Quatre Bornes et son bazar…

Quatre Bornes, ville des fleurs, changera-t-elle de look ? Il fut un temps où la ville attirait des familles qui quittaient leur village pour s’y installer. Mais le temps aussi où d’autres familles ont déménagé ailleurs, sur le littoral, dans certains coins de plus en plus prisés comme Ebène, Moka, Albion… Les gens qui sont restés se rappellent des quartiers agréables où les rencontres donnaient lieu à des brins de causette.

De plus en plus, on parle du nouveau bazar. A en écouter les vieux, depuis 20 ans, si ce n’est pas plus, il est question de construire un marché plus convenable pour les résidents et, bien sûr, pour les visiteurs de la Réunion, des Seychelles, de l’Europe qui y affluent pendant les week-ends.

Disons-le : Il y a cinq ans, le projet de marché était sur le tapis. Budget voté. Les conseillers à l’unanimité ont donné leur aval. Les élus de la circonscription no 18 l’avaient promis, d’ailleurs. Puis tout a basculé pour diverses raisons. Ce retard a encouragé des abus et a donné carte blanche aux marchands ambulants.

Heureusement, le projet de Food Court avec l’ancien régime a abouti, ouvert aux postulants en 2016, ce qui a rendu l’atmosphère plus saine. D’ailleurs le Food Court fonctionne avec une variété de menus. Les marchands à tous les coins de rue et devant les vitrines des magasins n’ont pas eu de choix que de bouger et d’accepter les conditions à la satisfaction des consommateurs et des familiers du quartier.

Quoi qu’on en pense, c’est un projet en faveur de Quatre Bornes sauf que les toilettes posent encore de gros problèmes d’hygiène. Certaines marchandes préfèrent aller à Orchard en payant pour le service plutôt que d’entrer dans les toilettes publiques. La raison : « Ou capave vomi ou tripes là-dans ! » Il est grand temps que la mairie agisse dans l’intérêt du public.

Ces jours-ci, ce qui divise et encourage commentaires et rumeurs : une nouvelle foire. Pour quelles raisons ? Tel quel le marché ne ressemble même pas à un souk de Marrakech qui est bien plus aéré. Ce n’est pas comparable à un market de Delhi, plus attrayant, et qui répond à certains critères. Dans le souk ou market, on est guidé vers l’allée des maroquineries, l’allée objets de décoration ou de vaisselle orientale. L’exotisme bat son plein. On s’y arrête pour se retrouver dans un coin de restauration ou déguster des friandises et apprécier ce qui est de la couleur locale.

Que propose le bazar en plein centre de Quatre Bornes depuis des années ? Des étals colorés – oui — mais remplis de vêtements suspendus sur nos têtes et débordant dans les passages où circulent les acheteurs. C’est impossible d’avancer à son aise. Les commentaires sont des plus négatifs : touffé dans ça bazar- là ! Pas capave choisir couma bizin ! Ena trouve pou amène zotte bicyclette et bloque passage ! Pickpocket pas perdi so chance aussi !

Les prix sont abordables certainement. Mais n’empêche que l’état du bazar est abominable. Quand les légumes et fruits sont répandus sur les tréteaux et que les déchets se fanent jusqu’à nos pieds, il n’y a plus de place pour poser une tente bazar, un panier et encore moins un parapluie les jours de déluge.

Depuis longtemps, les résidents se plaignent de ne pas avoir un marché qui fasse honneur à la ville des fleurs. Ce qui est pire, c’est de subir les vans et camions qui se mettent dans tous les sens et gênent la circulation. Le parking aménagé depuis plus de trois ans et inauguré avec le nouveau régime n’est jamais totalement rempli. Les marchands persistent à aligner leurs vans et voitures des deux côtés de la rue.

L’absence de policiers fait que les résidents et les employés des bureaux des alentours sont pénalisés par un parking capricieux. Pire avec les sens interdits qui bloquent la circulation pendant 15 à 20 minutes chaque jour. On ne s’étonne pas de voir les chauffeurs foncer tout droit dans l’avenue des Rosiers –no entry — jusqu’à la route Saint Jean. Véritable bazar, et en plein centre, qu’on appelle le poumon de Quatre Bornes !

Pourquoi les marchands forains protestent-ils contre la rénovation ? Eux-mêmes demandent qu’on recouvre les étals, qu’on enlève les vieilles tôles pourries, qu’on améliore leur sort. Leurs doléances – tous les conseillers les ont entendues depuis des années. Pourquoi la Stall Holders and Operators Association (SHOA) proteste-t-elle ?

Raisons valables :

1. Installer les marchands dans le nouveau parking découvert sous le soleil et la pluie.

2. Allouer un espace trop restreint pour étaler les marchandises.

3. Comment débarquer les marchandises ?

4. Nécessité de tout ramasser à chaque fois et manque de sécurité.

5. Location excessive des étals.

Prétextes, selon certains, qui se contentent de ce qu’ils ont.

1.     Un groupe de marchands forains empiètent sur la place des autres. Ce qui ne sera plus le cas.

2.     Certains sous-louent des étals en surplus qu’ils gèrent d’une génération à une autre.

3.     Quelques-uns travaillent sans avoir de permis ; donc contrôle défectueux.

En prêtant l’oreille aux uns et aux autres, il ne fait pas de doute que tout ce bazar doit prendre une autre tournure. La solution passe par un réaménagement en bonne et due forme. Sinon, c’est mal parti.

Lundi 16 et mardi 17 janvier, sous la supervision de la police, la démolition va bon train. Pour la SHOA, tant pis qu’on casse mais qu’on ne donne pas le droit à un seul groupe de marchands de vendre ! C’est cette injustice qui est combattue.

La SHOA ajoute que la mairie a accédé à leurs six requêtes. Qu’ils soient au chômage pour une semaine soulèvent quelques protestations et évidemment des plaintes de ne pouvoir vendre ! Pourvu que les marchands ambulants ne tirent pas profit de la situation pour envahir les trottoirs du centre et de la Louise ! Tout est possible dans l’océan des abus. Et les résidents regardent…

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