Manque de transparence et de personnes compétentes !

Logement pour les petites gens :

Depuis plusieurs années, pour diviser le peuple en attisant la haine ethnique, certains de la classe politique font croire aux petites gens que toutes les maisons sont construites gratuitement par le gouvernement pour ceux de la communauté dite majoritaire. Ainsi, on leur fait croire que l’on devient propriétaire d’une maison – totalement gratuitement – par affiliation et/ou connexion politique.

Malheureusement, il est vrai que certains individus de toutes les communautés ethniques sont des experts-voleurs et acquièrent des biens immobiliers par leurs connexions politiques. Il y a aussi un certain nombre de personnes dont des employés du secteur public qui ont plusieurs maisons, plus qu’ils ne pourraient en avoir avec de l’argent gagné honnêtement, dit-on. Et dans la classe politique, il faudrait faire une enquête pour déterminer la quantité de biens immobiliers que possède chaque homme et femme au Parlement, mais aussi les élus et élues du Local Government. Il y a aussi ces commerçants, proches de la gangrène de la drogue… La MRA a du pain sur la planche…

En mettant de côté ces exceptions à la règle générale, les citoyens ordinaires de toutes les communautés ethniques, eux, travaillent pendant des années et sont surendettés pour acheter un terrain et construire une maison, ou acquérir un appartement. Ils terminent de payer la dernière tranche à l’heure de la retraite.

Aujourd’hui, la propagande mensongère, alimentée par les scandales, a fait du chemin de manière sournoise. Les petites gens pensent que tout est facile pour ceux qui vivent dans une maison, et ce, grâce à la largesse du gouvernement. Ainsi, ils sont de plus en plus frustrés quand ils n’arrivent pas à accéder à un logement décent ou lorsqu’ils doivent habiter dans un logement épouvantable tant par sa structure que par l’espace disponible et les normes d’hygiène.

La réalité des petites gens

D’abord, il y a des hommes qui ont l’habitude de la précarité depuis des générations. Ils n’ont pas de travail fixe et changent de métier pour ainsi dire chaque semaine. Ils ont pris l’habitude de se retrouver au chômage. Ils vivent au jour le jour. La vie précaire étant ce qu’elle est, ils ont de multiples partenaires. Ceci apporte beaucoup de problèmes pour les femmes car ce sont elles qui doivent nourrir les enfants… et l’argent ne rentre jamais régulièrement à la maison.

Mais de quelle maison parlons-nous ?

Location d’une vieille maison délabrée : D’abord, il y a ces vieux logements en bois délabrés loués entre Rs1200 et Rs2000. Le bois est souvent pourri et les feuilles de tôle ont des trous. Donc, quand il pleut, ces maisons deviennent inhabitables. Il faut mettre des seaux d’eau un peu partout pour éviter des dégâts majeurs. De plus, les installations électriques appartiennent à un autre temps et sont excessivement dangereux, notamment lorsqu’il y a des pluies torrentielles ou des cyclones. Lorsque les poutres et poutrelles sont totalement avariées, le toit s’effondre … Parfois, le propriétaire du logement est conscient du danger mais les locataires ne veulent pas s’en aller car ils ne trouveront pas d’autre logement facilement ou alors, ils ne savent pas comment s’y prendre pour obtenir un logement social.

Nous savons tous que les députés au Parlement et les élus du Local Government disparaissent de la scène une fois qu’ils sont bien installés dans leur fauteuil, savourant l’argent public qui tombe si facilement dans leur poche à la fin du mois… et qu’ils trouvent insuffisant…

Location d’un appartement neuf : Ensuite, il y a ces logements en dur, construits de manière aléatoire et irresponsable, sans planification aucune, et sans sécurité par des propriétaires – de toutes les communautés ethniques – qui ne voient dans les petites gens qu’une source d’argent facile. Pour construire de tels logements souvent à plusieurs étages, sans infrastructures adéquates, l’on parle d’une complicité insidieuse au niveau du Local Government, notamment de certains officiers des Municipalités et des District Councils. Ou serait-ce plutôt que les officiers subissent, eux-mêmes, la pression de la classe politique pour l’octroi de permis nécessaires ? Une enquête serait nécessaire…

