Interview Mohamad Vayid

« La continuité apparente cache beaucoup de feux sous les cendres »

* « Aucun chef de gouvernement n’est omniscient ou infaillible. Rappelez-vous Bush et Blair – et notre Premier ministre ne fait pas exception à la règle… »
 

* « Rodrigues est partie intégrante de la République mauricienne et il est ridicule de prétendre que 38 000 personnes puissent imposer leur volonté à 1,2 million de citoyens de la République » M. Mohamad Vayid fait, dans l’interview qui suit, une lecture des faits marquants qui ont jalonné en 2010 le développement du pays, voire la vie des Mauriciens. A part son analyse de la situation socioéconomique de Maurice, il a aussi mis en lumière maints sujets d’actualité tels l’appât du gain, le pouvoir, la corruption, l’immoralité, la violence, la crise qui prévaut à Rodrigues… 

Mauritius Times : Victoire de l’Alliance de l’Avenir lors des élections générales du 5 mai dernier, présentation d’un « budget de continuité » par le successeur de Rama Sithanen aux Finances dans un contexte économique toujours incertain sur le plan international, augmentation des prix d’un bon nombre de denrées de base, contestation grandissante des dispositions des nouvelles lois du travail… Voilà quelques faits marquants parmi d’autres de 2010 ? C’est le changement dans la continuité, diriez-vous ?

Ce serait dangereux de verser dans la facilité et de résumer de cette façon les événements de 2010. La situation est trop complexe pour se prêter à une synthèse quelconque. Je reviendrai au budget plus tard, mais disons que la continuité apparente cache beaucoup de feux sous les cendres et qu’une conflagration sociale n’est pas à écarter. Le gouvernement ne semble ni conscient des enjeux véritables ni capable d’appréhender les courants de revendications sociales, politiques et économiques qui agitent le pays. Il est trop occupé à consolider ses assises pour se charger de bâtir l’avenir.

* Vous savez que l’opposition MMM n’a pas été tout à fait tendre envers le leader du MSM depuis son installation aux Finances. Ce qui contraste avec une certaine disposition de Paul Bérenger vis-à-vis de Navin Ramgoolam et même son souhait d’engager de nouvelles séances de « coze-cozé » avec le Premier ministre après celles improductives de 2009. On dit que la prédisposition de Navin Ramgoolam à l’écoute s’explique par le fait qu’il aura besoin du soutien de Paul Bérenger dans le cadre de son projet de IIe République. Ce qui entraînera des changements politiques majeurs en 2011. Qu’en pensez-vous ?

Paul Bérenger est plus fin que ne l’imaginent les conseillers politiques de Navin Ramgoolam. C’est entendu que le MMM guette une occasion de déloger Pravind Jugnauth de son siège de ministre des Finances et de l’alliance gouvernementale afin de prendre sa place. Mais dans toute démocratie qui se respecte, le gouvernement et l’opposition communiquent constructivement même si c’est de manière occulte. Aux Etats-Unis, les Démocrates et les Républicains ont trouvé un terrain d’entente pour aligner leurs politiques fiscale, de défense et étrangère. Le MMM est suffisamment mûr pour réaliser qu’il peut être piégé et s’assurera que tout amendement de la Constitution pour instaurer la IIe République se fera dans l’intérêt national. Il ne faut pas se leurrer non plus. La IIe République sans une volonté politique saine, qui promeut une démocratie authentique au service de toute la nation, fera simplement le jeu des intérêts particuliers et se limitera à un exercice académique. Nous n’avons pas suffisamment respecté la Constitution de la Première République dans le passé.

* Alors que certains analystes pensent que 2011 sera effectivement l’année d’un grand débat sur la IIe République, d’autres estiment que c’est la chose économique et la lutte contre la cherté de la vie au lieu de ces « débats stériles » des intellos concernant la réforme constitutionnelle ou l’enseignement du Kreol en milieu primaire qui devraient nous préoccuper davantage l’année prochaine. Votre opinion ?

