“La base du MMM est INCAPABLE de décider. Bérenger fait ce qu’il veut »

Interview : Jack Bizlall

‘Qui osera contester Bérenger à la tête du MMM. Qui osera contester Ramgoolam ? Au PMSD, Duval, et au MSM, la famille Jugnauth ? »

 

La situation des héritiers politiques est parfois tragique, parfois comique. Entre ces deux pôles, chacun essaie de comprendre les motivations de ceux qui se positionnent pour prendre le leadership et aussi les propensions des leaders du moment. Le cas du MMM attire l’attention ces dernières semaines avec les des jeunes du parti et autres prétendants qui tentent de s’affirmer et un leader, Paul Bérenger, qui a toujours du succès auprès de ses fidèles. Jack Bizall nous en parle.

 

Mauritius Times: Dites-nous d’abord ce que vous en pensez de la crise qui traverse le MMM ces temps-ci ? Assiste-t-on là à un cinéma qu’on a vu maintes fois dans le temps et dont l’issue est prévisible puisque c’est programmé… comme par le passé ?

Jack Bizlall: Ce n’est pas du cinéma. Rassurez-vous. Afin de comprendre la politique, il faut éliminer deux comportements : Celui d’aimer ou de ne pas aimer celui que l’on critique ET la critique opportuniste et manœuvrière de celui qui critique ; c’est-à-dire critiquer un politicien pour le remplacer ou le faire remplacer.

Je n’ai aucune intention de haïr qui que ce soit en politique ou dans la vie ou de remplacer qui que ce soit au MMM ou ailleurs. Je suis membre du MPM et bien dans ma peau avec des amis qui ne se tirent jamais dans le dos.

Je m’adresse cependant aux autres dirigeants actuels du MMM. J’ai déjà initié quatre critiques contre Bérenger. Ce sont des critiques politiques :

1)         Des centaines de membres du MMM partent d’eux-mêmes ou ils sont expulsés, et Bérenger – lui – demeure le seul décideur du MMM. Il le fait depuis 1971. Graduellement le MMM en tant que mouvement politique se réduit à un parti politique, centralisé, monolithique et pire, n’arrive pas à assurer une continuité politique. Cessez de croire que le MMM est encore un mouvement politique et que vous avez le droit de critiquer publiquement votre leader. Vous ne voulez pas changer le MMM, vous voulez changer Bérenger avec l’intention qu’il change le MMM. Vous n’y arriverez pas.

2)         Si vous vous permettez de suivre l’histoire de l’action politique du MMM, vous constaterez que le MMM a dévié de ses objectifs politiques depuis l’élection de Dev Virahsawmy en 1970. Plusieurs personnes avant vous, ont contribué à cette déviation politique, par groupes successifs, mais d’une façon presque linéaire. Quand ils ont dit assez, ils sont partis ou ont été expulsés pour se joindre au PTr ou au MSM. Est-ce que vous vous rendez compte de ce qui s’est passé ?

A chaque exercice de déculottage politique, d’autres personnes avisées sont parties et ont été remplacées, d’une façon inhumaine. Vous vous trouvez aujourd’hui entre quatre choix : (1) vous soumettre à Ramgoolam avec sa « République » parlementaire, ou (2) subir Pravind Jugnauth avec sa «République » dynastique ; ou (3) vous morfondre dans l’opposition parlementaire ou (4) partir avec courage. Mais le courage est bien rare en politique.

3)         Depuis les élections de 1987, le MMM a opté pour ne jouer que le second rôle. En 1987, l’alliance MSM-PTr-PMSD avait obtenu 39 sièges contre 21 au MMM. MAIS ce qui fut important en 1987, c’est que le MMM obtint 48.14% des voix contre seulement 49,89% des voix à l’Alliance MSM-PTr-PMSD.

Au lieu de se reconstruire, sous la direction « mussolinienne » de Bérenger, le MMM est réduit à servir Jugnauth en 1991 (57-3) et 2000 (massacre du PTr) et Ramgoolam en 1995 (60/0).

