‘Les jours politiques de Collendavelloo sont donc probablement comptés,

Interview : Lindsay Rivière

aujourd’hui ou demain, même si rien ne le compromet personnellement’

* ‘Pravind Jugnauth n’aime pas particulièrement traîner des poids lourds derrière lui ou porter la croix des autres’

* ‘L’ICAC a mal démarré il y a quelques années et, depuis, n’a jamais pu rétablir son image d’indépendance. Le mal est fait’


Cela fait longtemps que  la corruption endémique paralyse les institutions de l’Etat. Et voilà tout un pan du service public qui en prend un coup à cause de quelques brebis galeuses. Ce serait donc le règne de la perversion de la culture des pots-de-vin et  l’effritement des valeurs d’équité et de justice ?  Et l’on se demande alors si les objectifs  de développement durable sont réalisables localement.  La République de Maurice pourra-t-elle un jour se rapprocher des valeurs prônées par Singapour avec la mise en place à tous les niveaux d’institutions efficaces, ouvertes et transparentes, et des ressources humaines responsables qui banniront à jamais les effets dévastateurs pour la stabilité économique et l’image de la République auprès de ses partenaires dans le monde ? Lindsay Rivière nous en parle.


Mauritius Times: Rien ne semble indiquer, à ce stade, quelque intention de Pravind Jugnauth de ‘larguer’ Ivan Collendavelloo suite à l’éclatement de l’affaire St Louis. Le directeur par intérim du CEB a été suspendu et le conseil d’administration, révoqué. Le Premier ministre a clairement pris les choses en main, mais on se demande s’il poussera son adjoint, présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, à la démission avec le démarrage de l’enquête par l’ICAC, ou se sert-il  de cette enquête pour surseoir à une décision quelconque ?

Lindsay Rivière: Les premières décisions du Premier ministre depuis l’éclatement de l’affaire concernant l’acquisition de turbines pour la centrale thermique de Saint-Louis (révocation et remplacement du conseil d’administration du CEB et établissement d’une double enquête, (interne et par l’ICAC) vont certes dans la bonne direction mais ne constituent que le strict minimum que la situation exigeait.

Le scandale est, en effet, énorme et susceptible de causer  des dégâts considérables à  l’image internationale du pays et sur celle du Gouvernement.

Le nouveau conseil d’administration, dirigé par le Deputy Financial Secretary Ada Chellapermal, et constitué de fonctionnaires et de conseillers de haut niveau, relève désormais presque entièrement du PMO et du ministère des Finances, et non du ministère de tutelle d’Ivan Collendavelloo.

Ceci implique que le PMO ne pourra plus désormais plaider l’ignorance à propos de quoi que ce soit relativement au CEB ou à la suite donnée ou révélée par l’enquête. Les risques politiques de  cette affaire augmentent donc pour Pravind Jugnauth. Toute allégation de ‘cover up’ à l’avenir sera désormais déposée directement à la porte du PMO.

Quant à l’enquête initiée par l’ICAC, compte tenu de l’image très endommagée de cette institution depuis sa mise sur pied il y a quelques années, il faudra s’attendre à beaucoup de scepticisme dans l’opinion publique quant à la manière, l’efficacité et la durée (généralement une éternité) de son enquête. Etant donné la gravité et les implications de cette scandaleuse affaire, je pense que ce n’est pas une enquête de l’ICAC qui s’impose mais bel et bien une commission d’enquête au plus haut niveau, sans doute présidée par un Juge en fonction, qui irait au fond des choses sur les circonstances de l’octroi de ce contrat de plusieurs milliards depuis 2016.

C’est là, sans doute, une des plus grosses et des plus sordides affaires de corruption alléguée de ce début de siècle, impliquant des centaines de millions, et elle intervient après des assurances publiques et répétées de ‘tolérance zéro’.

Il faut donc que la réaction officielle soit à la mesure du scandale. Avec les institutions internationales suivant de près ce dossier, le PM ne doit pas dévaluer lui-même ses assurances. Il y va de sa crédibilité locale et internationale.

