Retour à Moyan

By Clifford Ng Kwet Chan

Au début du vingtième siècle
Tu fis de l’île Maurice
Colonie britannique
Ta seconde patrie.
Dans ta boutique
Près du marché de Port-Louis,
Tu te faisais remarquer
Par ta bonne gestion,
Et ta réussite fulgurante
T’assurait un brillant avenir.
Hélas ! nul n’échappe à son destin.
Tout Chinois doit se plier à son feng shui.
A la fleur de l’âge,
Souffrant d’un mal incurable,
Tu entrevis ta fin prochaine.
Faute d’héritiers en âge de te succéder,
Tu bradas ton emplacement
Pour te payer le passage du retour
Dans ton Moyan natal
Où tu mourus peu après.
Pour un vrai Chinois,
Etre enterré auprès de ses ancêtres
Etait un devoir sacré.
Quand vint le moment pour ton unique fils,
Devançant son épouse qui attendait un enfant,
D’émigrer à l’île Maurice
Pour gagner son pain,
Il partit comme tous les Hakkas
Qui l’avaient précédé,
Avec sa ceinture pour toute richesse.

* Published in print edition on 20 September 2019

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