Nita Chicooree

Carnet Hebdo

Sous le Signe du Dragon

— Nita Chicooree

Ceux qui ne font rien comme les autres… Une nouvelle année démarre et ce sont huit jours fériés pour tout le monde. La Noël et le Nouvel An du calendrier occidental sont ignorés allègrement sauf pour le « Jingle Bell » qui crée un semblant d’ambiance festive dans les supermarchés et quelques grandes surfaces, concession du Parti à la modernité.

 

 

 

Assez bizarre, telle est l’appellation « Fête du Printemps » lorsque l’hiver bat son plein et que l’on grelotte de froid dans tous le pays. Donc, voilà tout le monde en vacances forcées, ouf ! enfin, ils arrêtent de travailler, se dit-on. Un peu de répit pour les ouvriers au teint hâlé qui ont quitté leurs lointaines contrées dans les villages, exode rural oblige, pour s’éreinter dans les constructions des immeubles, des ponts, des routes et des villes fantômes ; employés de bureau, fonctionnaires, professions libérales, cadres et patrons, nouveaux riches, tous au repos. Pour aller où ?

Certains aimeraient bien quitter les mégapoles polluées de Shanghai et Beijing où c’est déjà « la galère » en temps normal, à cause de la foule dans les métros, dans les rues, sur les places publiques, dans les magasins ; les villes touristiques sont prises d’assaut, les trains sont bondés, vols intérieurs et extérieurs sont remplis à craquer. Selon les bourses, les plus « friqués » vont en Europe et aux Etats-Unis. Incontestablement, les grands pays continueront d’attirer les visiteurs. D’autres travailleurs et travailleuses au salaire moyen envahissent les pays voisins, Hong-Kong, Malaisie, Vietnam, Cambodge, le Tibet annexé et peut-être aussi le petit frère, l’autre Abruti Suprême, Kim Jong Un, le Grand Successeur de la Corée du Nord.

Enfin, il y a ceux qui préfèrent rester dans leur appartement au 26ème étage, à jouer au mah-jong ou à lire. En passant, la culture n’est pas leur tasse de thé, dit-on. Ce qui intéresse les gens, c’est le fait de gagner plus d’argent. Ils ne sont pas les seuls, remarquez. Une Deuxième Révolution Culturelle s’impose, une vraie, pas celle où paysans et ouvriers ignares de l’Armée Rouge, baïonnette à la main, prenaient un plaisir sadique à forcer à travailler dans les champs et les usines, les bourgeois, les instituteurs, ceux qui ont le front large et portent des lunettes à travailler dans les champs et les usines.

Au fait, quelle est la part de Maurice dans cette manne touristique qui déferle de la Chine pendant la fête du Printemps ?

 

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Pouvoir au Féminin

Le projet de démocratisation, à défaut de pouvoir démocratiser l’économie, jettera son dévolu sur la parité homme-femme au Parlement. Certes, il faudrait une meilleure représentation des femmes dans les instances politiques. Bientôt lors de la Journée Internationale de la Femme, la question reviendra sur le tapis. Les femmes auraient une approche holistique de la gestion des services publics. C’est au programme, il ne reste plus qu’à appâter la gente féminine dans l’hémicycle.

Quand on voit comment les fortes têtes sont traitées dans les corps étatiques et paraétatiques par les bonshommes qui sont maîtres à bord, on est sceptique. Les premiers ingénieurs femmes ont eu du mal à se faire accepter par les mâles en poste dans divers corps publics et autres ; idem dans d’autres professions où on leur a empoisonné la vie jusqu’à ce qu’elles aillent exercer leur talent dans les pays plus évolués ; une femme a appris à ses dépens qu’être pilote à bord de la compagnie nationale, cela ne représente pas une partie de plaisir.

Tôt ou tard, il faudrait le faire quand même, ce partage des responsabilités politiques même si dans notre société postcoloniale, le mâle ne s’est pas vraiment reconstruit, il peine à trouver sa place et à se faire valoir, il est soucieux de reconnaissance sociale et continue à souffrir d’un problème d’ego. Pour preuve, l’orgueil et la susceptibilité dans les contacts au quotidien. Ce travers masculin est assez répandu dans le monde, mais il revêt un caractère particulier dans les sociétés post coloniales. C’est invivable. Dans une conversation normale, ils ont déjà du mal à vous parler d’égal à égal, ils ont l’impression de se rabaisser si toutefois ils se sentent obligés d’accorder un quelconque crédit à vos paroles, on imagine la tournure que peuvent prendre les échanges dans les discussions entre les honorables membres.

Tout le monde est d’accord sur le fait que les parlementaires sont en surnombre. La politique qui consiste à entretenir, avec des deniers publics, des parlementaires assistés a assez duré. Les gouvernants ne peuvent exiger des efforts rigoureux de tout un chacun tout en continuant à payer d’autres à faire tapisserie au Parlement. Il n’est un secret pour personne que les qualifications et les capacités de ces MPs à gérer quoi que ce soit dans l’intérêt du pays laissent à désirer de même pour ce pléthore de conseillers dans les ministères, les SC Grade 3 et autres vauriens comme ambassadeur. Que tous ces assistés dégagent des lieux !

Que les femmes aillent grossir les rangs des assistés dans ces conditions, non ! Aucune illusion sur un meilleur avenir avec plus de femmes au Parlement, non plus. A moins de recueillir des perles rares qui brilleront par leur engagement à servir le pays, qui aient un niveau intellectuel élevé et qui ont l’envergure nécessaire pour assumer des responsabilités que leur confient les électeurs. Sinon, rajouter des nulles aux nuls, non !

Il est fort à parier aussi que ce sera la porte ouverte à faire entrer les proches, cousines, belles-sœurs, amies et d’autres parasites dynastiques et les installer autour du trône des princes et le paillasson des valets du jour pour régner sur les affaires du pays avec la même soif du pouvoir et le même cynisme de servir des intérêts individuels et claniques.

Le pouvoir leur monte à la tête aussi, et, elles peuvent se révéler de véritables dragons dans leur autoritarisme et le désir de domination. On en connaît, de ces femmes-là, dans le public comme dans le privé. Elles sont redoutables, insensibles et intolérantes. Dominatrices, en somme.

A elles et à leurs comparses masculins de se rendre crédibles aux yeux du public. Et aux électeurs de savoir qui sont ceux qu’ils envoient pour les représenter au Parlement.

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