Interview : Jack Bizlall

 

Interview : Jack Bizlall


« L’affaire MedPoint est une affaire de pouvoir et d’argent…

… je ne compte pas laisser cette affaire tomber dans l’oubli »

* « Je connais personnellement plusieurs politiciens qui n’avaient rien quand ils sont entrés en politique et qui sont, aujourd’hui, des multimillionnaires »

 

Les cas allégués ou avérés d’escroquerie se multiplient à Maurice et il semblerait que beaucoup de Mauriciens, et certains Mauriciens de la diaspora et aussi quelques étrangers, ont été pris au piège. Jack Bizlall nous livre ses analyses et nous fait part de ses observations à propos de la déliquescence en cours au sein de la société mauricienne. Il se réfère aussi à la politique de l’accaparement, présent dans tous les secteurs, y compris les médias.

Mauritius Times : Contrairement à l’économie du pays, il semblerait que l’industrie de l’arnaque, de l’escroquerie et de la tromperie serait en pleine croissance, selon ce que nous rapportent les médias ?

Jack Bizlall : Il y a une relation de cause à effet entre la décroissance industrielle et agricole qui constituent le secteur de production qui nous fait tous vivre dans le réel de la vie et les investissements de toutes sortes dans le secteur hors production qui nous fait jouir du niveau de vie créé par le secteur de production, et qui nous fait entrer dans « le droit à l’excès » de vivre dans l’avoir et le paraître, en société de classe. C’est le cas pour certains. Ce qui explique l’exploitation d’une grande masse de gens en tant que producteurs et en tant que consommateurs par les accapareurs de toutes sortes. Cela engendre une croissance plus grande de tractations illicites hors production au détriment de la croissance de l’économie réelle.

Cette mutation économique production-hors production a été l’erreur grossière des pays développés. Ils sont perdus face à leur décroissance économique, sans se rendre compte que l’avenir est dans la décroissance soutenue. Il suffirait de changer de politique. Le Mouvement Premier Mai a expliqué ce qu’est «la décroissance soutenue » dans son Manifeste philosophique et économique intitulé «Toi et Moi » publié en 2005.

Les pays dits émergeants ont bénéficié des effets de cette mutation, particulièrement la Chine. Mais la Chine est obligé elle aussi de délocaliser ses entreprises vers l’Asie et l’Afrique et va traverser d’ici cinq ans au plus – si elle ne relance pas sa croissance économique par la consommation intérieure — une crise économique et sociale grave tout en maintenant la classe qui la dirige dans une opulence plus grande que les riches des pays développés. L‘économie de la Chine est en chute depuis deux ans et c’est un pays qui fait face à de nombreuses grèves et le nombre de condamnés à mort pour délits ayant trait à son développement est en hausse.

La Russie a suivi un itinéraire différent, suite à l’implosion du communisme en 1989, par l’accaparement des biens publics par la bureaucratie dirigeante et par l’exode de capitaux de ces nouveaux riches vers l’étranger. Il n’y a pas que l’achat du club de Chelsea, il faudra étudier le cas de la crise bancaire de Chypre pour comprendre le rouage du transfert d’argent en cours depuis déjà plus de 10 ans.

L’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, entre autres, ont développé une économie semi- protectionniste avec une stratégie industrielle et agricole progressant vers l’autosuffisance.

Maurice n’a pas d’autre stratégie économique que celle que je qualifie d’opportuniste. Dans le cadre de cette économie assez particulière, l’entreprenariat disparaît graduellement pour laisser la place à une politique d’accaparement qui nous affecte de plus en plus et qui est instigatrice de la fracture sociale.

* Pour revenir à la croissance de notre l’industrie de l’arnaque, cela se fait malgré toute une panoplie de lois et d’institutions régulatrices et de surveillance ? Doit-on finalement donner raison au ‘bonhomme’ Ramgoolam lorsqu’il disait à l’époque : « Ou capav arrête l’industrie coquin, ou » ?

