République de Maurice : Des ‘snaps élections’ au début de l’année prochaine ?

Eclairages

La fenêtre de tir pour la majorité comme pour l’opposition semble être bien plus proche qu’on ne le pense

Par A. Bartleby

Il n’aura échappé à personne qu’un “mood” ou une disposition envers la campagne électorale plane déjà sur le pays. L’alliance PTr-MMM-PMSD a effectué sa tournée du pays avec ses congrès, malgré une annulation – celle du dernier congrès début décembre. Parallèlement, les partis extra-parlementaires s’activent également à s’organiser et à déployer leurs candidats sur le terrain dans leur circonscription respective. Certains rapprochements se font alors que d’autres se défont, comme ce fut récemment le cas entre Roshi Badhain et Patrick Belcourt.

Le MSM est lui aussi à la manœuvre, avec Pravind Jugnauth qui a pris soin de faire la tournée des circonscriptions pour les célébrations de cette fin d’année. 2023 fut marquée par le 40ème anniversaire du MSM, et le parti du soleil avait planifié un calendrier s’échelonnant sur toute l’année afin de célébrer ses quatre décennies d’existence comme il se devait.

En matière de bataille des images, chaque camp affine ses armes avec des manifestations plus ou moins réussies et maitrisées. Dans tous les cas de figure, le sentiment plane que cette période festive serait la dernière de la mandature présente et que la République de Maurice aurait un autre gouvernement pour les fêtes à la fin de l’année prochaine…

Pravind Jugnauth : “Mo mem Père Noël”

En matière de politique publique, l’augmentation du salaire minimum est apparue comme une surprise en cette fin d’année. Et cette dernière a ouvert la voie aux multiples spéculations quant au calendrier politique de l’année prochaine. En effet, beaucoup s’attendaient à une série de politiques du type « fer labous doux », Pravind Jugnauth affirmant lui-même lors d’une sortie qu’il va être comme le Père Noël et qu’il va distribuer des cadeaux. Est-ce donc le début de la mise en place de la stratégie du MSM en vue des prochaines élections ?

Le “timing” de cette augmentation a ainsi de quoi surprendre de par le fait que les finances publiques sont actuellement dans une situation complexe. Cela ne signifie pas que le gouvernement n’a pas les moyens de se montrer généreux, mais cette générosité devrait être particulièrement raisonnable, donc rationnelle et frugale.

En d’autres termes, le gouvernement n’a pas les moyens d’entrer dans la surenchère des politiques de la gratuité ou du “welfare”. Il a une marge de manœuvre, mais il n’a pas autant de munitions qu’on peut le penser. Or, une munition vient déjà d’être tirée avec l’augmentation du salaire minimum, suivie de la revalorisation salariale.

En réalité, ces augmentations étaient urgentes au regard des effets de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages, et sur celui des petits salaires en particulier. Mais cette augmentation reste néanmoins une munition politique qui vient d’être tirée. De ce point de vue, il ne reste pas grand-chose sur quoi le gouvernement peut jouer en termes d’augmentation du revenu des ménages. Nous savons que le ministre des Finances s’est donné les moyens d’augmenter la pension de vieillesse sans passer par un autre budget, ce qui laisse à penser que la pension pourrait bientôt également augmenter.

L’autre clavier sur lequel pourra jouer le gouvernement sera la mise en place de subsides sur les denrées, permettant une diminution du coût de la vie. Ainsi, entre l’augmentation des salaires et de la pension, et une diminution des coûts des denrées de base et peut-être des énergies, il se pourrait bien que le gouvernement permette à la majorité des ménages mauriciens de retrouver le sourire en 2024.

Mais cette embellie ne pourrait être que momentanée. L’économie mauricienne reste extrêmement exposée aux risques des fluctuations de l’économie mondiale et 2024 se présente déjà comme une année compliquée avec une “outlook” ou une perspective qui reste pessimiste globalement. Même si certains autres enjeux poussent vers un optimisme réel, la prudence est de mise.

