Immigration : Le monde ferme-t-il progressivement ses portes ?

Eclairages

Par A. Bartleby

La crise qui vient de secouer Ceuta, enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, illustre de manière spectaculaire le dilemme auquel l’Europe est aujourd’hui confrontée : comment contrôler ses frontières et l’immigration irrégulière tout en restant fidèle à ses engagements humanitaires et en répondant aux besoins économiques d’une population vieillissante ?

Le dilemme auquel l’Europe est aujourd’hui confrontée : comment contrôler ses frontières et l’immigration irrégulière tout en restant fidèle à ses engagements humanitaires. Pic – Center for Migration – Studies- Shutterstock

Fin juillet et début août 2026, Ceuta a connu un afflux migratoire exceptionnel. Selon les dernières informations disponibles, quelque 72 000 personnes seraient entrées dans l’enclave en l’espace d’une semaine, un phénomène sans précédent par son ampleur.

Le bilan humain est également dramatique, avec au moins 141 morts rapportées. Plusieurs milliers de personnes se trouvent encore à Ceuta, tandis que plus de 1 100 mineurs marocains non accompagnés restent confrontés à une situation humanitaire particulièrement difficile.

Il convient toutefois de ne pas présenter cet épisode comme une simple invasion de l’Europe par des migrants. Ceuta est un territoire espagnol et donc un territoire de l’Union européenne, mais elle se trouve géographiquement en Afrique et partage une frontière terrestre avec le Maroc. Une grande partie des personnes concernées sont arrivées en nageant ou en profitant d’un relâchement exceptionnel des contrôles à la frontière marocaine.

L’Europe veut reprendre le contrôle

La crise de Ceuta intervient alors que l’Union européenne tente précisément de mettre en place une politique migratoire plus coordonnée. Le Pacte européen sur la migration et l’asile, dont l’application a commencé en juin 2026, prévoit notamment un contrôle renforcé aux frontières extérieures, un filtrage plus systématique des arrivants et des procédures accélérées pour certaines demandes d’asile. Les personnes qui n’ont pas droit à la protection internationale doivent pouvoir être renvoyées dans leur pays d’origine ou dans un pays tiers sûr, dans le respect du droit européen.

Mais l’Europe est confrontée à une contradiction fondamentale. Elle veut réduire l’immigration irrégulière alors que plusieurs de ses économies ont besoin de travailleurs étrangers. Le vieillissement de la population, la faible natalité et les pénuries de main-d’œuvre dans les secteurs de la santé, de la construction, de l’agriculture, de l’hôtellerie et des technologies rendent difficile une fermeture complète des frontières.

C’est la raison pour laquelle le débat évolue progressivement de la question « immigration ou pas d’immigration ? » vers une question beaucoup plus précise : quelle immigration, pour quels besoins, dans quelles proportions et sous quelles conditions ?

Le même virage au Canada, aux États-Unis et en Australie

Cette évolution n’est d’ailleurs pas propre à l’Europe.

Canada: Après plusieurs années d’augmentation très rapide de la population alimentée par l’immigration et le nombre de résidents temporaires, le gouvernement a entrepris de réduire les niveaux d’admission et de mieux contrôler les travailleurs temporaires et les étudiants étrangers. Le logement, les infrastructures, les services publics et la capacité d’intégration sont devenus des sujets politiques majeurs.

États-Unis: Le débat est encore plus polarisé. La priorité donnée au contrôle de la frontière sud et à la lutte contre l’immigration irrégulière s’est renforcée. Mais l’économie américaine continue parallèlement à dépendre fortement de travailleurs immigrés dans l’agriculture, la construction, la restauration, les soins et certaines professions hautement qualifiées.

Australie: Ce pays connaît une évolution comparable. Les autorités cherchent à réduire certains flux temporaires, notamment ceux liés aux étudiants internationaux, tout en continuant à privilégier les migrants susceptibles de répondre à des pénuries de compétences.