Nous avons eu droit à une profusion de discours premier ministériels sur l’égalité des chances, sur la méritocratie, sur le fait que personne n’est au-dessus de la loi, que le gouvernement œuvre en faveur de tous les citoyens, etc. Mais que voyons-nous dans la réalité ? Tous les postes clés du pays sont occupés par les représentants d’un seul groupe ethnique, que le corruption envahit tous les secteurs d’activités et toutes les institutions, que les ministres sont allergiques aux critiques, que les prédateurs ont envahi l’appareil de l’Etat, que nous sommes condamnés à la pensée unique. Rien ne se fait sans l’aval du Premier ministre qui, plus que n’importe lequel de ses prédécesseurs, peut se vanter que « l’Etat c’est moi ».

En conséquence notre démocratie dysfonctionne, l’administration piétine. Que sont devenus les grands projets comme l’Island Based Oceanic Industry, la démocratisation de l’économie, le projet ‘Maurice Ile Durable’, la réforme du Service Civil ? Les grands défis auxquels nous sommes confrontés sont : l’eau, la congestion routière, la bureaucratie pesante de l’Etat, le manque de formation des fonctionnaires, le système d’éducation, la criminalité, la violence à l’école et dans les ménages, la drogue… Navin Ramgoolam entame son troisième règne comme Premier ministre et ces problèmes s’amplifient.

Le pays n’a jamais été aussi divisée, pourtant les Euro-Mauriciens, les Sino-Mauriciens, les Musulmans et les Créoles s’accommodent très bien avec les nominations politiques du PM, mais qu’il choisisse au moins des gestionnaires compétents, intègres et performants. Les « square pegs in round holes » sont légion. Il n’a pas eu la main heureuse quelquefois, mais le sectarisme et le castéisme ont trop souvent joué un rôle sinistre et destructeur dans l’administration du pays. C’est la pierre d’achoppement de notre avenir à tous. Si le PM ne se ressaisit pas et continue à être l’otage des lobbies exigeants, le prix sera très élevé et pour lui et pour le pays. Aucun chef de gouvernement n’est omniscient ou infaillible. Rappelez-vous Bush et Blair – et notre Premier ministre ne fait pas exception à la règle.

* Ce que vous êtes en train de dire, M. Vayid, c’est que le PM se laisse effectivement prendre par les desseins occultes de ces « lobbies exigeants », d’où son choix de ces gestionnaires issus d’un seul groupe ethnique qui seraient incompétents, non performants, et dont l’intégrité serait « debatable ». Et qu’il faudrait donc introduire une nouvelle forme de « reverse communalism » afin de faire primer la méritocratie, l’intégrité et la performance. C’est ça ?

Personne ne trouve à redire lorsqu’il y a un Anerood Jugnauth au Réduit, un Manou Bheenick à la Banque Centrale ou un Milan Meetarbhan à la FSC. Mais lorsque la Banque de Développement, la BOI, la Banque de la Poste, la force policière, Air Mauritius, l’ICAC, la SBM, le SIT, la Competition Commission, l’UOM, l’UTM, entre autres, sont tous dirigés par les représentants d’un seul groupe ethnique, la population commence à s’inquiéter car on peut difficilement croire à l’égalité des chances devant ces nominations à sens unique. Les intellectuels et les hommes d’affaires peuvent tolérer cet état des choses, mais l’homme de la rue a une autre perception de la situation et assimile cela à un accaparement cupide des sommets de l’administration du pays et se sent exclu de la gestion des affaires publiques. Ce sentiment d’exclusion politique, ajouté à l’exclusion sociale, constitue un cocktail explosif qui peut éclater à n’importe quel moment. Je ne fais que tirer la sonnette d’alarme. Selon de L’Estrac, le PM est conscient du danger que représente cette situation et il voudrait y remédier, mais il a affaire à forte partie. Maurice se doit de soigner son image de marque d’un Etat démocratique, vibrant et égalitaire.

* Pour revenir au budget de Pravind Jugnauth, qualifié de « fuite en avant » par le MMM, voyez-vous ce budget porteur d’une alternative crédible à la politique de Rama Sithanen ou croyez-vous que le salut du pays se trouve effectivement dans la continuité en matière de politique économique ?