Une simple enquête au niveau de l’ICAC ne suffira pas. Elle sera, en effet, perçue dans l’opinion comme une tentative de gagner du temps et, comme vous dites, « de surseoir à une décision ». Pravind Jugnauth doit confirmer sa volonté politique de ‘zéro tolérance’ en nommant une Commission d’enquête aux pouvoirs étendus et en demandant à son adjoint, Ivan Collendavelloo, de ‘step down’ du Gouvernement le temps que durera l’enquête.

* Le Premier ministre dispose d’une majorité confortable, et toute décision en ce qui concerne Ivan Collendavelloo dépendra aussi de la ‘power equation’ au sein de l’alliance gouvernementale. Mais voyez-vous les choses évoluer rapidement de sorte que le Premier ministre se verra dans l’obligation d’aller jusqu’au bout et ainsi‘larguer’ son vice-Premier ministre ?

Compte-tenu de l’ampleur de la majorité gouvernementale, pour Pravind Jugnauth la question d’agir ou non par rapport à Ivan Collendavelloo ne se posera pas en termes de ‘rapports de force’ au sein de la majorité.

Collendavelloo est, en effet, politiquement ‘expendable’. Il n’est essentiel au Gouvernement ni en nombre d’élus ML ni en termes de contribution personnelle essentielle à l’efficacité du Gouvernement. L’attitude qu’adoptera Pravind Jugnauth vis-à-vis de son Adjoint relèvera donc de considérations d’utilité et d’intérêt politiques précis, pas de loyauté mutuelle entre deux compagnons de route. Ivan Collendavelloo a toujours été plus proche de Sir Anerood Jugnauth (et on l’a vu en 2014 quand il quitta le MMM pour rejoindre SAJ), que de Pravind Jugnauth.

Les relations entre les deux hommes sont souvent difficiles et tendues. Le PM va surtout se demander, dans cette affaire, si Collendavelloo peut et va lui faire du tort politiquement, et si ce scandale va fragiliser le Gouvernement après sa gestion réussie du Covid-19 et du Budget.

En politique, seul l’intérêt compte. N’oublions pas également, qu’avec l’entrée au Gouvernement d’Alan Ganoo, de Steve Obeegadoo, de Kavi Ramano, soit un apport d’ex-MMM politiquement solides, le Premier ministre a aujourd’hui moins besoin d’Ivan Collendavelloo que hier.

La manière dont Pravind Jugnauth a ‘step in’ pour révoquer, sans plus de manières, le Chairman du CEB (colistier battu de Collendavelloo à Rose-Hill aux dernières élections) et le conseil d’administration du CEB nommé par le même Collendavelloo est, en elle-même, un ‘larguage’ du DPM et une claque sonore au ML, qui n’a d’ailleurs jamais impressionné.

Pour vous répondre directement, j’ai l’impression que Pravind Jugnauth n’aime pas particulièrement traîner des poids lourds derrière lui ou porter la croix des autres. Ce scandale dominera la première page des journaux, des semaines encore. Les jours politiques de Collendavelloo sont donc probablement comptés, aujourd’hui ou demain, même si rien ne le compromet personnellement.

* En ce qui concerne l’Icac, son ‘track record’ dans la lutte contre la corruption n’est  pas très convaincant jusqu’ici : son bilan en matière d’enquêtes, d’actes d’accusation et de condamnations surtout en ce qui concerne les affaires impliquant des membres ou des proches du gouvernement ont fait l’objet de beaucoup de critiques. Qu’est-ce que cette enquête va donner, selon vous ?

L’ICAC a mal démarré il y a quelques années et, depuis, n’a jamais pu rétablir son image en tant qu’institution indépendante. Le mal est fait. En termes de crédibilité publique, « you never have a second chance to make a first impression » et l’ICAC subit cette loi.

Le public mauricien prend tout ce qui touche aux enquêtes de l’ICAC avec des pincettes et une très grosse pincée de sel, et ce, quels que soient ses dirigeants ou les comités parlementaires qui supervisent cette institution. Il y a un déficit énorme de crédibilité puisque, des années après ses débuts, l’ICAC malgré toutes ses enquêtes n’a pas grand-chose à montrer à son tableau de chasse, encore moins quand il s’agit de personnalités du Gouvernement.

L’institution en est seule responsable.