Japon: Ce cas est particulièrement révélateur. Face à une population vieillissante et en diminution, Tokyo ne peut ignorer le besoin de travailleurs étrangers. Le pays reste néanmoins beaucoup plus prudent que les pays occidentaux en matière d’installation permanente. Il cherche donc surtout à développer une immigration de travail ciblée.

Une immigration davantage « choisie »

Ce qui semble se dessiner à travers ces différentes expériences n’est donc pas la fin de l’immigration, mais la fin de l’immigration relativement incontrôlée ou de l’expansion rapide des programmes migratoires.

Les gouvernements veulent davantage sélectionner les migrants en fonction des besoins de leur économie. Les médecins, infirmiers, ingénieurs, informaticiens, chercheurs, ouvriers qualifiés et autres travailleurs répondant à des pénuries précises restent recherchés.

En revanche, les arrivées irrégulières, les réseaux de passeurs et les abus liés aux visas étudiants ou aux programmes de travailleurs temporaires font l’objet d’une surveillance accrue.

La question des étudiants étrangers est particulièrement révélatrice. Le Canada et l’Australie, entre autres, ont découvert qu’un système destiné à attirer des étudiants internationaux peut également devenir, dans certains cas, une voie indirecte vers l’emploi et la résidence permanente. Les gouvernements souhaitent désormais mieux contrôler la qualité des établissements, la pertinence des formations et les possibilités réelles d’emploi.

Une leçon pour Maurice

Ce débat international présente un intérêt direct pour Maurice. Notre économie dépend elle aussi de travailleurs étrangers dans plusieurs secteurs confrontés à des pénuries de main-d’œuvre. La question ne devrait donc pas être simplement de savoir si nous sommes « pour » ou « contre » l’immigration.

La vraie question est plutôt : combien de travailleurs étrangers pouvons-nous accueillir, dans quels secteurs, pour combien de temps, avec quelles conditions de travail et quelles garanties pour la population locale comme pour les travailleurs étrangers ?

L’expérience de Ceuta montre finalement qu’une politique migratoire ne peut reposer uniquement sur la bonne volonté. Elle exige des frontières contrôlées, une coopération efficace avec les pays d’origine et de transit, des procédures d’asile crédibles, une politique de retour applicable et, parallèlement, des voies légales d’immigration adaptées aux besoins économiques.

Le monde semble ainsi entrer dans une nouvelle phase : moins d’immigration incontrôlée, davantage d’immigration sélectionnée, davantage de contrôle et une exigence croissante de réciprocité entre migrants et sociétés d’accueil. Le défi sera de trouver cet équilibre sans sacrifier ni les nécessités économiques, ni la dignité humaine.

 * * *

Le Kreol au Parlement : une réforme linguistique aux enjeux politiques

Le 4 août 2026, le Premier ministre Navin Ramgoolam a présenté à l’Assemblée nationale une motion visant à instituer un Select Committee de 11 membres chargé d’examiner l’introduction du kreol dans les travaux parlementaires. La motion a été adoptée à l’unanimité. Le dossier n’est donc plus une simple proposition faisant l’objet de discussions : il est désormais entré dans une procédure parlementaire formelle.

Mais que devra exactement examiner ce comité ? Et surtout, s’agit-il d’une véritable réflexion ouverte ou d’une étape destinée à préparer la mise en œuvre d’une décision politique déjà largement arrêtée ?

La véritable question qui devrait être posée n’est pas: “Comment introduire le kreol au Parlement ?”, mais une question plus fondamentale : “Quels principes linguistiques doivent régir le Parlement d’une République mauricienne multilingue ?” P – PMO

Une réforme qui dépasse la simple question linguistique

Le Select Committee devra étudier les implications constitutionnelles, juridiques, procédurales, sociolinguistiques, techniques et institutionnelles de l’utilisation du kreol au Parlement. Il pourra entendre des personnes, demander des documents — notamment le rapport du Steering Committee présidé par la Speaker Shirin Aumeeruddy-Cziffra — et avoir recours à des spécialistes.

