Gayasingh Ashram: devoir de mémoire

Gayasingh Ashram: devoir de mémoire

Le passage du temps n’efface pas les évènements marquants. Il est courant de parler de devoir de mémoire dans le discours politique, intellectuel et culturel. Tout récemment en Israël, la Shoah n’a pas sombré dans l’oubli mais oblige à se rappeler de ceux qui ont souffert de l’holocauste pendant la deuxième guerre mondiale.

En France, en Angleterre, à l’île Maurice, on voit que certaines fonctions vont dans le même sens : sur la tombe du soldat inconnu, au Morne à la mémoire des esclaves, au jardin des Pamplemousses sur le samadhi de Sir Seewoosagur Ramgoolam, par exemple.

Samedi 22 avril 2017 : l’Arya Sabha Mauritius et le Gayasingh Ashram Committee ont rappelé la contribution de Deorishi Boolell et de Krisnowtee Bhuckory dans la bonne gestion du couvent des orphelins, des personnes âgées et des malades à Port Louis.

Pour l’occasion, les membres du comité en présence du ministre Etienne Sinatambou, du président de l’Arya Samaj, du frère aîné – Bhoomithtre Boolell, de la sœur Krisnowtee Bhuckory et aussi d’autres personnalités du paysage politique comme Anil Gayan, Arvin Boolell et Satish Boolell, sans compter les adeptes de cette association ont donné à la salle d’accueil le nom de Deorishi Boolell.

En 2013, dans le journal Mauritius Times, j’avais décrit comment l’oncle Tipapa avait continué la noble tâche de Pandit Gayasingh « a staunch disciple of the Arya Samaj movement » qui a, tout comme Pandit Cashinath Kistoe, inspiré plusieurs générations .

Bhoomithtre Boolell rappelle le travail acharné de Teeluck Callychurn ou du Dr J. Seegobin. Ces derniers ont su lever les fonds pour améliorer les bâtiments et donner plus de confort aux enfants orphelins et aux gens défavorisés. Le travail volontaire parmi les anciens fonctionnaires et retraités dans les années 1960, 1970 et 1980 était aussi un devoir. Ce n’est rien d’autre qu’une vocation. De plus en plus rares sont ceux qui ont cette vocation. La raison principale : penser à soi d’abord et aux autres ensuite ! Combien de jeunes sont-ils prêts pour sacrifier un peu de leur temps et soulager les pauvres et les malades ?

Satish Boolell, le fils de Deorishi, a exprimé sa gratitude car son père a enfin été honoré pour un travail accompli avec sincérité et dévouement. Ce couvent, dit-il, dans son discours était dans les années 60 une sorte de cocon familial où Mme Gayasingh accueillait sans distinction aucune les enfants. Selon lui, « sa présence au couvent était symbolique ».

Son père sentait qu’il devait partir à la rencontre des enfants, comprendre ce qui se passait et il conversait avec plusieurs personnes pour trouver des solutions. Les donations sont d’une aide inestimable pour les pauvres. La dernière vision de Satish est celle de son père assis dans la salle d’accueil. Aujourd’hui, le couvent a sa bibliothèque, sa cour avec des arbres fruitiers sous lesquels on peut se prélasser.

Les années ont passé. Mais les familles du quartier des rues comme Vallonville, Saint Denis et Jacob ont encore fraîchement préservé le souvenir d’une maison en bois qu’habitaient Pandit et Mme Gayasingh.

C’est grâce à leur générosité, car ils en font une donation à l’Arya Samaj, et aussi grâce à leur vision que beaucoup d’enfants et de personnes âgées ont un toit. Sans leur geste humanitaire, le « Couvent Gayasingh » n’aurait pas existé. D’autres projets ont suivi pour une bonne gestion du couvent.

A quoi sert le devoir de mémoire ? C’est une façon de ne pas faire table rase du passé. Ce n’est pas seulement le fait de regretter le bon vieux temps, la mode rétro. Mais c’est bien plus que cela : c’est une occasion lors de chaque fonction de lire le message du passé que le présent peut enrichir, renouveler et orienter en fonction de ses convictions.

Shakuntala Boolell

 

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