuellement à une reconfiguration de l’opposition ?, me demandez-vous.  Oui, incontestablement. Après un bouleversement électoral d’une telle ampleur, il est naturel que les forces politiques cherchent à se repositionner. Mais je crois que nous accordons parfois trop d’importance aux mouvements individuels et pas assez à l’essentiel : le véritable enjeu n’est pas de savoir qui rencontre qui, mais quelle vision nous proposons aux Mauriciens.

Les citoyens veulent savoir où va le pays, quelles sont les priorités, qui est capable de les mettre en œuvre et comment les résultats seront évalués. Je crois que Maurice doit entrer dans une nouvelle phase de son développement. Au fond, le principal défi mauricien aujourd’hui n’est pas seulement économique ou politique : c’est un défi de confiance.Il s’agit d’avoir confiance dans nos institutions, dans notre économie, dans la capacité du pays à créer des opportunités, et dans l’avenir.

Lorsqu’un pays commence à douter de lui-même, tout ralentit : les investissements freinent, l’innovation stagne et les talents regardent ailleurs. À l’inverse, lorsque la confiance revient, les énergies se libèrent. C’est la raison pour laquelle la reconstruction de cette confiance doit devenir une priorité nationale.

Pendant longtemps, nous avons principalement débattu de politique politicienne. Nous devons désormais débattre davantage de productivité, d’innovation, d’éducation, d’énergie, de compétitivité et de qualité de nos institutions. Le véritable défi consiste à savoir comment Maurice pourra créer davantage de richesse tout en renforçant la cohésion sociale.

C’est cette conversation nationale qui manque aujourd’hui, et voilà pourquoi je continue de défendre une idée simple : « L’alliance doit être la conséquence du projet, et non le projet lui-même. » Si nous commençons par l’attribution des postes, nous construisons quelque chose de fragile ; si nous commençons par la vision, nous construisons quelque chose de durable.

Il faut le mouvement des idées qui dynamise le mouvement des personnes.

* Vous avez parlé récemment de la nécessité de rassembler les forces d’opposition. Pourquoi cette unité est-elle si difficile à réaliser ? Est-ce principalement dû aux ambitions personnelles des différents leaders — notamment à celle de devenir Premier ministre ?

Pour moi, ce n’est pas le poste de Premier ministre qui doit primer, mais un programme, une vision et un consensus au sein d’une équipe. Cela devrait aider à dépasser les ambitions personnelles. Chaque Mauricien doit pouvoir aspirer à diriger notre pays, mais l’important, c’est que c’est le peuple qui décide en fin de compte..

J’ai toujours voulu un grand rassemblement, surtout quand il y a des abus que le peuple ne peut pas supporter, et je vais renouveler cet appel aux hommes et aux femmes de bonne volonté.

Pourquoi l’unité de l’Opposition reste-t-elle aussi difficile à construire ? Parce que l’unité ne se décrète pas. Elle se construit. Je pense que, trop souvent, nous essayons de construire une coalition avant de construire un projet national. C’est une inversion des priorités. Toutefois, il est certain  qu’il existe des ambitions personnelles. Dans toute démocratie, c’est normal.

Mais le véritable défi est ailleurs. Il consiste à répondre à une question fondamentale :Quel avenir voulons-nous construire pour Maurice? Et j’ajouterai :  voulons-nous simplement gérer les difficultés du présent ou voulons-nous préparer le pays aux transformations qui s’annoncent ?

L’intelligence artificielle, les mutations du travail, la transition énergétique, les enjeux climatiques et la concurrence internationale vont redessiner les économies du monde entier. Maurice ne peut pas se permettre d’attendre. Nous devons anticiper.

Si nous partageons une même destination, un même destin, beaucoup de divergences deviendront secondaires. Si nous ne partageons pas cette même destination, aucune alliance ne résistera à l’épreuve du temps.

La situation économique est difficile et les problèmes pour une relance sont réels, compte tenu de l’héritage de ces dernières années. Que faut-il faire? Rétablir la confiance pour l’investissement et l’innovation. Relancer la dynamique de prise de décisions pour les niches et créneaux où Maurice peut exceller, trouver des solutions immédiates pour le pouvoir d’achat et la formation, et revaloriser le travail et l’effort.

Sur le plan social, il semble que nous ne soyons pas à l’abri de débordements qui pourraient créer des tensions au sein du tissu social. J’ai très peur que nous ne devenions un narco-État et  que l’argent de la drogue détruise tout, incluant la culture du travail et notre modèle économique.

Il faut un sursaut dans l’urgence, avec la participation de toutes les forces nationales. Les classes pauvres ne mangent plus à leur faim, la classe moyenne est en train de disparaître, l’accès à la terre est impossible aujourd’hui.