* Selon le dernier Baromètre mondial de la corruption – Afrique, beaucoup de Mauriciens considèrent toujours les institutions et certains groupes dont les parlementaires, etc., comme corrompus. Suivant la décision de l’Union européenne de placer Maurice sur la liste provisoire des pays à risques élevés, voilà que la Banque africaine de développement (BAfD) vient  pointer l’administration mauricienne du doigt dans l’affaire Saint Louis. Cela va sans doute causer un préjudice grave aux intérêts et à la réputation de Maurice, non ?

Il y a, autant à Maurice qu’à l’étranger, une érosion considérable de la crédibilité du pays et de ses institutions. L’effet cumulé des divers scandales, les personnalités en jeu et le retentissement qu’elles ont provoqué, les sommes de plus en plus astronomiques évoquées (Rs 700 millions à un milliard dans l’affaire du CEB), l’inefficacité totale des mécanismes de contrôle, l’absence de volonté politique démontrée constituent un cocktail explosif et toxique qui ronge le cœur même de l’Etat et de ses institutions.

Qu’avons-nous vu depuis le début de ce siècle? La politique est presque totalement dévaluée. L’affairisme est partout. Les contrats se négocient désormais non plus en millions mais en milliards de roupies, alimentant la vénalité de certains. Plusieurs institutions de supervision ou d’arbitrage ne jouent plus correctement leur rôle.

Il y a une démission croissante des responsables à Maurice. La qualité des hommes publics baisse de génération en génération. Les élections nécessitent de plus en plus d’argent, d’où bailleurs de fonds de plus en plus exigeants. Il y a de plus en plus de corrompus parce qu’il y a de plus en plus de corrupteurs sans vergogne, à la recherche de contrats mirobolants, de permis et de coups de pouce.

Toute la décadence constatée à Maurice et le matérialisme ambiant qui salit toute la vie mauricienne sont le reflet d’une société qui se laisse de plus en plus aller, qui recherche partout des raccourcis, qui ridiculise et affaiblit de plus en plus les grands principes sur lesquels ce pays a été construit. Au fond, la décadence morale qui progresse est le bouillon de culture de la corruption.

* A la lumière de différents cas où des manquements à la bonne gouvernance ont été notés au niveau du fonctionnement de nos institutions de contrôle (les ‘regulators’) telles que le Central Procurement Board, la FSC et la Banque centrale, on se demande si la fraude et la corruption constitueront le talon d’Achille de l’actuel Gouvernement. Qu’en pensez-vous ?

Le drame mauricien est la politisation de tout et, en particulier,  de toutes les institutions par les  gouvernements successifs depuis l’Indépendance. Les premiers gouvernements de Maurice étaient plus ou moins respectueux de l’indépendance des institutions publiques que nous avaient léguées les Anglais.

Au fur et à mesure, on a vu la branche Exécutive de l’Etat (le  gouvernement) grossir, s’ingérer, vouloir contrôler de plus en plus de secteurs de la vie du pays. Le Parlement, les Municipalités et les Conseils régionaux n’ont aujourd’hui pratiquement plus de pouvoir. Le Gouvernement ne cesse de s’étendre, comme une énorme pieuvre.

On a ensuite vu, au fil des années, la multiplication effrénée des parastatal bodies, puis des State-Owned Companies qui ont poussé comme des champignons après la pluie, souvent pour concurrencer le secteur privé. Comme un gros problème apparaît,  on lance un nouvel organisme public de régulation. Ensuite, au lieu d’opérer en autonomie, ces nouvelles institutions agiraient comme des extensions, presque des Subsidiaires, du gouvernement, aux ordres de l’Hotel du Gouvernement.

Autrefois, dans les années 70-90, le  gouvernement se satisfaisait de nommer les Chairpersons des institutions ; aujourd’hui, il nomme même les CEOs, les  managers, les  attachés de presse, et les  conseillers et consultants.

Autrefois, des personnalités indépendantes dirigeaient les institutions et on s’en vantait. Aujourd’hui, on voit se mettre en place partout à Maurice un système de nominations équivalent au « système de dépouilles » en cours aux Etats-Unis, où un nouveau  gouvernement, après une élection présidentielle, se réserve le droit de nommer des milliers de dirigeants et de managers des centaines d’institutions du pays, presque toujours des nominations politiques. Ceci est extrêmement dangereux.