Ainsi, il semble évident que le gouvernement a bel et bien mis en place et a inauguré sa stratégie électorale avec l’augmentation du salaire minimum. Il y a une séquence d’évènements culturels et religieux qui vont s’aligner à partir du mois de janvier, et nous devinons que les élus de la majorité afficheront une présence effective sur ces différents fronts. Ainsi, nous pouvons nous attendre à un “build-up” de trois à quatre mois avant que Pravind Jugnauth n’use de sa prérogative de chef du gouvernement pour appeler la population aux urnes.

Nous pouvons spéculer que la dissolution du parlement et la date des élections se tiendront avant la fin du mois d’avril ou au milieu du mois de mai. La raison à cela est simple : les élections générales se tiendront à la fin du mois d’avril et au début du mois de mai en Inde, et nous devinons que Pravind Jugnauth ne voudra pas empiéter sur le calendrier de son “grand frère” Narendra Modi, qui devrait être facilement reconduit aux affaires de la Grande Péninsule à l’issue de ces élections.

Diego Garcia: dénouement favorable par rapport à la question du loyer?

Cette fenêtre de tir semble réaliste au regard des données actuelles. Toutefois, il se pourrait que Pravind Jugnauth ait d’autres plans et souhaiterait aller jusqu’au bout de la mandature actuelle. Nous avons du mal à voir comment il fera cela sans l’apport d’une entrée importante d’argent dans le budget national. Or, il se pourrait également que le gouvernement actuel mise sur cela. L’augmentation du salaire minimum constituerait ainsi une fuite en avant en attendant des développements de grande envergure au niveau des finances publiques.

Certains parlent d’ailleurs d’un dénouement favorable par rapport à la question du loyer de Diego Garcia. Les médias locaux se sont montrés pessimistes quant à cette conclusion, relayant un article publié en Angleterre mais dont le fondement reste à être démontré. Pravind Jugnauth, lui, n’a pas réagi à ce propos, gardant le cap en espérant sans doute qu’une résolution favorable pour la République de Maurice soit trouvée au début de l’année prochaine. Il est aussi connu que Narendra Modi en a fait une condition de ses discussions avec le Premier ministre britannique, Rishi Sunak sur la question de l’accord commercial que ce dernier espère tant conclure avec l’Inde…

Si c’est le cas, alors le gouvernement jouera la carte du temps. Une entrée d’argent de cette envergure lui donnera d’immenses moyens pour accélérer ses projets d’infrastructures et pour permettre aux Mauriciens de retrouver un niveau de vie auquel ils aspirent. Si tel est le cas, alors l’opposition pourrait se retrouver en mauvaise posture avant même l’annonce des prochaines élections générales. Mais nous n’en sommes pas encore là, et la fenêtre de tir pour la majorité comme pour l’opposition semble être bien plus proche qu’on ne le pense.

* * *

Le monde est-il devenu plus dangereux en 2023 ?

 Lorsque le chancelier allemand Olaf Scholz, dans un discours prononcé devant le parlement le 27 février 2022, a qualifié l’invasion de l’Ukraine par la Russie de « tournant », le risque d’extension de la guerre était déjà perceptible. Mais avait-il prévu que nous assisterions à un enchaînement de guerres régionales, ou que les tensions entre grandes puissances s’exacerberaient presque jour après jour ? Sans doute non, mais force est de constater, malheureusement, que nous en sommes là aujourd’hui. De plus, la spirale guerrière qui a été initiée à la sortie de la pandémie de la Covid-19 ne semble pas ralentir.

La guerre Ukraine-Russie n’était que le premier domino de la lutte enclenchée entre pouvoirs. Par la suite, le Hamas a lancé une attaque terroriste brutale contre Israël depuis Gaza, en tuant 1,400 Israéliens – pour la plupart des civils – et en enlevant plus de 200 autres. Comment un coup aussi meurtrier a-t-il pu être porté à la plus grande puissance militaire et de renseignement du Moyen-Orient ? Une organisation terroriste comme le Hamas aurait-elle pu accomplir un tel exploit par ses propres moyens ?

Prenez en compte la précision de l’attaque et toute la planification dont elle a fait l’objet. De toute évidence, l’objectif n’était pas simplement d’organiser une démonstration de brutalité impitoyable, dans un bain de sang, contre des civils israéliens, y compris des grands-mères et des enfants en bas âge. Mais ne s’agissait-il pas plutôt de réactiver le traumatisme juif en reproduisant une démonstration de violence qui n’est pas sans rappeler les atrocités de la Shoah, c’est-à-dire la tentative des nazis d’exterminer l’ensemble du peuple juif ? Le message pour les Juifs n’était-il pas qu’ils ne doivent jamais se sentir en sécurité, même avec la supériorité militaire d’Israël ?

