« L’intérêt du pays compte plus que l’ego hypertrophié des notables

Interview : Eric Ng Ping Cheun, économiste et directeur de PluriConseil

Pour être performante, Mauritius Inc. doit être une belle équipe où chacun reste à sa place…»

* ‘La crise sanitaire était une rare occasion pour les Mauriciens de se retrousser les manches… Il n’en a été rien : nous nous en sommes remis à l’État nounou’

* ‘La population sait-elle, ou veut-elle, faire preuve de discernement ? Personne ne se pose la question de savoir si une pension de vieillesse de Rs 13,500… sera financièrement soutenable’

* ‘Machiavel disait: « Never waste the opportunity offered by a good crisis ». Le gouvernement s’est contenté de donner des aides publiques par-ci par-là ‘


La guerre en Ukraine a déstabilisé l’économie mondiale qui peine à se relever suite à la pandémie de la Covid-19, avec un virus super mutant et omniprésent qui refait surface au moment où chacun pense pouvoir enfin respirer. Les prix augmentent avec une crainte de retombées graves pour certains pays. Partout les citoyens commencent à réfléchir car il s’agit avant tout d’avoir suffisamment de ressources pour vivre décemment et s’occuper correctement des siens. La République de Maurice est particulièrement fragile étant une île insulaire, dépendant des pays étrangers pour la plupart de ses besoins, d’une part, et sans aucun contrôle depuis des années sur le gaspillage des fonds publics, d’autre part. Eric Ng Ping Cheun, économiste et directeur de PluriConseil, explique cette situation nouvelle et les difficultés qui en découlent pour nous. 


Mauritius Times : Après deux ans de pandémie, nous voilà confrontés à une nouvelle crise: la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Les conséquences économiques de cette guerre – regain d’inflation, secteurs économiques déstabilisés – inquiètent petites et grandes économies. Les choses se présentent mal pour l’économie mauricienne également, selon vous ?

Eric Ng : Évidemment. Les choses se présentent mal pour toutes les économies dans le monde. Cela ne peut pas être autrement. Il faut être intellectuellement malhonnête pour faire croire que l’économie mauricienne sera à l’abri des conséquences économiques de la guerre en Ukraine, notamment de l’augmentation brutale des prix du pétrole, du gaz et des aliments. Nous sommes aussi menacés par des pénuries alimentaires, sachant que l’Ukraine et la Russie sont de gros exportateurs de l’huile de tournesol et des céréales, entre autres. Le conflit russo-ukrainien met en danger la sécurité alimentaire mondiale.

Je comprends parfaitement la souffrance des ménages durement affectés par la hausse des prix, mais dire, comme cet auditeur de radio, que « ce n’est pas normal », c’est être dans le déni de la réalité économique de la guerre. Certes, nous ne pouvons pas tout mettre sur le dos de la guerre, mais nous ne sommes actuellement pas dans une situation normale.

Cette guerre arrive au mauvais moment alors que Maurice n’est pas encore totalement sortie de la crise sanitaire. La pandémie de Covid-19 avait mis son économie à genoux, causant une sévère contraction économique de près de 15% en 2020. L’économie mauricienne s’est quelque peu relevée en 2021 avec une croissance de 4,8%. Avec l’ouverture totale des frontières, l’absence d’un nouveau confinement national et la sortie du pays de la liste noire de l’Union européenne, on peut espérer une accélération de la croissance cette année, malgré le variant Omicron qui est venu gêner la reprise dans le secteur du tourisme. Cependant, la guerre bouleverse la donne.

Le gouvernement mise sur un million de touristes en 2022 pour décrocher une croissance économique de 7 à 8%. Toutefois,les conditions me paraissent peu propices. Avant l’éclatement de la guerre, nous avons accueilli à peine 93,000 touristes durant les deux premiers mois de l’année. Or, il nous faudra attirer 91,000 par mois pendant le reste de l’année pour arriver au nombre annuel visé.

