Letters

Parlons d’autre chose…!

— I.A.R.

Laissons les hommes politiques à leur politicaille de basse-cour. Définitivement, ils, surtout les chefs de file des trois principaux partis politiques, prennent la population du pays pour moins que rien. On peut la doubler et lui dire n’importe quoi. Cet électorat bon enfant, comme le chaton, va tout accepter en ronronnant. Mais jusqu’à quand?

Parlons d’autre chose. Chose qui concerne également le pays tout entier. Mais, malheureusement, une infime minorité s’y intéresse. C’est normal car c’est une chose qui ne fait ni honneur ni fierté à la nation mauricienne.

Nommons le sport… le sport en général.

Depuis très longtemps, on sait que le football mauricien est déjà mort. Inhumé. Fini les espoirs de voir triompher le quadricolore mauricien à n’importe quelle compétition régionale ou internationale. Pis. Même pas au niveau des Jeux des Iles de l’océan Indien. On connaît très bien la performance médiocre, voire humiliante de la sélection mauricienne du football au récent JIOI à Mahe. Passons afin de ne pas être taxé de défaitiste.

Allons sur un autre plan. Les JO 2012 du mois dernier en Grande Bretagne. L’Ile Maurice, après de gros sacrifices financiers, y représentait sa famille de sportifs. Résultat final: fiasco. Aucune médaille. Peut-être, une médaille… de comportement. Surtout des officiels accompagnant les athlètes. Des confrontations directes entre ces officiels qui n’ont absolument pas fait honneur au pays. Ils méritent des sanctions… sévères. Mais quelle instance appliquera ces sanctions ?

Une fois rentré au pays, le COM a fait son bilan. Comme on s’y attendait, un bilan complètement négatif. Presque blâmant l’Etat de n’avoir pas fait assez pour préparer les athlètes. Laissons ces messieurs olympiens à leurs rêves, car l’homme a le droit de rêver.

Le ministre des Sports, Devanand Rittoo, a vu juste. Il a réuni tous ceux concernés par ces Jeux Olympiques afin de les entendre et de faire un bilan. C’était le mercredi 22 août dernier. Une assistance bon enfant où il n’y a pas eu de dérapage de langage ou de comportement. Mais certains officiels ont dit ce qu’il fallait bien dire, et cela à haute voix, sans froisser qui que ce soit.

Vivian Gangaram, un vétéran du sport mauricien, l’âme même de l’athlétisme national a trouvé les mots justes. S’il n’y a pas de minima chez un athlète, inutile pour lui de participer aux Jeux car il n’arrivera jamais en finale. Il cite comme exemple nos étoiles sportives Stephan Buckland et Eric Milazar qui, tous les deux, ont réussi des finales olympiques pour la bonne et simple raison qu’ils étaient parmi les Top 10 et Top 16 du classement mondial de l’IFAAF. Tout était dit.

Evidemment, à cette réunion, on a parlé de la boxe, car c’était l’unique épreuve où on espérait obtenir une médaille. Tout comme à Beijing où Bruno Julie avait remporté une médaille…en or, s.vp. Quatre ans après, au niveau des mêmes Jeux mais à Londres, c’est tout simplement la catastrophe. Les officiels ont parlé de manque de préparation des boxeurs, ou d’une préparation « trop à la légère », et du non-accompagnement des boxeurs d’un psychologue, etc. Après le coup, toute déclaration est permise, même la plus sordide, n’et-ce pas ?

Laissons parler le DTN de la natation. Philippe Pascal n’est pas passé par quatre chemins pour dire que l’avenir de la natation mauricienne n’est guère brillant. Pour réussir, dira-t-il, il faut des heures et des heures de travail et d’entraînement. Plus grave encore quand le DTN dira que chez nous, à l’île Maurice, on nage un peu sans objectif, car même en Afrique notre niveau est loin d’être parmi les meilleurs. Un pavé dans la mare de…!

D’autres officiels ont essayé de défendre leur camp. Mais, en sport, c’est le résultat qui compte. Tout comme en football, c’est l’équipe qui marque des buts qui l’emporte. Même si l’adversaire a dominé largement le vainqueur. Comprenne qui pourra.

Rendons hommage au ministre Rittoo. Il n’a pas osé flatter tel ou tel sportif. Mais il a réclamé à ce que tout le monde fasse le maximum pour améliorer les performances et tirer les leçons de nos échecs. Certes, il regrette vivement l’échec du boxeur Colin dans sa démarche de remporter une médaille. Mais après tout, dira le ministre, l’idée des JO, c’est d’y participer. L’Ile Maurice y a participé. Elle n’a pas à rougir des résultats.