Les difficultés pratiques sont loin d’être négligeables. L’article 49 de la Constitution prévoit actuellement que l’anglais est la langue officielle de l’Assemblée, tandis que le français peut être utilisé par un député s’adressant au président de séance. Le Standing Order 5 prévoit également que les débats se déroulent en anglais, avec la possibilité d’utiliser le français.

L’introduction du kreol comme langue officielle des débats ne consisterait donc pas simplement à autoriser les députés à s’exprimer en kreol. Une modification constitutionnelle pourrait être nécessaire, de même que des changements aux Standing Orders. Il faudrait également régler les questions d’interprétation, de transcription, de traduction, de terminologie officielle, de logiciels spécialisés et de formation du personnel du Hansard.

Un projet pilote, assorti de règles provisoires, pourrait également être envisagé.

Un comité déséquilibré ?

La composition du comité soulève, elle aussi, une question légitime, même s’il serait excessif de la qualifier de « biaisée » comme un fait établi.

Sur ses 11 membres, neuf appartiennent à la majorité gouvernementale et seulement deux à l’opposition, Joanna Bérenger et Adrien Duval. La majorité est représentée par Arianne Navarre-Marie, Reza Uteem, Mahend Gungapersad, Stéphanie Anquetil, Kevin Lukeeram, Kaviraj Rookny, Richard Duval, Kugan Parapen et Francisco François.

Cette configuration n’est pas, en elle-même, irrégulière : les commissions parlementaires reflètent généralement la composition de l’Assemblée. Mais le cas présent est particulier. Le comité est censé « considérer » une réforme qui pourrait avoir des conséquences constitutionnelles et institutionnelles majeures.

La question est donc de savoir s’il doit véritablement déterminer si le kreol doit être introduit au Parlement ou principalement comment il doit l’être.

Le Premier ministre a insisté sur le fait que le terme « consider » (consider) figurant dans la motion ne préjugeait pas du résultat et que le comité devait travailler en toute indépendance. Il n’en demeure pas moins que la perception publique compte. Pour que le processus soit crédible, son caractère réellement ouvert devra être démontré.

Une décision déjà prise ?

Il serait prématuré d’affirmer que les conclusions du comité sont déjà écrites. Mais plusieurs éléments permettent de penser que l’orientation politique du gouvernement est relativement claire.

Navin Ramgoolam a présenté le kreol comme une langue nationale n’appartenant à aucune communauté particulière et susceptible de contribuer à l’unité nationale. Il s’est également montré favorable à son développement dans l’éducation, reconnaissant avoir eu, dans le passé, certaines réserves qui ont ensuite évolué.

De surcroît, le gouvernement a déjà accepté les recommandations du Steering Committee. Le Select Committee ne part donc pas d’une page blanche.

Il est, dès lors, raisonnable de penser que la question politique fondamentale — la volonté d’introduire le kreol au Parlement — a déjà été largement tranchée. Le travail du comité consistera probablement davantage à déterminer les mécanismes constitutionnels, juridiques et techniques permettant de concrétiser cette orientation.

Et le bhojpuri ?

Maurice est une société profondément multilingue. Le kreol occupe incontestablement une place particulière comme langue de communication quotidienne entre des Mauriciens de différentes origines. Mais le bhojpuri fait également partie du patrimoine linguistique du pays, tout comme le tamoul, le télegou, le marathi, l’ourdou, le mandarin et d’autres langues ancestrales.

Si le principe retenu est qu’une langue mauricienne largement parlée doit avoir sa place au sein de la plus haute institution démocratique du pays, une question évidente se pose : qu’est-ce qui distingue objectivement le kreol du bhojpuri ?

Un enjeu politique et électoral

Le gouvernement doit faire preuve de beaucoup de prudence, car il pourrait donner l’impression d’instaurer une nouvelle hiérarchie linguistique : l’anglais et le français conserveraient leur statut institutionnel, le kreol serait élevé au rang de langue nationale, tandis que le bhojpuri, le tamoul, le télougou, le marathi, l’ourdou, le mandarin et d’autres langues ancestrales resteraient essentiellement cantonnés au domaine culturel. Et l’on peut déjà imaginer cet argumentaire être utilisé avec efficacité par les opposants du PTr lors des prochaines élections générales.