Quoiqu’il en soit, ces logements sont souvent insalubres – l’air ne circule pas, certaines pièces n’ont absolument pas de lumière, l’eau ne monte pas forcément jusqu’au robinet à l’étage et il n’y a aucune installation pour faciliter l’accès à cette ressource… De manière générale, les petites gens ont beaucoup d’enfants et l’espace est restreint pour accommoder tout ce monde. Pour cette raison, on voit souvent une extension de la vie sur la route ou l’avenue ou dans l’allée… Et c’est grâce à la solidarité de tous que la vie continue tant bien que mal…

Autre fait important. La gestion des déchets est nécessaire pour éviter des maladies et toutes sortes de contrariétés. Or, les détritus sont entreposés « au petit bonheur la chance ». Les enfants jouent à proximité de cette saleté, des mouches, des moustiques, des flaques d’eau, et d’une odeur nauséabonde… Les propriétaires ne prévoient pas un système d’entreposage des poubelles en bonne et due forme. Les rats – énormes – traînent au milieu des sachets de détritus…

Y a-t-il des lois pour l’hébergement décent ?

Parmi tous les objectifs du ministère du logement, l’on y retrouve quatre œuvrant théoriquement en faveur des petites gens.

1/ To provide a solid basis for the long-term physical development of the nation which supports the new national development strategy and direct development in a manner which will integrate economic competitiveness with environmental sustainability and social equity.

2/ To satisfy the housing and land needs of the people of Mauritius.

3/ To devise plans, policies and programmes which are robust, flexible and balanced.

4/ To promote social integration through the development of mixed housing projects under the National Housing Programme and adopt an integrated approach that is applied to the construction of a small number of housing units in an open estate to encourage community living, integration within the neighborhoods and harmony with the environment.

Le “Mission Statement” de ce ministère indique ceci : « To provide a framework for local authorities i.e. Outline Schemes, to guide and control development in their area.” Et aussi, “To devise and implement housing and land policies and programmes to meet the needs of the people here, in particular the vulnerable groups of our society.”

Quant à la vision de ce ministère, elle se traduit en de bien jolis mots à ce jour : “The vision of the Ministry of Housing & Lands is to have a planned development of the territory of Mauritius where it will be pleasant to live and work, where business can thrive and prosper and where the natural beauty of the country will be preserved for the enjoyment of generations to come.”

Services offerts aux petites gens

On nous dit qu’il y a le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups (TFIVG) et le National Solidarity Fund (NSF). Mais le Trust Fund, nous le savons tous, connaît plusieurs dysfonctionnements. Sinon comment expliquer que plusieurs maisons construites sont rapidement avariées avec du bois pourri et des feuilles de tôle abîmées en un clin d’œil ?

Le NSF donne une aide ponctuelle qui n’est pas très efficace sauf pour dépanner une personne dans le court terme, pourrait-on dire…

Etonnamment, au ministère du Logement, il y a un « Marketing Department » pour les petites gens dont les fonctions principales sont :

“1. To register applicants who wish to purchase a housing unit.

2. To assist and attend to the queries of the public regarding eligibility criteria, construction sites, repayment conditions, and procedures of allocation of these housing units.

3. To liaise with the relevant authorities for obtaining the necessary permits, licences and clearances.

4. To facilitate conveyance procedures for the sale of NHDC houses.

5. To register applicants who wish to be allocated a plot of State Land under the Sites and Services project.

6. To carry out eligibility interviews of applicants.

7. Hardship cases, .e.g. families who have been expelled from their homes as a result of a court order or whose lodgings have been damaged beyond repair by fire, cyclones, floods, and other natural calamities. Social cases being followed by the Ministry of Social Security, the Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups, Charitable Institutions, etc.”

Ces institutions offrent bel et bien des services. Mais le 24 décembre 2014, j’ai essayé de les joindre en vain… Il n’y avait personne pour répondre au téléphone alors que le cas était urgent… Soulignons aussi l’urgence d’élaborer des règlementations sur le type de logement à louer aux petites gens et qui devraient figurer sur le site du ministère du logement… Et ces propriétaires, déclarent-ils leurs revenus à la MRA ?

 

* Published in print edition on 30 December 2014

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