TP Saran

Les sophismes ratiocinants du 1er Mai

TP Saran

Chez nous, tous les 1er Mai se ressemblent, et celui de Mai 2012 ne sera pas différent. Le but principal de ces tamashas coûteux et bruyants est de marquer, à travers des arguments gonflés à l’homme Michelin, des points sur des frères ennemis, en ciblant celui ou ceux qui ont pris temporairement une certaine distance du parti intéressé, en même temps qu’on épargne celui ou ceux qui sont de potentiels alliés.

Petit frère, crétin, bombe communale ambulante, protecteur de cousins, moustachu, intellectuel limité: tous auront leur place le temps des alliances faites et défaites. Les attaques personnelles auront la part belle, et on avancera sans pudeur que tout cela est fait dans ‘l’intérêt national’ !

 

 

Mais pour les vrais enjeux, repassez plus tard s’il vous plaît. On est trop occupé à calomnier l’autre, jusqu’à ce qu’on fasse exactement le contraire – et ce, toujours sur le compte de « l’intérêt national ». Des foules excitées, tambours battants sous le ciel de plomb dans une impatiente attente du séga/briyani/dipin-sardine à la plage par la suite, aideront à augmenter les décibels émanant des poumons rouges, mauves, oranges, blancs, bleus – des poumons arc-en-ciel — bien à la mauricienne, quoi!

Qu’on ne fasse pas une autopsie sur ces cadavres ! Peine perdue, car ils se ressemblent tous, et donc il n’est pas nécessaire de chercher des indices qui les distingueront les uns des autres. Au fil du temps, les uns deviennent les autres et vice-versa: un perpétuel retour à un bercail artificiel et toujours chancelant. Version du vrai mauricianisme – et que les sociologues et autres intellos ne nous imposent leurs interminables discussions en la matière.

On aura noté que tous les débats se résument à un seul objectif: prendre le pouvoir coûte que coûte, même si cela veut dire contracter, se rétracter, re-contracter – et ainsi de suite – des combinaisons contre-nature, vouées à la volatilité dès le départ. Vu le parcours de ces acteurs – car ils jouent vraiment bien leur rôle respectif – quelqu’un devrait leur conseiller de s’abstenir de parler d’alliances ou de partenaires. L’évidence même démontre qu’ils sont loin d’être ce qu’ils prêchent. Ce serait trop beau, trop idéal pour le monde dans lequel ils pataugent, un monde d’intrigues, de manipulations, de compromissions et de confabulations.

Hélas, nous avons les gouvernants que nous méritons. Et eux le savent très bien.

Heureusement que nous avons des citoyens qui œuvrent dans le sens de l’idéal au quotidien, et c’est cela qui fait tourner l’engrenage de notre société. Et c’est ce qu’on devrait célébrer le 1er Mai, le labeur des travailleurs qui sont au four et au moulin 24/7.

De grâce, rappelons-nous de cela.

* * *

Attaque contre la Présidence: faiblesse et inélégance

La Présidence est une institution et on clame haut et fort que les institutions doivent être respectées.

Il était tout à fait juste de condamner les discours politiques de Sir Anerood Jugnauth alors qu’il occupait toujours les fonctions de Président de la République. Par ailleurs, que SAJ ait décidé de faire de la politique active de nouveau après son passage comme Président est un thème qui peut et même doit être légitimement débattu dans notre démocratie. De plus, maintenant, il devient adversaire politique et il doit s’attendre à être attaqué sur ce plan.

Mais de là, faire référence à ce qu’il touche comme ex-Président et parlementaire, et aux privilèges auxquels un Président a droit d’après les conditions agréées au Parlement par tous les élus, des deux côtés de la Chambre, ça c’est d’une certaine inélégance.

Après tout, il y a bien deux ex-parlementaires et ex-Présidents qui touchent eux-aussi des sommes considérables avec les privilèges associés et agréés comme indiqués plus haut. Pour être objectif et transparent, pourquoi ne pas présenter un tableau comparatif des chiffres concernant les trois ex-Présidents?

Qu’on donne donc la réplique aux questions et points que Anerood Jugnauth a soulevés plutôt que de s’attaquer à sa personne, c’est le moins qu’on puisse attendre de ses adversaires… pour le moment. Et qu’ils se souviennent de cela !

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Et qui a le profil d’un Président apolitique?

Tel que l’on a indiqué dans cette colonne la semaine dernière.
Anne ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir?
Oui, ma sœur, je vois d’autres ânes…

TP Saran

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