Passer le Flambeau ou Tenir la Barre ? Le Paradoxe de la Succession au PTr et au MMM

Par A. Bartleby

Dans le paysage de la démocratie moderne, la longévité d’un leader politique est souvent perçue comme une arme à double tranchant. Si elle peut offrir un sentiment de continuité et une « légitimité historique », elle risque simultanément d’étouffer le renouveau même, indispensable à la survie à long terme d’un parti. Si la pérennité du leadership au MMM suscite des interrogations quant à la succession de Paul Bérenger, les propos récents de Navin Ramgoolam ont apporté un nouvel éclairage sur la direction du Parti Travailliste (PTr). À la tête du parti depuis 1991, son positionnement actuel suscite des réflexions sur la transition et la continuité politique dans le contexte mauricien.

Navin Ramgoolam et Paul Bérenger — Si la stabilité d’un leader historique rassure, elle peut devenir un obstacle au renouveau indispensable à la pérennité d’une institution politique. P – PeoplePress

Les leaders émergent-ils d’eux-mêmes ?

Lors d’une récente fonction, le Dr Ramgoolam a fait l’aveu frappant qu’il aurait peut-être été « préférable » qu’il perde les dernières élections — un commentaire laissant deviner le poids personnel et politique d’une carrière de plusieurs décennies. Pourtant, ce moment de réflexion a été promptement balayé lors des célébrations du 90e anniversaire du Parti Travailliste, le 23 février 2026. S’adressant à une foule de partisans, Ramgoolam a déclaré qu’il serait « là pour un bon moment », fermant ainsi la porte à toute discussion immédiate sur un plan de succession.

En affirmant son intention de rester à la barre, Ramgoolam s’appuie sur son rôle de « gardien de l’héritage » du parti fondé par Maurice Curé et porté par son père, Sir Seewoosagur Ramgoolam. Cependant, l’absence d’une feuille de route claire pour la transition soulève une question cruciale pour toute démocratie : les leaders émergent-ils naturellement ou doivent-ils être institutionnalisés ?

Dans un sens purement organique, les leaders émergent souvent en temps de crise ou grâce à des performances exceptionnelles aux yeux du public. Des figures comme Barack Obama ou, plus récemment dans le contexte canadien de 2026, Mark Carney, se sont imposées en captivant l’imaginaire collectif à un moment charnière de l’Histoire.

Toutefois, dans de nombreux partis « centrés sur le leader », l’émergence organique est fréquemment entravée. Lorsqu’un seul individu occupe le poste suprême pendant plus de trente ans, les structures internes du parti évoluent souvent pour servir ce leader plutôt que l’institution. Dans de tels environnements, les successeurs potentiels sont souvent perçus comme des menaces plutôt que comme des protégés, menant à un « désert de talents » où personne n’est prêt à prendre la relève lorsque le leader finit par s’en aller.

Mécanismes de succession : leçons mondiales

Pour éviter le chaos d’un « vide » politique, des partis démocratiques prospères à travers le globe ont établi des mécanismes formels pour garantir des transitions fluides. Ces modèles offrent un contraste frappant avec le style de leadership personnalisé souvent observé à Maurice.

* Le modèle travailliste britannique (la règle du tiers) : Au Royaume-Uni, le leadership n’est pas un mandat à vie. Après une défaite électorale, le mandat du leader est souvent automatiquement remis en question. Le parti utilise un système où les députés présélectionnent des candidats, puis l’ensemble des membres (et les syndicats affiliés) votent. Cela a assuré une transition claire — bien que pas toujours facile — de Tony Blair à Gordon Brown, et plus tard à Keir Starmer.

* Le modèle du « Congrès » allemand : Les partis allemands, comme le SPD, organisent régulièrement des congrès où la direction est réélue tous les deux ans. Cela évite « l’épuisement du leadership » et garantit que le chef du parti reste responsable devant la base.

* Le système du « Spill » australien : Bien que parfois critiqué pour son instabilité, les grands partis australiens disposent d’un mécanisme de « spill » (remise en jeu) ouvert, où le leadership peut être contesté par le groupe parlementaire à tout moment. Cela oblige les leaders à maintenir une légitimité interne constante.

