Elections municipales: 65% disent NON !

D’une élection à une autre, le comportement de l’électorat et le verdict des urnes nous interpellent.

Chaque expérience, que ce soit pour les élections municipales ou pour les élections législatives, devient une source de questionnement et de réflexion. Mais l’écoute est bien importante. Les uns se disent choqués, les autres disent tout cru : « bagasse vote bagasse ! »

En fait, l’analyse des chiffres ne trompe pas. Basons-nous sur les quelques 395,961 votants pour l’ensemble des municipalités.

– Seulement 140,743 environ ont daigné faire leur devoir civique.

–       255, 218 ne se sont pas exprimés.

–       74,809 ont donné une chance en région urbaine à l’Alliance Lepep.

–       65,934 se sont manifestés en faveur du MMM.

–       8,875 ont voté pour une quelconque alternative.

Des chiffres insignifiants d’autant que le pourcentage global tourne autour de 35%. Quelles conclusions pourrions-nous en tirer ?

L’expérience de terrain en 2012, 2014 et 2015 démontre que les citoyens de Quatre-Bornes ne croient plus aux promesses électorales, ne voient pas en des conseillers des gens qui puissent faire bouger les choses et ne veulent pas perdre leur temps et leur énergie à courir d’un bureau à un autre…

Car quelle réponse auront-ils ?

–       « Bizin suivre procédures, dossier pou alle ministère » et ‘patati et patata…

Ont-ils tort ? Non. « Lourdeur administrative », « inertie des officiers dans les municipalités », « intervention politique », entend-on, figurent souvent parmi tant de facteurs qui ralentissent le travail ou renvoient maints dossiers dans les tiroirs.

Voilà la raison pour laquelle les citoyens démissionnent de leur rôle. En 2015, ce n’est pas un « tsunami » comme certains ont voulu le faire croire, ce n’est pas le vote sanction comme en décembre 2014, et ce n’est pas non plus une belle victoire pour L’Alliance Lepep ou une faillite pour le MMM.

Les pourcentages en disent long :

–       MMM : 31,7%,

–       MSM et Mouvement Patriotique : 21,7%,

–       PMSD : 15,8%

–       Mouvement Liberater : 11,3%.

Quatre partis et leurs efforts conjugués n’ont pas passé la barre des 50% alors que seul contre tous, le MMM semble avoir gardé son électorat.

Une autre réflexion s’impose ici. Où se situent les Travaillistes ? En glanant les informations et les idées, il ne fait pas de doute que des 45%, seulement 5% ont manifesté un intérêt pour les Municipales.

Les 40% ont choisi de rester bien loin de ces turbulences politiques. Pour une bonne partie des rouges, l’idéologie des années 1930, avec la lutte des travailleurs, 1968 avec la bataille de l’indépendance et les années 2000 avec la modernisation des secteurs-clés, occupent encore les esprits.

L’électorat travailliste se contente de « mange pistache, guette cinéma ». Les circonstances sont telles qu’ils n’ont pas de choix que d’attendre en suivant les rebondissements ! Mais toujours est-il que, pour l’heure, les leaders en place ne les inspirent pas vraiment et ils se posent des questions sur l’émergence d’un leader qui puisse garantir la stabilité sous toutes ses formes…

Et les autres, ceux qui ont voté, qui sont-ils vraiment ? Sans l’ombre d’un doute, ce sont des activistes, leurs familles et leurs amis. C’était ce cercle dans pratiquement tous les wards. Ils ont été soit grassement récompensés, ou assurés de ‘gagne zotte boute’ un beau jour, entend-on un peu partout.

On dit même que ces activistes-là ignorent le profil, le parcours des candidats et leur potentiel. Les médias ont à peine exposé leur CV en 3 semaines ou leur ont donné la parole.

Selon un proverbe malgache : « Quand c’est un aveugle qui vous mène, on finit dans le fossé. »

Si nous avons le privilège de voter, d’exercer notre droit civique, malheureusement nous n’avons pas la moindre chance de passer au crible le portrait de nos élus.

Notre chère démocratie a-t-elle les élus qu’elle mérite ? Un autre débat en perspective.

*  Published in print edition on 19 June 2015

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