Le tout maintenant, dira le ministre, c’est de se préparer pour les JO de Rio en 2016. Mais, avant cela, il y a les JIOI 2015 à l’Ile de la Réunion. Du pain sur la planche pour cette grande famille du sport mauricien.

Nul ne peut nier ce que coûte une participation à des jeux internationaux ou régionaux. L’Etat a dépensé gros, très gros même ; le COM — à travers la Solidarité Olympique – y a apporté des contributions financières substantielles, le secteur privé a été sollicité par le Club Maurice de Giandev Mooteea pour y verser des contributions. Tout cela a eu lieu avec une générosité grandiose sans recherche de comptes et de décomptes. Ainsi, c’était le devoir sacré des officiels des différentes disciplines de vérifier que les choses fonctionnent dans une atmosphère cordiale et sportive. Malheureusement, tel n’a pas été le cas.

Finalement on note avec regret que la performance sportive laisse à désirer. Tout simplement parce que tout un chacun se laisse dominer par son EGO. Tout s’écroule alors. Comme un chapiteau en papier. Dommage.

Comprendront-ils? Gardons espoir.

I.A.R.

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Le bonheur et l’argent

Faire de sa possession le but principal de sa vie est un crime. Mais en faire l’instrument de l’amélioration de sa condition de vie comme de celle des siens et éventuellement de celle des autres est un but noble

— Joseph J.A. Varondin

L’argent et la morale n’ont jamais fait bon ménage chez les quatre-vingt-dix pour cent de la masse humaine qui ne possède pas de richesses matérielles en abondance. Dans cette immensité qui louvoie entre le « cela pourrait être mieux », le « toujours pas assez » et «l’insuffisance permanente », on porte un regard hostile en direction de cet argent dont on ne dispose jamais suffisamment et dont, en secret, on rêve en permanence d’en posséder à profusion.

La famille, l’école, la société et la religion, toutes concourent à le ternir, à le tenir suspect de perversions et à l’entacher de vices. La sentence est pérenne sinon infaillible « l’argent ne fait pas le bonheur ». Et pourtant ! Si Rousseau le condamne, Tournier en fait indirectement l’éloge. Nous n’allons pas être de reste et nous rejoindrons raisonnablement le camp de ce dernier. L’argent est aussi nécessaire à la vie que la santé et l’honnêteté. C’est pour cela que nous trimons huit heures par jour, six jours sur sept entre dix-huit et soixante-cinq ans au minimum.

Mademoiselle Vanderbildt, fille du magnat de la bureautique d’autrefois et fabricant de la célèbre machine à écrire « Underwood », avait, un jour, fini par déclarer à sa gouvernante (à qui elle venait de vider son cœur d’un gros chagrin d’amour et qui tentait de la consoler au cours d’une promenade en voiture) : « Mieux vaut être malheureuse en Cadillac qu’heureuse à bicyclette ».

Combien il faut l’approuver ! La bicyclette de nos jours ne nous mène pas loin même si nous ne cessons de nous user sur les pédales. Tandis que la luxueuse limousine de Mademoiselle Vanderbilt va – tôt ou tard – lui offrir une autre occasion d’être heureuse, la bicyclette prolétarienne, elle, n’empêchera pas le lent naufrage du bonheur prolétaire chaque jour écorné par le harcèlement de la médiocrité pécuniaire. On le sait, l’amour sans argent ne s’épanouit pas. Il s’étiole, puis meurt remplacé par la résignation acariâtre. La pauvreté ne fait jamais le bonheur : elle est source de misères. C’est pure hypocrisie que d’affirmer le contraire.

Madame Daum, propriétaire majoritaire de la célèbre cristallerie d’art éponyme, était impotente et dépendante à cent pour cent. Cela signifie qu’elle était incapable de gérer ses activités quotidiennes seule comme s’occuper des soins corporels car elle n’avait plus l’usage de ses membres inférieurs. En effet, seules les mains de Madame Daum avaient encore une certaine capacité de préhension. Elle ne se déplaçait qu’en fauteuil roulant ou dans les bras d’un porteur.

Fort heureusement, elle n’était pas atteinte de l’abominable maladie d’Alzheimer. Nonagénaire avancée, elle vivait dans sa superbe résidence lorraine et non en institution médicalisée car, paradoxe de la nature, elle ne souffrait d’aucune autre pathologie que son impotence. Comment cette dame a-t-elle pu, non pas survivre, mais vivre sans maudire son sort en permanence ? Madame Daum disposait d’au moins cinq personnes des deux sexes réservées à son seul service et chacune était compétente dans un domaine particulier, sans compter les médecins de haut niveau dont elle bénéficiait, en permanence ou à la demande, des soins attentifs et pointus.

