« Le MMM, tout comme le PTr, sont des institutions qui ont la capacité de se réinventer

dans les moments difficiles pour mieux rebondir »

Interview : Jocelyn Chan Low, Historien

Dans le monde contemporain, la démocratie est perpétuée lorsque les élus sont choisis par les citoyens, à l’issue des élections à suffrage universel, libre et secret. Si le principe fondamental de garantir des élections chaque cinq ans est en vigueur dans la République de Maurice, pour autant peut-on parler de l’accroissement de la qualité de la démocratie et, par ricochet, de la qualité de vie et du bien-être des citoyens ? Bien des pays se penchent sur une réforme électorale pour apporter un assainissement de la classe politique et, dans ce sillage, une transformation positive de la société. Mais chaque pays doit faire face à des débats et des arguments, souvent contradictoires, au sein de l’élite politique et des partis politiques en général. Jocelyn Chan Low, historien, explique la situation mauricienne suite aux propositions émanant du Gouvernement pour modifier le système électoral mauricien. 


 

Mauritius Times: Les consultations en vue de trouver un consensus sur la réforme électorale devraient débuter dans les jours à venir. Toutefois, il ne semble pas qu’on y parviendra au regard des intérêts politiques en jeu pour les principaux partis politiques du pays. Qu’en pensez-vous?

Jocelyn Chan Low: Il est presque certain que les discussions se termineront par un deadlock eu égard aux critiques et prises de position des différents groupes de l’opposition présents à l’Assemblée nationale. Les postures et les déclarations des uns et des autres sont totalement irréconciliables.
Le PMSD par exemple est pour le maintien du BLS et le retour au recensement ethnique.
Pour le MMM, la dose de proportionnelle proposée n’est que du bidon.
Le PTr est carrément hostile à l’ensemble des propositions du gouvernement.
Le MP et les députés indépendants ont de même émis des critiques acerbes contre les propositions contenues dans un document très liminaire du Gouvernement. 

* Au-delà de l’embarras que pose la plainte constitutionnelle de Resistans ek Alternativ contre la déclaration de l’appartenance ethnique aux élections et le “ruling” du Comité des Droits de l’Homme des Nations unies, on se demande si les principaux partis politiques du pays et le MSM souhaitent vraiment réformer notre système électoral. Au fond ne souhaitent-ils pas tous le statu quo ?

Il faut souligner qu’il est toujours difficile à mettre en œuvre toute réforme électorale ou constitutionnelle, de surcroît à Maurice où elle doit être avalisée par une majorité de trois quarts de l’Assemblée nationale, à la différence d’autres pays du Commonwealth où une majorité de deux tiers aurait suffi. Ce conservatisme inhérent du système est un legacy des autorités coloniales britanniques qui voulaient que les clauses majeures de la Constitution, notamment en ce qu’il s’agit des droits et de la représentativité politique des minorités dans un pays multiethnique soit entrenched.

Certes, le gouvernement MMM-PSM en abolissant le recensement ethnique en 1982 a rendu le système difficile à maintenir. Mais je me souviens parfaitement qu’à l’époque la direction du MMM avait rejeté la demande des milliers de militants descendus dans la rue et relayée par des backbenchers pour abolir le Best Losers System en soulignant que le gouvernement de 60-0 n’avait point de mandat pour le faire.

Et le PMSD a absolument raison de maintenir que ce qui reste de L’Alliance Lepep n’est lui aussi nullement mandaté pour modifier BLS, car le programme électoral sur lequel il a été élu dit clairement qu’il le maintiendrait.

Et, selon certains échos, certains membres du Gouvernement ne sont guère à l’aise face à cette proposition qui risque d’être très impopulaire dans certains milieux. Quant à la dose de proportionnelle proposée évidemment si elle doit rétablir la différence entre les vainqueurs et les vaincus du « First Past The Post », nous nageons dans le non-sens et la contradiction la plus absolue.

Se pose alors la question si le Gouvernement veut réellement d’une réforme électorale ou si tout cela n’est qu’une posture pour des besoins juridiques, politiques, voire diplomatiques.

Et quant à la loi sur le financement des partis politiques, n’en parlons pas. Certains ont sans doute des intérêts propres (vested interests) pour que toute tentative de mettre fin au money politics soit sabordée.

 * Au fait, au regard du rapport de forces qui se présente sur l’échiquier politique présentement et il semblerait que cela va continuer à prévaloir jusqu’aux prochaines élections générales, l’actuel système électoral devrait jouer à l’avantage du MMM avec des conditions politiques semblables à 1976, non ?

La réponse à votre question ne peut être que nuancée. C’est vrai que dans une lutte à trois, avec le PTr et le MSM se partageant le même électorat et le PMSD considérablement dégonflé depuis la partielle au numéro 18, si le MMM parvient à récupérer une grande partie de son électorat traditionnel, il pourrait théoriquement remporter la joute.