Tout nouveau gouvernement à Maurice démarre ainsi le pouvoir qu’il s’arroge d’effectuer quelque 500 nominations de haut niveau dans des dizaines d’institutions, des postes bien rémunérés à plus de Rs 100,000 par mois.

On n’hésite plus à nommer, sans hésiter, des politiciens du parti au pouvoir, candidats battus ou membres, absolument partout à des postes requérant souvent des compétences techniques pointues.

Voyez la valse des nominations politiques de candidats battus et d’agents. Aujourd’hui, il vaut presque mieux être un candidat battu nommé quelque part avec salaires de Rs 200,000 par mois, voitures de fonction et privilèges qu’un candidat élu !

J’ai toujours pensé que le meilleur moyen de progresser est de s’entourer de gens valables et hautement compétents. Nos politiciens font souvent exactement le contraire, avec les résultats que l’on voit pour les institutions. Et l’Opposition ne fait rien ! Et on s’étonne de voir péricliter le pays ?

* Toujours en matière de bonne gouvernance et à la lumière des affaires qui ont dominé l’actualité à Maurice, (dont celles impliquant Alvaro Sobrino et la famille Dos Santos, les prêts sans garantie accordés à des milliardaires étrangers par nos banques commerciales, etc), que pensez-vous de la décision du  Gouvernement de remettre à la Mauritius Investment Company Ltd la responsabilité d’investir de l’argent public (Rs 80 milliards) dans des entreprises sans être comptable de ses décisions au Parlement ?

Le MIC est un autre exemple de ce que je vous disais il y a quelques minutes. Rs 80 milliards à investir ! Il faudra voir ce qu’on en fera, quels sont ceux et celles qui seront nommés et qui en bénéficiera, sans que le Parlement ne puisse s’en mêler. Tout cela est un signe des temps !

* Le budget 2020-21 a  suscité des réactions diverses et opposées, allant d’une approbation tacite dans certains milieux à une désapprobation ouverte dans d’autres. Répond-il,  selon vous, aux défis qui guettent le pays dans le sillage de la Covid-19 ?

Je suis de ceux qui pensent que, face à l’ampleur actuelle mais surtout l’ampleur à venir de la crise, il est essentiel d’injecter des fonds massifs (en dizaines de milliards) dans l’économie pour la soutenir et la faire repartir et qu’il faut donc

  • laisser filer le déficit budgétaire,
  • accroître la dette publique à plus de 65% du PIB,
  • accorder des ‘stimulus packages’ au secteur privé,
  • assouplir les lois du travail et bouger vers le ‘contract employment’ pour préserver l’emploi, quitte à revoir ceux-ci si tout repart d’ici un an ou deux,
  • repenser la fiscalité pour accroitre la solidarité nationale, et
  • revoir en profondeur l’architecture économique du pays et ne pas faire comme si rien ne s’était passé avec la Covid-19.

Nous n’avons pas beaucoup de choix et ce n’est pas le moment de faire la fine bouche : Il y a 100,000 chômeurs qui arrivent et une terrible misère sociale va s’abattre sur Maurice, avec des conséquences dramatiques pour beaucoup de familles.

Mais avec tout ceci, il faudra  bien sûr beaucoup de contrôles, de supervision parlementaire et que l’on soit en conformité avec les principes d’efficacité, de bonne gouvernance et d’‘accountability’.

Ceci étant mon postulat, vous comprendrez que j’ai bien accueilli plusieurs initiatives du Budget mais moins bien certaines autres. On a peut-être été trop vite en affaire sur certaines questions mais, pour l’essentiel, il n’y a pas 36 solutions ! Il faut lever de l’argent et, pour l’Opposition, veiller à ce qu’il soit bien dépensé. Le temps presse.

* Selon la plupart des experts, le pire de la crise économique mondiale est encore à venir. Il y a donc des jours difficiles devant nous, cela tant que les signes de reprise ne seront pas présents. Avec moins d’argent disponible dans les caisses de l’Etat à des fins d’assistance directe aux chômeurs et autres dans les mois à venir, les choses risquent de se compliquer sur le plan social. Qu’en pensez-vous ?