Le MMM a subi des défaites terribles en alliance avec le MSM (2005) et le PTr (2014). En 2010, le MMM était à deux doigts d’aller aux élections avec le MSM. Ce n’est pas par méchanceté que je compare Bérenger à Mussolini. Benito Mussolini fut très proche du syndicalisme révolutionnaire et était membre de l’extrême gauche du Parti socialiste italien. Bérenger ne vise le pouvoir que pour lui seul. Comme Mussolini. Vous le savez bien. Alors cherchez-vous le changement du MMM ou le partage du pouvoir avec Bérenger ?

4)         Bérenger est toujours enclin à trouver un responsable à chacune de ses défaites, programmée par lui ou subie par lui. C’est une analyse délicate. Je ne crois pas qu’il voulait une victoire au No 18 ou qu’il pensait que le MMM pouvait gagner ces élections.

Bérenger est grandement influencé par son inconscient. Il a tellement refoulé des choses depuis son adolescence (j’en ai parlé longuement avec Frappier à ce sujet), surtout depuis certaines défaites au sein du MMM comme aux élections et il a tellement peur de plusieurs choses en politique, qu’il n’arrive pas à donner la préséance à une stratégie politique avisée.

J’ai toujours dit qu’il est le plus grand tacticien que je connaisse en politique mais il est aussi le stratège le plus minable.

* Peut-on changer le MMM ou Bérenger, pour que le MMM puisse retrouver sa place en politique ?

Depuis quelque temps nous voyons venir un autre Curé. Hier c’était le fils de Bérenger, Emmanuel. On a parlé aussi de sa fille. Son gendre, employé comme Human Resources Manager chez Rogers, est déjà membre de la direction du MMM. Un jour, j’aurai bien des choses à raconter sur le MMM.

La question est : peut-on changer le MMM et remplacer Bérenger ? J’ose affirmer que non. Parce que le changement au MMM est mal conçu. Je présente mes excuses par avance à deux personnes car je vais les impliquer dans mon analyse.

D’abord Steven Obeegadoo que je rencontre en Angleterre pendant ses études. Lors d’une rencontre avec d’autres amis, il critique le MMM et m’assure qu’il compte à son retour s’engager en politique à gauche du MMM. Quand il rentre au pays, il vient me voir à la maison avec un ami commun (EAR) pour m’informer qu’il se joint au MMM « pour changer le MMM ». Ses conflits avec Bérenger datent d’au moins trois ans déjà. Fort heureusement, le MMM n’a pu jusqu’ici le changer complètement.

D’autre part, il y a quelques années de cela je rencontre Alan Ganoo chez une amie et je lui dis que ce n’est pas possible qu’Emmanuel soit ainsi parachuté à la direction du MMM. Il me dit qu’il n’y a pas d’autre choix, qu’il est lui-même en faveur de cela puisque c’est la logique de l’histoire.

Il faut que les membres du MMM comprennent que personne ne pourra changer le MMM, que Bérenger n’a aucun regret que les membres quittent le MMM, et que celui qui le remplacera ne sera aucune autre personne que celui qu’il choisira lui-même.

* Donc, la contestation présente sert les intérêts à long terme de Paul Bérenger qui va donc faire le ménage pour assurer sa permanence au sein du MMM. C’est ça ?

Je vous ai expliqué que le « ménage » au MMM est systémique, Il y a un « renouvellement » périodique. Que puis-je ajouter de plus ? Je crois que l’historien du MMM (un autre ami) doit se pencher sur les questions suivantes :

1)         Quand le MMM fut-il réellement créé ? On parle de 1969. Or, en septembre 1969, ce fut le Club des Militants qui organisa la manifestation lors de l’arrivée de la Princesse Alexandra. C’est pour savoir QUI étaient les initiateurs du Club des Militants ? QUAND et OÙ ce Club s’est converti en Mouvement Militant Mauricien ?

2)         Quelles ont été les raisons pour lesquelles Jaddoo et Gobin ont été élus en juillet 1971 ? Que se passa-t-il en août, septembre et novembre 1971 ? Pourquoi la grande cassure de la prison ? Qui sont ceux qui ont été emprisonnés en août 1971 et en 1972 ?

Je veux que l’on sache ce qui s’est réellement passé entre juillet 1968 (Forum du Club des Militants à Quatre-Bornes) et novembre 1973 (création du MMMSP). Mon premier contact avec le MMM fut lors d’un bal à la Municipalité de Quatre-Bornes en 1972 pour recueillir de l’argent pour venir en aide aux parents des prisonniers. Les prisonniers du MMM furent libérés le 23 décembre 1972.