* Que pensez-vous du Front Militant Progressiste (FMP), créé par Paul Bérenger après son départ du MMM ? Peut-il réellement s’imposer comme une nouvelle force politique, ou risque-t-il de rester essentiellement un mouvement construit autour de la personnalité de Paul Bérenger ?

L’avenir nous le dira certainement. Dans tous les cas de figure, le FPM est très actif et je suis convaincu qu’il réussira à réunir la grande famille militante. Il en a le potentiel. Paul Bérenger reste une personnalité importante de la vie politique mauricienne.

* Chetan Baboolall est aujourd’hui Leader de l’Opposition et représente une nouvelle génération au sein du FPM. Le fait qu’il occupe désormais cette fonction change-t-il votre perception du FPM et de son potentiel politique ? Pensez-vous qu’il puisse contribuer à faire évoluer le mouvement au-delà de Paul Bérenger ?

Le poste de Leader de l’Opposition est un poste clé. Il permet une action politique très efficace au Parlement et dans le pays. C’est une force de frappe pour être la voix du peuple et interpeller le Gouvernement sur les grandes questions, les grands dossiers, les scandales, et poser les questions dont la population exige une réponse.

Faire évoluer le mouvement au-delà de Paul Bérenger ? L’avenir nous le dira. Mais le FPM permet à Paul Bérenger de mener ce combat constant qui a été le sien depuis toujours.

Toute émergence de nouvelles figures est positive pour notre démocratie. Maurice a besoin de renouvellement. Cependant, le renouvellement ne se résume pas à une question d’âge. Il doit se traduire par de nouvelles idées et une nouvelle capacité à répondre aux défis du monde dans le futur.

Aujourd’hui, lorsque je pense à l’avenir du pays, je pense d’abord à nos jeunes.Nous ne pouvons pas accepter qu’une partie de notre jeunesse considère l’émigration comme sa seule meilleure perspective. Ce qui m’inquiète le plus, ce n’est pas que certains jeunes partent. Maurice a toujours été ouverte sur le monde. Ce qui m’inquiète, c’est qu’ils partent parce qu’ils ont perdu confiance dans les perspectives ici.

Notre responsabilité collective est de leur redonner des raisons de croire en leur avenir à Maurice. Nous devons leur redonner confiance dans la classe politique – dans la politique avec ses lettres de noblesse -, pour s’engager à bâtir le pays.

* Paul Bérenger a confirmé avoir eu des contacts avec vous. Qu’est-ce qui pourrait vous convaincre de rejoindre le FPM et, inversement, quelles seraient les conditions qui vous feraient refuser une telle alliance ?

J’ai rencontré beaucoup de leaders politiques, mais aussi des observateurs politiques, des acteurs de la société civile et des « captains of industry » sur l’évolution de la situation dans le pays. Avec Paul Bérenger, nous avons discuté des grands problèmes, de la situation économique et sociale, et de la manière dont on en est arrivé là. Nous allons continuer à approfondir ces discussions. Je ne raisonne pas en termes de partis politiques mais en termes de projet.

J’ai ma propre vision, claire et précise, sur ce que je veux faire pour diriger le pays, sortir du gouffre où nous sommes aujourd’hui et préparer l’avenir.

Je suis prêt à travailler avec tous ceux qui partagent certaines convictions essentielles : la confiance dans les institutions, la bonne gouvernance, la transparence, la compétence, la responsabilité et la préparation de Maurice pour les décennies à venir. Encore une fois, « l’alliance doit être la conséquence du projet, et non le projet lui-même. »

* Êtes-vous toujours convaincu qu’un parti politique indépendant peut s’imposer à Maurice en dehors des grandes formations traditionnelles et des alliances électorales ?

Il y a quelque chose qui a changé fondamentalement : il y a de plus en plus de personnes qui souhaitent non pas un changement, mais une transformation de notre pays pour les générations futures.

Pour moi, c’est clair que seule une grande plateforme – avec des hommes et des femmes de bonne volonté, ayant la compétence et l’intégrité pour diriger le pays – peut s’imposer aux prochaines élections. Le peuple ne souhaite pas des « 60-0 » qui créent d’immenses espoirs se terminant en catastrophe, mais un gouvernement solide qui prend les décisions qu’il faut, et ce, dans son intérêt.

Notre système électoral favorise naturellement les regroupements. C’est une réalité. Mais l’influence politique ne se mesure pas uniquement en sièges. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de contribuer à bâtir une alternative sérieuse, crédible et capable de gouverner. Les Mauriciens ont déjà vu des alliances ; ce qu’ils attendent désormais, c’est un gouvernement prêt à gouverner : avec une équipe, un plan, des priorités claires et des résultats mesurables.