Succès « dynastique » contre succès « institutionnel »

Lorsque les transitions manquent de ces mécanismes formels, elles tombent souvent dans le « piège dynastique ». À Maurice, le Mouvement Socialiste Militant (MSM) a exécuté une transition en 2017 lorsque Anerood Jugnauth a remis le pouvoir à son fils, Pravind Jugnauth. Bien qu’efficace sur le plan logistique, cette passation a manqué de l’adhésion démocratique d’un concours ouvert, entraînant des accusations persistantes de népotisme.

La « meilleure » option pour la stabilité politique reste la primaire institutionnelle. Celle-ci implique :

* La limitation des mandats : Plafonner le nombre d’années pendant lesquelles on peut diriger un parti, que ce soit dans l’opposition ou au gouvernement.

* L’apprentissage obligatoire : Créer un rôle puissant de « Leader Adjoint » doté d’une réelle responsabilité exécutive, à l’instar de ce qui se pratique en Australie.

* Des débats ouverts : Permettre aux successeurs potentiels de débattre publiquement de leur vision devant la base du parti.

Coût du « long adieu »

L’histoire montre que les partis qui ne parviennent pas à préparer l’ère « post-leader » font souvent face à une période de guerre civile interne ou à une non-pertinence électorale une fois que la figure dominante se retire.

Pour que le Parti Travailliste honore véritablement son héritage de 90 ans — celui de donner une voix aux sans-voix — il doit impérativement offrir un espace d’expression à sa propre relève. Le leadership ne se résume pas à l’exercice du pouvoir ; il réside aussi dans la sagesse de savoir transmettre le flambeau au moment opportun. Une leçon de clairvoyance qui s’impose, avec la même acuité, au MMM.

* * * 

Sommes-nous déjà dans une guerre mondiale ?
Techniquement, non. Mais l’impact, lui, est déjà planétaire

À ce jour, la question de savoir si le monde bascule vers un conflit mondial n’appartient plus au débat académique ou à la fiction dystopique ; elle s’impose désormais comme une réalité tangible et terrifiante. Sept jours après le début des frappes conjointes américano-israéliennes le 28 février 2026, ce qui était initialement présenté comme une opération « chirurgicale » visant à décapiter un régime hostile s’est mué en une conflagration régionale multi-fronts, capable d’embraser une troisième guerre mondiale.

Avec la mort signalée du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, lors des premières salves, le « ciment géopolitique » qui maintenait la cohésion de la région s’est dissout. Nous n’assistons plus à un échange de tirs localisés ; nous sommes témoins d’un test de résistance systématique de l’ensemble de l’ordre international.

Géographie de l’escalade

L’expansion rapide du conflit a pris de court de nombreux observateurs internationaux. En une semaine seulement, la guerre a transcendé les frontières de l’Iran et d’Israël. Les représailles de Téhéran ont été larges et aveugles, ciblant des installations militaires et des ambassades américaines dans neuf pays arabes, dont les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et le Koweït. Même les marges de l’Europe ont été touchées, avec des frappes atteignant Chypre, entraînant la Méditerranée dans la zone de combat.

Plus grave encore, le détroit d’Hormuz — l’artère énergétique la plus vitale au monde — est désormais un champ de bataille actif. La tentative de l’Iran de fermer le détroit a effectivement perturbé 20 % du flux pétrolier mondial, provoquant une ascension verticale des prix du brut. En y ajoutant les toutes premières frappes directes contre les infrastructures nucléaires, comme le site de Natanz, le « seuil de retenue » a été franchi de manière irréversible.

Trois « fils de détente » mondiaux

Bien que les combats cinétiques soient actuellement ancrés au Moyen-Orient, le passage d’une guerre régionale à une guerre véritablement mondiale dépend de trois « fils de détente » critiques qui vibrent actuellement sous la tension.

1. Calcul des superpuissances

Les jokers de ce jeu sont Moscou et Pékin. Actuellement, la Russie pratique une politique de « couverture stratégique ». Bien que le Kremlin ait émis des condamnations virulentes contre l’offensive américano-israélienne, Vladimir Poutine reste lourdement engagé dans ses objectifs en Ukraine. Pour Moscou, un choc cinétique direct avec l’OTAN au sujet de Téhéran pourrait être un pas de trop — à moins que les dirigeants n’y voient une ouverture stratégique pour provoquer l’effondrement total de l’influence occidentale.

La Chine, à l’inverse, se trouve dans une impasse économique profonde. En tant que principal consommateur de pétrole iranien, Pékin est la plus durement touchée par le blocus d’Hormuz. Si les dirigeants chinois préfèrent traditionnellement la pression diplomatique à l’aventurisme militaire, l’étranglement continu de leur approvisionnement énergétique pourrait finir par les forcer à agir, les faisant passer de l’état d’« observateur inquiet » à celui de « participant actif ».