Si j’ai la liste des créateurs du Club des Militants, les vrais, et la liste des prisonniers des deux grèves de 1971, je m’engage à les mentionner sur une stèle le 1er mai 2018. Il faudra faire la même chose pour le Parti Travailliste (période 36-46). J’ai obtenu d’Amba Lutchumanen la liste des noms des membres du MMMSP.

* Est-ce vraiment la permanence qui est en jeu, ou voudrait-il plutôt assurer la relève ? Etrangement, c’est Bérenger lui-même qui en a fait état lorsqu’il s’est plaint des « allégations » selon lesquelles il serait en train de préparer les conditions pour faciliter l’ascension de sa fille au MMM…

Lors des élections au No 18, j’ai déclaré lors de presque toutes mes rencontres publiques que je ne veux pas entrer dans les choses qui se passent au sein du MMM ni de celles du PTr d’ailleurs, et encore moins des partis politiques de gauche. Ce n’est pas mon problème et je ne veux pas détourner les militants du MMM de ce parti.

Mais il y a un autre facteur à prendre en considération. C’est le savoir et le comportement des membres du MMM à sa base comme à son sommet. J’ai beaucoup de camarades qui sont des « militants » MMM. Quand je leur parle, permettez que je vous dise qu’ils ne participent à AUCUN débat politique sérieux au MMM. C’est le vide autant idéologique que politique. Au PTr c’est la même chose. Au MSM aussi.

Ces trois partis politiques sont en train d’abêtir leurs membres, consciemment et volontairement.

Mon père qui était jusqu’à sa mort un fervent militant du PTr ne savait ni lire ni écrire, ni même signer son nom. Mais il discutait politique avec un savoir et un savoir-faire qui étaient très importants. Tard dans la vie, il a au moins appris à lire et à signer son nom. Tel a été le cas dans le PTr jusqu’à l’indépendance.

De mon temps, le plus petit des militants MMM était formé et discutait de tout. Les Militants du MMMSP étaient de loin les plus avisés. Je me souviens des discutions en 1976 sur l’économie avec Eshan Khodabux, jeune militant MMMSP, à la Cite Borstal.

Le MMM aura la direction que celui qui a aliéné tout le monde au MMM lui donnera. La base du MMM est INCAPABLE de décider. Bérenger fait ce qu’il veut. Je vous assure qu’il ne lira même pas ce que je dis de lui, et que personne n’osera lui dire ce que je dis. Comment voulez-vous que la politique change dans notre pays avec de tels comportements ?

Ramgoolam lit tout ce que l’on dit de bien de lui. Jugnauth, lui, il lit TOUT ce qu’on dit de mal de lui, même dans des réunions privées. Quant au jeune Jugnauth, je préfère ne pas vous dire qui il écoute. Mais je veux lui dire qu’il aura à rendre des comptes à tous ceux qui se sont sacrifiés pour construire le MMM et qu’il hérite de nos sacrifices.

* Que devient le MMM si les « hypocrites » ont finalement raison quant à ce qui se trame actuellement ?

Un hypocrite est quelqu’un qui dissimule sa véritable personnalité et qui présente le contraire de ce qu’il est sur le plan des sentiments et des vertus. Ramgoolam, Bérenger, et encore moins Jugnauth ne sont PAS des hypocrites. Je les connais assez. Pravind, connais pas.

Sont des hypocrites, les membres du MMM qui critiquent leurs dirigeants vertement en dehors du MMM et « enn fwa divan misyé la » se taisent et pire le soutiennent. J’ai connu une période où personne n’était satisfait avec la direction du MMM. Ils ont soutenu l’alternative aux élections des membres au comité central. Mais l’année suivante, ils sont retournés au bercail quand Bérenger a posé l’ultimatum « swa li, swa mwa ». Même ceux qui sont partis « à l’amiable » avaient soutenu Bérenger à l’époque.