L’Europe, qui est notre principal marché émetteur de touristes, doit faire face à l’inflation qui fait baisser le pouvoir d’achat de ses citoyens. Il fautajouterà cela la hausse du prix des billets d’avion.Il est évident que les Européens soientmoins disposés à faire de longs voyages. Même en admettant que le désir et la capacité de voyager restent intacts, il faut avoir suffisamment de sièges disponibles dans les avions pour transporter un million de touristes au cours de l’année.

Je pense que la destination mauricienne doit viser la qualité plutôt que la quantité. Les dépenses par touriste au dernier trimestre de 2021 étaient de 40% supérieures à celles de 2019 en termes réels. Le pays va malheureusement perdre les Russes et les Ukrainiens, qui sont de gros dépensiers. Ils étaient 3,786 à visiter Maurice ces deux derniers mois, soit 4,8% de l’ensemble des visiteurs.

Nous aurons définitivement plus de touristes cette année que le nombre combiné de 2020 et 2021, ce qui représentera une croissance indéniable de l’industrie touristique. D’autres grands secteurs comme la manufacture, la construction, les technologies de l’information et de la communication, et les services financiers et professionnels vont continuer à croître. Les entreprises orientées vers l’exportation, elles, seront pénalisées par un fléchissement de l’économie européenne dû aux effets de la guerre. Tout compte fait, je crois réalisable une croissance du PIB de 5 à 6% en 2022.

* Au vu de l’incertitude sur la durée de ce conflit, le gouvernement sera confronté à un double défi : chercher des solutions pour atténuer ses conséquences tant économiques que sociales. Le coût financier de la pandémie a fragilisé les finances publiques. Voyez-vous le gouvernement disposant des moyens pour affronter une nouvelle crise?

Les moyens financiers d’un gouvernement ne sont jamais limités. Il peut augmenter les impôts ou créer de la monnaie à volonté. Bien sûr, de tels recours comportent des coûts politiques et économiques. Mais la population sait-elle, ou veut-elle, faire preuve de discernement ? Par exemple, personne ne se pose la question de savoir si une pension de vieillesse de Rs 13,500 sur une base universelle sera financièrement soutenable pour l’économie. Qui aura le courage politique de mettre un frein à la fuite en avant dans l’inflation monétaire ?

En raison de la pandémie de Covid-19, le gouvernement a obtenu gratuitement Rs 60 milliards de la Banque de Maurice. Je ne pense pas qu’il refera la même chose en prenant appui sur le conflit russo-ukrainien. Néanmoins, rien ne l’empêchera de puiser encore une dizaine de milliards de roupies du Special Reserve Fund (SRF) de la Banque centrale.

Avec un taux de change roupie-dollar qui se dirige vers les Rs 45 d’ici au 30 juin prochain, date de la fermeture de compte, le SRF engrangera quelque Rs 15 milliards de gains de change. Je n’ai pas l’impression que nos autorités fiscales et monétaires prêtent une oreille attentive aux recommandations du Fonds monétaire international, qui s’est élevé contre toute monétisation du déficit budgétaire.

Permettez-moi de citer une récente déclaration du ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno le Maire, qui a comparé la crise énergétique actuelle au choc pétrolier de 1973. Pour lui, un deuxième plan massif d’aides – calqué sur le modèle de celui déployé face à la crise du Covid- « ne ferait qu’alimenter l’augmentation des prix » et « reviendrait à jeter de l’essence sur un incendie ».

Reste notre politique de taxation. Un alourdissement de la fiscalité risque toutefois de pénaliser la consommation et l’investissement privés. La demande intérieure est déjà assez malmenée par la hausse des prix. S’il convient d’éviter d’augmenter les impôts de production, en revanche on peut considérer l’introduction d’un impôt sur la fortune ou d’une taxe sur les transactions financières. On peut aussi développer une fiscalité écologique. En tout cas, notre système fiscal reste encore très traditionnel, il doit évoluer.