2. Durcissement des blocs diplomatiques

L’Histoire nous enseigne que les guerres mondiales commencent souvent par un « échec de l’ordre international ». Nous voyons des échos de 1914 dans la manière dont les alliances diplomatiques se calcifient actuellement. Alors que des nations du G7 comme le Royaume-Uni et l’Allemagne apportent divers niveaux de soutien à Washington, d’autres rompent les rangs.

Des dirigeants comme le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Mark Carney ont qualifié la nature unilatérale de l’opération « Epic Fury » de dérivation dangereuse des Nations Unies. Si des nations comme la Turquie — membre de l’OTAN qui a déjà intercepté des missiles iraniens — ou l’Espagne continuent de durcir leurs critiques envers l’approche américaine, le monde pourrait voir le retour d’un système d’alliances de type « avant-1914 », où un seul mauvais calcul sur un théâtre secondaire entraînerait des dizaines de nations dans le brasier.

3. Pression intérieure de la « guerre éternelle »

Aux États-Unis, l’administration a présenté cette intervention comme une nécessité préventive pour empêcher une percée nucléaire. Cependant, alors que des militaires américains perdent la vie face aux stratégies iraniennes de la « terre brûlée » et aux attaques par procuration de groupes comme le Hezbollah et les Houthis, l’horloge politique intérieure tourne.

La Maison-Blanche est sous une pression immense : elle doit soit parvenir à un « changement de régime » total à Téhéran en quelques semaines, ou faire face à la perspective d’une « guerre éternelle » prolongée qui pourrait polariser davantage un public américain déjà fracturé.

Le verdict : une guerre régionale aux conséquences mondiales

Sommes-nous déjà dans une guerre mondiale ? Techniquement, non. Nous sommes dans une « Guerre régionale totale à impact systémique mondial ». Cependant, le passage à une « Troisième Guerre mondiale » ne tient plus qu’à un cheveu.

Le conflit sera classé comme mondial dès l’instant où une superpuissance tierce interviendra militairement, ou si le conflit déborde irrémédiablement sur le territoire de l’OTAN. Avec une Turquie déjà en état d’alerte maximale et une économie mondiale chancelante sous l’effet de la fermeture des voies énergétiques, « l’arc de l’univers moral » n’est pas seulement testé : il est en train d’être forgé par le feu.

Le monde retient son souffle pour voir si le chaos de cette semaine débouchera sur un nouvel équilibre régional, fût-il violent, ou si nous assistons à l’effondrement des derniers piliers de la sécurité mondiale.

* * *

L’Iran sous le feu : Les enjeux majeurs d’un séisme géopolitique mondial

Le 28 février 2026 restera dans l’histoire comme le jour où Donald Trump et Benjamin Netanyahou ont lancé une offensive foudroyante contre le régime iranien. Si la décapitation de la République islamique semble actée, l’onde de choc menace de déstabiliser l’équilibre précaire de la planète.

Sept jours après les frappes du 28 février, l’offensive américano-israélienne a basculé d’une frappe ciblée vers une guerre régionale aux relents de conflit mondial. P -TVL- YouTube

Dès les premières heures de l’attaque, la mort de l’Ayatollah Khamenei et de hauts dignitaires a scellé le destin militaire du régime. Toutefois, la victoire sur le champ de bataille ne règle en rien la question de « l’après ». Entre risques de guerre civile, basculement des marchés énergétiques et effondrement du droit international, voici quelques points clés pour comprendre l’avenir de la région, énumérés par G. Duval de Social Europe et ancien rédacteur de Alternatives Economiques.

1. Possibilité d’une « solution vénézuélienne » ?

Donald Trump, peu enclin à l’exportation de la démocratie, pourrait être tenté par une solution pragmatique : maintenir une dictature issue des rangs du régime actuel, à condition qu’elle se plie aux exigences nucléaires et balistiques de Washington. Cependant, le fossé de sang creusé par 50 ans de répression rend cette option fragile. Le peuple iranien n’acceptera probablement plus aucun avatar des mollahs, même « assagi ».

2. Retour des Pahlavi : une transition pacifique ?

Le nom de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah, circule avec insistance. Si une partie de la population rêve d’un retour à l’âge d’or impérial, sa légitimité reste contestée. Un exilé de longue date peut-il stabiliser un pays en ruines ? La résistance des derniers Gardiens de la révolution et l’hostilité des puissances régionales font de ce scénario un pari risqué.

