“Les prochaines élections se joueront directement ou indirectement sur l’évolution de la situation économique et sociale d’ici là”

Interview : Dr AvinaashMunohur, Politologue

* ‘Le changement est en marche à l’intérieur du MMM. Et, ce changement ne renie pas les valeurs historiques du militantisme, loin de là’

* ‘Les possibilités d’une autre île Maurice sont présentes, nous devons trouver les moyens de la réaliser maintenant’


Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les pourparlers entre les différentes parties concernées par la guerre ne semblent guère efficaces. Par conséquent, la situation économique devient de plus en plus instable sur le plan mondial. Dans plusieurs pays, la population subit déjà l’impact de cette guerre, notamment à cause de l’inflation à la hausse et de la croissance à la baisse.Si certains gouvernements réfléchissent déjà aux conséquences d’une guerre prolongée dans le temps, d’autres s’attardent sur les effets de l’extension du conflit à d’autres pays du monde. Qu’en est-il à Maurice ? Y a-t-il une vision pour l’avenir dans un contexte économique aussi fragile ? Dr AvinaashMunohur, politologue, nous livre son point de vue…


Mauritius Times : Les conditions sociales, économiques et politiques nous mènent vers une situation inquiétante à Maurice. L’augmentation du prix de l’essence, l’augmentation de la cherté de la vie ou encore la situation mondiale avec la guerre en Ukraine au sortir de la situation extrêmement compliquée de la Covid-19 ne pouvaient être prévus, ou alors pensez-vous que nous avons joué auxaveugles à propos d’une situation qui nous pendait au nez ?

AvinaashMunohur : Il est clair, depuis le début de la pandémie en 2020, que le monde est entré dans une situation instable et complexe. Toute personne qui suit l’actualité mondiale de près sait pertinemment que la mise à l’arrêt de l’économie, de la production et du commerce à l’échelle du globe allait forcément avoir des répercussions importantes pour nous à Maurice. Plusieurs leaders d’opinion ont d’ailleurs alerté le gouvernement sur un ensemble de sujets et de problèmes à plusieurs reprises, à travers les médias.

J’ai comme l’impression que le gouvernement a cru que la Covid-19 était un épisode momentané et que les choses allaient revenir à la normale automatiquement une fois la pandémieterminée. Mais nous constatons que ce n’est pas le cas. Alors que l’OMS est optimiste quantà une sortie progressive de la pandémie à partir de la fin de cette année, nous faisons maintenant face à une guerre en Ukraine qui risque d’ouvrir potentiellement d’autres disruptions.

Il suffit de suivre un peu l’évolution des marchés des matières premières, et notamment des tendances spéculatives à l’œuvre actuellement, pour deviner que nous nous dirigeons vers une austérité mondiale qui risque de durer un moment.

Donc, pour répondre à votre question, il était impossible de prédire avec exactitude la nature et la temporalité des évènements et des disruptions, mais il était évident que nous ne pouvions plus opérer avec les certitudes que nous avions avant la Covid. Et c’est là que le gouvernement a pêché car il aurait sous-estimé cela.

* Certains sont d’avis que les décisions récentes du gouvernement, avec par exemple la mise en place de la Mauritius Investment Corporation (MIC) en puisant dans les réserves stratégiques du pays, étaient mal avisées et que nous commençons à vivre les conséquences de cela. Etes-vous du même avis?

La MIC me semble être un montage qui reflète exactement ce que je viens de dire : le gouvernement a cru que nous allions être de retour à la normale de l’avant-Covid dans un délai relativement court. Le ministre des Finances a donc pris le risque de vider les réserves de devises de la BOM pensant sans doute que nous allions sortir de la Covid rapidement et qu’un retour à la normale allait permettre de renflouer les réserves de la Banque centrale dans un délai raisonnable.

Ces réserves de devises auraient dû être utilisées pour soutenir le pouvoir d’achat des Mauriciens à travers le contrôle de l’inflation et du taux de change de la Roupie par rapport au Dollar et à l’Euro. Elles auraient également pu servir à la constitution de stocks de certaines matières premières, de certaines denrées essentielles, de médicaments ou encore à travers un effort de l’État pour que les Mauriciens souffrent le moins possible de l’impact de l’augmentation des coûts du transport maritime et des énergies – et notamment de l’essence et du diesel – sur le pouvoir d’achat.

La manière dont les réserves de la BOM ont été injectées dans la MIC, et l’utilisation que le gouvernement en a fait, démontre clairement qu’il n’a pas prévu que d’autres problèmes pouvaient surgir au sortir de la Covid.

* Que préconisez-vous alors comme solutions immédiates pour permettre aux Mauriciens de bénéficier d’une réduction de la cherté de la vie, en attendant que la situation mondiale se stabilise avec une diminution du prix des matières premières au niveau global?