Si on analyse bien les choses, nous verrons que certains sautent sur toutes les occasions. De ce fait, on ne fait plus de différence entre investissement et placement ; entre entreprendre et spéculer, etc. L’immoralisme s’installe sous toutes ses formes et dans toutes nos institutions. Je dis bien toutes. Il n’en échappe aucune.

J’ai écrit que « L’immoralisme, en tant que doctrine rejetant l’obligation morale, peut être conçu comme philosophie de vie, comme tendance culturelle ou résultant de pulsions psychiques et de contradictions sociales non maîtrisées. Bien que rien ne soit unidimensionnel par rapport à la condition humaine, il arrive que dans l’histoire de l’humanité, tous ces facteurs se combinent pour générer ce que l’on appelle couramment la décadence de la civilisation. Je définis la décadence ici comme le déclin politique »

Je crois qu’il faut conscientiser les gens. Il est évident que la population mauricienne se comporte comme si elle n’est nullement concernée par ce qui se passe. Or l’accaparement est sans doute l’élément le plus important à analyser pour comprendre. L’Observatoire de la Démocratie présentera le 1er mai à la Place des Taxis à Beau Bassin 110 tableaux sur le thème « Accaparement ». Nous aborderons la question sous huit angles.

Ces tableaux vont démontrer les causes du laissez-faire ; le rôle des familles prédatrices ; les moyens pour vampiriser l’argent des autres ; comment se fait l’accaparement des terres et des biens publics ; le manque de savoir-faire ; le système par lequel cet accaparement se pratique ; sa ramification ; les manquements des institutions ; la prédation des partis politiques et de leurs dirigeants.

Tous les noms seront mentionnés et le judiciaire ne sera pas épargné. Nous parlerons aussi des effets et des arnaques.

* Le nombre de magouilles que peuvent mettre en place les arnaqueurs n’a que deux limites, dit-on : leur imagination et la crédulité des gens. Il semble qu’il y a un problème sous ce dernier rapport, à voir le niveau d’instruction de certains qui se sont faits arnaquer par nos ‘Ponzis’ locaux. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas le niveau d’instruction qui pose problème. C’est la cupidité. Je vous donne un exemple. Un Mauricien instruit et, de surcroît, appartenant à la classe moyenne en Angleterre, retourne à Maurice pour vendre un terrain agricole hérité de ses parents après avoir dépensé une somme importante pour un ‘land conversion’. Il obtient Rs 22 millions qu’il va volontairement investir dans une de ces sociétés fictives de financement. Il a tout perdu.

L’accaparement est le cancer de toutes les sociétés humaines qui ont adopté le système capitaliste et qui n’ont rien fait pour briser au moins trois choses.

1) Le concept de la liberté individuelle d’entreprendre sans définir un cadre démocratique constitutionnel respectant les libertés et les droits de l’ensemble de la société humaine.

2) L’hégémonie du capitalisme. Hier le capitalisme était dominant par rapport à d’autres modes de production avec lesquels il avait l’obligation de s’associer. Aujourd’hui, il est totalitaire dans ses actes.

3) Le développement anarchique, le manque de savoir-faire de dirigeants politiques et la conspiration entre les décideurs, les encadreurs, les contrôleurs et les exécuteurs.

La question qu’il faut se poser est : « Qui en est responsable ? » Savez-vous que la quasi-totalité des magouilleurs utilisent le nom de Ramgoolam et dit être protégé par le pouvoir ? Mais la réponse est sans doute que l’exemple vient d’en haut.

Je me pose des questions et je me dis que même avec des élections anticipées, la situation ne va pas changer. Existe-t-il une alternative à Ramgoolam au sein même du PTr ? S’il existe cet oiseau rare, il faudrait qu’il se mette en retrait ; « in abeyance » serait le terme le plus approprié et qu’il s’entoure de Travaillistes. Les vrais. Pas les opportunistes qui s’enrichissent ou qui sont les suiveurs de Ramgoolam.