Quoi qu’il en soit, l’attentat du 7 octobre a laissé l’ensemble du Moyen-Orient au bord d’une guerre majeure. La réponse israélienne a été d’une telle violence, avec plus de 14,000 morts du côté palestinien, que toute tentative de désescalade semble aujourd’hui compromise, et ce, pour un certain temps. L’existence même d’Israël étant en jeu, les Etats-Unis et l’Europe ont inévitablement été impliqués. Mais d’autres aussi, par exemple, la Chine (grand importateur d’hydrocarbures iraniens) a déployé des navires de guerre dans la région.

De son côté, Israël qui soutient qu’il n’avait d’autre choix que de riposter militairement pour rétablir la dissuasion, même si cette guerre va encore coûter de nombreuses vies civiles et va aggraver la haine entre les deux camps. Ceux qui ont planifié l’opération du 7 octobre ont sans doute misé sur ce résultat, ce qui suggère que le Hamas n’aurait pas agi seul et que des objectifs géopolitiques de déstabilisation d’une région déjà instable sont à l’œuvre.

Vers l’émergence d’un nouvel ordre mondial

Un parallèle frappant entre les guerres en Ukraine et à Gaza, c’est que toutes les deux impliquent une lutte pour la survie même d’un État-nation existant. Mais ce qui est tout aussi important, c’est que ces deux guerres confirment que nous assistons vraiment à l’émergence d’un nouvel ordre mondial. Alors que l’Occident se tient fermement aux côtés d’Israël, des puissances autoritaires telles que la Russie et la Chine se rangent opportunément dans l’autre camp, tout comme une grande partie du Sud global, en raison de ses propres souvenirs traumatisants de la colonisation.

L’Occident ne peut se contenter d’accepter cette dynamique « nous contre le reste du monde », ce qui est devenu évident avec l’attaque de la Russie contre l’Ukraine. Dans le long terme, une telle polarisation géopolitique ne fera qu’aggraver la situation de tous.

Mais, pour inverser la tendance, il faudra des efforts de diplomatie héroïques. Et étant donné cette nouvelle donne, il se pourrait que le Sud global ait ici un rôle essentiel à jouer. En tant qu’élément essentiel du nouvel ordre mondial, le Sud global exige d’ailleurs d’être reconnu et de s’asseoir à la table des négociations. Alors que la fonction même des Nations-Unies, et de son Conseil de Sécurité, semble aujourd’hui plus inutile que jamais, il y a peut-être là une piste sérieuse à explorer.

Outre les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, la menace d’un conflit militaire en mer de Chine méridionale ou dans le détroit de Taïwan – qui impliquerait directement deux superpuissances, les Etats-Unis et la Chine – se fait de plus en plus pressante. Dans ce contexte, d’autres guerres – comme par exemple, celle qui a opposé l’Arménie et l’Azerbaïdjan au sujet du Haut-Karabakh – risquent d’être oubliées.

Ces évènements sont passés entièrement sous silence actuellement à Maurice, où les médias sont entièrement concentrés sur l’actualité locale. Pourtant les développements mondiaux pourraient avoir un impact bien plus important sur notre vie quotidienne qu’un texte de loi passé en l’absence de l’opposition.

Historiquement, les efforts visant à modifier l’équilibre mondial des pouvoirs, ou à réviser et imposer un nouvel ordre international, ne se sont jamais déroulés sans violence. C’est d’ailleurs une donnée primordiale de l’histoire de la géopolitique. Tout nouveau monde qui est sur le point d’être enfanté nait d’un accouchement douloureux, sanglant même. Le ton de plus en plus agressif des grandes puissances les unes envers les autres n’en est que plus inquiétant.