Vous me poussez à parler des moments très durs de l’époque 1978-1980. Mais, au fond, rien n’a changé au MMM. J’ai essayé d’aider à rectifier les choses après les élections de 1987 avec l’aide de Jean-Claude de l’Estrac. On a fêté ensemble le 1er mai 1988. Un jour, on aura certainement l’occasion de parler de beaucoup de choses.

A partir de 1989, à partir du comportement du MMM aux élections de remplacement d’Ivan Collendavelloo — élections remportées par Cyril Cure le 12 juin 1989 –, j’ai complètement tourné la page du MMM de mon livre de vie. Les pages de 1972 à 1989, je les ai déchirées pour les conserver dans un coin précieux de ma mémoire ainsi que mes anciens amis du MMM. J’ai vécu des périodes d’amitié exceptionnelle au MMM. Au fait, Bérenger nous a privés tous d’être ensemble.

Quelques semaines de cela, j’ai rendu visite à un vieil ami. Comme vous le savez, « une fois ami, toujours ami ». Il m’a montré ses photos du temps qu’il était au MMM et qu’il avait pour Bérenger une très grande amitié. On est tombé sur une photo de Bérenger et de lui. Il n’a pas pleuré. Je ne l’ai jamais vu pleurer. Mais il aurait pu. Quel gâchis de sacrifier ses amis pour un pouvoir … qui n’a servi à rien !

* Personne n’a jusqu’ici réclamé le départ de Paul Bérenger — la question ne s’est pas posé en raison de l’absence d’un dirigeant issu des rangs du MMM pouvant remplir le vide que laisserait l’exit de Bérenger. Pradeep Jeeha et Steven Obeegadoo vont sans doute être mis à l’écart ; Madun Dulloo ne passe pas, parait-il. Le MMM risque-t-il de disparaître ?

Je crois que c’est faire une erreur grave que de penser que des partis politiques comme le MMM et le PTr peuvent disparaître. Le drame, c’est qu’ils ne peuvent ni disparaître, ni changer de politique, ni changer de leader…

La question qui se pose est celle de savoir qui osera contester Bérenger à la tête du MMM. La même question se pose au PTr : qui osera contester Ramgoolam ? Au PMSD, Duval, et au MSM, la famille Jugnauth ? Comme vous le voyez, le même problème existe ailleurs aussi.

Beaucoup ont essayé dans le passé et ont échoué. Le problème de remplacement se posera comme le remplacement de César fut posé. Après son assassinat (il a bien fallu aller jusque-là), César fut remplacé par Auguste (son neveu), Lipide et Antoine. Ce fut un triumvirat. Il faudra donc une équipe. Une plus grande équipe parce qu’on ne va pas quand même les assassiner. Seule une grande équipe peut aller jusqu’au bout du raisonnement que le pays doit se débarrasser de ces dirigeants qui ont fait assez de mal au pays.

Si on fait partir Bérenger, c’est pour changer les structures, la manière de faire, la façon de faire de la politique, le programme politique. Il faudra cesser avec le fait de contracter des alliances avec la droite. Donnez-moi 30 minutes dans une assemblée de militants éclairés et on change les choses sans virulence. Je ne m’attarderai pas sur le passé, je parlerai de ce qu’il faut faire pour la société dans son ensemble.

* Par ailleurs, on a beau dire que les Mauriciens sont dégoutés de la politique et des partis traditionnels, d’où l’abstention qui ne cesse de croître lors des élections. Mais les choses ne sont pas aussi simples que cela. Le No. 18 nous l’a démontré… il faudra donner du temps au temps, non ?

Je tiens une rencontre le 17 février 2018 au Centre Eddy Norton, Arcades Sunassee, Rose Hill à partir de 14.00 heures sur le sujet « Pour un Fond Commun de Civilisation ». Effectivement les élections au No 18 posent un problème de changement. Ceux qui militent dans le cadre du pouvoir extraparlementaire peuvent effectivement construire dans le pouvoir parlementaire en 2019. Mais il faut un changement de comportement.

Je distribuerai un opuscule, qui est actuellement sous presse ce jour-là. Dans son introduction je dis ceci : Accaparements contre Accaparements – Combattons toutes les formes d’accaparements. Ceux qui sont au pouvoir parlementaire s’accaparent de notre pouvoir de décider, des biens de l’Etat et de l’appareil étatique pour exercer leur dictature sur nous. La population souffre ainsi de mille maux.