Ramgoolam va partir. Plus tôt qu’il ne le croit. Pour une raison évidente. S’il est un démocrate, il doit partir volontairement. S’il utilise la répression comme son père, on le fera partir en 2015. Il est arrivé à la fin de son règne.

* L’opposition réclame la mise sur pied d’une commission d’enquête sur les affaires White Dot et Sunkai pour faire toute la lumière sur ces cas allégués d’escroquerie et le rôle joué par les institutions-régulatrices. Votre opinion ?

Ne croyez pas que c’est aussi facile que cela. L’opposition le sait bien. En 2003, j’ai écrit une lettre au Président de la République pour lui demander d’instituer une Commission d’enquête sur les contrats entre le CEB et les IPP. Son Conseiller, M. S. Hazareesing m’a répondu comme suit :

«In view of section 64 of the Constitution, the President considers that he would not be properly exercising his powers under section 2 (2) of the Commission of Enquiry Act if, in the absence of any advice or request from Government, he were to proceed to appoint a Commission of Inquiry as requested in your letter”.

Même si Ramgoolam se décidait à recommander la mise sur pied d’une commission d’enquête, cela servirait à quoi si c’est un de ses factotums qui la présiderait, surtout un en particulier qui n’a de conscience que celle de son maître et l’argent.

Par ailleurs, notre Constitution n’est pas celle qu’il nous faut pour arrêter les accaparements et pour donner le droit aux citoyens de jouir de son pouvoir de questionnement des actes publics. Il faut, et j’insiste sur ce point, adopter une Nouvelle Constitution et passer à la Deuxième République.

* On réclame également des enquêtes présidées par des juges sur les inondations du 30 mars dernier…

Ce que les personnes concernées ne savent pas, c’est qu’ils peuvent poursuivre l’Etat et la Municipalité de Port Louis. Voyez-vous une commission d’enquête établir la responsabilité de l’Etat ? Elle va bifurquer. Puis, aucun juge, en exercice ou pas, n’a la compétence nécessaire pour entreprendre une étude de cette envergure. Savez-vous de quoi il faut parler ? De notre économie opportuniste et de l’urbanisme du futur.

J’ai, le 15 mars 2013, écrit une lettre à ceux qui dirigent les trois plus grandes municipalités de Maurice pour leur dire ceci : « Le pays subit l’exode de la population du littoral et de la campagne vers le centre. Raisons : 1) Projets fonciers réservés surtout pour des étrangers . 2) La mutation de l’économie qui nous fait quitter le secteur de production (surtout l’agriculture). Et 3) Le gros problème de transport public. »

Qu’il faut un projet pour « revaloriser les endroits abandonnés et congestionnés des villes et repenser l’avenir de nos villes. Repenser l’urbanisme dans le cadre de la croissance de la population urbaine. Selon des projections faites par la CIA dans son dernier rapport, 60% à 70% de la population mondiale sera urbaine d’ici 2030. Il faut absolument faire une étude sérieuse à ce sujet. Il faut faire appel à un professionnel »

On investit plus pour attirer les étrangers plutôt que pour la population dans son ensemble. Il faudra raser plus d’une région à Port Louis et tout reconstruire. Quand j’étudie la question du logement, du transport, des espaces verts, des bouleversements climatiques, entre autres, j’arrive à la conclusion que le travail à abattre est énorme.

La stratégie politique ne doit plus être celle de « prendre le pouvoir pour changer les choses mais changer les choses au niveau des villes et des villages pour mieux les administrer quand on est au gouvernement. »

* Et puisque Pravind Jugnauth dit détenir un enregistrement par rapport à l’affaire alléguée de pédophilie au MITD – cela dans le sillage des findings d’un Fact Finding Committee qui a blanchi l’enseignant soupçonné – il est probable qu’on vienne réclamer une autre commission d’enquête sur cette affaire également. Allons-nous pouvoir diriger ce pays à coups de commissions d’enquêtes ?