Mais le découpage électoral ou tout au moins les délimitations actuelles des circonscriptions dont le PMSD dénonce, avec raison, les failles et iniquités va jouer contre le parti.

* On peut effectivement dire que les choses se précisent. Elles deviennent plus claires et il faut donc prendre au sérieux les discours des leaders du PTr et du MMM lorsqu’ils affirment qu’ils vont se présenter devant l’électorat, seuls – sans quelques béquilles politiques ?

Evidemment, et je le maintiens toujours, que le jeu des alliances est actuellement complètement bloqué ; non pas pour des raisons idéologiques comme dans les années 1970 mais pour des raisons dynastiques et de personnalités.

L’affaire MedPoint d’un côté et l’arrestation du Dr Navin Ramgoolam pour divers délits allégués de l’autre, a créé un tel gouffre entre le MSM et le PTr que tout raccommodage nous semble relever du domaine de l’impossible. Avec autant de rancunes et de vengeances personnelles à assouvir, on voit mal ces leaders politiques travailler ensemble.

Quant au MMM, malgré sa pratique du realpolitik, il a sans doute tiré des leçons des élections de 2014. L’électorat du MMM est foncièrement hostile à des alliances ou mésalliances. Même la perspective d’un Paul Bérenger Premier ministre pour cinq ans et une parité de candidatures avec le PTr n’a pu convaincre le gros de l’électorat mauve à voter en faveur de l’alliance PTr-MMM. En fait, les militants souhaitent que le parti aille seul aux élections afin de retrouver son identité et sa force de frappe d’antan.

Bien sûr, le PMSD et les groupuscules existants tels que le MP ou d’autres en gestation se retrouvent en eaux troubles. Ils devront se contenter de miettes et poser leur candidature sous la bannière du PTr, par exemple, si jamais ce parti voudrait bien les accommoder. Et ce n’est pas certain que tel soit le cas.

* Une lutte à deux, opposant le PTr au MMM, a l’avantage d’apporter plus de clarification à la chose politique. Mais nous revoilà avec la cassure du pays en deux – comme en 1967. Qu’en pensez-vous?

Mais ce ne sera pas une lutte à deux mais à trois, voire à quatre ! Il ne faudrait surtout pas sous-estimer la capacité de résistance du MSM au PTr.

Il est vrai que la décision de renvoyer les élections villageoises trahit un certain désarroi face à l’électorat rural au sein de ce parti. Donc, ce ne sera pas un scénario à la 1983 où le pays a véritablement connu une cassure comme en 1967.

Et puis beaucoup dépendra de la composition du front bench des divers partis qui s’affronteront au prochain scrutin ainsi que du thème principal de la campagne électorale.

* Est-ce cela que souhaitent ardemment l’électorat du PTr et en particulier celui du MMM ? Paul Bérenger s’en souviendra donc des raisons de l’abstention élevée de militants en décembre 2014 ?

L’électorat du PTr souhaite surtout chasser du pouvoir le MSM de Pravind Jugnauth qu’il considère comme un usurpateur. Quant à l’électorat du MMM, il souhaite surtout retrouver la culture et les pratiques militantes d’antan – c’est-à-dire un vrai engagement auprès des ti-dimounn, en faveur de la méritocratie et surtout pour une véritable moralisation de la vie publique à Maurice. Il voudrait mettre fin au règne de ces politiciens prédateurs de l’Etat qui par leur clientélisme et politique de petits copains créent des catégories de défavorisés dans le pays.

Paul Bérenger l’a bien compris. Et c’est pour cela que non seulement la décision a été prise d’aller seul aux prochaines élections générales mais surtout de renouveler, de rajeunir et de féminiser davantage le parti en attirant des personnes compétentes, proches du terrain et au-dessus de tout soupçon.

* Le MMM se prépare avec sérieux, à ce qu’on voit, avec le recrutement de cadres valables qui se fait présentement et dans les mois à venir. Est-ce pour incarner le renouveau ?

Sheila Bunwaree l’a bien compris en intégrant le MMM, et d’autres vont certainement suivre son exemple. Dans le système actuel, le renouveau politique ne pourra se faire qu’à travers un renouvellement des partis traditionnels.

Croire en une troisième force qui émergera, c’est se condamner à une action politique stérile. Dans les conditions actuelles, c’est carrément de l’infantilisme politique !

Et le MMM, n’a pas été entaché par des scandales politico-financiers. Son fonctionnement, malgré les critiques venant surtout des transfuges, est relativement démocratique. Et les fondamentaux idéologiques de ce parti restent toujours d’actualité. Tout cela réuni, cela peut effectivement incarner ce renouveau auquel aspirent un grand nombre de Mauriciens.

