La femme mène le combat !

La femme de plus en plus à l’avant-plan : elle permet de constater combien est erronée l’idée que l’homme est seul maître à bord. Elle fait entendre sa voix et met l’homme au défi. Lorsque l’opportunité se présente à elle, elle sort ses armes et met au pied du mur un leader, un chef de section, un directeur, etc. Enough is enough ! Rôle atypique de la femme, dirait-on. Mais le phénomène est répandu dans le folklore et la mythologie. On a fini par déconstruire la théorie que la femme est le deuxième sexe, dezieme lot.

On est dans le changement, dans le renouveau depuis quelque temps. Alors pourquoi refuser que la femme puisse contester une décision, une loi, une promotion, une mauvaise façon de guider son équipe ?

Relevons en quelques exemples en politique.U ne femme ministre révolutionne un système en place depuis des années pour implémenter coûte que coûte le Nine-year Schooling. Une Speaker oblige l’homme, qu’il soit parlementaire masculin ou non, à se courber et à respecter les bienséances. Une ancienne députée rouge ne mâchait pas ses mots et, tout récemment, une parlementaire de l’équipe dirigeante désavoue une loi et claque la porte.

Dans le domaine social, plusieurs femmes font entendre leur voix. Une intervenante de la Consumer Protection Unit à la radio (Explik ou cas), chaque lundi, oblige à repenser le mode de consommation et expose les abus d’une société prise au piège de certains commerçants. Les présidentes des Commissions et Organisations de défense des droits de la femme pointent du doigt les instances mollasses et incapables d’empêcher des trafics honteux à Maurice. Une présidente à l’est du pays manifeste sa volonté pour un cadre écologique et stopper certaines constructions,

Par ailleurs, sur le front domestique, une femme veuve se bat pour ouvrir de nouveau les dossiers de poussière et comprendre le veritable motif de l’assassinat de la rue Gorah Isaac.

D’autres exemples de preuve d’autorité pourraient allonger cette liste. Quelles sont les raisons de cette transformation ? Quoi de plus normal pour la femme qui a la certitude de ses convictions et les moyens de les mettre en œuvre ? Le scénario « Femme, tais-toi et sois à mes pieds ! » a de moins en moins de sens. L’éducation, la mobilité, la maîtrise des rouages des politiques sociales et d’économie, parmi d’autres, ont donné cette force de ne pas se laisser dicter et contrôler à cent pour cent.

Le statu quo rarement remis en question dans n’importe quelle société et qui se traduit par « Tiens-toi bien, ne te fatigue pas trop à lire et penser, n’aie surtout pas trop d’idées, garde un profil bas, garde ta culture, dis oui même si tu n’en as pas envie » etc., est ridicule pour un certain nombre de nos jeunes filles et femmes qui guettent chaque opportunité pour faire entendre leur voix et se placer au premier rang.

Combat juste dans notre société qui a encore du mal à donner à la femme la place qu’elle mérite. Si elle n’est pas une nominée politique, elle compte parmi les femmes qui doivent se plier à la volonté des chefs et ne pas bousculer les institutions. Et les chefs sont rarement des femmes. Si elles le sont, elles restent timides devant les nouveautés et s’enferment dans des schémas existants. Quand aurons-nous une Margaret Thatcher, une Benazir Bhutto ?

Les miettes de succès en certaines positions semblent suffire à la femme qui ne peut pas être libre de toutes les façons possibles, de peur de s’exposer à des critiques et caricatures et de se mettre en danger. Un tribunal est constamment là pour juger son comportement. Pourtant le combat doit continuer, sinon le favoritisme, le clientélisme persisteront malgré le semblant de changement avec la victoire de lepep.

Pauvre lepep qui croyait au Bonhomme Noël ! Et qui devrait maintenant dire à plus de Bonnefammes Noël de faire leur apparition pour changer les choses…

Les scandales éclatent presque au quotidien, Il y en a tant qui affichent sans se gêner leur volonté d’accaparer, de jouir, de se rattraper pour des privations passées et évidemment d’entasser pour l’avenir. Ce sont des chasseurs de places, de postes ; ce sont des magouilleurs. Ils remplissent leur tâche à leur manière. La part du gâteau, une partie de la vieille garde en veut, cela tout le monde le sait. Mais certains de la nouvelle garde aussi réclament une part… On n’arrête pas de les dénoncer, de se scandaliser sur leur profil mais a-t-on toujours les résultats attendus ?

Interrogez les gens et soyez attentifs à des signes de déception, de colère. Et partout où il y a la grogne, il y a aussi le combat. La femme doit plus que jamais parler de ses convictions , celles qu’elle defend avec le cœur. Il y a un vers de Charles Simic qui est souvent cité comme un stimulus : « Celui qui ne sait pas hurler, jamais ne trouvera sa bande ». C’est bien le cas de le dire pour la femme qui mène le combat.

  • Published in print edition on 13 November 2015

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