Dans un contexte marqué par les difficultés économiques, la réforme des pensions et diverses tensions politiques, l’introduction du kreol dans les travaux parlementaires s’agit d’une mesure relativement peu coûteuse, mais à forte portée symbolique. Un éventuel « backlash » pourrait apparaître si certains électeurs ont le sentiment que leur langue et leur patrimoine culturel sont relégués au second plan.

Le gouvernement aurait donc intérêt à élargir le débat. Le Select Committee devrait consulter les organisations représentant le bhojpuri, le tamoul, le télegou, le marathi, l’ourdou, le mandarin et les autres langues du pays, entendre des constitutionnalistes et des linguistes, rendre public le rapport du Steering Committee et expliquer les critères justifiant le statut particulier accordé au kreol.

La véritable question ne devrait donc pas être simplement : « Comment introduire le kreol au Parlement ? » Elle devrait être plus fondamentale : « Quels principes linguistiques doivent régir le Parlement d’une République mauricienne multilingue ? »

C’est à cette question que le Select Committee devra répondre.

* * *

‘Electoral Commissioner’ : l’indépendance suffit-elle si elle n’est pas perçue comme telle ?

Le départ prochain à la retraite de l’Electoral Commissioner ouvre une fenêtre d’opportunité qui dépasse largement la simple désignation d’un successeur. Un avis de vacance a déjà été publié et les candidatures doivent être soumises au plus tard le 17 août 2026.

Une élection peut être parfaitement organisée sur le plan technique ; si une partie de la population doute de l’impartialité de l’institution chargée de l’administrer, la crédibilité du processus peut néanmoins être fragilisée. P – Bloomberg

Cette transition pourrait être l’occasion pour Maurice de s’interroger sur une question fondamentale pour toute démocratie : comment garantir que celui qui administre le processus électoral soit non seulement indépendant, mais également perçu comme tel par l’ensemble de la population ?

L’enjeu est d’autant plus important qu’une perception existe — à tort ou à raison — selon laquelle l’Electoral Commissioner ne bénéficierait pas d’une indépendance suffisante. Cette perception ne constitue pas, en elle-même, une preuve d’ingérence politique.

Mais dans le domaine électoral, la confiance du public est presque aussi importante que les garanties juridiques elles-mêmes. Une élection peut être parfaitement organisée sur le plan technique ; si une partie de la population doute de l’impartialité de l’institution chargée de l’administrer, la crédibilité du processus peut néanmoins être fragilisée.

L’indépendance constitutionnelle

Le commissaire électoral occupe une fonction constitutionnelle particulièrement sensible. Le cadre constitutionnel mauricien prévoit également une Electoral Supervisory Commission (ESC). La relation entre les deux institutions mérite cependant d’être mieux comprise, notamment en ce qui concerne leurs responsabilités respectives, leur degré d’autonomie et les mécanismes de contrôle.

Un principe paraît essentiel : l’indépendance opérationnelle ne doit pas être confondue avec l’absence de responsabilité.

l’Electoral Commissioner ne doit évidemment pas être soumis aux instructions du gouvernement du jour lorsqu’il s’agit de décisions relatives à l’administration des élections. Une telle dépendance serait incompatible avec le principe même d’élections libres et équitables. Mais une institution indépendante ne devrait pas pour autant fonctionner sans mécanisme de reddition de comptes.

Dès lors, une question constitutionnelle importante se pose : à qui l’Electoral Commissioner est-il responsable ?

La possibilité de formaliser davantage le lien institutionnel avec l’Electoral Supervisory Commission mérite d’être examinée. L’ESC pourrait-elle exercer un véritable rôle de supervision et de contrôle sans intervenir dans les décisions opérationnelles quotidiennes du Commissioner ? Un tel modèle pourrait permettre de concilier deux impératifs apparemment contradictoires : indépendance dans l’action et responsabilité institutionnelle.