Mais ceux qui sont dans l’extra parlementaire s’accaparent de nos souffrances pour nous paralyser. Toutes les organisations sectaires (politiques comme associatives) sont aussi dans l’accaparement quand elles se placent comme des centres de la résistance, de la contestation et de l’alternative. Elles paralysent ainsi le pouvoir extra-parlementaire et nous privent de l’accès au pouvoir parlementaire.

* En attendant, quelle lecture faites-vous de ce qui se passe dans le pays ? Ce qui a retenu l’attention ces dernières semaines, ce sont les affaires liées à la prolifération des drogues synthétiques – les ‘Batte La Tête’, ‘Black Mamba’… –, les allégations de brutalité policière, l’industrie de la (petite) criminalité en plein essor…

Pouf et pouf. En politique, ce n’est pas ce que l’on fait qui est important avec un résultat bon ou mauvais, c’est ce qui nous pousse à faire ce que nous faisons de la manière que nous le faisons.

Vous n’avez encore rien vu. Les trois plus gros problèmes de la société sont :

1)         Les drogues. Notre manque de courage de dépénaliser les drogues non mortifères. Le cannabis surtout. On est en train de tuer nos jeunes avec de la drogue synthétique, l’héroïne et l’alcool. Cela pousse à la prostitution et au vol. On finira par légaliser le cannabis, quand nous serons au bout du précipice. J’ai déposé devant la commission sur la drogue à cet effet mais j’ai peu d’espoir que celui qui préside cette commission comprend les enjeux. Il est un expert en droit mais pas en sociologie.

2)         L’endettement des ménages. Nous entrons dans une bulle de l’endettement. J’ai demandé à la Banque de Maurice de faire une enquête sur la Mauritius Civil Service Mutual Aid Association. Rien. Les travailleurs qui ont aliéné leur salaire pour des emprunts ou pour garantir les emprunts des autres sont au bout du rouleau. On déclenche une enquête à la FPU sur la question à partir du 1er mars 2018. J’ai des poursuites de plusieurs centaines de millions de roupies contre moi. Je ne vais pas lâcher.

3)         Les disparités sociales sur le plan de la consommation. La lutte des classes est encore plus importante sur le plan de la consommation. C’est dans ce cadre que je m’oppose à la proposition (formulée par un jeune camarade) que la taxe indirecte doit être réduite par rapport à la taxe directe, c’est-à-dire augmenter la taxe directe et réduire la taxe indirecte. Erreur grave à double conséquences. Le plus grand écart sur le plan de la situation des classes se trouve sur le plan de la consommation.

Par ailleurs, j’affirme qu’il existe dans le cadre de la mondialisation une triple cassure : (1) Entre les peuples des Etats du monde; (2) entre les régions de chaque Etat, et (3) entre les quartiers de la même ville et du même village.

Il existe deux listes de consommation pour le même centre commercial. Symbole de deux mondes, de celui qui peut et de celui qui ne peut pas s’offrir des choses.

Par ailleurs, il existe aussi deux systèmes de production : une pour la classe aisée (du haut de gamme) et une autre pour la classe populaire (du bas de gamme). Sur ce plan, il existe une véritable ségrégation.

La liste est bien longue.

* Le 12 mars prochain, Maurice célèbrera le 50eme anniversaire de son accession à l’indépendance. Quelles réflexions cela suscite-t-il chez vous en 2018 ?

Je vais reprendre ce que je compte publier le 17 février 2018.

« Doit finir le temps où les producteurs font la pluie et le beau temps. Le consumérisme doit être un élément intrinsèque de notre civilisation dans le cadre des rapports prix-qualités et dans le cadre de l’accessibilité.

Doit finir le temps de la différentiation des classes par la consommation. La lutte des classes ne se mène pas uniquement sur le plan de la production dans les rapports producteurs-travailleurs. La lutte des classes est encore plus importante sur le plan de la consommation.

C’est ce débat que je vais ouvrir dans le cadre 50 années de notre indépendance. Il faut se rappeler que nous fêtons aussi le 80eme anniversaire du 1er mai 1938.

 

* Published in print edition on 16 February 2018

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