Le Savoir au Service de la Cité : Un Pilier de la Démocratie
Par Nita Chicooree-Mercier
Carnet Hebdo
Philosophes et analystes utilisent les plateformes digitales pour informer et éclairer le peuple. Ce dialogue médiatique permet aux citoyens de valider leurs pensées et de mieux saisir les enjeux sociaux. P – IMDb
Les grands pays dotés d’institutions modernes ont acquis une longue expérience en matière de gouvernance et une maturité dans la garantie de l’exercice démocratique. Les spécialistes, chercheurs, experts et professeurs d’université jouissent d’une totale liberté de s’exprimer sur les sujets qui relèvent de leur compétence et de publier des livres mis à la disposition du public. Leurs travaux explorent des domaines aussi divers que la sociologie, l’histoire, la science, l’économie, la finance, la médecine, la technologie et la politique. En agissant ainsi, ils assument pleinement leur fonction vis-à-vis de la société et des dirigeants politiques, car ces derniers n’ont pas tous la science infuse.
L’engagement des spécialistes répond à un besoin du public : celui d’être informé, d’approfondir sa propre réflexion et de comprendre ce qui se passe autour de lui, dans son environnement social et les grands mouvements ou soubresauts qui secouent le monde. Est-ce que cela signifie que le public est composé d’ignares et d’incultes ? C’est très inégal. Certains sont bien équipés pour aborder et cerner les sujets majeurs qui concernent leur pays et la société tandis que d’autres disposent de peu de loisirs pour s’informer, tant ils sont sollicités par maintes obligations au quotidien. Et d’autres encore n’ont pas les données qui leur permettraient d’appréhender certains sujets. Ce qui compte, c’est qu’à divers degrés, le public trouve des réponses à ses interrogations.
Est-ce que tout le monde se rue vers les livres ? Non. Mais les médias, la presse, les radios et chaînes de télévision prennent le relais en invitant les auteurs à prendre la parole, n’est-ce pas ? Et pour les plus pressés, l’internet assure le service en différé au gré de leur disponibilité. De la même manière, les philosophes, penseurs et observateurs de la scène politique et sociale, sans être forcément bardés de diplômes, jouissent d’une grande liberté pour intervenir dans les médias, offrir une analyse plus approfondie et établir un contact avec leur audience, principalement sur les plateformes digitales.
Le but est de communiquer, d’analyser, d’informer, d’expliquer et d’éclairer les lanternes du bon peuple. Souvent, ce dernier trouve une confirmation ou un écho de ses propres pensées chez les invités de l’espace médiatique. C’est important pour les uns et les autres de ne pas se sentir isolés dans une société constamment menacée par les divisions et un monde où tout va très vite dans le bruit et la fureur.
Le but n’est pas de collectionner des ‘likes’ sur les réseaux sociaux ni de pousser les lecteurs ou l’audience à souscrire à l’opinion des auteurs. Loin de là. Les spécialistes et observateurs ne font que décrire la réalité. Elle est multiple, mais la vérité est une. Au public de s’en rendre compte ou pas.
Créer un espace libre pour que certaines personnalités puissent s’exprimer par écrit ou intervenir dans les médias est un des principes fondamentaux qui régissent les démocraties expérimentées. Cet exercice suscite des débats sains, constructifs et enrichissants. Une classe politique qui valorise le développement intellectuel de la société a tout à gagner à promouvoir le dialogue et créer des ponts entre divers protagonistes.
Mais rien n’est acquis pour de bon. À la conférence de Munich de 2025, le vice-président américain J.D. Vance, dans un discours incisif et sans prendre des gants, laissa les dirigeants européens stupéfaits en leur reprochant de grignoter et même de saboter les valeurs de liberté d’expression de leurs citoyens, d’ignorer leur sentiment d’insécurité, tout en déplorant l’absence de courage dans certaines politiques qui compromettraient l’avenir de leur pays.
Néanmoins, cet espace de liberté de conscience, de pensée et d’expression existe, et c’est aussi aux citoyens responsables et combatifs d’occuper cet espace afin de ne pas laisser les tentations liberticides monopoliser le débat public. Bien entendu, ces pays ont adopté un système qui ouvre la voie aux fonctionnaires que sont les universitaires, chercheurs et analystes pour s’engager en politique ou prendre la parole dans les médias. Qu’en est-il d’autres pays, ces démocraties où le public est privé d’un pont de communication avec ceux qu’il souhaiterait écouter et avec qui il voudrait dialoguer ? Ou tout simplement donner son avis dans les médias, sauf s’ils sont triés sur le volet et s’alignent sur le discours officiel.
Mauritius Times ePaper Friday 12 March 2026
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