L’opposition dans la tourmente

Quand les éléphants se battent, les lapins ont intérêt à s’écarter

Trois mois et 800 citoyens interrogés et “sondés” – si ou plé — pour pondre un rapport sur la défaite du candidat bleu lors de la partielle au No. 18. Fallait oser. Conclusion : “Mauvais choix de candidat.” Ben voyons ! Le déni à son paroxysme ! Non, bien entendu, en voulant trop copier d’autres et bidouiller avec le communalisme scientifique, cela a fini par éclater à la figure. Même méthode et même ‘rotin bazar’.

Considérant comme ‘fixed deposit’ son électorat traditionnel, le PMSD au lieu de consolider cet électorat, rejoint par ceux qui avaient déserté le MMM en 2014, a voulu courtiser d’autres électorats.

Résultat: un score minable, inférieur même au potentiel électoral personnel de Xavier Duval, moins que ce qu’attire notre Shah Rukh Khan local lors de ses shows mais bien plus que le record absolu du zéro pointé Nasanah Yenkanah. Conséquences:

1) Le poste de leader de l’opposition synonyme de visibilité au PMSD est menacé.

2) Le PMSD est très fragilisé dans la perspective des négociations d’alliance.

la Bérézina

De quoi faire sauter de joie le MMM dont la Bérézina de 2014 et décembre 2017 est restée en travers de la gorge de ses partisans — enfin, ce qu’il en reste. En effet le MMM, qui avait déjà été amputé d’une bonne moitié de son électorat en 2014, a vu le noyau dur restant esquinté en décembre 2017.

Cause principale : leur “complicité” dans l’affaire BAI qui remonte à l’époque où Lutchmeenaraidoo, aujourd’hui porté disparu, était ministre des Finances fantôme du MMM. Mais surtout le spectre d’une alliance en gestation MMM-MSM, d’ailleurs brandi en premier par bon nombre de partisans mauves échaudés par l’échec des alliances du passé.

Toutefois, dans le doute, ils ont préféré s’abstenir massivement en décembre 2017. Et bonne nouvelle pour le MMM : ceux qui avaient migré au PMSD en 2014 n’ont pas confirmé leur choix et ont choisi de bouder les urnes en décembre 2017.

Quelques-uns ont tout de même voté la candidate du Mouvement Patriotique d’Alan Ganoo qui a, lui, bien choisi le profil “ethnique” pour pêcher dans le bassin électoral commun du MMM et du PMSD. En particulier la frange ayant abandonné le MMM pour le PMSD et le Mouvement Libérater de 2014.

Certes, cela n’a pas été un succès retentissant pour la candidate grenat. Et il fallait s’y attendre, à mon avis, dès lors que le principal motif de la désertion d’une bonne partie des électeurs MMM en 2014, c’était l’alliance avec le PTr dont Alan Ganoo était l’intermédiaire. Du coup ce faible score – encore moins que Dhanesh Maraye et loin derrière notre Jack national – place le MP dans une position d’extrême faiblesse dans le cadre d’éventuelles négociations d’alliance.

Quand les éléphants se battent, les lapins ont intérêt à s’écarter. Je n’ai toujours pas compris pourquoi le PMSD et le MP, qui tous deux sont obligés d’entrer dans le jeu d’alliances, se sont engagés dans une bataille perdue d’avance. Même le rapport du PMSD le dit : ils savaient que c’est Arvin Boolell qui allait gagner.

l‘affaire MedPoint

Pour revenir au MMM, il faut dire que le message de son électorat de 2014 amplifié en décembre 2017 semble être tombé dans les oreilles d’un sourd. Puisque, ce que les partisans du MMM redoutent et ont rejeté pourrait, selon des rumeurs persistantes, se concrétiser. Le MMM semble être prêt à négocier une alliance avec le MSM après le ‘ruling’ du Privy Council relatif à l’affaire MedPoint. A ce propos, je déplore la déclaration du très respecté Lindsay Rivière mettant en doute la sincérité du Privy Council (qui pourrait privilégier la stabilité de Maurice).

En attendant, le lider maximo, contesté au sein de son mouvement — sa méthode mais pas son leadership… allez comprendre !–, ne va pas se gêner pour pilonner Xavier Duval – son concurrent direct, électoralement s’entend. Sa dernière salve c’est son appel ‘diplomatique’ à Xavier Duval de remettre en jeu son poste de leader de l’opposition tout en envoyant un signal à Arvin Boolell. De quoi alimenter d’autres spéculations !

Soyons sérieux. Je ne vois pas de bouleversement au Parlement suite à la partielle de décembre. Boolell remplace Badhain dans l’opposition et le nombre de députés travaillistes passe de 4 à 5. Le PMSD demeure le parti possédant la majorité — certes relative — dans l’opposition. Je ne vois pas comment Boolell pourrait prétendre au poste de leader de l’opposition avec le soutien du MMM, ou soutenir Bérenger pour ce poste.

D’abord parce qu’en cas d’entrée du PTr sous Ramgoolam dans le jeu d’alliances — on ne sait jamais… surtout en politique — le PMSD demeure son allié potentiel le plus probable, d’autant plus que leur départ du gouvernement faisait suite à leur refus – décisif — de voter la ‘Prosecution Commission’ visant clairement le leader du PTr.

Bérenger a le chic de déplacer les chamailleries internes au sein de son parti à l’extérieur. Quitte à se rendre ridicule.

 

* Published in print edition on 23 February 2018

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