Madame Daum pouvait ainsi profiter de tout ce que la science, la technique et la médecine spécialisées pouvaient mettre au service d’une personne dans sa situation. Elle le pouvait au niveau maximal parce qu’elle était puissamment riche. Si elle avait été une simple allocataire d’un quelconque service social, elle n’aurait même pas eu le temps d’être hospitalisée dans ce qui serait l’équivalent d’un Hospice Populaire sans nom, dans une maison de retraite polyvalente située dans un bas quartier de l’île qui tiendrait autant de l’hospice d’antan que de l’asile pour indigents. Madame Daum serait morte très vite.

Il faut préciser qu’elle est décédée sans avoir hurlé à la mort ni gémi en permanence ni maudit sa misérable condition physique. Sa fortune lui a permis de bénéficier de toutes les aménités que la médecine moderne pouvait apporter à une personne grabataire et ainsi de passer de vie à trépas sans avoir à découvrir les souffrances d’une agonie non assistée cliniquement. Et nous ajoutons, après tant de sociologues honnêtes, que si elle n’avait pas disposé d’une immense fortune, elle n’aurait certainement pas vécu aussi longtemps et aussi sereinement.

Alors qu’on cesse de nous rabâcher ceci : Mieux vaut la santé que la fortune ! C’est une formule consolatrice de pauvres moralistes qui ne rêvent que d’argent mais qui n’en auront jamais. Nous disons ceci : Mieux vaut l’argent et la santé réunis que l’un sans l’autre. Pourquoi veut-on qu’un riche soit obligatoirement malade et un pauvre toujours en bonne santé ? N’est-ce pas une manière de dire à ceux qui n’en disposent pas de ne pas tenter de prendre notre argent soit en mendiant ou en utilisant la force criminelle ?

On raconte que l’ami d’un célèbre quincailler de La Réunion, qui ne fait pas confiance à la morale classique, lui aurait proposé d’installer une table devant son magasin et de distribuer à la criée des billets de cinq francs aux passants après que ce richissime négociant lui avait déclaré sur un ton magistral que l’argent ne faisait pas le bonheur. En réponse, le même quincaillier aurait répondu sur un ton tout aussi magistral : « Je vais être maudit si je proclamais un tel mensonge sur la voie publique ! ». Après cette déclaration magistrale, il se serait rendu à un lieu de culte du voisinage afin de remercier le Tout-Puissant de l’avoir gratifié de son immense fortune. Sans commentaire ni conclusion.

Nous n’avons pas besoin de citer d’autres exemples pour démontrer la puissance de l’argent dans la construction de la qualité de la vie, qualité qui fait de nous des êtres d’autant plus heureux quand elle est excellente. Nous n’irons pas jusqu’à dire, comme le personnage de Tournier, que l’argent est une institution divine quand d’autres la qualifieraient de diabolique. Les choses sont beaucoup plus profanes. L’argent est simplement un bon outil quand on en dispose et une calamité quand on en est dépourvu. Ni divin ni diabolique mais diablement utile ou divinement agréable à en disposer. La possession de richesses n’est que le fruit du hasard de la naissance ou de la chance dans la vie — nous ne croyons pas à l’enrichissement exponentiel par le seul travail honnête assidu qui ne fait, en réalité, qu’assurer notre subsistance ordinaire – et les bénéfices qu’on en retire ne dépendent que de la capacité qu’on déploie afin de le maîtriser et de le gérer.

Il n’est pas vital d’être immensément riche. Il n’est même pas nécessaire d’être simplement riche. Mais il est capital de disposer d’autant d’argent que l’on veut, quand on veut et quand il le faut. En disposer autant qu’on en a besoin, c’est le but de chacun et le rêve de tout le monde. C’est pour cela que nous acceptons de nous lever tôt chaque jour pour aller suer au travail afin de gagner notre fameux farata quotidien au minimum et le pantalon Ferrugano en bonus. Et ceci dure pendant quarante-deux des plus solides années de notre vie…

Malheureusement pour quatre-vingt-quinze pour cent de l’humanité, le travail non seulement n’enrichit pas mais permet tout juste de ne pas se noyer dans un océan d’envies contenues et de coups de cœur impossibles à satisfaire, sinon de ne pas souffrir mille privations et maladies ! Et nous ne comptons pas les milliards de personnes qui sont censés vivre avec moins d’un euro qu’ils ne verront jamais ! Avec un euro par jour on ne vit pas. On meurt lentement dès le jour de sa naissance d’une vie qui n’est qu’une longue agonie et dont la mort bienvenue nous libère. C’est également pour cela que des milliards de personnes, à Maurice et tout autour de la planète, tentent leur chance aux jeux du hasard qu’offrent les mille et une formes de loteries. C’est un leurre avec une chance sur cent millions de décrocher le jackpot et sept milliards de chances de mourir pauvre. L’argent ne fait pas le bonheur mais sans lui pas de bonheur. Cercle vertueux et vicieux à la fois.