Enregistrement ou pas, les enfants dans ce pays ne sont pas protégés des actes aussi barbares que l’attouchement et le viol. Nous évitons d’en parler, mais il existe des centaines de cas de pédophilie à Maurice. Les journaux parlent même de prostitution enfantine et de tourisme sexuel.

Je suis un ancien professeur de l’école primaire. De mon temps, il était courant de toucher sans attoucher. Le fait de poser la main sur la tête d’un enfant était à l’époque un moyen pédagogique pour enlever la peur chez lui quand il faisait son devoir de classe. Il était courant de rester seul avec un enfant sans subir aucune pulsion criminelle.

Nous constituons une population malade. Quand je regarde le comportement des activistes et des personnes engagées de droite comme de gauche, je constate des pathologies psychiques graves. On pourra bien dire que je suis trop influencé par mes lectures de psychologie, de psychanalyse et de sociologie, mais ce que je constate est ahurissant.

Une commission d’enquête ne servirait à rien quand il s’agit d’un comportement culturel qui ne porte aucune attention à l’être. Il y a une déshumanisation en cours. Il faut un débat large sur notre société. J’essaye de l’engager dans les organisations où je milite.

Je vais vous dire quelque chose du plus profond de moi. Le monde sera totalement différent de ce qu’il est aujourd’hui d’ici 2060. Même avant, bien avant. D’ici 2030. Nous assistons à une mutation psychique chez l’Homme, produite par l’individualisme, le laisser-faire, l’indifférence, l’argent, le pouvoir et que sais-je encore.

Il est paradoxal de constater que la population s’engage beaucoup plus dans les religions respectives et, en même temps, vit dans l’immoralisme. On me dira que c’est systémique. Je n’en disconviens pas. Mais il y a plus que cela, d’après mes humbles observations.

* Une « Freedom of Information Act », telle que réclamée par nombre de commentateurs mauriciens depuis un certain temps déjà et proposée par l’avocat Geoffrey Robertson dans son rapport préliminaire sur la « Media Law », nous aurait probablement fait l’économie de beaucoup de ‘bad blood’ que suscitent ces affaires entre les différents protagonistes et aurait renseigné le citoyen sur le pourquoi des décisions, n’est-ce pas ?

Dans la publication qui sera faite le 1er mai je propose ceci :

« La protection de l’individu doit, de notre point de vue, être assurée contre des déclarations et des dénonciations non soutenues par des preuves ou faites de mauvaise foi. Il faut protéger les individus contre les allégations criminelles. Il faut aussi protéger l’individu contre l’ingérence de quiconque dans sa vie personnelle. Cela concerne uniquement la liberté de la personne, d’un individu par rapport à lui-même. Protéger aussi l’individu contre les insinuations concernant sa santé physique ou mentale, ses penchants sexuels, sa morphologie, etc. Enfin, la protection doit lui être assurée contre les palabres, les calomnies, les injures, les insinuations et les commentaires malveillants, faits de mauvaise foi »

Et j’ai dit aussi : « Il y a deux façons de régler un problème en politique. Soit on continue avec la politique du laisser-faire en matière économique, financière et commerciale et on fait fi de l’intérêt public. Dans un tel cas, on continue à publier des bribes d’information sous la menace d’être attaqué en justice pour diffamation même quand l’intelligence de celui qui dénonce va dans la direction de la preuve dite logique et déductive.

Soit on introduit un « Protection of Public Interests Act » qui libère d’abord le questionnement de tout acte touchant à l’intérêt commun (appelé aussi intérêt général ou public). Il y a deux questions fondamentales en politique : le Pourquoi qui cible l’objectif, le but, l’intérêt, la nécessité et qui ouvre la voie aux justifications des actes, et le Comment qui cible les faits et les procédures et qui ouvre la voie aux manquements, aux abus et aux fraudes. Si le questionnement devient constitutionnel, il n’y a aucune raison pour les personnes responsables de se cacher derrière la diffamation. Absolument aucune raison. Tout gérant de la propriété privée comme publique doit se soumettre à l’exercice du questionnement. Tout décideur, ayant donné des réponses inexactes, doit être puni par la saisie de ses biens de son vivant ou de manière posthume. La prison ne sert à rien puisque les gains frauduleux sont transmis aux héritiers »

Je laisse le soin à vos lecteurs de tirer les conclusions qui s’imposent.