* L’Opposition, celle de L’Entente de l’Espoir, a réclamé, samedi dernier, un réajustement de Rs 2,000 de la pension de vieillesse, en vue de compenser les pauvres et les personnes âgées en raison des conséquences de la « politique ultra-capitaliste » du ministre des Finances, qui favoriserait la dépréciation de la roupie, avec pour conséquence une inflation galopante. L’opposition travailliste, elle, a mis en garde le gouvernement de ne pas toucher à l’État providence, en particulier l’éducation, la santé et la pension universelle. Vos commentaires ?

On oublie facilement que la pension de vieillesse a augmenté de Rs 2,800 d’un seul coup, passant de Rs 6,200 à Rs 9,000 en décembre 2019. C’est une hausse de 45% alors que le taux d’inflation en 2019 était de… 0,5% ! Et ces trois dernières années (2019 à 2021), l’inflation cumulative était, selon Statistics Mauritius, de 7%, bien loin de 45%…

Si l’on augmentait la pension à Rs 11,000, elle dépasserait le salaire minimum national qui est fixé à Rs10,575. Il ne serait pas logique que ceux qui travaillent gagnent moins que ceux qui ne travaillent pas à moins qu’on relève aussi le salaire minimum, à Rs 15,000 selon ce que propose l’Opposition. Mais alors, dans le contexte très difficile imposé par la guerre, beaucoup de petites et moyennes entreprises licencieront ou déposeront le bilan, et le chômage s’accroîtra.

Lorsque le salaire minimum était à peine supérieur à la pension, la Banque mondiale avait critiqué le gouvernement pour cela. Aujourd’hui, l’écart s’est creusé avec la pension représentant 85% du salaire minimum, mais la proportion est toujours élevée. A la longue, on aura des conflits intergénérationnels.

Concernant l’État-providence en général, je n’ai rien entendu d’officiel ; donc je me garderai de faire des commentaires. Tout ce que je peux dire, c’est que rien n’est acquis dans ce monde où la seule constante est le changement. Et rien n’est gratuit, tout se paie.

* Effectivement, la question qui reste posée, c’est de savoir si l’économie mauricienne disposera des ressources nécessaires ouse donnera les moyens pour être à même de financer ces mesures sociales dans les années à venir – cela dans le sillage des crises mondiales qui nous frappent de plein fouet. Qu’en pensez-vous ?

La santé, l’éducation et la protection sociale constituent la moitié du budget de l’État, soit Rs 80 milliards. Il est évident que, contrairement à ce que prétendent des animateurs de radio, ni les recettes de la TVA ni les impôts directs ne suffisent à financer l’État-providence. Le gouvernement dépense beaucoup plus que ses revenus, si bien que le déficit budgétaire augmente allègrement, dépassant les 5% du PIB.

Il est essentiel de revenir à des principes fondamentaux que nous avons fini par oublier, tellement nous nous sommes habitués à des hausses continues des dépenses sociales.

Premier principe : produire avant de distribuer. Sans production, il n’y a rien à distribuer pour les actionnaires, les salariés et le gouvernement. Si l’on pouvait distribuer et consommer avant de produire, la pauvreté aurait disparu dans le monde.

Deuxième principe : dépenser selon ses revenus. Nul ne peut continuellement vivre au-dessus de ses moyens. Comme le dit l’adage, qui ne s’endette pas s’enrichit, et qui s’endette s’appauvrit.

Troisième principe : la monnaie n’est pas la richesse. On produit des biens et des services, on ne produit pas de la monnaie, mais on la crée à partir de rien. La création monétaire, c’est ce qui entraîne l’inflation, trop de monnaie chassant après trop peu de biens. Cela fait certes grimper les recettes monétaires du gouvernement, mais au prix d’une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie.

Bref, c’est la croissance du volume des produits, une croissance réelle, et non monétaire, qui génère plus de ressources pour le pays, incluant le gouvernement qui peut ainsi financer ses mesures sociales.

