Vina Ballgobin

24  septembre 2011: Mouvement populaire contre les « fossil fuels »

Vina Ballgobin 

L’idée d’organiser l’activité internationale “Moving Planet” émane de 350.org, une campagne globale et un réseau international qui fonctionne avec des organisateurs dans plus de 188 pays pour sensibiliser la population mondiale à propos du changement climatique et aussi proposer des pistes alternatives pour assurer un avenir meilleur aux générations futures. Le but est de bien insister auprès des décideurs de chaque pays que la population mondiale souhaiterait vivre dans le 350ppm world  –  l’univers 350ppm.

« Moving Planet » représente les efforts concertés de plusieurs organisations, mouvements et individus afin de réduire le taux de CO2, bien en-dessous de 350ppm. Pour atteindre ce chiffre, il est important de s’éloigner des « fossil fuels » qui polluent nos océans, nos terres, nos communautés, l’air que nous respirons et nos poumons. Par ailleurs, depuis ces dix dernières années, ces types d’énergies ont corrompu plusieurs classes politiques du monde entier en termes de subsides et de contributions, entre autres alors que l’utilisation « non-stop » du charbon et du pétrole, par exemple, feraient basculer le changement climatique en catastrophe climatique.

Demandons haut et fort à  nos dirigeants  de se tourner vers des énergies renouvelables contrôlées démocratiquement et de favoriser le développement durable.

Quelques-uns des 27 principes de développement durable de la Déclaration de Rio, adoptée à l’unanimité par 178 Etats en juin 1992, sont indiqués ci-dessous.

L’homme est au centre des préoccupations (1) dans le respect des générations présentes et futures. (3) Les modes de production et de consommation non viables (non durables) doivent être éliminés (8) au profit de ceux qui seraient viables dont la diffusion doit être favorisée (9).

Les Etats, qui doivent coopérer de bonne foi (27), ont le droit souverain d’exploiter leurs ressources sans nuire aux autres Etats (2) qu’ils doivent avertir de toute catastrophe (18) ou activités dangereuses pouvant les affecter (19).

La protection de l’environnement est partie intégrante du processus de développement (4) ; elle est conditionnée par la lutte contre la pauvreté (5) et concerne tous les pays (6) selon des responsabilités communes mais différenciées (7).

Le public doit être impliqué dans les décisions (10) dans le cadre de mesures législatives efficaces (11), économiques en internalisant les coûts grâce au principe pollueur payeur (16), par des études d’impact (17), toutes mesures qui ne doivent pas constituer des barrières injustifiées au commerce (12),  tout en assurant la responsabilité de ceux qui causent les dommages (13) et en évitant le transfert d’activités polluantes (14). Le principe de précaution (15) doit être mis en œuvre.

Un certain nombre de groupes majeurs ont un rôle particulier à jouer : les femmes (20), les jeunes (21), les communautés locales et autochtones (22). La paix, le développement et la protection de l’environnement sont interdépendants et indissociables (25, ) les règles d’environnement doivent être respectées en temps de guerre (24) et pour les populations occupées ou opprimées (23).  Les différents d’environnement doivent être résolus pacifiquement (26).

Autres définitions utiles

Energie non-renouvelable: Une source d’énergie qui se dégrade dans le processus de production et d’utilisation et qui ne se régénère pas, ne se renouvelle pas, ou qui se régénère ou se renouvelle selon un cycle relativement lent à l’échelle humaine. »

Energie fossile : L’énergie produite à  partir de composés issus de la décomposition sédimentaire des matières organiques, c’est-à-dire principalement composés de carbone.

Energie renouvelable : les énergies les plus anciennement utilisées par l’humanité. Les énergies renouvelables sont essentiellement tirées des éléments (terre, eau, air et feu) et du soleil. On désigne aujourd’hui par énergies renouvelables un ensemble de filières diversifiées dont la mise en œuvre n’entraîne en aucune façon l’extinction de la ressource initiale :


– Vent : éolienne, houlomotrice.
– Soleil : thermique, photovoltaïque, thermodynamique.
– Chaleur terrestre : géothermie.
– Eau : hydroélectrique, marémotrice.
– Biodégradation : biomasse.
– Biocarburant.
Les énergies renouvelables sont ainsi multiples et fondamentalement diverses par leurs mécanismes physiques, chimiques ou biologiques.

 

Énergie durable : Une forme d’énergie dont l’exploitation continue n’est pas nuisible à l’humanité.

 

Développement durable : Terme, créé en 1980 et traduit de l’anglais « sustainable development ». C’est une forme de développement économique respectueux de l’environnement, du renouvellement des ressources et de leur exploitation rationnelle, de manière à préserver les matières premières, mais également à s’assurer d’un développement socialement équitable. Ce mode de développement répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Depuis la conférence de Rio (1992) le développement durable est reconnu comme un objectif par la communauté internationale.

 

Une notion récente qui désigne des actions visant à concilier trois mondes différents, celui de l’économie, celui de l’écologie et celui du social. A long terme, il n’y aura pas de développement possible s’il n’est pas économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable.’

Ecodéveloppement : Un mode de développement fondé sur le respect de l’environnement. L’écodéveloppement est une des composantes du développement durable.

