Vaccination Anti-Covid

‘Consent form’: quand le gouvernement abdique sa souveraineté sur la santé publique

Par Catherine Boudet, Docteur en Analyse politique

Le ‘consent form’ pour la vaccination anti-covid fait assumer tous les risques aux seuls vaccinés. Ce faisant, les autorités sanitaires s’enlèvent les moyens d’une pharmacovigilance transparente et préventive sur les effets de la vaccination massive.

Vaccination Anti-Covid. Pic – BBC

Sur le principe, l’idée de faire signer un formulaire de consentement aux vaccinés partait d’une sage décision. Surtout qu’il s’agissait de reconnaître la spécificité de la vaccination contre la Covid-19, encore au stade expérimental mais considérée comme urgente dans les circonstances liées à la pandémie. En raison de la rapidité de la mise sur le marché des vaccins, liée à cette urgence sanitaire, la vaccination anti-covid comporte un certain nombre de risques. Le ‘consent form’ du ministère de la Santé reconnaît ces spécificités :

« Le ministère de la Santé et du Bien-Être a rendu le vaccin contre la covid-19 disponible suivant les approbations réglementaires de son usage en vigueur aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Inde et dans d’autres pays, du fait que les circonstances justifient son utilisation dans un cas d’urgence comme la pandémie de covid-19 ».

Le ‘consent form’ admet aussi l’existence des risques venant du fait que l’homologation des vaccins anti-covid n’a pas complété les procédures habituelles appliquées en temps normal. Le ministère reconnaît qu’il rend la vaccination anti-covid disponible « sur la base de la totalité des preuves scientifiques existantes actuellement disponibles, qui montrent que les bénéfices connus et potentiels des vaccins surpassent les risques connus et potentiels ».

Des risques passés sous silence

Calqué sur l’argumentaire officiel de l’OMS, ce discours établit une balance bienfaits/risques de la vaccination à un instant T donné (« for the time being »), en vertu « des preuves scientifiques existantes actuellement disponibles ». Prendre la précaution de reconnaître que cette balance bienfaits/risques est établie à un instant T, c’est aussi admettre implicitement qu’elle peut être amenée à se modifier ultérieurement (y compris en faveur d’une potentielle aggravation des risques) ;  notamment avec l’avancée de la campagne de vaccination elle-même.

D’ailleurs, cette dernière s’assimile à une phase d’essai grandeur nature. De ce fait, un certain nombre de données pourraient faire pencher la balance du côté d’une aggravation des risques ou des effets secondaires :

– des risques connus à court ou moyen terme, mais sous-estimés ou passés sous silence, comme ceux que fait peser la vaccination anti-covid sur le système immunitaire. Les vaccins peuvent augmenter le risque de contracter la Covid-19 mais aussi des co-infections virales multiples, en raison du mécanisme d’ADE (Antibody Dependent Enhancement, en français : Facilitation de l’infection par des anticorps). Ce n’est nullement un délire complotiste, mais un fait documenté par des études médicale, en particulier, cet article, publié le 9 septembre 2020 dans la très sérieuse revue Nature Microbiology, intitulé « Antibody-dependent enhancement and SARS-CoV-2 vaccines and therapies » ;

– des risques inconnus à long terme, notamment decancer…  car l’OMS aurait jugé inutile de demander aux fabricants des tests sur la carcérogénicité de leurs vaccins anti-covid… Pour prendre l’exemple du vaccin Sinopharm qui est actuellement administré à Maurice, le ‘consent form’ explique qu’il est fabriqué à base d’un antigène de Sars-Cov-2 inactivé. En omettant de préciser que cet antigène est inactivé avec du beta-propiolactone… Une substance reconnue comme cancérigène pour l’humain (risque documenté par plusieurs études notamment dans le British Journal of Cancer).

N’envisageant le problème qu’à échelle individuelle, le ‘consent form’ fait assumer tous les risques au seul vacciné. Ce dernier doit reconnaître en le signant que « comme résultat de la vaccination certains risques sont impliqués » qui peuvent l’exposer à des blessures et même à la mort. Le candidat à la vaccination accepte ainsi qu’il « l’exécute volontairement » (étrange formule pour un document médical, et étrange façon de concevoir un consentement à la vaccination). Et il reconnaît assumer « volontairement » tous ces risques liés à l’administration du vaccin, y compris la mort.

Il apparaît que le ‘consent form’ est un document contractuel, quand il fait dire au vacciné qu’il « renonce à toute poursuite contre l’État mauricien, le Global Health Partnership aussi connu comme GAVI Alliance, les producteurs de vaccins ou leurs agents et préposés (…) je les décharge pour toujours de toutes poursuites ».

Le document va encore plus loin, en stipulant que le vacciné s’engage même à indemniser toutes ces parties si elles venaient à être poursuivies pour des dommages résultant de la vaccination.

