L’affaire Catherine Boudet

Letter to the Editor

L’affaire Catherine Boudet

En avril 2011, Catherine Boudet, journaliste française originaire de La Réunion, était arrêtée dans le cadre d’une affaire de fausses dénonciations – faisons ressortir que les accusations contre elle ont été abandonnées récemment, plus exactement en août 2013. Mais, suite à ce qui semble être un excès de zèle de la part de certaines personnes, cette journaliste a d’abord été sommée de quitter le pays et puis, quand cela n’a pas fonctionné, on a tenté de la déporter. Toutefois, c’était sans compter sur l’intervention de son avocat qui a contesté en Cour, et avec succès, la procédure de déportation. Et dire que c’est en croyant bien faire que Catherine Boudet – une amie de Maurice, une vraie! – s’est trouvée dans un tel pétrin.

En fait, pendant ses recherches en tant que journaliste, elle avait ‘découvert’ qu’un certain monsieur n’était pas du tout ce qu’il prétendait être, c’est-à-dire un docteur en Histoire – et ce, de la prestigieuse université La Sorbonne de Paris! Ce monsieur apparemment se faisait passer pour un expert en Histoire. Ici, chez nous, les autorités – du moins certaines autorités locales – lui avaient donné carte blanche pour mener des recherches dans les bibliothèques, aux Archives, à l’Hôtel du gouvernement et jusqu’au Prime Minister’s Office !

Catherine Boudet a donc fait son devoir de journaliste en faisant une déclaration en bonne et due forme à la police. Toutefois, Maurice étant Maurice, cette affaire se retourne contre elle, car entre-temps le monsieur avait donné sa version des faits que la police aurait pris à la lettre.

L’affaire s’est corsée et en fin de compte, on a arrêté Catherine Boudet et elle a dû passer une nuit en cellule ! Quant à l’autre, il a quitté le pays sans aucun problème semble-t-il.

Quand les plaintes de la police et du Parquet contre Catherine Boudet pour « déclarations mensongères » ont été déboutées récemment, les têtes pensantes de Democracy Watch ont trouvé, avec raison d’ailleurs, que l’Etat mauricien doit impérativement dédommager Catherine Boudet pour tous les torts qu’elle a dû subir et endurer..

Voici ce que dit Democracy Watch dans un article qui circule sur la toile : ‘« Democracy Watch » souhaite que l’affaire Boudet ne soit pas traitée comme un simple fait divers. Il y a des leçons à tirer pour tout le monde, si on veut que notre pays améliore son statut d’État de Droit. On ne peut rester indifférent devant la manière de faire des autorités…. « Democracy Watch » souhaite et espère que Mlle Boudet ne s’en tiendra pas là mais qu’elle osera poursuivre son Combat, en réclamant à l’État mauricien, autrement dit à nous, contribuables, les dommages et intérêts auxquels elle pourrait avoir droit, en raison du préjudice subi par elle, pour le simple fait d’avoir eu le courage nécessaire de dénoncer quelque chose, lui apparaissant préjudiciable pour un pays qui n’est pas le sien mais qui le devient, malgré l’intolérable coût que nous lui faisons subir…’

Souhaitons également que le combat que mène Catherine Boudet pour voir triompher la Justice serve d’encouragement à tous les autres watchdogs de ce pays qui ont payé ou sont en train de payer de leur personne pour avoir osé faire leur devoir citoyen en dénonçant des malversations et autres injustices.

RAFAL

(Royals & Friends Action Line)

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