* Vous avez aujourd’hui plusieurs options : poursuivre le combat avec le Rassemblement Mauricien, vous rapprocher du FPM ou participer à une plateforme plus large de l’opposition. Quelle voie vous paraît aujourd’hui la plus crédible ?

Je travaille avec le Rassemblement Mauricien à trois niveaux : d’abord sur les idées novatrices, ensuite sur la formation des cadres et, surtout, sur l’écoute du terrain. Je vais à la rencontre de beaucoup de Mauriciens, jeunes et moins jeunes, issus de tous les milieux…Le désir d’une transformation de notre société est omniprésent et pressant… C’est une idée qui fait son chemin depuis quelque temps : sortir des formules connues.

Je consolide le Rassemblement Mauricien avec des personnalités qui se joignent à nous pour mener ce combat. Le programme que nous allons proposer compte beaucoup, et surtout la détermination de le mettre en pratique. Le plus important, c’est avant tout de maintenir une présence permanente sur le terrain, d’être à l’écoute et de proposer de vraies solutions.

La voie la plus crédible est celle qui conduit à un gouvernement prêt à gouverner.Les Mauriciens ne veulent plus découvrir une alliance quelques semaines avant une élection. Les Mauriciens ne cherchent pas une addition des partis. Ils cherchent une solution pour le pays. Ils veulent savoir qui dirigera, avec quelle équipe, selon quel programme, avec quels objectifs et de quelle manière les résultats seront mesurés.

Je pense que le pays a besoin d’une culture politique davantage centrée sur la performance et la responsabilité. Par exemple, lorsqu’un hôpital ne répond pas aux attentes ou lorsqu’une administration accumule les retards, les citoyens doivent pouvoir constater les progrès réalisés par un gouvernement en place.

Lorsque l’émission d’un permis prend six mois au lieu de quelques semaines, c’est un problème de compétitivité ; lorsqu’un patient attend trop longtemps pour accéder à certains soins, c’est un problème de gestion et de gouvernance ; et lorsqu’un jeune diplômé ne trouve pas d’opportunité correspondant à ses compétences, c’est un problème de développement économique. Les promesses doivent devenir mesurables et les résultats, vérifiables.

* Un retour au MSM est-il pour vous définitivement exclu, ou pensez-vous qu’une recomposition politique pourrait un jour rendre cette possibilité envisageable ?

C’est une question qui revient presque tous les jours. Je parle avec mes anciens amis qui ont quand même combattu avec moi pendant des années, pas moins de vingt-cinq élections.

Un retour au MSM ne serait que pour sauvegarder les valeurs et les principes de Sir Anerood. C’est certainement celui qui m’a le plus marqué dans ma carrière politique, celui qui m’a donné l’opportunité de servir le pays à plusieurs niveaux. Et je l’ai toujours fait pour être digne de cette confiance.

* Aujourd’hui, Paul Bérenger construit le FPM, Chetan Baboolall émerge comme une nouvelle figure de l’opposition et le MSM cherche à se reconstruire. Où vous situez-vous personnellement dans cette nouvelle carte politique?

Je consolide le RM et je me prépare à un grand rassemblement. Il faut sortir le pays du gouffre où il est plongé. Je me situe donc dans l’espace du rassemblement et de la transformation.

Les dix prochaines années seront déterminantes pour notre nation. Je continue le travail sur le terrain, la mise en place des structures. Je continue à parler avec tous les acteurs politiques. Si ma vision et mes solutions aux problèmes du pays rassemblent tous ceux qui veulent cette transformation que je prône, je me prépare à servir Maurice avec humilité et avec l’écoute, pas dans l’arrogance ou dans un rôle de « one man show ».

Pour moi, un Premier ministre et son équipe doivent être au-dessus de tout soupçon de corruption; ils doivent donner l’exemple d’en haut et prendre les décisions qu’il faut.


Mauritius Times ePaper Friday 11 September 2026

An Appeal

Dear Reader

65 years ago Mauritius Times was founded with a resolve to fight for justice and fairness and the advancement of the public good. It has never deviated from this principle no matter how daunting the challenges and how costly the price it has had to pay at different times of our history.

With print journalism struggling to keep afloat due to falling advertising revenues and the wide availability of free sources of information, it is crucially important for the Mauritius Times to survive and prosper. We can only continue doing it with the support of our readers.

The best way you can support our efforts is to take a subscription or by making a recurring donation through a Standing Order to our non-profit Foundation.
Thank you.

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *