KRJ Yash

Ce qui compte vraiment…

Premièrement

Économie: pilotage automatique

Alors qu’un « budget Sithanen » mobilisait l’opinion publique pendant des semaines ou même des mois, le budget de Pravind Jugnauth a attiré l’attention de la population pendant seulement un week-end. Si je me base sur les commentaires entendus de part et d’autre, les débats budgétaires ne voleront pas très haut. Comment pourrait-il en être autrement ? Le commentaire qui est revenu le plus souvent était : « un bon budget, bien équilibré » comme si un budget, qui reste un exercice comptable pouvait être déséquilibré ! Heureusement qu’il y a eu le cinéma autour de la compensation salariale sinon, le budget aurait pu passer sans que personne ne s’en rende compte.

Certes nous sommes heureux que les taxes sur les intérêts bancaires et la NRPT n’existent plus. Pravind Jugnauth a tenu sa promesse électorale, malgré une situation économique incertaine. C’était SA promesse à la population. Durant la campagne électorale, il avait pris de court son allié en l’annonçant à un meeting public, alors que les travaillistes, amputés de Sithanen, ne savaient pas sur quel pied danser.

Nous avons eu droit à un budget de continuité. Le Premier ministre a donné le cap, il y a un peu plus de cinq ans ; son nouveau ministre des Finances se contente de mener le bateau à bon port. Les secteurs de la Santé, de l’Education, du Tourisme sont privilégiés en parfaite adéquation avec la politique PTr-PMSD. Il semble que le MSM et le PTr partagent la même vision de politique économique, toutefois la manière de faire du MSM diffère totalement.

Notre pays a besoin de cette stabilité en cette période de crise, cependant ne faut-il pas penser déjà à la sortie de crise ? La crise ne va pas durer éternellement, nous devons jeter les bases, façonner notre modèle économique maintenant afin qu’il puisse bondir le temps venu.

 

Deuxièmement

La compensation salariale obligatoire déresponsabilise les patrons vis-à-vis des employés

Est-ce qu’un ministre des Finances doit arbitrer les négociations entre les patrons du secteur privé et les syndicats ?

Avant d’accorder une compensation salariale ou bien une augmentation, une entreprise doit revoir ses comptes et ses perspectives d’avenir. Quand le gouvernement a décidé d’augmenter les salaires des fonctionnaires selon le rapport du PRB, il n’a pas eu à consulter les employés du secteur privé. Cependant, il ne faut pas oublier que les salaires des fonctionnaires sont payés avec l’argent de tous les contribuables, même ceux du secteur privé.

Je suis bien heureux que les salaires des fonctionnaires aient rattrapé ou même dans certains cas dépassé ceux du privé, mais j’aurais souhaité que les services du secteur public s’améliorent proportionnellement.

Mieux que quiconque, l’employé connaît la santé financière de l’entreprise. Il y a des signes qui ne trompent pas. Si l’employé est amené à faire des heures supplémentaires, s’il n’arrête pas de recevoir des clients, ou voit défiler des camions qui apportent les intrants et voient sortir des conteneurs remplis de marchandises, il sait que l’entreprise prospère.

Dans ce cas le représentant des employés doit aller voir le patron pour lui demander sa part du gâteau. Le patron a une obligation morale d’y prêter une oreille attentive et doit proposer quelque chose à ses employés pour ne pas les démotiver ou les perdre. Mais aujourd’hui, ce patron a la possibilité de se cacher derrière la compensation obligatoire et dire qu’il n’est pas tenu de payer plus.

Ce n’est pas favoriser le dialogue social au sein de l’entreprise, au contraire cette compensation minimale entraîne un nivellement par le bas et freine le développement des relations patronat-syndicat.

KRJ YASH

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