Le mode de nomination

Dans une démocratie, il ne suffit pas que la loi affirme qu’un titulaire soit indépendant. La procédure par laquelle il est choisi doit elle-même inspirer confiance.

Il convient donc de s’interroger sur le mécanisme actuel de nomination et sur la possibilité de l’améliorer. Plusieurs solutions pourraient être envisagées : consultation obligatoire du Leader de l’Opposition, audition ou approbation parlementaire, éventuellement à une majorité qualifiée, ou encore intervention d’une commission indépendante chargée de proposer une liste de candidats répondant à des critères précis de compétence, d’expérience et d’intégrité.

Une participation accrue du Président de la République pourrait également être envisagée, selon le modèle constitutionnel que l’on souhaiterait mettre en place.

L’objectif ne devrait pas être de créer un système dans lequel la nomination devient un marchandage politique. Il devrait, au contraire, faire en sorte qu’aucun gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, ne puisse être soupçonné d’avoir choisi un commissaire électoral en fonction de considérations partisanes.

La sécurité de fonction

La procédure de nomination ne constitue qu’une partie du problème. Un Commissioner peut être nommé de manière parfaitement transparente et perdre son indépendance s’il peut être facilement révoqué ou si ses conditions de fonction peuvent être utilisées pour exercer une pression sur lui.

La durée du mandat, les conditions de révocation, la rémunération et les garanties statutaires sont donc autant d’éléments qui méritent d’être examinés.

La règle devrait être simple : un Electoral Commissioner doit pouvoir prendre une décision qui déplaît au gouvernement sans craindre pour son emploi ou son avenir professionnel.

Zoom sur les autres démocraties

Maurice n’a pas besoin de réinventer entièrement le système. Plusieurs démocraties du Commonwealth ont développé des mécanismes visant à renforcer l’indépendance des autorités électorales.

Le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et l’Inde, entre autres, offrent des modèles différents. Aucun n’est parfait et les structures institutionnelles varient considérablement d’un pays à l’autre. Mais leur expérience permet d’examiner différentes solutions en matière de nomination, de supervision, de responsabilité et de protection contre les interventions politiques.

L’objectif ne devrait cependant pas être de copier mécaniquement un modèle étranger. Il s’agirait plutôt d’identifier les principes susceptibles d’être adaptés au contexte mauricien : transparence, compétence, consensus, sécurité de fonction, responsabilité et indépendance.

Un gardien essentiel de la démocratie

Le commissaire électoral ne constitue évidemment pas, à lui seul, la garantie des élections libres et équitables. La démocratie repose sur un ensemble d’institutions : la justice, les commissions indépendantes, les partis politiques, les médias et, en dernière instance, les citoyens eux-mêmes.

Mais l’administration impartiale du processus électoral constitue un élément essentiel de cette architecture. Le commissaire électoral participe à la préparation et à l’organisation des élections, à la gestion des procédures électorales et à la mise en œuvre pratique du droit de vote.

Il faut donc aller au-delà d’une conception purement juridique de l’indépendance. Une institution électorale doit être indépendante en droit, indépendante dans son fonctionnement et indépendante aux yeux du public, et ce, de manière crédible.

C’est précisément la raison pour laquelle la prochaine nomination devrait être considérée comme étant bien plus qu’un simple exercice administratif.

Le départ du titulaire actuel offre l’occasion d’engager une réflexion plus profonde : la République de Maurice doit-elle revoir l’architecture constitutionnelle et institutionnelle qui encadre l’Electoral Commissioner afin de garantir que son indépendance soit non seulement réelle, mais visible, vérifiable et largement reconnue ?

La question est fondamentale car la confiance dans une élection ne dépend pas uniquement de la liberté dont dispose chaque citoyen pour déposer son bulletin lors des élections. Elle dépend également de la confiance qu’il place dans ceux qui organisent, supervisent et certifient le processus.

L’indépendance d’une institution électorale ne doit donc pas uniquement être affirmée. Elle doit être démontrée — et, surtout, elle doit être crédible aux yeux de tous.


Mauritius Times ePaper Friday 7 August 2026

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