3. Spectre de la fragmentation ethnique

L’Iran est une mosaïque. Si le nationalisme perse est puissant, près de 50 % de la population appartient à des minorités dominées :

* les Kurdes et Azéris au nord,

* les Arabes dans le Khouzistan (poumon pétrolier),

* les Baloutches à l’est.

Sans État central fort, ces régions pourraient chercher l’indépendance, poussées par des voisins comme le Pakistan ou l’Azerbaïdjan, transformant l’Iran en une nouvelle Libye.

4. L’énigme saoudienne

Mohammed bin Salman (MBS) a sans doute donné son feu vert aux frappes, mais il ne tolérera pas un Iran devenu vassal d’Israël et de son rival émirati (MBZ). Riyad, aux côtés de la Turquie et du Qatar, manœuvrera pour empêcher une hégémonie totale de l’axe Trump-Netanyahou sur Téhéran.

5. Netanyahou : un triomphe en trompe-l’œil

Militairement, le Premier ministre israélien élimine une menace existentielle. Politiquement, il détourne l’attention du drame humanitaire à Gaza. Mais, à long terme, la disparition de la « menace iranienne » pourrait affaiblir les alliances de revers d’Israël avec les monarchies sunnites, rendant le jeu diplomatique régional bien plus complexe.

6. Le bourbier de Donald Trump

Trump espérait que sa simple armada ferait plier Téhéran. Contraint de frapper pour ne pas perdre la face, il rompt sa promesse électorale de non-intervention. Si le conflit s’enlise, ce « coup d’éclat » destiné à faire oublier ses déboires judiciaires (affaire Epstein) pourrait devenir son plus grand échec politique.

7. Paradoxe russe

On pensait Vladimir Poutine affaibli par la perte de son allié iranien. C’est l’inverse qui s’est produit.

* Détournement d’armes : Les munitions américaines utilisées en Iran ne vont pas en Ukraine.

* Manne financière : La fermeture du détroit d’Ormuz fait exploser les prix du gaz et du pétrole, renflouant les caisses du Kremlin malgré les sanctions.

8. Dilemme chinois

Pour Pékin, l’enjeu est vital. L’Iran est une source majeure de pétrole à bas prix. Xi Jinping, après avoir perdu ses accès privilégiés au Venezuela, ne peut rester muet. La Chine devra choisir : accepter l’hégémonie américaine sur ses routes d’approvisionnement ou intervenir diplomatiquement pour protéger ses intérêts.

9. Acte de décès du multilatéralisme

Les Nations unies sont les grandes absentes. En frappant sans aucun mandat international, les États-Unis et Israël enterrent officiellement le droit international. Après des années d’impuissance au Soudan ou en Ukraine, l’ONU semble avoir rendu son dernier souffle à Téhéran, ouvrant une ère d’anomie mondiale extrêmement dangereuse.

10. Europe : Une spectatrice impuissante

La région du Golfe est plus cruciale pour l’Europe que pour les États-Unis (énergie, commerce vers l’Asie, migrations). Pourtant, l’Union européenne est inaudible. Incapable de peser militairement ou diplomatiquement sur Netanyahou, l’Europe se contente de regarder passer les missiles, confirmant son statut de vassal de plus en plus vulnérable.

 * * *

Jiang Xueqin : le « Nostradamus chinois » qui avait prédit la défaite militaire des États-Unis face à l’Iran

Alors que les tensions au Moyen-Orient atteignent un point de rupture en ce début d’année 2026, une série de prédictions faites en 2024 par un professeur sino-canadien secoue la toile. Deux de ses trois prophéties s’étant déjà réalisées, le monde observe désormais avec inquiétude la troisième : la défaite militaire des États-Unis face à l’Iran.

Depuis quelques jours, les extraits d’une conférence académique datant de mai 2024 inondent les réseaux sociaux. À l’époque, les propos de Jiang Xueqin semblaient relever de la spéculation géopolitique audacieuse, voire de la science-fiction. Aujourd’hui, avec Donald Trump de nouveau à la Maison-Blanche et un conflit ouvert entre Washington et Téhéran, celui que les internautes surnomment désormais le « Nostradamus chinois » est devenu une figure incontournable de l’analyse prédictive.