* Paul Bérenger a su ou saura surmonter les petites crises et dissidences qu’a connues le MMM depuis décembre 2014 et qui ont donné naissance au Mouvement Patriotique et récemment encore la Plateforme pour un nouveau MMM ?

Le MMM est une institution et les individus qui partent – à l’exception de SAJ qui a utilisé et abusé à fond de l’appareil d’Etat dont il disposait – sont condamnés soit à devenir des transfuges ou à créer des groupuscules ayant plus de résonances dans les médias que dans l’électorat.

Et ces individus sont condamnés à perdre leur caution si jamais ils se présentent seuls aux élections. C’est la dure leçon qu’on peut tirer de l’histoire politique du pays.

Au fond, ces dissidences qui, à première vue, a semblé être un prélude à l’effritement et à l’effondrement du MMM, nous apparaissent comme un mal nécessaire à l’émergence d’un MMM totalement rajeuni et renouvelé, et qui se positionne aujourd’hui pour combler le vide laissé par la désillusion suscitée par le pourrissement de la moralité politique ; et ceci est, en grande partie, lié aux pratiques et à la culture politique des autres partis traditionnels.

* Les Militants vont donc suivre Bérenger, et personne d’autre ?

Pour le moment et sans doute pour longtemps encore, c’est Paul Bérenger qui incarne le MMM. Nul autre ne s’est autant sacrifié pour le parti et aujourd’hui au moment où à Maurice comme dans d’autres pays d’ailleurs, la moralisation politique est au centre du débat politique, il est l’un des rares politiciens ayant les mains propres après une si longue carrière politique.

* Même pas sa fille, dites-vous? Que deviendra le MMM sans le Bérenger que les militants ont connu depuis les années 70 ?

Joanna Bérenger est très estimée par la base du MMM. Les militants l’ont plébiscitée à l’élection au comité central avec raison. En fait, elle incarne non seulement le militantisme à l’état pur mais aussi le renouveau.

Et autour d’elle, il y a quand même un nombre importants de jeunes, de cadres et d’intellectuels qui ont rejoint le parti. Le MMM, tout comme le PTr, sont des institutions qui ont la capacité de se réinventer dans les moments difficiles pour mieux rebondir.

* Celui qui pouvait aspirer à reprendre le flambeau de Paul Bérenger – Steven Obeegadoo -, aurait dû faire preuve de patience, comme Arvin Boolell au Parti Travailliste, quoi que ce dernier lui-même ne sait pas si cette patience vaut la chandelle. C’est ça ?

Personnellement, je n’ai jamais cru que mon ami Steve aurait pu prendre les rênes du MMM. Certes, il est entré au MMM par conviction mais un parti comme le MMM a besoin d’un homme de terrain à la direction et non d’un technocrate difficilement accessible à ses mandants.

Arvin Boolell, par contre, est lui un député de proximité hors pair mais il est aussi un fidèle du parti et ne tentera rien qui puisse mettre à mal les chances du PTr de remporter les prochaines élections.

* On reviendra à Arvin Boolell plus tard, en attendant dites-nous : n’est-ce pas un pari risqué pour Paul Bérenger et le MMM que de se présenter seul devant l’électorat en 2019 ou 2020 ?

Je ne le crois pas. Par contre, si le MMM contracte une alliance avec le MSM, la synergie entre l’électorat du MMM et du MSM ne se fera pas. Le gros de l’électorat du MMM risque de s’abstenir, voire il pourra aller voter pour un autre parti.

En outre, comme en 2005, un arrangement de partage de pouvoir entre Paul Bérenger et Pravind Jugnauth jouera grandement en faveur du PTr dans les dix circonscriptions rurales.

Mais une lutte à trois ouvre la perspective qu’aucun parti ne remporte au final une majorité absolue. Le MMM, dans ce cas de figure, pourra négocier un accord post-électoral afin qu’il y ait un gouvernement pour diriger le pays. Et on voit mal le PTr et le MSM travailler ensemble.

* Qu’en est-il pour le PTr et Navin Ramgoolam ? Pari risqué également, ou voyez-vous objectivement le PTr détenir de meilleures chances que le MMM de remporter les prochaines législatives ?

Contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer en janvier 2015 après l’arrestation de Navin Ramgoolam, suite à l’affaire des coffres-forts et de Roches Noires, ce dernier a pu rebondir politiquement démontrant ainsi sa grande résilience politique et ses capacités de leadership.

Tout en faisant face à des procès en cour et tout en étant hors du Parlement, il s’est positionné comme le principal challenger de Pravind Jugnauth et du MSM. La peur d’une défaite face au Parti Travailliste a contraint le MSM à s’abstenir de participer à l’élection partielle au numéro 18 pourtant une circonscription clé pout tout parti qui rêve de prendre ou de garder le pouvoir.

