« On ne peut pas remplacer Paul Bérenger dans le contexte immédiat. Mais il devra partir tôt ou tard »

Interview: Sydney Selvon, Journaliste et Historien

‘On sent un ressentiment viscéral et palpable du peuple à l’égard du Gouvernement. Je me demande si une alliance MSM-MMM est même envisageable’

Journaliste et ‘Consultant and Country Expert on Democracy’ auprès d’une grande institution internationale, Sydney Selvon commente les résultats de la dernière élection partielle et il nous livre aussi impressions à propos du paysage politique mauricien. 

 

Mauritius Times : Malgré le taux élevé d’abstention lors de l’élection partielle au No. 18, cet exercice démocratique nous aura quand même permis de recentrer notre analyse politique. Beaucoup de leçons à retenir, n’est-ce pas ? Quelle lecture avez-vous de ce scrutin ?

Sydney Selvon : La situation politique est confuse autant que l’est aussi le message des électeurs à l’élection partielle de Quatre-Bornes. Le résultat de la partielle n’a fait que compliquer les données sur l’échiquier politique. Il me semble que c’est un très pâle reflet des choix des Mauriciens au niveau national.

La seule chose qui est sûre, c’est qu’il y a un retour du Parti Travailliste qui a obtenu seulement 31,11% des 22.758 votes exprimés sur un nombre d’électeurs enregistrés totalisant 42,052. L’abstention a été massive, soit plus de 54%. Les résultats démontrent que la préférence des électeurs a été dans le cas de tous les candidats très minoritaires, y compris dans le cas du vainqueur. Les élections à Maurice sont influencées par plusieurs facteurs qui, malheureusement, incluent la communauté et la caste, et les principaux partis parlementaires engagés, le PTr, le MMM et le PMSD. Ces derniers ont offert un choix basé sur ces deux éléments en priorité, la caste et la communauté, l’identité des partis eux-mêmes venant en seconde priorité. Cet agissement de la part de ces partis ont dit à un électorat dont ils sous-estiment l’intelligence que le vote est un choix de caste/communauté. Et ce, à un moment où le vote communal est dans l’esprit de tous les Mauriciens comme une « issue » de première importance.

J’ai l’impression que cet élément a fait que de larges sections de la population se sont abstenues de voter.

* Rien de nouveau dans tout cela, car c’est chose courante dans la politique à Maurice tout comme il l’est ailleurs où d’autres facteurs comme l’ethnicité, la couleur de la peau, l’appartenance religieuse ou communale interviennent dans les choix électoraux dans les grandes démocraties à travers le monde, aux Etats-Unis, en Inde, en Australie…

Oui, on dira et on fera ce qu’on voudra, mais ces considérations et, aujourd’hui, le ‘look’ du politicien influe sur le choix des électeurs et on l’a vu, par exemple, au Canada et en France dans les cas de Justin Trudeau et d’Emmanuel Macron. Ces derniers constituent une nouvelle génération de politiciens qui utilisent le langage propre au 21ème siècle, déjà bien avancé.

Les gens ont de plus en plus tendance, et ce n’est pas du racisme, de privilégier un physique qui force leur admiration chez les leaders et c’est une des formes du charisme humain. Pour une vraie éradication du communalisme, il faudra former à la vraie histoire nationale, tous les Mauriciens, y compris les parlementaires dont certains vétérans ne connaissent rien à cette riche histoire. Des amendements constitutionnels ne suffiront pas contrairement à ce que certains ont prétendu.
Pour revenir à Maurice, au scrutin dans la circonscription No. 18, je dois aussi dire que la candidate du MMM a eu des problèmes considérables à surmonter dont un manque de charisme naturel, une langue kreol mal maîtrisée pour une politicienne, et une personnalité agréable pourtant, mais floue aux yeux du grand public. Elle aurait pu passer à une élection générale, mais pas face à un Arvin Boolell qui l’a dominée de loin. Un facebooker a écrit qu’on a envoyé une petite poule dans la cage d’un lion, qui n’en a fait qu’une bouchée. Le candidat PMSD était peu prêt, également, autant qu’elle l’était, à affronter Arvin.