Il est clair que ce problème est multidimensionnel. Et comme tout problème de cette nature, nous avons tout autant besoin de solutions immédiates que de stratégies pour le long terme.

Dans un premier temps, il me semble évident que le gouvernement doit arrêter la spirale infernale de l’augmentation des prix. Il n’arrive pas à enrayer la dévaluation de la Roupie et l’inflation, puisqu’il n’a plus les réserves de la BOM lui permettant de jouer sur le flux monétaire. À partir de là, il doit trouver d’autres solutions.

Il est évident qu’un ensemble de produits et de matières premières vont continuer à augmenter sur les marchés mondiaux. Il y a plusieurs raisons à cela : spéculation financière, crise de la production, problèmes de supply chain, etc.

Nous savons déjà, par exemple, que des pays producteurs de grains secs comme l’Inde et l’Australie prévoient déjà une réduction de leurs exportations.

Nous savons aussi, qu’à cause de la guerre en Ukraine, l’exportation du blé risque de diminuer – n’oublions pas que la Russie et l’Ukraine produisent à eux deux 30% du blé mondial.

Nous savons que l’Inde fait déjà face à un problème d’approvisionnement en huile comestible puisqu’elle importe la majorité de son huile de la Russie.

Il est certain que nous serons impactés également. Que fait donc le gouvernement pour contrer ces tendances et s’assurer que nous restons ravitaillés en produits de base ?

Le gouvernement peut également baisser le prix de l’essence et du diesel. Restons sur l’essence qui est aujourd’hui à Rs 61,30/L. Si nous étudions la structure du pricing de la STC, nous voyons un ensemble de contributions – qui sont en réalité des taxes déguisées : contributions pour la Road Development Authority, pour la Rodrigues Transportation and Storage, pour la construction de facilités de stockage pour les produits pétroliers, une contribution de Rs 1/L pour la Covid-19 Solidarity Fund, une contribution de Rs 2/L pour l’achat des vaccins, un prélèvement de Rs 0,35/L pour les frais d’opération de la STC.

Or, une situation exceptionnelle appelle des mesures exceptionnelles… Le gouvernement doit enlever certaines de ces contributions, même momentanément. Il peut très bien le faire. Un calcul rapide nous mène à la conclusion que le prix à la pompe de l’essence peut baisser d’au moins Rs 6 à Rs 8 le litre demain matin si le gouvernement le décide – voire même, bien plus s’il veut vraiment faire un effort ! Mais il ne le fait pas.

Nous savons tous que l’augmentation de tous les produits de consommation, la nourriture, les médicaments, etc., augmentent lorsque le prix de l’essence augmente. Et lorsqu’il y a augmentation des prix, il y a augmentation des revenus de la TVA. Il s’agit donc d’un moyen de renflouer les caisses de l’État.

Nous savons également que la STC a récemment dû débourser Rs 5 milliards à cause de l’affaire Betamax. Les caisses de la STC sont vides, et c’est à tous les Mauriciens de payer maintenant. Nous voyons là un exemple concret du lien entre une dégradation des conditions de vie des Mauriciens et les mauvaises décisions des gouvernants.

* Ce sont là des solutions immédiates. Qu’en est-il du long terme ?

Il est clair que nous vivons quelque chose de beaucoup plus profond: nous vivons les effets d’un ralentissement de la mondialisation. Et cette situation risque de s’approfondir encore plus avec l’impact croissant des effets du réchauffement climatique sur le monde.

Notre pays se trouve au milieu de l’océan Indien, ce qui signifie qu’il est dépendant des ravitaillements par bateau et par avion. Sans le port et notre aéroport, Maurice n’existe pas pour schématiser . Si nous rajoutons à cela le fait que le taux d’ouverture de notre économie sur la mondialisation avoisine une moyenne de 113% depuis plus de 20 ans, il est clair que nous sommes entrés dans le piège d’être beaucoup trop dépendants de la bonne santé et de la stabilité de l’économie globale et du commerce mondial.

Lorsque tout fonctionne normalement, nous n’avons pas énormément de soucis. Mais dès qu’il y a une disruption, un arrêt ou une crise, nous sommes directement impactés. C’est exactement ce que nous vivons actuellement.

Il est clair, à partir de là, que nous devons devenir moins dépendants des importations et de la mondialisation, en développant des capacités de résilience multiples : résilience alimentaire, résilience sécuritaire et résilience économique, notamment.

A noter que ces capacités ne naissent pas du jour au lendemain, et bien qu’il soit essentiel que nos différents secteurs d’activités redémarrent le plus rapidement possible, il est tout aussi essentiel que ces secteurs intègrent les données actuelles concernant les incertitudes à venir et évoluent en s’y adaptant.

Par exemple, la montée des océans produira un impact extrêmement inquiétant sur nos côtes, nos lagons et nos littoraux, ce qui aura un impact sur le secteur touristique et la pêche artisanale. Que faisons-nous pour penser le secteur touristique de demain dans ce contexte ? Il est clair que ce dernier doit intégrer cette donnée fondamentale liée au réchauffement climatique et évoluer.