Oui, je pense sincèrement que le pire est à venir, avec la décroissance mondiale, la baisse de la demande, les guerres commerciales inévitables et la mise à l’arrêt de l’économie mondiale.

La première vague de la pandémie a été surtout sanitaire, la deuxième économique, la troisième sera sociale, avec beaucoup, beaucoup de problèmes sociaux qui pourraient bien déborder en insatisfaction avec des risques de désordres et un climat social très tendu vers la fin de l’année ou en 2021. Il faut faire très attention, à ne pas se tromper d’enjeux, à jouer à fond la solidarité nationale, à ne laisser personne en bordure de la route.

*Le recours aux fonds de la Banque de Maurice pour financer la relance laisse supposer que le Gouvernement est conscient du prix fort à payer pour l’aide et la générosité des pays amis, semble-t-il ?

 Le prix à payer sera, en effet, très fort. Je crains que, fort de tout l’argent disponible (Rs 100 milliards sur la table), le Gouvernement ne soit tenté de mal dépenser, de relâcher la discipline fiscale ou de revenir, année après année, vers la Banque de Maurice pour puiser dans les Rs 300 milliards de réserves nationales qui nous restent. Il faut insister sur une absolue transparence des dépenses publiques.

Quant aux pays amis, nous devrions solliciter leur concours pour réduire au maximum la dette publique de Maurice outre-mer, ce qui libérerait une part non-négligeable des dépenses actuelles au Budget pour la ‘servicing’ de la dette publique (19% du Budget).

*Je vous disais au début de cet entretien que le Premier ministre a pris les choses en main en ce qui concerne l’affaire St Louis. Il semble avoir un contrôle total sur ses troupes aussi bien que sur son agenda gouvernemental et politique, et il n’y a aucun signe de contestation. On ne sait pas s’il existe ou non une équipe dans l’ombre qui veille au grain, mais il est de toute évidence bien entouré. Quelle impression vous fait-il depuis qu’il a assumé  les fonctions de Premier ministre en novembre dernier ?

Il est plus qu’évident que le PM a la situation politique bien en main. Le MSM lui est totalement acquis. Son aile ex-MMM semble susceptible de le conforter à Gauche, face au MMM, et ce, même si Collendavelloo n’est plus jugé essentiel.

Peut-être même Pravind Jugnauth deviendra-t-il, au fil du temps, moins dépendant de la cuisine et de son cercle passé de conseillers, qui sait ?

On dit bien que la fonction fait l’homme. En tout cas, le PM a définitivement plus d’assurance et de ‘self-confidence’ depuis les élections de novembre 2019.

Pravind Jugnauth, peu à peu, est en train de se transformer et de faire oublier l’efficacité passée de la génération SAJ. Il y a clairement un nouveau ‘think tank’ à l’Hôtel  du Gouvernement et on l’a bien vu que ce soit pendant la crise de la  Covid-19 ou dans la réalisation du Budget.

*Si ses adversaires ont eu tort de le sous-estimer, qu’est-ce que votre expérience journalistique vous indique quant à la résilience politique de son gouvernement ?

Sans être proche du MSM, j’ai toujours dit et écrit que l’Opposition MMM et Travailliste, par leur arrogance coutumière, sous-estimait beaucoup Pravind Jugnauth, et ce, à ses dépens.

Le PM a sans doute des défauts et des faiblesses mais il surprend souvent ses adversaires, développe ses propres stratégies et arrive souvent avec des solutions assez originales. Il est en train de développer une empathie, un rapport avec le peuple que Navin Ramgoolam et Paul Bérenger semblent avoir de moins en moins.

En tout cas, qu’on l’apprécie ou non, Pravind Jugnauth est là pour rester !

L’Opposition ne doit donc jamais oublier ceci, face au PM : Il ne faut jamais, au grand jamais sous-estimer celui qui est en face de vous. Vous le faites souvent à vos risques et périls. Beaucoup de guerres ont été perdues par excès d’arrogance.


* Published in print edition on 16 June 2020

Add a Comment

Your email address will not be published.