Cela dit, les électeurs, qui ont voté, ont rejeté massivement les indépendants et les petits partis. Et le MMM et le PMSD sont eux aussi passés à la trappe dans la mesure où leurs électorats habituels se sont massivement abstenus. Quant au MSM-ML, ces rescapés de la défunte Alliance Lepep -massivement attaqués chaque jour par le public sur Internet (par les lecteurs de la presse et les électeurs opérant sur les réseaux sociaux), ministres et députés chassés dans les campagnes et les villes en plusieurs occasions -, ils ont eu parfaitement raison de ne pas se faire humilier.

* Qu’en est-il des leçons à retenir ?

Premièrement, le candidat moderne à une élection devrait être mieux ‘scrutinized’ sur plusieurs plans par ceux qui l’envoient au front, et ce, par rapport à l’enjeu du scrutin et sa capacité de correspondre aux critères concernant la qualité de sa vision et de son discours politiques, et aussi les exigences d’un électorat du milieu du 21ème siècle.

La notion gauche/droite a fait place à de nouvelles façons de voir la vie, les mœurs changent, le candidat doit savoir participer à des réflexions qui secouent les populations et le monde en ce qui concerne l’environnement, l’émergence des PMEs modernes et du self-employment, les nouveaux secteurs de l’emploi, les nouvelles technologies et les nouvelles manières de travailler, etc. – et moins la capacité à jouer de la langue dans le style ‘tarolien’ ou à cultiver de mauvaises fréquentations.

Deuxièmement, l’enjeu d’une joute électorale doit être comprise pour être maîtrisé par tous, allant du leader jusqu’à sa base.

Troisièmement, une forte et belle personnalité comme celle d’Arvin Boolell joue un rôle très important aux yeux de l’électorat.

Enfin, le candidat moderne doit bien connaître les réalités propres au terrain qu’on lui demande d’occuper et non pas être imposé sans un travail de terrain approfondi.

* Il paraît que les choses deviennent plus compliquées pour certains partis comme le PMSD mais surtout pour le MMM qu’avant la partielle. La bonne image ministérielle de Xavier Duval et sa cote de popularité telle que projetée par certains sondages n’ont pas impressionné l’électorat au No 18, et cela aurait pu être pire ailleurs. Au sein du MMM, des questions sont posées sur les décisions et les choix stratégiques de la direction du parti. Que deviennent ces deux partis dans le moyen et le long termes, selon vous ?

Le PMSD et le MMM ont agi d’une manière qui a provoqué en grande partie l’abstention massive de leur électorat habituel : se moquer de l’intelligence des électeurs, en particulier des jeunes nés au 21ème siècle et aussi de leurs aînés.

Ceux-ci réfléchissent plus profondément que les électorats partisans d’antan sur lesquels ils possèdent l’avantage d’une éducation plus poussée. Cela en plus d’une mauvaise expérience des jeux perpétuels d’alliance qui tournent toujours mal et servent d’abord et avant tout à garder les caisses des partis entre les mains d’untel ou untel. Ceci expliquerait les promesses politiques toujours vaines d’un début de contrôle du financement des partis politiques. Il y a également le fait que la compétition au niveau des partis, qui est réelle dans les grandes démocraties au niveau du choix du leader, ne joue pas vraiment dans le contexte des partis à Maurice.

Et alors, que deviennent le MMM et le PMSD dans le moyen et le long termes, me demandez-vous ? Je vous dis qu’il n’y a pas que ces deux partis, car le PTr a été sauvé par la personnalité forte et positive de son candidat alors que le MSM-ML s’est… sauvé la queue entre les jambes pour éviter le jugement populaire.

Tous ces partis doivent se pencher sur leurs défauts et trouver de nouvelles qualités, surtout en matière de transparence et de qualité des candidats et des leaders. Ils en sont là en ce moment.

Au MSM, s’ajoutent de gros problèmes liés aux affaires, au népotisme, à certaines relations douteuses dans des milieux mafieux et un passage de pouvoir premier ministériel très controversable — du père à un successeur – qui aurait dû être fait de manière plus transparente.