Vina Ballgobin
Activiste Greenpeace & membre 350.org

Pour plus d’informations, visitez notre site : www.moving-planet.org/demands

* * *

Immigration indienne et habitudes alimentaires
Les travailleurs engagés, issus de différentes régions de l’Inde, avaient appris à s’adapter aux réalités locales et ils ont inventé les plats à partir de ce qu’ils cultivaient localement. La nourriture est devenue un marqueur identitaire
 

Vina Ballgobin 

Lors de la conférence organisée par le Mahatma Gandhi Institute la semaine dernière, Dr Pavitranand Ramhota a fait une présentation sur les changements dans les habitudes alimentaires des Mauriciens, de l’immigration indienne à ce jour, sachant que la communauté indienne a connu une certaine mobilité sociale au fil des années. Par conséquent, les habitudes alimentaires se sont aussi modifiées tout comme les relations sociales lors des achats, de la préparation et de la consommation de nourriture, démontrant par là l’impact des choix individuels et des préférences tout autant que l’influence des facteurs sociaux, économiques et culturels.

Les travailleurs engagés, issus de différentes régions de l’Inde, avaient appris à s’adapter aux réalités locales et ils ont inventé les plats à partir de ce qu’ils cultivaient localement. La nourriture est devenue un marqueur identitaire.

A l’époque, la plupart des habitants de l’île étaient pauvres et la nourriture était rare pendant la deuxième guerre mondiale et lors des cyclones. Il y avait la culture du maïs, du tapioca, de l’orge, de la canne à sucre et du café dans l’île. Il y avait aussi l’élevage du bétail comme les boucs et les chèvres. L’aliment de base des travailleurs engagés était la farine et ils consommaient essentiellement des légumes. Certains aliments étaient interdits à cause des convictions religieuses.

Ci-dessous une liste des aliments consommés par les travailleurs engagés.

Petit déjeuner : Thé avec ou sans lait, « arouille » bouilli, manioc, maïs, « violette », « fruit à pain », « arouille popet », « arrowrooot », « cornflour », bananes vertes et demi-mûres, « satwa (un mélange de sept types de grains).

Déjeuner et dîner : « Farata », « crêpe » sucrée et salée, « litti » à base de farine et de riz moulu, manioc râpé et « dholl » moulu ; riz, soupe, légumes, poisson salé, œufs, « bomlis », « delo kanz » (eau recueillie du riz bouilli), « matha », « bouillon » avec du chutney de goyave de Chine. Certains aliments comme la “bouillabaisse » (soupe à base de poisson), le « ghee » avec ou sans sucre et le piment accompagnaient le pain.

Parfois le riz était agrémenté de la manière suivante: sel et « ghee », « matha » avec du piment et du sel, « khokorni » avec du sel ou du sucre, huile dans laquelle on faisait frire le poisson « sounouk » (poisson séché et salé), huile des achards et du sel, piment, oignon.

Le riz ou le « farata » était accompagné d’un ou de quelques uns de ces aliments : “dholl », chutney de coco, poisson salé et/ou un légume.

Goûter : L’on consommait les mêmes aliments qu’au petit déjeuner. Habituellement, après le dîner et avant de se mettre au lit, l’on prenait un verre de lait. 

Dans les années 60, la crise économique et la surpopulation ont affecté la population. Les conditions de vie étaient toujours difficiles et il n’y avait pas d’électricité dans toutes les maisons. Le « briyani » était préparé uniquement une ou deux fois par an lors des fêtes musulmanes. Les Hindous consommaient de la viande une fois par an quand ils faisaient des offrandes au « Kalimaye » et durant le “Baharia Puja ».

Dans les années 70, les riches de quelques villages offraient du « kheer-puri » et d’autres aliments sacrés comme le « rote » et des « laddoos » lors du « Durga Puja » annuel. Le saumon en conserve était un produit de luxe, préparé uniquement lors des occasions spéciales. Les boissons gazeuses comme la limonade étaient offertes uniquement aux invités. Lorsque l’on rendait visite à la famille, l’on suivait la tradition en apportant des « samoussas », des « bhajya », et des « gâteaux piments ». Un aliment typique du folklore mauricien était le pain accompagné de sardine en conserve et de piment confit que l’on achetait de la boutique « sinois ».

A l’époque, les enfants rentraient chez eux à midi pour déjeuner et les adultes apportaient leur repas sur les lieux de travail lorsqu’ils quittaient leur domicile. L’on achetait du riz qui était rationné et cet aliment était accompagné de « bouillon » ou de soupe tous les jours. Le “kambar chouchou » était un aliment très prisé tout comme les légumes de saison. La majorité des familles n’avait pas de réfrigérateur.

Au petit déjeuner, le pain était accompagné d’un peu de beurre et de thé. Les gens avaient l’habitude d’acheter uniquement la moitié d’un pain. Le pain pouvait aussi être accompagné de lait condensé ou de gâteau coco (noix de coco râpée et sucre). Les fruits étaient rares et l’on achetait des pommes et des oranges une fois par semaine, on en coupait une en petits morceaux et on la partageait avec tous les membres de la famille. L’on fabriquait de la confiture avec des fruits saisonniers comme la goyave de Chine et la goyave.

Dans les années 80, les habitudes alimentaires ont nettement évolué. Au petit déjeuner, les dimanches matins, des gâteaux frits à haute teneur en graisse et des gâteaux sucrés figurent au menu à côté des aliments traditionnels. Au déjeuner ou au dîner, les repas quotidiens sont copieux et ressemblent aux repas de fêtes avec des préparations très riches en protéines (barbecue, menu à base de friture, burgers achetés). Il n’y a pas de contrôle sur la quantité et la qualité de ce qui est consommé. Dans certaines familles, le « demi-pain » a été remplacé par le pain ou les céréales, notamment pour les enfants. La viande rouge et le poisson sont consommés régulièrement ainsi que les aliments provenant des « fast food ».

Vina Ballgobin

Add a Comment

Your email address will not be published.