Non-respect des règlements par les employés du transport public : Qui est responsable ?

Comme d’habitude, les passagers mauriciens se plaignent de l’attitude de certains employés du transport public à leur égard, et aussi avec les étrangers. Les doléances tournent autour des mêmes agissements des chauffeurs et/ou des « contrôleurs », et ce, depuis plusieurs années.

1.      Non-respect du temps de stationnement : Le chauffeur est trop pressé de démarrer l’autobus et il n’attend pas que le passager (homme ou femme, âgé(e) on non, enceinte ou non, portant un enfant dans les bras ou non) ait pris place dans l’autobus et se soit assis(e). L’autobus démarre et le pauvre passager doit se débrouiller comme il peut, avec ou sans l’aide d’autres passagers, pour atteindre un siège. (En général, les Senior Citizens s’entraident mais la force physique leur manque pour réussir ce tour de passe-passe surtout si l’autobus s’engage dans un virage.)

2.      Absence de courtoisie : La route n’est pas toujours bien indiquée et lisible sur le panneau indicateur de l’autobus. Parfois, la route est bien indiquée avec un numéro de route et une destination finale. Mais le passager n’a aucune précision à propos des destinations couvertes durant le trajet. Lorsque le passager (Mauricien ou étranger) demande des précisions, le contrôleur et/ou le chauffeur se fâche(nt) et lui parle(nt) avec arrogance au lieu d’être à son service. Parfois le passager est tenu pour coupable s’il s’est trompé (sans le savoir) ou s’il est trop lent à descendre de l’autobus à l’arrêt suivant. Alors, il est ridiculisé : « Quand vous ne pouvez pas marcher, alors restez chez vous ! », dit-on aux Senior Citizens.

3.      Non-respect des arrêts sur le bus-route : L’autobus ne s’arrête pas à chaque arrêt d’autobus faisant partie de son trajet. Cette attitude des chauffeurs et des contrôleurs dépasse l’entendement. Les passagers sont surpris et se posent des questions, comme par exemple : « Si la CNT est en déficit, alors pourquoi ces autobus, roulant presque à vide, refusent de s’arrêter pour prendre des passagers à bord ? »

Parfois, le ridicule est à son comble. C’est le cas à Réduit où les étudiants doivent courir pour prendre l’autobus (qui comporte peut-être deux passagers) de l’autre côté de la route. Mais l’autobus (CNT ou autre) ne les attendra pas et continuera son parcours pour ainsi dire à vide… Les jeunes doivent alors prendre leur mal en patience et attendre le prochain véhicule. C’est aussi le cas à la gare de Rose Hill pour l’autobus de Beau Songes, par exemple. Un autobus y dépose des passagers (près du bureau de poste). Certains pourraient prendre en correspondance l’autobus de Beau Songes dans l’enceinte de la gare (en face de la CEB) à condition de courir comme un supersonique ou le personnage de BD, Flash. Même s’ils font signe au chauffeur devant l’arrêt CNT – Vacoas, ce dernier ne s’arrêtera pas et continuera sa route avec deux ou trois passagers…

4.      Non-respect des horaires de départ de la gare principale : En ce qui concerne les autobus partant de la gare de Rose Hill pour se rendre vers l’est, il y a eu une amélioration car, pendant les heures de pointe, les chauffeurs respectent les consignes et sont ponctuels. Mais à un certain moment, l’indiscipline revient et sème la confusion. Les passagers ne savent pas vraiment quel autobus choisir puisque tous les contrôleurs hurlent en même temps : « Le mien sera le premier à partir ».

Certains passagers, nouveaux sur les lieux, se trompent en faisant confiance à l’un des contrôleurs. Ils rentrent dans son autobus et attendent patiemment le départ. Lorsqu’un autre autobus s’en va à sa place, les passagers se fâchent et le disent au contrôleur. Ce dernier, sans aucune honte, leur dit : « Vous savez bien que cela se passe ainsi. Alors pourquoi vous plaindre maintenant ? »

Et pourtant, les règlements 4(1), 4(2), 4(3) et 6 du Road Traffic Act sont très clairs [Voir encadré ci-contre]. Alors, tentons d’identifier les maillons faibles.

•       Y a-t-il des manquements au moment de l’embauche des chauffeurs et des contrôleurs ? (On ne leur donne pas les informations nécessaires pour les encadrer dans l’exercice de leurs fonctions ? La grille de compétences requises est incomplète ou inexistante avant l’embauche ? Savent-ils que des règlements existent depuis 1954 et déterminent officiellement leur conduite pendant l’exercice de leurs fonctions ? Y a-t-il au moins quelqu’un pour le leur dire ?)

•       Faut-il remettre en question l’absence de formation continue de certains employés du transport public ?

•       Y a-t-il des problèmes pendant la scolarisation à l’école primaire et au collège où l’on n’enseigne pas les bonnes manières et les valeurs ?

•       Qui ou quelle(s) institution(s) est (sont) responsable(s) de ce genre de doléances et qui doit solutionner ces problèmes ?

Cela fait des années que les passagers répètent ces doléances et rien n’a été fait pour changer les choses. Pourtant, chaque année, on n’arrête pas de raconter que ce pays est rempli de « Star Schools » et de « Star Colleges » produisant des « génies » qui « brillent de mille feux aux quatre coins du monde ».

•       Où est la liste de ces « génies mauriciens ? Combien sont-ils exactement ?

•       Y en a-t-il dans le secteur du transport public ?

•       Pourquoi n’aident-ils pas leur pays à trouver des solutions à ces petits problèmes associés au transport public ?

Les arrogants diront que ces problèmes (sociaux et logistiques) sont trop simples pour eux. Beaucoup de citoyens ordinaires, eux, pensent que le système éducatif ne forme pas des Mauriciens qui pensent et qui sont suffisamment créatifs pour apporter des solutions aux problèmes (sociaux, notamment) du pays. L’arrogance des « génies » dévoile parfois une certaine intelligence académique, souvent un penchant pour la course effrénée vers le matérialisme et son corollaire – la corruption, et dans la grande majorité des cas, l’on constate des manquements, voire une absence d’intelligence sociale.

* * *

Road Traffic Act

Road Traffic (Conductors and Drivers of Public Service Vehicles) Regulations 1954

GN 99/54 – sections 105 and 116 – 1 October 1954

4. (1) Every conductor shall take any person as a passenger in a public service vehicle for any destination along the route borne on the destination indicator on which such vehicle shall be run at the time unless –

(a) the accommodation prescribed by the licensing authority is not available in such vehicle; or

(b) when such vehicle is being used at the time under special contract.

(2) Subject to paragraph 3, every driver of a bus shall –

(a) stop the bus at every bus stop along its route; and

(b) keep the bus stationary for such period of time as is necessary for the purpose of enabling any person either to alight at the bus stop or to enter the bus.

(3) Where the conductor of a bus informs the driver that neither standing nor seating accommodation is available in the bus, the driver shall not be required to stop at the bus stop unless any passenger has indicated that he intends to alight at the bus stop.

6. The driver and conductor shall behave in a civil and orderly manner.

 


* Published in print edition on 24 January 2018

Add a Comment

Your email address will not be published.