Par ailleurs, les cas du MSM et du PTr se compliquent du fait que ces partis ont des leaders qui attendent des jugements pour se défendre d’accusations de corruption ou de blanchiment d’argent, etc. Pour l’instant, le MSM cherche au moins à faire oublier le règne catastrophique du père depuis décembre 2014 et à se faire un bilan pour se présenter dans deux ans aux élections générales avec, à sa tête, Pravind Jugnauth ou un autre en cas de jugement négatif au Conseil Privé.

Le MMM, de son côté, se penche ces jours-ci sur sa triste situation actuelle extrêmement inconfortable dans le sillage de son désaveu massif au No 18. Le PMSD est à la recherche d’un nouveau rôle de béquille politique et son expansion est limitée par une situation plus que dynastique – il cherche une poignée de tickets y compris pour un père et ses deux fils, plus un cousin, et Perraud et Baboo, en priorité.

* Au fait, le PMSD et le MMM paraissent condamnés à rechercher un arrangement avec le MSM en vue des prochaines législatives, d’où « l’opération de colmatage » qui serait en cours actuellement en vue d’un retour du PMSD au Gouvernement. Par ailleurs, cette option semble déjà avoir fait du chemin au sein du MMM. Le contexte s’y prête du fait que le MSM aussi dispose d’une marge de manœuvre restreinte. Donc, mariage à deux ou à trois en vue, paraît-il ?

J’ai entendu tous les bruits de couloirs et même un peu plus sur ce que vous dites. Mais dans le cas du PMSD, c’est la recherche d’un rôle de béquilles. Dans les cas du MMM et du MSM, le débat, si débat il y a, tournerait plus autour du thème de « la famille militante » représentée essentiellement par ces deux partis et quelques autres, et les deux ne sont pas de simples béquilles. Les deux partis se rencontrent souvent et leurs représentants se parlent au Parlement, surtout dans les couloirs où la cordialité est de mise pour tous les parlementaires du Gouvernement comme de l’opposition, les uns vis-à-vis des autres en dépit des accrochages en pleine séance.

J’ai personnellement constaté chez quelques parlementaires des deux partis une certaine nostalgie pour l’alliance MSM-MMM de 2000-2005, qui fut, à mon avis, un succès exceptionnel, comme le fut l’Alliance PTr-PMSD pendant de nombreuses années.

Ces deux grandes alliances ont façonné l’île Maurice moderne et pourraient, je crois, entretenir l’espoir de se reconstruire, après les corrections et épurations nécessaires et réclamées de part et d’autre par bon nombre de leurs membres et parlementaires.

Il s’agit des deux principales familles politiques de Maurice actuelle. Je ne crois pas que le PMSD soit capable d’avoir priorité sur le MMM auprès du MSM, mais cela n’est pas impossible quand même.

* Il paraît qu’un fort courant au sein du MMM dans les régionales en milieu rural, et aussi urbain, serait non seulement en faveur d’un « remake » de l’alliance MMM-MSM mais aussi en faveur de l’abandon de l’option d’une lutte à trois avec Paul Bérenger comme candidat au poste de Premier ministre. Que signifie ce changement d’attitude chez les militants vis-à-vis de la candidature de Paul Bérenger au poste de Premier ministre ? Réalisme politique ?

Tous ces bruits, je les entends moi aussi. Comme le dit Lindsay Rivière et comme je l’ai dit moi-même sur Facebook au lendemain de la partielle au No. 18, les électeurs ont poussé aux alliances impliquant MMM, PTr, MMSM et PMSD, surtout que le vote a été très fort contre les petites formations et les indépendants.

Les électeurs critiquent beaucoup ces ‘principaux’ partis, tout en les forçant à discuter d’alliance… C’est contradictoire, mais c’est un fait. Et pourtant, Ramgoolam et Jugnauth junior attendent des décisions cruciales au criminel à leur égard. Et il ne resterait alors qu’un seul des trois prétendants actuels au poste de PM, Paul Bérenger, au cas où les deux premiers perdraient leurs affaires en justice. Si ces deux-là tombent, Bérenger pourrait proposer un partage de pouvoirs entre un autre et lui en allant soit seul soit avec un allié, MSM ou PTr mené par exemple par Nando Bodha dans le cas du MSM, ou Arvin Boolell dans le cas du PTr. Un scénario à inclure dans toute spéculation sérieuse.

L’autre scénario pourrait être une élection générale opposant à nouveau les familles militantes unifiées à une énième alliance PTr-PMSD.

Un troisième scénario pourrait être une lutte tripartite comme en 1976 entre MMM, PTr et MSM-PMSD.

* Qu’est-ce qui vous fait croire que Paul Bérenger deviendrait le maitre du jeu politique à Maurice en l’absence de Jugnauth et de Ramgoolam ?

Il pourrait l’être si, dans le court terme, les deux autres tombent face à la justice. Un PTr sans Ramgoolam pourrait succomber à la tentation d’un 60-0 en alliance avec le MMM contre le MSM, par exemple.

Mais je ne fais que spéculer car il est aussi possible qu’une lutte triangulaire ait lieu entre les trois partis. Mais si Ramgoolam et les Jugnauth tombent, le renouvellement au MSM et au PTr avec Nando Bodha et Arvin Boolell, jouerait très fort contre le maintien de Paul Bérenger à la tête du MMM et comme premier ministrable au terme des 24-28 mois qui nous séparent des prochaines élections générales.

Le fait est que le MMM n’a pas encore planifié le remplacement de Paul Bérenger par quelqu’un qui peut atteindre le charisme extraordinaire qui a été derrière l’ascension de ce dernier. Pour l’instant, dans le public, la rumeur d’une alliance immédiate MMM-MSM est très forte mais, à chaque fois, démentie par le MMM.

* Mais pour que l’option d’un « remake » MMM-MSM se concrétise, il est certain que Bérenger exigera un partage 50-50 de tickets et un accord à l’israélienne par rapport au mandat premier ministériel, car il n’a ni le profil d’un ‘Minister Mentor’ ni celui d’un ‘Président vase à fleurs’. Pravind Jugnauth aussi n’aura pas d’autre choix que de céder aux exigences de Paul Bérenger, non ?

Bien sûr, Pravind Jugnauth peut envisager une alliance avec le MMM, et vice-versa, mais il a également des cartes en main. Il a 24 mois ou un peu plus pour mettre son metro express en marche, réaliser une croissance économique qui dépassera peut-être les 4%, du fait que l’économie des grands pays progresse considérablement par exemple, créer des milliers d’emplois, caser les marchands ambulants dans les gares ou aux alentours, mettre en marche certaines bonnes lois qu’il est en train de faire voter pour rattraper le retard de SAJ de 2014 à 2016 sur le programme gouvernemental de la défunte Alliance Lepep.

En fait, si alliance il y a, il devrait se faire immédiatement avec le MMM entrant au Gouvernement et les deux partis devraient alors s’assurer que ce serait le train du succès. Le partage des tickets et des ministères serait alors renvoyé dans environ 24-28 mois et devrait alors être sur la base 50-50 alors qu’à l’heure actuelle, les députés du MMM devraient tous pouvoir être casés dans son gouvernement.

Je suis certes dans le domaine de la spéculation comme tous les gens qui en font en ce moment. Le MSM a l’avantage d’avoir voté une série de lois qui sont plus ou moins bonnes et réformatrices – et j’ai eu l’occasion de le lui dire récemment.

Quant au MMM, il a le choix d’une telle alliance, sinon de pousser à la roue pour en découdre avec le MSM en même temps qu’avec le PTr, un défi quand même plus difficile à relever.

Au sein du MMM et de son électorat, je trouve chez beaucoup de partisans le souhait d’un retour d’une nouvelle union de la famille militante. Je me dis aussi, en plus, qu’un gouvernement et une opposition contrôlée soit par le PTr soit par la famille MMM-MSM serait un retour à une ‘normalité’, ce qui retournerait le pays à des relations civilisées entre gouvernement et opposition.

* Par ailleurs, avant même que l’autopsie de la défaite du MMM au No. 18 ait débutée, on songerait déjà à l’après-Paul Bérenger dans certains milieux proches du MMM et même au sein du parti lui-même. On affirme qu’un fort courant serait en faveur d’un leader issu de la Population générale – ceci afin de ne pas disperser davantage cette frange de la population qui a soutenu le MMM depuis sa création. Qu’en pensez-vous ?

On ne peut pas remplacer Paul Bérenger dans le contexte immédiat. Mais il devra partir tôt ou tard et, je le souhaite, la tête haute. Quant à l’élément tournant autour de la question de la communauté, il existe le fait que la population générale comme les Hindous représentent les deux sections les plus larges numériquement dans le pays et tendent de plus en plus à se rapprocher numériquement depuis 50 ans. Est-ce que cela doit s’appliquer dans le cas du leadership du MMM ?

Dans le cas du PMSD, la question est déjà répondue. Le leadership du parti vient traditionnellement de la population générale. Dans le cas du MMM, tel n’était pas le cas à l’origine, et le parti avait autant de parlementaires et d’électeurs dans les campagnes et dans les villes de 1976 à 1982. Mais la communauté de Paul Bérenger a été utilisée par ses adversaires MSM et travaillistes dans les régions rurales. C’était surtout de 1983 à ce jour. L’objectif : parvenir à l’écarter du pouvoir, exception faite de 2003-2005 où il a été Premier ministre, une unique exception dans l’Histoire de l’île Maurice indépendante.

Rozemont avait menacé le PTr au pouvoir parlementaire de 1948 jusqu’à sa mort le 22 mars 1956. Il n’y a jamais eu de convention non-écrite que le chef du PTr devrait appartenir à telle ou telle caste ou communauté, mais cela s’est développé après la cession du pouvoir au PTr par Satcam Boolell à Navin Ramgoolam.

La population générale quitterait-elle le MMM si une règle non-écrite de ce genre devait exister en faveur de cette section de la population au sein de ce parti ? Je ne le crois pas, mais je pense que les membres de l’Assemblée des délégués du MMM feront un choix judicieux d’un remplaçant digne du respect dont jouit Paul Bérenger dans son parti. L’élection du leader du MMM sera très ouverte au sein de ce parti si l’on s’en tient à sa constitution.

* Par ailleurs, les choses paraissent moins compliquées pour le Parti Travailliste. La victoire du candidat travailliste annonce le « mood » électoral dans le pays tout entier, selon Jean Claude de l’Estrac. Ce dernier ajoute que la remontée du PTr et un retour de Navin Ramgoolam sont perceptibles – cela malgré la traque de ce dernier par le gouvernement Lepep. Votre opinion ?

Je crois que Jean-Claude de l’Estrac a raison. Un retour au pouvoir de Navin Ramgoolam, contrairement à ce que j’avais moi-même cru à un moment, devient de plus en plus possible. Je le vois en région rurale, sur le terrain, ainsi que partout sur Internet.

L’hostilité envers le Gouvernement MSM-ML est virulente sur Internet notamment, et massivement, sur les commentaires du public au bas des articles de la presse en ligne et sur les réseaux sociaux.

On sent un ressentiment viscéral et palpable du peuple à l’égard du Gouvernement et de ses membres. Je me demande si, dans de telles circonstances, une alliance MSM-MMM est même envisageable. Dans de tels cas, souvent, rien ne peut changer quoi que ce soit. Une réhabilitation de l’image du MSM est quasiment impossible dans les circonstances présentes. Pravind Jugnauth va-t-il survivre à MedPoint devant le Privy Council ? Je ne sais pas.

* Diriez-vous à la fin de la journée qu’on se dirige vers un bipartisme opposant le PTr à une alliance MMM-MSM avec ou sans quelques éléments du PMSD ?

Ce n’est pas impossible mais négocier une telle alliance ne sera pas facile. On m’a dit que Bérenger aurait repoussé une proposition d’aller au Réduit éventuellement, mais ce n’est peut-être qu’une rumeur. Beaucoup de ce qui se dit dans les coulisses ne peut être vérifié. Mais qu’une telle alliance se construise avec une image positive et un bilan éloquent et convaincant dans un délai de 24 à 28 mois, je ne la vois pas aboutir. Alors, le MMM irait seul contre tous avec le ou les Premier ministres (deux PM en cas de formule à l’israélienne) de son choix.

En 2014, la cassure du Remake signifiait au début que la nouvelle alliance PTr-MMM allait gagner 60-0, mais il suffit de quelques mois à l’Alliance Lepep pour renverser la vapeur, ce qui démontre la flexibilité du terrain politique en certaines circonstances que l’on sait et que l’on peut maîtriser.

 

* Published in print edition on 12 Ocotober 2018

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