Réflexions

«Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.»

 Le mot « choix » provient du gothique « Krausjan » qui signifie « goûter ». La vie peut être décrite comme un jeu où nous sommes tous invités à faire des choix, souvent bons ou mauvais.

Quand nous étions enfants, c’étaient les adultes qui décidaient pour nous parce qu’ils savaient discerner entre le bien et le mal. Mais arrivés à un certain âge, nous sommes « seuls » et nous devons faire nos propres choix comme celui de choisir ses amis pour ne mentionner que ceux-là.

Les choix sont influencés, d’une façon ou d’une autre, par la société dans laquelle nous évoluons. Les violences que nous voyons et qui perdurent depuis le début de l’année doivent nous interpeller.

C’est un choix que ces jeunes collégiennes ont fait d’avoir recours à la violence au lieu de discuter, de voir où ça va mal et essayer de résoudre leurs différences.

Il y a un proverbe qui dit que « les plus gros problèmes peuvent être résolus quand ils sont encore petits ».

Nous sommes tellement inondés de violence de toutes parts que nous avons tendance à la banaliser de nos jours. Il faut que nous nous posions la question suivante : Pourquoi une telle ascension de la violence ? A qui la faute ?

Je pense que la famille a sa part de responsabilité. Autrefois, elle était cet endroit sacré où l’on apprenait les valeurs humaines mais, aujourd’hui, la culture de l’être humain subit des secousses et se brise petit à petit. Quand elle explosera, c’est la société qui en paiera les pots cassés.

* * *

Je me rappelle de mon stage en 2012 dans une des écoles de notre République. Je remplaçais un enseignant en Standard IV. Maurice célébrait ses 44 ans d’indépendance.

J’ai posé la question suivante aux élèves : Parmi vous, combien sont Mauriciens ?

Seulement la moitié de la classe m’ont répondu par l’affirmatif. Les autres m’ont dit qu’ils étaient de telles ou telle communautés. J’ai brossé un petit tableau sur l’Histoire de Maurice en leur expliquant que nos ancêtres étaient venus des trois continents pour s’installer ici. Malgré le fait d’être différents, nous sommes tous Mauriciens et devons être fiers de l’être.

J’ai posé de nouveau la question ayant plus d’élèves acquis à ma cause. Malgré ma tentative de faire comprendre aux autres qu’ils sont Mauriciens avant tout, ils ont refusé de changer d’idées. Cela doit nous interpeller. A cet âge, ils refusent de s’affirmer comme Mauriciens !

Dans l’éditorial du premier numéro de l’express daté du 27 avril 1963, le Dr Forget écrivait : « À la base de notre action, et en conformité avec notre idéal d’union et de progrès, nous érigerons, en citadelle, le mauricianisme bien compris.

L’avenir de notre pays – nous ne cesserons jamais de l’affirmer – est entre les mains de tous les groupes ethniques qui le composent. L’immobilisme n’est plus possible. Ce pays, nous tenons à le dire, doit avancer sur la voie de la liberté et du progrès social. Il appartient à tous de veiller à ce qu’il puisse atteindre sa pleine souveraineté dans le respect des droits et des devoirs de tous ses habitants sans exclusivisme aucun.

Mais, hélas, il n’a pu voir son rêve se concrétiser et dans sa dernière interview qu’il a accordée à l’express, il dit regretter que plus de quatre décennies après l’indépendance nous pensons toujours en terme ethniques.

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Je pense qu’il faudra réinventer l’école. Son but final ne doit pas seulement de donner une éducation de qualité aux enfants mais de les aider à aller encore plus loin en devenant de bons individus.

Comme dit l’adage Sanskritique, Vidhya Thadathi Vinayam.

Il faut aussi leur inculquer le sens de responsabilité. Les enfants connaissent leurs droits, ce qui est bien ; mais qu’en est-il des responsabilités ? Il faut aussi leur apprendre la tolérance et le respect des autres. Et moi, je pense que si l’école et la famille travaillent de concert, on peut espérer que les jeunes, qui sont les adultes de demain, réfléchiront et céderont la place à la discussion et à la résolution des problèmes que de commettre des bêtises, voire même l’irréparable.

On doit toujours faire des choix dans la vie. Ces choix influencent nos vies et celle des autres, d’où la nécessité de faire le bon choix.

Reference : Premier éditorial de l’express, Philippe Forget, 27 avril 1963

* Published in print edition on 29 May  2015

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