Rama Sithanen a matraqué la communauté des petits planteurs, les épargnants, la classe moyenne en général tout en faisant des largesses à la classe possédante et au monde des affaires. La réduction des impôts des entreprises de 50% n’avait aucune raison d’être, ni la taxe sur l’épargne, ni les nouvelles exactions sur les agriculteurs. Les sommes mirifiques budgétées pour le ‘Stimulus Package’ ont dédouané des entrepreneurs astucieux, alors que les énormes dotations en faveur des plus démunis ont souffert de manque de rigueur dans leur gestion et il y a un gaspillage effréné. Le problème c’est que le Secrétaire financier (FS) n’a aucun parcours comme manager de haut niveau. Il ne connaît pas les rouages du management moderne. Et Pravind Jugnauth est soumis aux mêmes diktats du FS que son prédécesseur. La légèreté avec laquelle le budget a annoncé la fusion de la Financial Services Commission avec la Banque Centrale indique une curieuse lacune chez un fonctionnaire de cette importance. Il récidive en décidant la centralisation de tous les départements concernant la gestion de l’eau, des eaux usées, de l’irrigation, alors que ces services ont un ministre de tutelle, le DPM, qui n’a pas bronché. Une catastrophe au ralenti, annoncée avec candeur. Sa circulaire concernant des postes à pourvoir sous le « Service to Mauritius Programme » est un étonnant exemple de carence intellectuelle que seul un bureaucrate impénitent aurait pu produire. Sa tentative avortée d’usurper les pouvoirs du Secrétaire au Cabinet en ce qui concerne le traitement des fonctionnaires n’est rien moins qu’une OPA sur la fonction publique. Mais le comble, c’est l’attaque oblique sur les pouvoirs de la PSC, qui sont délégués ex-cathedra aux différents ministères, sans l’assentiment de la PSC, qui est pourtant protégée par la Constitution. Vous avez dit continuité ? Si continuité il y a, c’est dans les incohérences et les bourdes du budget.

* Comme souvent, les chiffres varient mais tous expriment une même inquiétude chez les consommateurs mauriciens: des hausses des prix qui rognent un peu plus leur pouvoir d’achat. Certains économistes recommandent le remède de cheval : la réintroduction du contrôle des prix. Est-ce envisageable à votre avis ?

Le contrôle des prix ne peut s’appliquer qu’à une certaine gamme de produits, généralement fabriqués localement. Mais en principe, il faut trouver un équilibre entre les forces du marché, qui reste compétitif, les coûts de production qui changent continuellement, la responsabilité des producteurs et des commerçants et la protection des consommateurs.

* Il y a aussi eu comme faits marquants cette année les divers cas d’homicides, les uns plus atroces que les autres — même si le nombre est en baisse selon la version officielle –, la violence au sein des familles, le problème de gestion de nos services pénitentiaires. Ce n’est sans doute pas la faute du ministre de l’Intérieur ni celle du Commissaire de police/des prisons. C’est quoi alors ? Les symptômes d’une société malade de ses mutations ? Quels sont, selon vous, les remèdes ?

Vous faites allusion aux symptômes d’une société malade. Le niveau d’agressivité a grimpé de plusieurs crans dans le pays. La frustration est à son comble. Il en résulte des tensions. Les tiraillements dans les familles provoqués par le chômage, la drogue, la prostitution, le jeu, l’alcool sont souvent à l’origine des violences. La police abat un travail considérable, mais les policiers ont besoin d’une formation plus poussée, d’un entraînement socioéconomique et surtout d’un encadrement plus rapproché. Nous avons une force policière adéquate avec les 775 nouvelles recrues prévues dans le budget, mais leur éducation en tant que gardiens de l’ordre et chargés de l’accompagnement et de la protection de la population laisse à désirer. Il y a aussi des causes occultes de nos maux de société. Le peuple voudrait d’une République plus juste, plus équitable, plus proche de ses préoccupations véritables et plus à l’écoute de ses doléances et de ses malheurs. Les institutions religieuses, sociales et politiques n’ont pas joué leur rôle consciencieusement. Dans une grande mesure, elles ont failli dans leur tâche comme garde-fous de la moralité et de la paix sociale.