De même, Pravind se voit contraint de tolérer les frasques de plusieurs de ses députés ayant une peur bleue d’affronter le PTr dans une élection partielle. Et cela se confirme avec le renvoi des élections villageoises. Cela dit, le PTr a quand même un très gros effort à faire car la crédibilité de Navin Ramgoolam a été assez secouée par les diverses affaires devant le judiciaire.

Il est vrai que l’électorat a la mémoire courte et que les frasques et les scandales du régime actuel ont fait oublier les travers du précédent régime. Mais il y a quand même une frange importante de l’électorat qui hésite toujours à faire de nouveau confiance à Navin Ramgoolam.

Quant au MMM, il jouera à fond la carte du renouveau et de la moralisation de la vie publique. Et cette stratégie peut se révéler payante dans le sens que ses adversaires, à savoir le MSM et le PTr – en s’entredéchirant sur cette question – alimentera davantage sa campagne.

* Faut-il cependant que l’électorat traditionnel – la base électorale qui a constitué la force du PTr depuis des décennies et dont une frange a soutenu le MSM de temps en temps – décide de voter utile, malgré les tracasseries légales de Navin Ramgoolam et toute la propagande qui sera dirigé contre sa personne et le PTr dans les mois à venir, n’est-ce pas?

Le soutien de l’électorat à l’Alliance Lepep n’a été que conjoncturel. D’ailleurs la présence de SAJ, de Vishnu Luchmeenaraidoo, de Xavier Luc Duval et même la présentation d’Ameena Gurib-Fakim comme future Présidente de la République, y ont été pour quelque chose. Mais la désillusion est grande aujourd’hui. Il y a eu tromperie sur la marchandise.

Néanmoins, beaucoup dépendra de la campagne électorale elle-même, vu le grand nombre d’indécis. Et, malheureusement, le money politics risque d’influencer l’issue des élections dans certaines circonscriptions marginales.

* Remporter les prochaines élections générales, c’est une chose. Gouverner le pays, c’est autre chose. Et si 1976 devait se reproduire, les Travaillistes auraient probablement à rechercher un ou des alliés. Qu’en pensez-vous?

Evidemment, gouverner un pays aussi complexe que Maurice nécessite un large consensus surtout que dans une lutte à trois, avec 35% à 40% des voix on peut remporter les élections. Une coalition post-électorale est dans l’ordre des choses. Est-ce pour cela que les dissidents du MMM se retrouvent avec une fin de non-recevoir dans leur tentative de négocier avec le PTr?

* Par ailleurs, on voit le PMSD de Xavier Duval se préparer activement en prévision de l’après-Bérenger : ses récentes contestations du découpage électoral et sa demande pour un nouveau recensement ethnique s’inscrivent dans une stratégie particulière, n’est-ce pas ?

Le PMSD s’est toujours présenté comme le parti de la Population générale. En 1982, Sir Gaëtan Duval avait même exigé de Sir Kher Jagatsing une attestation à cet effet avant d’ouvrir des négociations avec le PTr.

Mais XLD se trompe lourdement s’il croit que le MMM s’effondrera dans l’après-Bérenger. Le dernier congrès du MMM a démontré clairement que la relève est là et que le renouveau du MMM est en marche.

* On sait que sans une alliance avec un grand parti, le MSM ne pourra envisager un retour à l’Hôtel du Gouvernement en 2020. Une nouvelle alliance avec le PTr dirigé par Navin Ramgoolam est à exclure, et sa position sur la réforme électorale n’est pas faite pour enthousiasmer le MMM. Mais on ne voit pas non plus Pravind Jugnauth faire ses valises après les prochaines législatives. Est-ce le long terme qui l’intéresse ?

Le MSM a très peu de choix. Les événements de janvier 2015 vont hanter la vie politique à Maurice pour longtemps encore. Certes, une reconstitution de l’Alliance Lepep avec le retour de XLD au bercail n’est pas à écarter mais XLD aura à faire face à un problème de crédibilité.

Le MSM pourra s’adjoindre les dissidents du MMM mais avec les transfuges, ce sera un trop plein pour certains au MSM. Et d’ailleurs, quel est le poids électoral de ces dissidents ?

Néanmoins Pravind Jugnauth mise beaucoup sur

  • la réalisation de gros projets tels que le Metro Express,
  • une issue positive de l’affaire Medpoint devant le privy council,
  • le succès des Jeux des îles de 2019,
  • une politique de recrutement tout azimut dans la fonction publique
  • et d’autres mesures populaires pour redorer le blason du MSM.

A mon avis, il joue carrément sur le court terme et il fera tout pour remporter ces élections face à un PTr revanchard ou dans le cas d’une lutte à trois, il souhaite se retrouver dans une position pour négocier avec peut-être le MMM pour rester au pouvoir au sein d’une coalition postélectorale.

 


* Published in print edition on 5 October 2018

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