Nous ne ferons pas un éloge dithyrambique de l’argent ni n’en ferons-nous un dieu. Faire de sa possession le but principal de sa vie est un crime. Mais en faire l’instrument de l’amélioration de sa condition de vie comme de celle des siens et éventuellement de celle des autres est un but noble. Il faut être honnête et reconnaître que l’on compte des milliards et des milliards de fois plus de gens malheureux sans argent que de gens malheureux avec de l’argent. Et l’on n’a pas besoin d’aller s’incommoder dans les bidonvilles et les bas quartiers du monde entier pour faire un tel constat.

Comme nous le disait un vieux monsieur de ma connaissance : « L’argent c’est l’œuf sans lequel tu ne mangeras jamais d’omelette ». C’est exactement ce que Voltaire avait à l’esprit en déclarant : « Point d’argent, point de suisse ». A notre tour de conclure en rétorquant sans hésiter à tous ses contempteurs hypocrites : « l’argent ne fait pas le bonheur… de celui qui n’en a pas ! » Il faut avoir l’honnêteté de ne pas oublier la seconde partie de l’adage quand on le cite. Si heureusement tous les hommes ne sont pas dinarophiles, ils sont tous par obligation vitale dinarotropes ou argentipètes ! Mais personne n’est obligé de partager notre philosophie dans ce domaine.

Joseph J.A. Varondin

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Who cares for cane planters?

We, sugar planters of the Trianon and Bagatelle regions, would like to draw the attention of the relevant authorities regarding the tremendous difficulties we are presently facing to convey our sugar cane to either Mon Desert Alma or Highlands factories. Most roads have been blocked either by the Road Development Authority (RDA) or for the Bagatelle Dam Project.

Everybody understands that the Dam and the Trianon roads are important. But does this mean that all plantations there should be abandoned? If not, why have access to the factories been blocked at so many places? Planters are already suffering from high costs of labour, transport, pesticides/herbicides, fertilizers, etc., and from an acute lack of manpower. Nobody seems to care about the daily miseries of planters. Nobody has traced out any access for us to reach Mon Desert Alma and Highlands. Is this mismanagement or what?

We are now urgently proposing to the government the following:

To immediately provide suitable road access to the two factories. Planters have to be provided with hard copies of roads plans from Trianon to both Mon Desert Alma and Highlands factories.

Failing which government will have to compensate planters of this region for any loss that is likely to be incurred due to this unacceptable situation.

Isn’t it unbelievable that instead of helping planters, more difficulties are being created for them!.

Planters of Trianon and Bagatelle

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A propos de l’interview de M Vayid

Je me réfère à l’entretien que M. Mohamad Vayid a accordé à votre hebdomadaire, paru le vendredi 10 août 2012 où il fait les allégations suivantes (i) l’accaparement des institutions de l’Etat par une caste particulière et un groupe sectaire ; (ii) la justification des gens qui avaient exprimé des craintes par rapport à l’Indépendance.

C’est très étonnant de voir un professionnel et observateur politique du calibre de M. Vayid débiter de telles faussetés. L’Exécutif et le Législatif ne sont pas accaparés par une caste particulière et encore moins par la communauté majoritaire. Les faits suivants parlent d’eux-mêmes : Le VPM est non-hindou, le vice-Président est non-Hindou , le Leader de l’Opposition est non-Hindou, le Speaker est non-Hindou, le ministre des Finances est non-Hindou, l’Ombudsman est non-Hindou, le Président de l’EOC est non-Hindou. Comment M. Vayid ose-t-il parler de l’accaparement des institutions de l’Etat par la communauté majoritaire et pointer du doigt cette communauté ?

Par ailleurs M. Vayid tend à suivre les réflexes du réactionnaire NMU lorsqu’il justifie la crainte de l’Indépendance des non-Hindous et leur exode en Australie.

M. Vayid gagnerait à être juste et équitable dans ses propos.

Raj Bandhan
Curepipe

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