*Le ministère des Finances a mis sur pied une Ukraine Crisis Cell qui aura pour attribution de formuler des stratégies et des actions précises en vue d’atténuer les impacts du conflit à court terme et de renforcer la résilience de notre économie contre de tels chocs à long terme. Votre avis ?

La crise ukrainienne est un choc exogène, donc hors de contrôle du gouvernement. Je comprends qu’un gouvernement doit montrer à la population qu’il est en train d’agir, de faire quelque chose, mais il ne devrait pas donner l’impression qu’il a le pouvoir de maîtriser le cours des événements car cela risque de créer une crisis of expectations au sein de la population, ce qui ne ferait qu’acculer le gouvernement à prendre des décisions populistes, pour ne pas dire irréfléchies.

Dans cette optique, il est toujours bon d’avoir une cellule de crise qui permet une réflexion posée et approfondie sur ce qui peut être fait et ce qui ne doit pas être fait pour répondre aux conséquences économiques de la guerre. Sur le court terme, il convient de protéger les groupes vulnérables du renchérissement des biens alimentaires. Il existe déjà un contrôle des prix sur certaines denrées de base : l’étendre à d’autres produits ne résoudra pas le problème, mais favorisera des pénuries.

Le gouvernement a consacré Rs 500 millions à la subvention des prix de quelques produits, et il pourra être tenté de le doubler. Le problème est qu’une telle mesure ne stimule pas la concurrence. Il convient de donner cet argent à une catégorie de consommateurs plutôt qu’aux commerçants, et de laisser ces derniers se concurrencer pour attirer les clients.

Cet argent sera plus utile sous la forme d’une aide directe au revenu pour les gens au bas de l’échelle. Ne venez pas me dire qu’on ne peut pas les cibler. Nous avons aujourd’hui un registre social. Et puis, le ciblage existe déjà pour des bénéficiaires de la sécurité sociale. C’est le cas de la Social Aidqui est « an income-testedscheme », et elle concerne15,537 familles pour un montant annuel de Rs 504 millions en 2020-2021. Deux autres exemples sont les Food Aid Schemeet Income Support Scheme, pour lesquels Rs 251 millions ont été accordés à 65,710 personnes en 2020-2021.

A long terme, il faudra, d’une part, encourager le retour à la terre pour contribuer à la sécurité alimentaire et, d’autre part, favoriser la production et la consommation d’énergies renouvelables. Le secteur privé a soumis pas mal de propositions à ce sujet. Il a simplement besoin du soutien du secteur public pour les concrétiser le plus vite possible.

* Précisément, en parallèle, dans le cadre des préparatifs pré-budgétaires, au-delà des mesures qui reviennent chaque année, telle l’élimination du gaspillage et des costoverruns des projets, les Finances vont se focaliser sur deux axes prioritaires: assurer des économies sur le plan énergétique et accélérer la mise à exécution de l’import substitution. Est-ce suffisant, à votre avis?

Travailler à assurer la sécurité énergétique et la souveraineté alimentaire, c’est déjà beaucoup, et ce sont des efforts louables. Je crois sincèrement dans le potentiel du pays à augmenter la part du renouvelable dans la production d’électricité. Le ministre des Finances a fixé la barre très haut, soit 60% d’ici2030. L’échéance n’est pas loin :il faudra donc aller très vite pour la respecter. C’est une ambition qui est réalisable dans une petite île ensoleillée toute l’année et entourée del’océan avec le vent.

En attendant, il faut donner plus d’incitations fiscales à l’achat de voitures tout électriques. Pourquoi ne pas bannir les voitures à carburant au bout d’une période de transition ? Alors qu’une voiture tout électrique peut avoir une capacité de 400 kilomètres, nous roulons moins de 100 kilomètres par jour ouvrable entre notre domicile et notre bureau. Enfin, il convient d’encourager la production d’énergie à domicile, les chauffe-eau solaires et les ampoules alimentées par l’énergie solaire.