* En tant qu’ancien journaliste durant les années 70, quelle opinion faites-vous de ce rapport préliminaire de Geoffrey Robertson et, en particulier, de sa recommandation d’augmenter le seuil maximal de participation d’investisseurs étrangers dans une chaîne locale de 20% à 45% ?

J’ai été effectivement impliqué dans le journalisme dans les années 70 et 80. Dans le temps-là, il n’y avait que quelques dizaines de journalistes. Aujourd’hui, il y en a des centaines. Beaucoup n’ont pas de formation et ne peuvent agir en tant que journalistes d’opinion. Nous n’avons pas encore développé le journalisme d’investigation à Maurice.

Le réel danger est sans aucun doute la main-mise d’un nouveau capitaliste sur nos radios et nos journaux. Certains journalistes ont peur et n’osent plus s’exprimer. Ils pratiquent l’autocensure. Du temps où j’étais mêlé au journalisme, j’ai côtoyé plusieurs de nos grands journalistes actuels. Ils sont presque tous noyés dans l’évènementiel. Il n’y a pas d’innovation.

On est bien gâté à Maurice avec l’accès aux nombreuses chaînes étrangères. Chaque matin, je consacre 90 minutes au moins à m’informer de ce qui se passe à l’étranger et je lis régulièrement l’Observateur et Science et vie. Je ne peux pas tout lire. Le soir c’est Canal Plus, systématiquement.

Ce qui nous manque à Maurice, c’est un cahier des charges élaboré pour nos radios et pour notre TV nationale. Je n’ai pas d’objection à l’ouverture du pays à la télévision privée ni de l’investissement provenant de l’étranger. La question n’est pas là.

En ce qui concerne l’information, le « qui le fait ? » n’est pas le problème. La question est dans le « comment le faire ? ». S’il y a une séparation organique entre l’administration (y compris le financement) et la rédaction, nous aurons une information indépendante de toute pression de ceux qui financent nos journaux et nos radios.

Par ailleurs, aucune entreprise capitaliste qui a un contrôle important sur notre économie et notre commerce ne devrait avoir le droit d’influencer nos médias, pour des raisons de conflits d’intérêts.

* Même si Reza Issack affirme qu’il est dans l’intérêt du gouvernement d’appliquer le rapport Robertson, il précise dans le même temps qu’il « faut aussi que la presse respecte certains paramètres… ce rapport n’est pas un permis pour faire n’importe quoi ». Tout à fait juste, n’est-ce pas ?

Reza Issack ne doit plus utiliser le terme « Oui, mais » en ce qui concerne l’information. Je pense que la presse doit être totalement libre.

Le Mouvement Premier Mai propose dans sa publication « Nouvelle Constitution et Deuxième République » ceci : “Democracy rests also on evolving traditions, enlightened public opinion, transparency in political decisions, access to information, questioning of political decisions by the citizens and their representatives, opposition to political interests and systems and free cultural expression.

“In line with the above, political organizations, the media, artists, writers, producers, etc, shall be free to express themselves by using all available means of communication without any state control, restriction, and censorship. A Media Board shall be set up to protect and support this Fifth Power and to enforce any protocol regulating activities related thereto.

“The Judicature shall be the only institution to deal with publication of false information, defamation, and such other matters as restriction of access to information and objection to publications. Legal provisions in relation thereto shall be restricted to the Civil Code only.

“The freedom of the press, radio and television as well as of all forms of public broadcasting of productions and information is guaranteed. Censorship is prohibited. Editorial secrecy is guaranteed.”