Trois prédictions, un sans-faute (pour l’instant)

Lors de son cours enregistré en 2024, Jiang Xueqin avait posé trois jalons clairs pour l’avenir des États-Unis :

1. le retour de Donald Trump au pouvoir lors de l’élection de novembre 2024 ;

2. le déclenchement d’une guerre entre les États-Unis et l’Iran sous cette nouvelle présidence ;

3. la défaite finale des États-Unis, un événement qui, selon lui, marquera la fin de l’ordre mondial tel que nous le connaissons.

Le 20 janvier 2025, la première prédiction s’est concrétisée avec l’investiture de Trump. Quelques mois plus tard, l’escalade militaire a validé la seconde. Désormais, c’est le troisième volet de son analyse qui suscite l’effroi des observateurs occidentaux.

Qui est Jiang Xueqin ?

Né en 1976, Jiang Xueqin n’est pas un mystique, mais un intellectuel rigoureux au parcours prestigieux. Diplômé de l’Université de Yale en littérature anglaise, il a mené une carrière de premier plan dans la réforme de l’éducation en Chine, occupant des postes de direction au sein d’institutions d’élite comme le lycée de l’Université de Pékin et celui de l’Université Tsinghua.

Ancien contributeur de l’édition chinoise du New York Times, il anime aujourd’hui la chaîne YouTube « Predictive History », qui compte plus de 1,5 million d’abonnés. Sa méthode ? La « psychohistoire », un concept emprunté à Isaac Asimov, qu’il applique au monde réel en combinant les cycles historiques, la théorie des jeux et l’analyse des intérêts géopolitiques.

L’analogie de l’Expédition de Sicile

Pour justifier sa prédiction d’une défaite américaine, Jiang s’appuie sur un précédent historique célèbre : l’expédition de Sicile (415-413 av. J.-C.). Durant la guerre du Péloponnèse, Athènes, alors puissance dominante, avait lancé une campagne militaire ambitieuse contre Syracuse. Ce qui devait être une démonstration de force s’est terminé par un désastre total, précipitant la chute de l’empire athénien.

Selon Jiang, l’Iran est la « Sicile » de l’Amérique. « La géographie de l’Iran, avec son terrain montagneux et ses lignes de ravitaillement étendues, rend toute occupation prolongée impossible », expliquait-il dès 2024. Il soutient que la résistance interne iranienne et la connaissance parfaite du terrain transformeront tout succès initial américain en un bourbier stratégique.

Une guerre d’usure de vingt ans

Invité récemment sur le plateau de l’émission américaine Breaking Points, le professeur a affiné son analyse. Pour lui, le conflit actuel n’est pas une surprise pour Téhéran, mais l’aboutissement d’une préparation de deux décennies.

« L’Iran mène une guerre d’usure. Ils ont eu de nombreuses répétitions générales », a-t-il affirmé, citant notamment le conflit éclair de 12 jours en juin 2025. Cette période aurait permis aux forces iraniennes d’analyser en détail les capacités de frappe d’Israël et des États-Unis.

Au-delà du militaire : une guerre économique

Plus inquiétant encore, Jiang Xueqin souligne que la stratégie iranienne ne vise pas seulement les troupes, mais les infrastructures vitales de l’économie mondiale. Il pointe du doigt la vulnérabilité des usines de dessalement d’eau dans le Golfe. « Si l’Iran détruit l’usine de dessalement de Riyad, une ville de 10 millions d’habitants, il n’y a plus d’eau potable en deux semaines », prévient-il.

En s’attaquant aux ressources énergétiques et à l’approvisionnement en eau des alliés de Washington, l’Iran chercherait, selon lui, à provoquer un effondrement systémique que l’armée américaine, malgré sa supériorité technologique, ne pourrait contrer.

Un avertissement pour l’avenir

Si certains experts restent sceptiques face à ces prédictions, les qualifiant de spéculatives, l’exactitude des deux premiers points de Jiang Xueqin force le respect, ou du moins l’écoute. Pour le « Nostradamus chinois », l’issue de ce conflit ne sera pas un simple traité de paix, mais une redistribution totale des cartes du pouvoir global.

L’histoire est-elle en train de se répéter, ou les États-Unis parviendront-ils à briser le cycle prédit par l’universitaire de Pékin ? Les prochains semaines ou mois apporteront la réponse définitive à la dernière prophétie de Jiang Xueqin.


Mauritius Times ePaper Friday 6 March 2026

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