Sur la substitution à l’importation, je suis plus nuancé. Si c’est une autre manière de dire qu’il faut promouvoir la production locale, je le veux bien. Mais s’il s’agit de taxer les importations pour faire de la discrimination en faveur des produits locaux, c’est une stratégie archaïque qui rappelle les années 1970 et qui pénalisera les consommateurs. D’ailleurs, depuis le début de la guerre en Ukraine, on a entendu de nombreux appels à la libéralisation des importations afin de contrer les augmentations dites abusives des prix. En effet, la concurrence est à même de générer des justes prix, des prix de marché, à l’opposé des prix de monopole.

* Les économistes disaient qu’il faudrait peut-être encore une année avant que le pire de la crise économique mondiale soit derrière nous dans le sillage de la pandémie. Une nouvelle crise est peut-être l’occasion de remettre à zéro les fondements de notre vie sociale et économique. Qu’en pensez-vous?

Pourquoi attendre une nouvelle crise pour se remettre en question ? La crise sanitaire était une rare occasion pour les Mauriciens de se retrousser les manches en étant plus responsables individuellement et moins dépendants du gouvernement. Il n’en a été rien : nous nous en sommes remis à l’État nounou, avec pour conséquences deux confinements nationaux et 18 mois de fermeture des frontières qui ont coûté Rs 100 milliards au pays.

Machiavel disait: « Never waste the opportunity offered by a good crisis ».Le gouvernement aurait pu s’appuyer sur la pandémie pour justifier des réformes structurelles dans les services publics, les procédures administratives, la gouvernance des corps paraétatiques, les marchés publics, le régime public des retraites, les mécanismes des prix et des salaires. Mais il s’est contenté de donner des aides publiques par-ci par-là afin de soutenir la consommation et des entreprises défaillantes, au prix d’un lourd endettement public.

Les grands groupes économiques s’en sont réjouis, n’ayant pas eu à ouvrir leur actionnariat, mais ils se sont endettés auprès de l’État via la Mauritius Investment Corporation (MIC). Ils ont donc converti leurs dettes bancaires en dettes MIC. Ainsi sauvée par l’État, la plus grande banque commerciale du pays a continué de réaliser plusieurs milliards de roupies de bénéfices et de distribuer des dividendes. Dans ce triumvirat État-banques-secteur privé, les risques ne sont pas partagés, mais reposent entièrement sur les épaules du gouvernement. Tel est le fondement de notre vie économique.

La nouvelle crise née de la guerre en Ukraine va entraîner encore plus d’intervention étatique dans l’économie, plus de dirigisme économique, au nom d’une crainte démesurée de licenciements massifs. Or, c’est ainsi que notre économie devient moins résiliente sans les béquilles de l’État, et que notre secteur bancaire est gangrené par l’irresponsabilité et l’aléa moral, sachant qu’il sera toujours soutenu par la Banque centrale à n’importe quel prix pour le contribuable. Là réside le vrai danger systémique pour notre économie.

* Le débat était, durant un certain temps dans un passé récent, centré sur la capacité du pays à évoluer vers une plateforme plus performante, et à enlever les blocages dans les structures institutionnelles et les orientations politiques nationales, qui entravaient le développement et le progrès du pays. Sommes-nous aujourd’hui confrontés à une logique différente en raison des facteurs hors de notre contrôle?

Bien au contraire, face à des facteurs hors de notre contrôle, nos institutions doivent faire preuve de flexibilité, d’agilité et de pragmatisme dans leur approche, au lieu de patauger dans la logique délétère de « eux » et « nous », qui ne saurait sous-tendre les orientations politiques nationales.

Pour être performante, Mauritius Inc. doit être une belle équipe où chacun reste à sa place en jouant efficacement son rôle. La compétence doit primer sur la proximité avec le pouvoir politique. Nous n’avancerons pas si l’on piétine la plate-bande de l’autre, ou si l’on fait du blocage par inaction. L’intérêt du pays compte plus que l’ego hypertrophié des notables.


* Published ePaper on 18 March 2022

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