Je demande à Reza de me dire où serait le problème avec une Nouvelle Constitution reposant sur ces libertés.

* Pour revenir aux affaires qui ont dominé l’actualité ces derniers mois, il y a aussi l’affaire MedPoint. Le DPP a mis fin aux poursuites contre l’ex-ministre de la Santé, Maya Hanoonmanjee. L’ICAC n’a pas, selon lui, fourni suffisamment de preuves pour soutenir l’accusation. Selon l’express-dimanche, les avocats de Pravind Jugnauth espèrent qu’il sera lui aussi exempté de poursuites. En effet, Mme Hanoomanjee a soutenu dans la même édition de cet hebdo que cette affaire n’est qu’une « tempête dans un verre d’eau ». Une tempête qui a fait quand même chavirer l’alliance PTr-MSM ?

L’affaire MedPoint est une affaire de pouvoir et d’argent. Je ne compte pas laisser cette affaire tomber dans l’oubli. Les gens doivent comprendre comment le pouvoir politique fonctionne et comment la politique influe sur l’argent public.

C’est à partir de cette affaire qu’il faudra définir le contrôle à exercer sur les politiciens. En France, il y a présentement un grand débat. Seuls deux pays européens n’ont pas de loi pour exiger des politiciens qu’ils déclarent leur patrimoine. Dans certain pays, comme la Grande Bretagne, les déclarations de la taxe des politiciens sont publiées.

Je connais personnellement plusieurs politiciens qui n’avaient rien quand ils sont entrés en politique et qui sont, aujourd’hui, des multimillionnaires. Il faudra constitutionnellement mettre un terme à l’enrichissement des politiciens.

* Par ailleurs, une lecture d’une interview de Mme Hanoomanjee dans l’express-dimanche démontre clairement l’humeur combative de l’ex-ministre de la Santé. Ses propos semblent dire à son leader : Fais garde ! ‘Que tu le veuilles ou non, je serai candidate en 2015… au no. 14… mes mandants sont solidaires… » Elle annonce sa candidature et elle choisit sa circonscription ! C’est un leader en devenir, ça ?

Maya Hanoonmanjee a choisi d’être membre d’un parti politique qui est la propriété de la famille Jugnauth. Le MSM n’est pas un parti politique républicain. Un tel parti ne devrait pas exister. Je ne veux pas m’immiscer dans les affaires entre parents.

* On célèbre dans une dizaine de jours la Fête du Travail, et il ne semble pas que la commémoration du 1er mai suscite de l’enthousiasme chez les syndicalistes ou même au sein des partis politiques. Ce sera donc une autre « welcome public holiday » pour tout le monde ?

Il ne faut plus parler de la Fête du Travail. Le travail est une aliénation. C’est fort heureusement un jour de congé public. La FPU, la FTU et le Mouvement Premier Mai ainsi que la CTFP seront à la Place des Taxis à Beau Bassin. Je saisis l’occasion d’inviter les travailleurs, les petits agriculteurs, les pêcheurs, les fermiers, les travailleurs de rue, bref tous ceux qui font vivre ce pays. J’invite les femmes, les jeunes, les enfants, les personnes âgées, les intellectuels aussi. Ce sera une fête pour tous.

Il y aura des discours, il y aura une publication, et on parlera de la possibilité que le 1er mai 2014 concrétise un « Mouvement Pour Une Nouvelle Constitution et La Deuxième République ».

* Dommage que la classe syndicale n’arrive pas à se mettre d’accord alors qu’il y a des défis importants à relever et que le monde du travail devient plus complexe ?

Chacun fait comme il le veut. Je suis personnellement chagrin que certains soient partis. J’ai beaucoup d’amis parmi eux. Nous avons milité ensemble pendant de longues années. Je ne leur ai jamais dicté leur conduite. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Je leur dit uniquement ceci : Ne pratiquez pas la politique de la terre brûlée.

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