* La corruption aussi fait-elle partie de ce mal mauricien. Nous avons vu le Président de la République dans son message à la nation à l’occasion de la Noël, vous rejoindre dans votre appréciation de ce fléau. Pourtant l’ICAC affirme que les chiffres parlent d’eux-mêmes…

La corruption est le mal le plus pernicieux qui ronge le corps et l’âme de notre République. La religion, l’éthique, le professionnalisme, la moralité publique, le patriotisme sont les éléments purificateurs qui peuvent nous guérir de ce fléau. Mais notre système d’éducation est vide de ces éléments. L’appât du gain, la cupidité, le pouvoir, le communalisme, l’immoralité sont les ingrédients qui alimentent ce fléau. L’ICAC fait de son mieux, mais les statistiques ne disent pas toute la vérité. Il ne faut pas s’en contenter. Il faut agir en amont. L’ICAC agit en aval, après que le mal est fait. En remontant aux sources, on peut identifier une origine particulièrement néfaste : la politique, qui a été vulgarisée et pervertie pour devenir un tremplin — souvent glissant il est vrai — pour le pouvoir tous azimuts, pour l’argent et l’influence qu’il suscite. Elle nourrit dans son sillage une hydre tentaculaire, qui menace notre République d’une mort lente mais inexorable.

* Par ailleurs, nous avons vu chez le Premier ministre une nouvelle disposition capable de sanctionner quiconque à la tête des institutions gouvernementales qui enfreindrait les règles de bonne gouvernance ou perçu comme étant inefficace. Faut-il pour autant séparer judicieusement le bon grain de l’ivraie ?

Les dispositions du PM sont jusqu’ici verbales. Elles ne sont pas suivies sur le terrain, dans la réalité. L’effet d’annonce de cette rhétorique est éphémère. Le PM doit se résoudre à un nouvel état des lieux. Il doit revoir sa copie actuelle et se réorienter. Comme je l’ai dit auparavant, on ne peut pas continuer sur la voie actuelle qui consiste à nommer que les supporteurs du parti aux postes stratégiques sans causer des dégâts considérables quand ces supporteurs sont des médiocrités ou des personnes malhonnêtes. Prenons un exemple : les plans de succession (succession planning) sont inconnus ou ignorés dans la fonction publique. Des hauts fonctionnaire comme le Secrétaire au Cabinet ou le Secrétaire aux Affaires étrangères ont vu leurs contrats étendus parce qu’il n’y a aucun plan de succession. L’affectation de Bhinod Bacha au PMO est en quelque sorte un acte désespéré… Est-ce qu’il n’y a pas une nouvelle génération de technocrates pour prendre la relève ? Le gouvernement peut-il continuer à vivre dans le passé ? La survie de notre société dépend de notre capacité de nous renouveler, de nous réinventer.

Se débarrasser de Harry Booluck est un geste symbolique. Cela ne m’étonnerait pas que l’ex-directeur de la CWA ait fait de nombreux appels de fonds pour remplacer les tuyaux abîmés ou améliorer le réseau de distribution – mais a écopé d’une fin de non-recevoir du ministère des Finances. Harry Booluck est aussi une victime de l’administration. Maurice, avouons-le, est devenu le temple du mismanagement. Les signes révélateurs sont partout et tout le monde en est conscient – sauf, semble-t-il, le gouvernement.

* Il y a eu aussi ce que le Premier ministre a qualifié de décision « historique, courageuse et sans précédent » de son gouvernement de contester la légalité du projet britannique du parc marin autour des Chagos devant le Tribunal d’arbitrage du droit de la mer. Décision historique sans doute, mais partagez-vous l’opinion de ceux qui affirment que le gouvernement a ‘jumped the gun’ par rapport à ce dossier ?

Le gouvernement a agi décisivement sur ce dossier. Les tergiversations du gouvernement britannique, son agenda caché et sa perfidie n’ont pas permis de débloquer la situation. Il fallait un coup de massue et c’est fait. Les intérêts en jeu sont trop considérables et urgents pour qu’on laisse la situation se détériorer davantage surtout après les révélations de WikiLeaks. C’est le Navin Ramgoolam des grands jours, que nous aimons voir à l’œuvre, qui s’est manifesté dans ce cas.

* Autre sujet dans l’actualité ces derniers jours : la crise politique qui secoue notre 10e district depuis l’arrestation de Chef commissaire Johnson Roussety. Voyez-vous là une tentative de l’Etat mauricien de tirer une épine de son pied, épine qui s’est montrée particulièrement douloureuse des fois avec ses menaces à peine voilées par rapport à l’indépendance de Rodrigues ?