L’effondrement de la Pax Americana

Le monde de la Pax Americana d’après 1945 semble plus vulnérable que jamais. Plutôt qu’attendre de voir s’il finira par s’effondrer de lui-même, ses principaux adversaires sont impatients d’exploiter ses faiblesses apparentes. Dans la mesure où il existe encore une communauté internationale, sa volonté de maintenir le statu quo semble avoir considérablement diminué, pour ne pas dire que la capacité de maintenir ce statu quo est aujourd’hui quasi-inexistante.

Il est difficile, dans ce contexte, de ne pas penser à 1914, lorsque les évènements ont pris leur propre envol et ont précipité la Première Guerre mondiale. La bascule du monde dans le 20ème siècle devint le plus meurtrier de l’histoire humaine. L’honneur et l’ambition prirent le pas sur la raison, laquelle une fois de plus, redevint l’esclave des passions religieuses et nationalistes.

Dans la tourmente d’aujourd’hui, nous avons déjà un aperçu d’un monde sans ordre. Ceux qui se moquent du président américain Joe Biden en raison de son âge devraient réfléchir à ce qui se passerait si cette dernière crise au Moyen-Orient devait se dérouler sans une direction aussi prudente et expérimentée à la Maison-Blanche. Le monde serait plus incertain et plus dangereux qu’il ne l’est déjà.

Alors que l’année 2023 arrive à son terme, la question de savoir si elle a été l’année d’une augmentation du danger mondial est donc posée. Et il serait utopique et chimérique de répondre par la négative à cette question. Que nous réservera 2024 de ce point de vue ? Disons que cette nouvelle année ne se prépare pas sous les meilleurs auspices, et que nous avons une multiplicité de raisons d’être pessimistes. Nous consacrerons, la semaine prochaine, la dernière page de l’année 2023 aux perspectives locales et internationales pour 2024.

* * *

Japon, vers la fin d’une constitution pacifique
La remilitarisation du Japon aura des conséquences réelles sur la géopolitique mondiale

La constitution du Japon est unique au monde du fait d’avoir été rédigée par les Américains, sous la supervision de Douglas MacArthur, alors commandant suprême des forces d’occupation alliées après la défaite du Japon et la fin de la guerre du Pacifique en 1945.

La Constitution de 1947, ou la Nihonkoku Kenpo, a été votée le 3 novembre 1946 et est entrée en vigueur le 3 mai 1947. Elle fait suite à la Constitution Meiji de 1889 qui avait été capitale dans l’ouverture de l’ère de modernisation et d’industrialisation qui allait faire de l’Empire du Soleil Levant une puissance régionale majeure au 20ème siècle.

Bien que la Constitution de 1947 conserve des similitudes avec celle de 1889, elle comporte néanmoins des différences majeures. Et l’une de ces différences est l’article 9 qui déclare que le Japon renonce à jamais à la guerre. Cet article est la conséquence directe des exactions japonaises avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, mais surtout du traumatisme causé par les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945 respectivement.

Ce fameux article 9 est absolument unique dans le monde, faisant du Japon le seul pays dont la Constitution est fondée dans le rejet total de la prérogative belligérante de la souveraineté politique et dans l’affirmation d’un pacifisme d’État. Ce pacifisme se traduit par le refus du maintien d’une armée d’attaque, même si le Japon possède des forces dites d’autodéfense, profondément ancrées dans la société japonaise moderne.

L’article 9 fait énormément débat. Depuis 1947 déjà, en réalité, mais encore plus aujourd’hui.

Tout d’abord, un pays qui refuse son droit souverain à faire la guerre est un pays qui ne peut pas assurer sa propre défense, ce qui constitue le problème fondamental de toute souveraineté politique dont l’objectif primordial est la sécurisation d’un territoire et d’une population.

Dans les faits, le Japon n’a jamais fait une croix sur la sécurité de son territoire et de sa population. Bien qu’elle rejette le maintien d’une force militaire conséquente, le Japon n’a jamais trouvé le moindre problème à ce que les Etats-Unis installent des bases militaires sur ses territoires. Ces bases dépasseraient le nombre de 100 sur tout le territoire japonais et couvriraient toutes les branches de l’armée américaine avec un personnel de plus de 50,000 soldats déployés. D’ailleurs, cette surpopulation de bases militaires au Japon porte le sobriquet de ‘porte-avion américain’.