Un document contractuel d’un cynisme extraordinaire

On est loin du ‘consent form’ sud-africain qui informe le patient que « des mesures appropriées seront prises pour prévenir, prendre en charge et soigner les effets indésirables de ce vaccin sur [s]a personne ». Ce genre de précaution vise non seulement à protéger le patient, mais permet aussi aux autorités sanitaires d’assortir la vaccination d’une pharmacovigilance véritablement tournée vers le suivi et la protection des populations. Dans ce cas, cela favorise un ‘monitoring’ permettant d’anticiper à échelle nationale des possibles effets secondaires de la campagne de vaccination.

Rien de tout cela à Maurice, où le ‘consent form’ signé par les Mauriciens n’est donc finalement qu’un document contractuel dénué de toute humanité, visant à protéger complètement et de façon unilatérale les fabricants de vaccins, les pays fournisseurs et le GAVI. Ce serait donc paradoxalement un document d’un cynisme et d’un mépris extraordinaires, alors qu’il était question au départ de protéger la population d’une pandémie et de ses dangers.

Une telle posture s’inscrit totalement à l’encontre de la politique gouvernementale menée jusqu’à présent par le premier Ministre Pravind Jugnauth,  et ce, alors que le Premier ministre lui-même vient de rappeler à l’occasion du 12 mars 2021 que la santé de sa population est une priorité pour lui.

Le premier mandat de Pravind Jugnauth avait pourtant été marqué par l’introduction de véritables politiques publiques pour le pays. La politique sociale de son gouvernement s’était attachée à protéger la population et en particulier les catégories de citoyens les plus vulnérables, on l’a vu notamment avec l’augmentation de la pension vieillesse et l’introduction du salaire minimum. C’est également sous le gouvernement MSM que la gestion du risque a été introduite dans le pays, avec la mise sur pied en 2016 d’un National Disaster Risk Reduction and Management Committee pour prévenir et mitiger les risques de catastrophes naturelles.

La notion de gestion du risque n’est visiblement pas conçue de la même manière en ce qui concerne la santé publique. Le ‘consent form’ vaccinal, faisant porter au seul patient les effets secondaires potentiellement nocifs du vaccin, parcellise et relègue au niveau individuel les risques inhérents à la vaccination. Pire, il dédouane totalement le GAVI, les fabricants de vaccins et les pays fournisseurs de toute responsabilité dans cette prise de risque.

Une manière pour les autorités sanitaires de se voiler la face car, en répondant prioritairement au souci de se dédouaner de toute poursuite, ce formulaire hypothèque la possibilité d’une pharmacovigilance transparente et cohérente. En condamnant le vacciné à subir seul ses effets secondaires, le ‘consent form’ freine la remontée d’informations libres et volontaires sur la santé du patient, et surtout leur corrélation au vaccin. La pharmacovigilance se résume alors à remonter des données nationales aux fournisseurs de vaccins et aux organisations internationales. Comment dans ces conditions, estimer l’impact réel de la vaccination sur la santé publique, et surtout le risque d’émergence de pathologies à grande échelle ?

Le contraire d’une politique de gestion des risques

Pourtant, avec l’ambition d’une vaccination de masse, la gestion du risque à échelle collective, en termes de santé publique, s’impose comme une nécessité d’importance nationale. Or, c’est tout le contraire d’une politique de gestion des risques qui est mis en place avec ce ‘consent form’. En politique publique, la gestion des risques vise à identifier et évaluer les risques liés aux activités humaines ou naturelles, ainsi que les publics exposés,  ce qui permet aux autorités de contrôler et, si possible, de réduire la probabilité des  évènements redoutés, leur impact éventuel, mais aussi et surtout la prise en charge des dommages éventuels.

Pourquoi, en matière de santé publique, la notion de risque a-t-elle été évaluée en faveur des entités internationales que sont le GAVI, les pays fournisseurs et les fabricants de vaccins, sans considération pour la protection des citoyens mauriciens ? Si demain, ou après-demain, la recherche médicale et les faits montrent  une surmortalité vaccinale, ou encore une augmentation de certaines pathologies découlant de la vaccination de masse de la population mauricienne, à qui reviendra la charge de gérer le fardeau ainsi occasionné sur la santé publique (et sur les finances publiques) ?

Une facture qui pourrait s’alourdir encore, alors que des ‘regulations’ ministérielles viennent instaurer l’obligation vaccinale de catégories de personnels comme les soignants et les enseignants (une vaccination devenue « volontaire sous la contrainte », où le consentement est donc vicié). En fin de compte,  c’est le gouvernement lui-même qui risque d’être le plus pénalisé par les effets secondaires de ce ‘consent form’ et d’une politique de (non-)gestion du risque vaccinal. Le GM viendrait-il d’abdiquer sa souveraineté en matière de santé publique ? Et si, au contraire, la pandémie de  Covid-19 était l’occasion d’instaurer une véritable politique de pharmacovigilance pour Maurice, dans laquelle  l’État et la société seraient partenaires pour le bien commun ?


* Published in print edition on 2 July 2021

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