Ismael A. Randera

Budget électoral ? Tant mieux pour la population !

Le budget national du gouvernement Ramgoolam, signé Xavier-Luc Duval, a été présenté au Parlement le vendredi 9 novembre 2012.

Aucun budget national ne peut faire l’unanimité. Et surtout, il ne doit pas le faire… Car alors ce serait l’anarchie.

C’est absolument normal que le Premier ministre défende ce budget, qui est d’ailleurs son budget, celui de son gouvernement. « C’est un budget novateur pour le pays, l’occasion de relever les défis à venir… un budget destiné à l’avenir des jeunes, » a-t-il dit.

L’opposition fait son travail. Elle est là pour critiquer le gouvernement. Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, ne peut faire d’autre commentaire que celui-ci : « ene bidjet fisette ek frivol… ». Son copain du remake 2000, Pravind Jugnauth, du MSM, renchérit : « Un budget flop, sans innovation ou idée… » Ils font leur « boulot ». Ils feront davantage au Parlement lors des débats budgétaires.

De grosses têtes pensantes des milieux financiers du pays ont participé aux déclarations post-budgétaires tout comme les dirigeants syndicaux. « Beaucoup de points positifs mais aussi des craintes… », « Bon mais manque de prévoyance… », « Rien ou très peu pour l’investissement… », « Contrôler, quoique indirectement, les activités des banques commerciales peut avoir un effet boomerang… » Quelques commentaires glanés du côté du secteur privé. Ça se comprend pour la bonne et simple raison que ce secteur travaille pour réaliser des profits tout en voulant servir son clientélisme d’une façon très professionnelle.

Mi-figue mi-raisin du côté des syndicalistes. « Manque de vision… », « Très terne… », « Aucune mention pour la sécurité alimentaire… », « Un discours assez positif… », « Un budget prometteur… ».

Et que prévoit le budget pour l’homme de la rue, pour le chef de famille de la classe moyenne, de la classe pauvre ? Pour celui ou celle qui s’endette de jour en jour ? Pour ce jeune employé qui n’arrive pas à fournir du reste les aliments de base pour sa petite famille ? Pas grand chose.

Je ne serai pas parmi ces oiseaux de mauvais augure pour déclarer que c’est un budget sans vie, sans souffle, sans vision, sans avenir. Le ministre des Finances n’est pas n’importe qui pour enrober de sucre doré sa pilule amère et la faire avaler à tout prix. Non, le budget signé Duval a suffisamment de projets et de prétentions destinés à la classe pauvre et aux milieux estudiantins.

Pour les élèves des écoles ZEP, un repas chaud sur une base quotidienne. Dans la forme, c’est superbe, surtout quand on détient l’information que trop d’écoliers arrivent à l’école le matin sans avoir pu se mettre quelque chose sous la dent. Mais dans la forme, cela va prendre beaucoup de temps pour la réalisation de ce projet. Ce n’est qu’un des projets budgétaires que nous souhaiterions saluer, tout comme le plan de réduire le chômage en augmentant les allocations offertes jusqu’ici à ces jeunes chômeurs pour les préparer à entrer dans le monde du travail. Autre fait marquant: distribution de tablettes, outil informatique, aux collégiens de la Form iv.

Oui! Il y a de la positivité dans le budget 2013. Il le faut après tout car le pays est en plein période électorale. Elections villageoises, suivies des municipales durant les deux premiers dimanches du mois de décembre prochain. Budget électoral, dira l’autre. Tant mieux alors pour la population!

D’autre part, il y a trop de silence sur des projets d’envergure du domaine national : métro léger, modernisation des centres de santé, achats d’équipements médicaux dernier cri pour améliorer le système de soin dans nos hôpitaux, construction d’institutions scolaires, relance de l’économie mauricienne… Passons.

Le Premier ministre déclare que ce budget en est un de consolidation de l’économie, de la solidarité et de l’avenir. Il est confiant dans le budget de son gouvernement car pour lui, son ministre des Finances est un comptable et un économiste, qualifié et compétent. Pourquoi alors nager à contre-courant ? Soyons solidaires avec lui et espérons que tous les projets énoncés seront vite réalisés.

ISMAEL A. RANDERA

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