TP Saran

Discours (hypothétique) du Premier ministre de l’Avenir

 

— TP SARAN 

 

Après avoir nommé ses ministres, le Premier ministre de l’Avenir s’adresse à ces derniers et les autres élus de sa formation comme suit :

 

Honorables membres de l’Assemblée nationale,

 

 

Tout d’abord, laissez-moi vous féliciter de votre élection et, quant à vous chers ministres, de vos nominations. Ni l’une ni l’autre n’a été facile, comme vous le savez très bien, surtout en ce qu’il s’agit des postes ministériels tant convoitées.

Mais c’est aussi vrai qu’il n’y a que 25 postes  ministériels, et qu’en tant que leader, la tâche qui m’incombait a nécessité que je prenne en considération – que je pèse dans la balance, en fait – plusieurs éléments, tous plus disparates et plus compliqués, les uns les autres.

J’y suis enfin parvenu tenant en compte les secteurs à promouvoir et conscient surtout de certaines contraintes par rapport aux compétences requises et aussi de compléments d’information que je détenais. Mais mon souci suprême a été l’intérêt du peuple qui nous a élu, et je voudrais bien que vous aussi vous gardiez ce fait constamment en mémoire.

Il faut que l’équité, la justice sociale, la justice tout court en somme, prime dans vos décisions. Je puis vous assurer que je vais être vigilant à cet égard, vu la très grande charge qui m’a été confiée par le peuple pour la troisième fois.

Ils ont droit à cette attente de la part de leur Premier ministre.

Ceci dit, pour les nouveaux parmi vous, vous voilà devenus des honorables membres, et c’est ainsi qu’on va s’adresser à vous à l’Assemblée. La première chose dont vous devez vous rappeler est que vous avez en face de vous non des ennemis mais des adversaires.

Donc, j’attends à ce que la courtoisie et le respect de l’autre prévalent, de sorte à ce que vous soyez vraiment digne du titre « honorable membre », c’est-à-dire que vous vous comporterez d’une telle façon qui fasse honneur à l’Assemblée nationale et ceci rejaillira sur le pays.

En même temps, c’est un signal fort que nous envoyons à nos concitoyens, à savoir qu’ils doivent vivre en bon voisinage et dans la paix car, souvenez-vous, l’exemple doit toujours venir d’en haut. Et nous sommes, Mesdames, Messieurs, dois-je vous le souligner, supposés être au sommet. Méritons donc que nous soyons appréciés comme des symboles de rigueur et de discipline.

En deuxième lieu, nous ne sommes plus en campagne électorale, et donc les propos populistes n’ont plus de place : l’on se met en besogne sans tarder, et croyez-moi, vous n’aurez pas la partie facile. Il y a tant à faire pour que le pays soit transformé en une nation unitaire. Celle-ci est une construction en devenir perpétuel, un édifice dont nous sommes autant les architectes que les artisans.

Et ici, j’insiste que vous n’oubliiez pas que vous n’avez pas été élus uniquement pour défendre les seuls intérêts de vos partisans: vous êtes les représentants de tous les Mauriciens indistinctement, tout comme je suis le Premier ministre de tous les Mauriciens indistinctement.

Le chantier de l’avenir est immense et les défis à relever, nombreux. Nous recherchons et comptons sur la coopération et la collaboration de tout un chacun dans le seul projet de société qui vaille, à savoir : bâtir une Ile Maurice où il fait bon vivre, où tout le monde a sa place, et où tout le monde sent non seulement qu’il a quelque chose à gagner mais plus important encore, qu’il a une contribution unique à faire pour le bien commun.

Si l’appel aux bas instincts et aux atavismes, en particulier de la part de nombre d’acteurs parachutés, est une réalité quasi-incontournable durant les campagnes électorales, force est de constater que presque immédiatement après le jour J, l’Ile Maurice reprend son train-train quotidien. Ce n’est pas pour rien que les observateurs étrangers nous ont vivement félicités pour notre maturité démocratique. Je vous demande de reléguer à la poubelle toute velléité de partisanerie et d’œuvrer dans un esprit de solidarité nationale.

En ce qui vous concerne, Mesdames, Messieurs, les ministres, en assumant vos responsabilités à la tête de vos ministères respectifs, n’oubliez pas que pour servir les intérêts du pays, vous avez besoin du soutien indéfectible des officiers appartenant à divers grades qui sont en poste dans ces ministères. Il vous incombera  de créer un climat de confiance et de respect mutuels afin que votre personnel soit motivé pour donner de son mieux.

Il s’agit d’optimiser le potentiel de tout un chacun, et pour cela, il vous faudra être plus « leader » que patron. Par ces temps où l’information circule librement et il y a une méfiance de tout ce qui est gouvernement, le public doit avoir confiance que les décisions seront prises en se basant sur des critères objectifs et transparents, et en respectant strictement les provisions de la loi.

Afin d’accomplir votre mission et répondre aux attentes de la population, armez-vous des valeurs humaines universelles.

L’avenir nous interpelle. Tous ensemble, marchons vers une Ile Maurice durable.

Je vous remercie de votre attention et je vous souhaite bonne chance. Assurez-vous de ne pas la démériter aux yeux du peuple mauricien.

 

TP SARAN 

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