Leaders, chefs et sous-chefs : quelle image projettent-ils?

Des questions se posent sur les leaders des partis politiques, ceux des entreprises et des institutions publiques et privées, et aussi ceux des corps paraétatiques.

Normal de douter de ceux qui passent à côté de la plaque. On ne dit pas que tous, sans exception, ne sont pas « deeply committed to their jobs or roles. » Mais c’est l’attitude qui pose problème. La majorité change une fois « on top of the ladder ». Le problème, c’est que ce pourcentage de leaders avec un profil controversable gagne du terrain. Pas seulement dans les ministères mais également dans les corps paraétatiques et autres institutions, publiques ou privées.

Pour quelles raisons? L’une d’elles – bien trop évidente dans notre société – est le droit de regard. Il faut propulser à la tête en « authority figures » ceux qui seront à l’écoute de la politique en place. Eux seuls peuvent clouer le bec aux protestataires. Une fois que ces chefs sont conscients des stéréotypes menaçants, des « grandes gueules », ils emploieront tous les moyens pour les expédier ailleurs ou les virer.

Pire encore : lorsqu’ils sont conscients que quelqu’un pratique la droiture et risque d’embarrasser la prise de décision des moutons, de gêner une nomination douteuse, ils trouveront vite un prétexte pour le balancer. C’est le cas de le dire.

Recueillez les avis sur le cas Vasantt Jogoo et lisez son interview dans le journal Week-end. Cela nous en dit long. Autre raison ressassée dans la presse écrite : le copinage, et les relations et liaisons.

Pour une bonne partie de ces nominés politiques, ce sont des gens qui ont « sponsored », ont donné une somme coquette pour les deux campagnes électorales – la grande des 60 zéros et la moindre pour les Municipalités.

Alors, il faut les caser : soit comme « advisors » avec un salaire ronflant et les voyages à gogo, soit comme « chairperson of board » ou membres quelque part, juste pour s’assurer que « nos gens sont satisfaits ».

Et comment ? Ils peuvent récupérer l’argent dépensé pendant les campagnes. Comment sont ces chefs et sous-chefs ? Pour la plupart des « ti-toutous » ; pire encore des nominés à l’affût des informations qu’il faut pondre à plusieurs niveaux pour bien montrer que le travail est fait.

Leur façon de faire est dans les mœurs. Aucun Mauricien ne se trompe à ce propos. On craint que le mur n’ait des oreilles. On se tait malgré les fautes de certains chefs. On prolonge des absences, on fait ce qu’on peut sans se casser la tête.

Mais, at the end of the day, qui en souffre ? Le pauvre citoyen qui ne comprend plus pourquoi les choses n’avancent pas malgré les belles promesses. Il n’y a pas très longtemps, un inconditionnel de l’Alliance Lepep me dit : « Difficile contrôle partout ! »

C’est donc impossible d’être le leader parfait, de considérer tous les paramètres quand il s’agit de la transparence et de la discipline. Les enjeux sont tels que le leader ou le chef choisit de laisser faire. Politique de plus en plus décriée.

Pour les femmes, on dit que « when they fall short of lofty ideals, they may retreat from workplace to home or vice versa » et pour nos chefs et leaders que dit-on? « When they fall short of ideals they simply retreat altogether from office to restaurant and vice versa. » Ils comprennent que viser la perfection cause des frustrations ou cela paralyse le travail. Résultat : le changement se fait attendre.

Sheryl Sandberg, auteur de ‘Lean in’ écrit : “Feedback is an opinion, grounded in observations and experiences, which allows us to know what impression we make on others. » A croire que nos leaders et chefs attachent peu d’importance aux observations et expériences autour d’eux.

C’est ce qui explique encore pourquoi certains chefs et sous-chefs, nos supposés supérieurs, sont arrogants vis-à-vis des collègues et employés, abusifs dans leur comportement. Leur image courante : harceleurs !

Pourquoi les dépressions, les violences, les critiques se multiplient-elles dans notre société ? N’est-ce pas à cause de ces images des leaders, des chefs et sous-chefs, en passe de devenir des contre-modèles ? Les modèles des années 1960, 1970, pour la plupart, disparus doivent se retourner dans leur tombe en voyant ces « zimage » qui croient pouvoir régner à leur guise…

* Published in print edition on 13 May 2016

Add a Comment

Your email address will not be published.