Rodrigues est un cas particulièrement triste. J’ai visité notre dépendance à plusieurs reprises, la première fois en 1973 quand Rodrigues était un havre de paix et offrait une ambiance attachante. Il y a moins de 40 000 habitants qui vivent dans cette île, où les femmes offrent un bel exemple de travail, de débrouillardise et de force sociale agissante. Il y a cependant moins de citoyens à Rodrigues que dans n’importe laquelle de nos villes. L’autonomie a été un cadeau accablant pour une population qui n’a pas été préparée à assumer les responsabilités que ce régime impose. D’où les dysfonctionnements qui ont résulté. L’autonomie aurait dû être un prix à remporter après un passage au statut de centre urbain, avec un maire et des conseillers élus, pas une imposition, si bien intentionnée soit-elle. Rodrigues aurait alors assumé les responsabilités d’une ville comme Quatre-Bornes ou Curepipe, avant d’évoluer vers l’autonomie. L’exercice du pouvoir exige un apprentissage réussi. Cependant, certains de ses dirigeants, enivrés par leur traitement princier, leurs nouveaux rôles, parlent irresponsablement d’indépendance, malgré les efforts considérables de Maurice pour le développement de sa dépendance. D’autre part, Rodrigues est partie intégrante de la République mauricienne et il est ridicule de prétendre que 38 000 personnes puissent imposer leur volonté à 1,2 million de citoyens de la République. Le gouvernement, à mon avis, ne poursuit aucune vendetta contre le belliqueux Johnson Roussety, qui s’est sérieusement fourvoyé.

* Le leader de l’OPR, Serge Clair, soutient que « Rodrigues est en danger… l’autonomie est en danger » et appelle le gouvernement à mettre sur pied une commission d’enquête approfondie pour faire toute la lumière sur « les dépenses de l’argent public, la mafia du blanchiment, les terres de l’Etat… les liaisons dangereuses entre le pouvoir et l’argent … » Votre opinion ?

Une commission d’enquête, comme suggère Serge Clair, aiderait à éclaircir la situation. Elle permettra aussi de définir les grandes priorités de la population. Il est évident que Rodrigues a besoin d’un nouveau départ.

* Selon toute probabilité, le gouvernement viendra de l’avant l’année prochaine avec une loi pour mettre en place une ‘Media Commission’. Vous allez sans doute soutenir cette démarche gouvernementale, n’est-ce pas ? Tout comme toute proposition portant sur l’introduction d’une ‘Freedom of Information Act’ ?

Je ne peux me prononcer sur une ‘Media Commission’ dont je ne connais pas les attributions. Si nous adoptons les mêmes règlements qui sont en vigueur en Grande-Bretagne, ce serait une bonne chose. Quant à la ‘Freedom of Information Act’, je crains fort que, comme la ‘Equal Opportunity Act’, elle tarde à venir.

* Une dernière question : le PTr célèbre en 2011 son 75e anniversaire. Quelles réflexions cela suscite en vous ?

Le Parti travailliste a créé l’histoire contemporaine de ce pays. Ses fondateurs et ses premiers dirigeants ont joué un rôle fécondateur dans la mue de notre société, éveillant chez nos grands-parents le sens politique et la nécessité de militer pour l’émancipation des travailleurs. Leur combat a conduit le pays à l’indépendance, dont nous bénéficions aujourd’hui les fruits. Si nous avons atteint aujourd’hui la plénitude de la liberté et de la dignité humaine, c’est au Parti travailliste que nous le devons. Notre démocratie est issue des idéaux du PTr. C’est pourquoi il faut la protéger dans sa dérive actuelle, marquée par les abus du pouvoir et la subversion de nos institutions. Il faut donc célébrer avec faste ce 75ème anniversaire du PTr, pas seulement sur le plan local mais au niveau international en invitant des représentants du Parti travailliste anglais, australien, trinidien, guyanais, fidjien, du Parti socialiste français et du Parti du Congrès indien, entre autres. Et il faut saisir cette occasion pour expliquer aux jeunes la dette de la nation envers le PTr.

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