Rishy Bukoree

Nouvelles lois pour les chiens ?

En finir d’abord avec les actes de cruauté envers le meilleur ami de l’homme 

— Rishy BUKOREE  

Le récent “International Dog Show” a été un grand succès sur toute la ligne: succès populaire avec près de 15 000 personnes durant toute la journée au collège St Mary’s, succès organisationnel, et surtout succès pour la race canine. Adultes et enfants ont vécu de grands moments de joie en voyant à l’œuvre de magnifiques Bergers Allemands, Rottweilers, Labradors, Dobermans, Dogues Allemands, Dogues de Bordeaux, Cane Corso, Teckels, Mini Pinschers, Griffons, et autres Boxers, entre autres. 200 chiens de 22 « races » diverses ont participé à cet événement. Ce qui vient prouver que les chiens ont toujours été les meilleurs amis des êtres humains. Ils le resteront encore longtemps. A moins qu’on trouve en eux des boucs émissaires pour tous les maux de notre société et que l’on se précipite pour des législations très restrictives et oppressives à leur encontre. Il se chuchote même qu’une loi est en préparation pour « contrôler les chiens », surtout après le malheureux et déplorable incident d’enfants mordus à Calodyne.

Dog control bill ?

J’ai ainsi eu vent que des clauses strictes pour ce qui est de l’importation et de la reproduction de certaines « races » pourraient voir le jour. Je dis ‘attention’ car il ne faut surtout pas faire l’amalgame entre des incidents impliquant des chiens venant de ces races, de soi-disant potentialités à être « dangereux », l’ensemble des caractéristiques propres à ces races, et la responsabilité des propriétaires et éleveurs.

Nous, êtres humains, nous avons la fâcheuse tendance à blâmer autrui pour nos propres fautes et défauts. Au lieu de nous corriger nous-mêmes, au lieu de nous améliorer par rapport à notre ego, nos pensées et nos actes passionnées, nous désignons de faux coupables et nous demandons des lois, encore plus de lois. Maurice est un pays où l’on légifère généralement beaucoup mais où la mise en application est souvent retardée ou alors carrément rendue caduque.

Donc, avant de chercher à bannir des types de chiens, réfléchissons à rendre davantage efficaces les cadres existants et à réactualiser les anciennes lois. Ce qu’il faudrait peut-être rendre obligatoire, c’est l’entraînement de base et les exercices d’obéissance par les propriétaires, le port d’une muselière en public et exiger que tous les chiens soient promenés en laisse par leurs maîtres, ce que ne respectent pas toujours certains propriétaires de campements et de villas qui pensent souvent que le pays leur appartient uniquement.

Aussi, n’importe qui ne peut pas avoir des chiens juste pour impressionner autrui, pour faire peur, pour dresser des animaux pour attaquer, etc. Trop souvent, des irresponsables – souvent amateurs de vitesse, de tuning et de tapage – sont les mêmes à se pavaner avec des molosses qu’ils ne savent même pas contrôler. Rendons également obligatoire la stérilisation des femelles si les propriétaires et/ou éleveurs ne veulent pas/plus de reproduction. Obligeons aussi les éleveurs sans scrupules à respecter le rythme biologique et la santé des chiennes : pas plus d’une portée chaque 18 mois par exemple !

Interdire les coupes

Puisqu’on parle de législations, félicitons la Mauritius Society for the Prevention of Cruelty to Animals (MSPCA) d’être enfin venue de l’avant pour lancer un débat sur l’interdiction éventuelle de l’otectomie (coupe des oreilles) et de la caudectomie (coupe de la queue). La plupart des membres du conseil de la MSPCA sont pour l’application d’une interdiction, celle-ci se trouvant d’ailleurs depuis belle lurette dans ses « policies » qui sont cependant difficilement mis en pratique sans cadre légal adéquat.

Ces « policies » stipulent assez clairement que la MSPCA est opposée à la mutilation des animaux pour des raisons esthétiques. Les procédés tels la coupe de la queue et des oreilles ne sont pas considérés comme étant bénéfiques pour les animaux mais bien au contraire peuvent être au détriment de leur santé et de leur bien-être. Plusieurs vétérinaires sont également contre, certains souhaitant ardemment qu’une loi vienne au plus vite pour stopper ces procédés cruels.

Il faut savoir que la plupart des pays européens se sont adhérés à la « Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie » dont les principes de base pour le bien-être des animaux dans son énoncé sont comme suit : « Nul ne doit causer inutilement des douleurs, des souffrances ou de l’angoisse à un animal de compagnie ; Nul ne doit abandonner un animal de compagnie ».

Mais plus importantes sont les clauses régissant l’interdiction de l’otectomie et de la caudectomie : « Les interventions chirurgicales destinées à modifier l’apparence d’un animal de compagnie ou à d’autres fins non curatives doivent être interdites et en particulier : La coupe de la queue ; La coupe des oreilles ; La section des cordes vocales ; L’ablation des griffes et des dents. ». En Angleterre et en Australie, de telles pratiques barbares ont également été interdites.

La République de Maurice pourrait bien devenir le premier pays africain à avoir un cadre légal et/ou des réglementations, voire des décrets ministériels pour en finir avec de tels actes. Ce serait une grande avancée et l’on deviendra également beaucoup plus consciencieux, surtout par rapport à nos droits et à ceux des autres… incluant le respect des animaux. 

Rishy Bukoree

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