La réalité, c’est qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le territoire japonais relevait d’une importance stratégique primordiale pour l’armée américaine de par sa proximité avec l’URSS, la Corée, le Vietnam, Taiwan, etc. C’est ainsi un contrat sécuritaire en bonne et due forme qui fut passé entre le gouvernement japonais et les forces américaines. D’un côté, le Japon accepte de ne plus entretenir d’armée mais de l’autre elle accepte de devenir un point d’ancrage extrêmement important pour l’armée américaine dans la région.

Cette formule a très bien fonctionné depuis 1947, et l’essor économique du Japon et son effort de reconstruction industrielle a fait que le pays s’est positionné comme un acteur majeur de l’économie mondiale, préférant jouer le jeu de la guerre économique au lieu de celui de la guerre coloniale, comme ce fut le cas lors de son incursion en Mandchourie en 1931, par exemple.

Mais les choses évoluent aujourd’hui rapidement. Le Japon n’est plus sur la pente ascendante économiquement, et les vieux ennemis de l’empire sont aujourd’hui dans une course effrénée à l’armement. C’est le cas de la Chine, de la Russie et de la Corée du Nord, qui a tiré cette semaine un missile balistique à longue portée vers le Japon (missile qui s’est écrasé en mer à quelques kilomètres seulement de la ZEE japonaise). Parallèlement, l’essor de la Chine et le renforcement de son influence sur la région produit le parallèle du déclin de l’influence américaine sur cette même région.

Cela donne naissance au Japon à un questionnement profond quant à la réelle importance d’entretenir une Constitution pacifiste aujourd’hui. Il ne s’agit pas pour le Japon d’entrer dans la course à l’armement, mais il est clair que la montée de la Chine va produire des effets durables dans la région et la vieille alliance sécuritaire avec les Etats-Unis pourrait vite devenir obsolète. Ainsi, le gouvernement japonais se retrouve face à l’impératif de revoir sa politique sécuritaire et son propre positionnement dans la région.

Une armée ne sert pas uniquement à faire la guerre. Loin de là même. Une armée sert avant tout à avancer ses propres pions sur l’échiquier géopolitique et permet aux politiques de provoquer des situations de négociations ou encore de faire pression sur les différents acteurs engagés dans une situation géopolitique. Ainsi, sans armée propre, le Japon se trouve dans une situation très délicate en face de grands bouleversements qui ont lieu dans la région, ce qui devient plus que jamais le haut lieu des tensions dans l’Indo-Pacifique.

C’est la raison pour laquelle des voix de plus en plus influentes s’élèvent dans l’empire pour revoir l’article 9 de la Constitution et pour une augmentation conséquente des dépenses sécuritaires et militaires. C’est dans cet esprit que l’actuel Premier ministre, Fumio Kishida, a récemment présenté un “master plan” visant à la remilitarisation du Japon. Ce plan est loin de faire l’unanimité dans un Japon où les anciennes générations vivent toujours le traumatisme de la guerre et où les jeunes générations ont grandi dans la culture du pacifisme et refusent la militarisation.

Ce plan aboutira-t-il alors ? Nous avons envie de dire que le Japon n’a pas le choix que de redessiner ses objectifs sécuritaires et de se doter des moyens adéquats pour y arriver. Ce simple fait produira des conséquences géopolitiques importantes dans la région, et même si le Japon entretient de bonnes relations avec la Chine et voudra sans doute continuer à approfondir la coopération avec le géant chinois, il est clair que cette relation est fondée sur une défiance historique.

Ce qui est sûr, c’est que la remilitarisation du Japon aura des conséquences réelles sur la géopolitique mondiale, et il est impératif de suivre cette situation de près.


Mauritius Times ePaper Friday 22 December 2023

An Appeal

Dear Reader

65 years ago Mauritius Times was founded with a resolve to fight for justice and fairness and the advancement of the public good. It has never deviated from this principle no matter how daunting the challenges and how costly the price it has had to pay at different times of our history.

With print journalism struggling to keep afloat due to falling advertising revenues and the wide availability of free sources of information, it is crucially important for the Mauritius Times to survive and prosper. We can only continue doing it with the support of our readers.

The best way you can support our efforts is to take a subscription or by making a recurring donation through a Standing Order to our non-profit Foundation.
Thank you.

Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *