Le mauvais exemple

By Nita Chicooree-Mercier

Sur les blogs des lecteurs assidus de la presse, les références récurrentes au modèle qu’est Singapour en matière de bonne gouvernance traduisent le désarroi et la colère de nombreuses voix face au gaspillage des fonds publics, à l’incompétence et à l’irresponsabilité des nominés (à qui sont confiés des tâches qui les dépassent), au train de vie ahurissant des dirigeants, au laxisme général dans le maintien de l’ordre public et à une dette croissante inquiétante.

En effet, on a cru bon de suivre le mauvais exemple des grands pays développés qui, des décennies durant, n’ont cessé d’emprunter malgré la sonnette d’alarme et bientôt, commencera le compte à rebours. Il est déjà trop tard pour eux. Vivre au-dessus de leurs moyens et assurer les privilèges d’une clique, reproche constant qu’on entend à l’encontre de ceux qui téléguident le destin du pays, coupés des soucis quotidiens de la moyenne des gens. Belle Mare Tourist Village, un projet qui s’est révélé un fiasco et qui, pourtant, porte la signature d’un ancien ministre, expert réputé superstar de la Finance. Jin Fei, devenu pâturage pour cabris après l’expulsion des petits planteurs à l’heure où l’autosuffisance alimentaire souffre d’un déficit de vision à long terme.

Loin de l’étalage du tout béton, ce qui inspire le plus dans le modèle singapourien, c’est la rigueur et un sens de discipline qui fait cruellement défaut ici. Et ça ne s’invente pas. Kan la tet la pa bon, nanyen pa pou bon, déclare un tel, révolté par la soif du pouvoir et des avantages financiers qui priment dans les considérations de ceux qui s’éternisent dans les fonctions qu’ils occupent alors que le bon peuple gagnerait à s’imposer des exigences dignes d’une société moderne et évoluée si tant est qu’il reçoive l’exemple venant d’en haut. Et quant aux actions menées par l’ICAC pour assainir les pratiques illicites et douteuses de quelques individus, une amorce des résultats concrets se fait toujours attendre.

Qui connaît l’importance de bien gérer le budget familial – et le régime du pain sec qu’il risque d’imposer à sa famille s’il s’aventure à prendre des libertés irréfléchies dans les priorités de ses dépenses – s’attend à ce que le même principe s’applique dans la gestion des fonds publics.

Or, nombreux sont-ils à s’exaspérer de l’indécence des sommes gaspillées pour de bien piètres résultats.

Par ailleurs on contribue à la prospérité en travaillant. Dans les pays où la démocratie à la mode occidentale n’est pas de mise à 100% tels que la Chine et Singapour, il n’est quasiment pas autorisé au premier quidam de traîner à longueur de journée et voler les biens d’autrui sans scrupules. Dans certains quartiers, villages et villes, on gagnerait à contraindre les oisifs et fainéants à prendre le travail disponible sur le marché au lieu de s’en prendre aux étrangers.

Lorsqu’on voit une personne d’un certain âge se lever dans un autobus en stationnement et sommer à qui veut l’entendre de ‘fou sa ene baté’, pour calmer un excité qui se met à gesticuler tout en menaçant de bloquer la voie publique, on se dit que manifestement le laxisme et l’inefficacité du ministère de l’Ordre intérieur finit par exaspérer le commun des citoyens.

Et que dire des salaires que se sont attribués gouvernants et députés d’un petit pays d’un peu plus d’un million d’habitants où le salaire présidentiel est largement supérieur au salaire du Président d’un pays de plus d’un milliard d’habitants qu’est l’Inde. L’appât du gain que représentent l’ultralibéralisme et les diverses commissions illicites dont certains bénéficient sans état d’âme sont autant de tentations qui enlisent la classe dirigeante dans une gourmandise sans borne. C’est avec « une bougie rouge » qu’il faut espérer un quelconque changement de mentalité et un début de sagesse que semble avoir emprunté des dirigeants d’autres pays.

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Domestic violence

An umpteenth case of alcohol-related domestic violence with the exception that a drunk husband was killed before he could deal a fatal blow to his wife should raise a serious debate on the consumption of alcohol in the country. How many women have to put up with verbal abuse and physical violence after their husbands come back home after a few alcoholic drinks is quite distressing. It is a nerve-racking daily show of patience and concession which is psychologically devastating for any human being.

In India, a young Dalit lawyer fought to regulate opening hours of shops selling alcohol after so many women in the village complained about alcohol-related domestic violence. Some women hid in the fields and dared not face their drunk husbands every afternoon. In some places, alcohol was simply banned. Last year, Swami Ramdev asked for an outright ban on alcohol in several states.

Total ban on rhum which most men in poorer social categories consume may sound inconvenient. And yet, sooner or later, this issue has to be given due attention. The authorities cannot be expected to take all decisions relating to the welfare of citizens. Socio-cultural organizations should be more committed in issues of major public concern and sensitize their members on healthy food and drink consumption. Apart from organizing religious festivals and cultural events, there can be closer guidance on marital relationships. Is there any regular group meeting which anyone seeking counselling can attend?

The Court will deliver its judgment on the fate of Selvina Seeneevassen in due time. We hope that the young woman will be acquitted so that des her children would grow up with their mother and not be dispatched among relatives or other host families. Spare them the fate of the hapless Rukminee who was made to live with other people after her parents’ divorce. Psychological instability and the need for affection and love led her to set up unstable relationship with all sorts of shady characters and she ended up in the underworld of drugs in Grand Bay where she was slain like an animal. By punishing Selvina at the expense of society, we may run the risk of transforming her children as future anti-social elements to be fed off public funds. She had better be given the chance to work and look after her own family.

Gambling in casinos is another seed of discord in quite a number of families. It whets the appetite of gamblers who hope to inflate their bank accounts by a stroke of luck. Unfortunately, this does not happen everyday and addiction to gambling is another major source of worry and dispute in families. Betting on a proliferation of casinos across the country to fill state coffers is questionable.


* Published in print edition on 12 October 2012

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