Nita Chicooree Carnet

Carnet Hebdo 

 

PM’s Visit 

 

— Nita Chicooree 

 

Lors de leur prochaine visite à la Réunion, il faut souhaiter que le PM et sa délégation représenteront leur pays souverain — et fier de l’être — avec panache et dignité. Nul écho du genre ‘la langue française est en nette progression à Maurice’, propos tenu au pied de l’Arc de Triomphe’ l’an dernier. Car le PM et ceux qui l’accompagneront sont héritiers d’une autre culture et ce serait indigne de faire les louanges d’une langue qui n’est pas la nôtre mais qui nous a été imposée au cours de l’histoire coloniale.

 

Compte tenu du voisinage des îles sœurs et de la présence de milliers de Réunionnais qui sont accueillis sans passeport sur le territoire mauricien, on devrait faciliter le passage des Mauriciens à la Réunion en supprimant ces formalités contraignantes de certificat d’hébergement et la somme de 30 euros par personne par jour, somme que de nombreux Mauriciens ne pourraient se permettre, et en tant que ressortissants ex-tiers mondistes, nous avons conservé la tradition de solidarité et d’hospitalité envers nos proches. Prière d’abolir les 30 euros et permettez aux Mauriciens de profiter du patrimoine mondial qu’est la Réunion !

 

 

Il est aussi dommage que la délégation n’inclue pas les représentants du monde sportif. Ils pourraient envisager l’organisation de randonnées pour les jeunes Mauriciens car il est temps que nos jeunes puissent s’adonner à des vacances sportives à la Réunion au moins une fois dans leur vie.

Sans Complexe

En 1997, le magazine Le Point classait la Réunion comme la société la plus violente de l’océan Indien : vols, cambriolages, viols, criminalité intrafamiliale, patricides, fratricides, etc. Bref, une longueur d’avance sur Maurice. Toutefois, depuis, prospérité oblige, les Mauriciens essaient non seulement de rattraper leur retard mais en peu de temps, Maurice semblerait avoir battu les records en matière d’insécurité.

 

Néanmoins, ce n’est qu’après plus de trente ans de développement du secteur touristique que, malheureusement, un touriste est assassiné à Maurice alors qu’à la Réunion, il y a une dizaine d’années, un déséquilibré avait commis le meurtre d’une jeune touriste allemande lors d’une randonnée sur les hauteurs de l’île. Les meurtres dont sont victimes les touristes sont moins médiatisés à Madagascar. Notons qu’il ne s’agit pas ici de minimiser la gravité des faits récents en se comparant aux voisins.

 

Certes, les visiteurs Réunionnais représentent une aubaine pour le pays et il convient de soigner cette clientèle proche et fiable. Mais vu l’arrogance des donneurs de leçons que sont ces Français par procuration surtout dans les médias, on espère que nos dirigeants sauront se faire respecter. Par ailleurs, une des raisons de la stagnation économique de ce modèle politique qui consiste à être un département français concerne le manque de volonté politique pour œuvrer afin d’accroître la prospérité de la collectivité. Là-bas, il s’agit de pouvoir pour le pouvoir, de l’égo et de l’intérêt personnel.
Il suffirait que la France se retire pour que le vernis démocratique vole en éclats et que l’on voit pointer du nez toutes les velléités claniques et dictatoriales.

Au-delà de 2011 


Que Maurice s’améliore en comptant sur sa propre intelligence et en tirant profit de l’expérience des autres pays serait le souhait de chacun de nous. Une société de consommation à outrance avec des grandes surfaces commerciales dans tous les coins comme c’est le cas à la Réunion n’est, certes, pas un modèle à suivre.

 

En revanche, Maurice ne peut se targuer d’accorder l’attention nécessaire à la jeune génération. A la Réunion, l’encadrement des jeunes dans des activités sportives et artistiques dans chaque ville et village a fait chuter le taux de délinquance et de cambriolage en tous genres.

 

Le gouvernement mauricien fait preuve d’une absence de vision pour la jeune génération ; les villages manquent cruellement d’infrastructures sportives et culturelles alors que les casinos se multiplient sans état d’âme. Les recalés de CPE qui atterrissent dans les rouages de la machine capitaliste, que ce soit à l’usine ou dans les hôtels de la côte, s’engagent dans une vie professionnelle sans éducation, sans le sens d’éthique, la conscience professionnelle et une formation adéquate.

 

La classe dirigeante a ses propres lacunes, les grosses sommes des fonds publics qui renflouent les comptes bancaires privés révoltent la population ainsi que l’appétit prédateur des gros bonnets du secteur privé qui se réveillent avec la carte du pays sous les yeux.

 

Le pays rétrécit au profit d’une poignée de capitalistes. Dans une société déjà cloisonnée, d’autres ghettos fleurissent. Il est inutile de jouer au père fouettard lorsque les travers de la société nous sautent à la figure de manière alarmante. L’autocritique n’est constructive que si elle est suivie d’un dynamisme d’action concrète. Ces temps-ci, il est surprenant d’observer cette aisance avec laquelle on fait casquer le Mauricien moyen pour tous les manquements venant d’en haut.

L’honnête homme est exigeant envers soi, l’homme vulgaire est exigeant envers autrui.
— Entretiens de Confucius, chapitre 15


Maurice jouit d’une bonne réputation sur la scène internationale, le pays est bien apprécié en Asie. Mais lorsqu’on parle de dynamisme, d’intégrité, de vision et de discipline, we know what we are talking about.

Nita Chicooree

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