De plus, il apparaît de manière de plus en plus évidente que le régionalisme – c’est-à-dire le raccourcissement des circuits de circulation – prendra de plus en plus d’essor. Nous voyons déjà les prémisses d’une crise mondiale des énergies fossiles, avec un pic pétrolier qui devrait être atteint entre 2025 et 2030 selon le très sérieux think-tank ‘The Shift Project’. De ce fait, l’industrie du transport maritime, du transport aérien et du voyage risquent de se transformer en allant de plus en plus vers des circuits courts.

Il faut donc absolument que Maurice développe très sérieusement une stratégie régionale. Je ne parle pas ici de se renfermer sur les pays de la région, mais bien plutôt de trouver les moyens de la valorisation économique dans notre région du monde. Celle-ci se transforme rapidement depuis quelques années avec ce que les géopolitologues nomment l’Indo-Pacifique, ce qui redessine la cartographie des alliances géostratégiques dans notre région. Et nous devons bien évidemment faire cela sans abandonner les acquis économiques déjà développés avec nos partenaires européens.

* Par ailleurs, où voyez-vous l’économie mauricienne se diriger dans les prochaines années? Pourrons-nous continuer sur les secteurs d’activités actuels ou bien sommes-nous appelés à les faire évoluer ?

Il est clair que nous devons faire évoluer nos secteurs d’activités. Ils ne vont pas disparaître, mais ils doivent évoluer en intégrant les trois grandes données qui seront au cœur de notre 21esiècle : le réchauffement climatique ; la révolution numérique, l’essor de l’intelligence artificielle et l’automatisation du travail ; et la géopolitique de l’Indo-Pacifique, avec les opportunités commerciales que nous offriront la montée en puissance du continent africain, de la Chine et de l’Inde.

Il me semble qu’il y ait dans ces trois domaines tout un ensemble de problèmes qui nous forceront vers des évolutions et des transitions pour notre pays. Nous sommes actuellement dans une phase d’instabilité qui risque de durer plusieurs années, mais je suis persuadé que nous vivons un changement de monde, une immense mutation historique même. À nous de savoir en saisir les opportunités.

Cela signifie également que nous aurons des opportunités pour l’ouverture d’autres secteurs d’activités, et notamment ceux liés au développement océanique.

* Vous pensez donc vraiment que le monde a basculé dans une autre logique ? Avons-nous vraiment, à ce point, changé de monde ?

Absolument oui. Et c’est parfaitement logique… nous sortons clairement de la troisième révolution industrielle qui s’est fondée sur le pétrole. Cette dernière a déterminé nos modes de vie actuels, la manière dont nous travaillons, nous nous déplaçons et nous nous logeons, la manière dont nous vivons, en somme. Avec la quatrième révolution industrielle – qui sera tout aussi bien une révolution par les énergies décarbonées, qu’une révolution du digital et du data -, nos vies seront radicalement transformées.

Nous ne vivrons plus de la même manière, nous ne nous logerons plus de la même manière, nous ne travaillerons plus de la même manière. Nous serons entourés de beaucoup plus de machines et nous vivrons dans un monde où beaucoup de tâches seront automatisées et digitalisées.

Nous sommes au tout début de ce processus, mais je pense que nous aurons entièrement basculé dans cette «civilisation digitale» – pour reprendre le terme d’un grand sociologue – d’ici 50 ans. Et 50 ans, c’est demain à l’échelle des décisions politiques.

* Alors qu’on parle de changement au niveau du monde et du global, cela fait un moment que nous attendons le changement à Maurice. Cela fait un moment, du moins, que nous utilisons ce terme dans l’arène politique. Pensez-vous vraiment que ce processus est en marche ?

Si le monde change, comme je le pense, alors la politique changera… de gré ou de force ! C’est une vérité immuable de l’Histoire que les habitudes sociales et les systèmes politiques s’adaptent à leur temps ou disparaissent.

D’ailleurs, un certain nombre de mes camarades au MMM ont entièrement pris la mesure des défis qui nous attendent. La création de la Commission Développement Durable s’inscrit justement dans cette démarche.

Comme nous ne cessons d’en discuter depuis le début de cet entretien, il est clair que nous devons repenser un certain nombre de nos habitudes économiques, institutionnelles, sociales, sécuritaires et environnementales. Or, c’est justement la fonction du politique de proposer des alternatives à la situation présente. La Commission Développement Durable pose clairement des objectifs de mutations, de transformations, de transitions et d’évolutions dans son manifeste. Nous sommes depuis occupés à travailler avec les instances et les autres commissions du parti, à enchaîner les consultations et les interventions afin d’apporter des éléments concrets à des idées qui peuvent parfois sembler trop abstraites.

Nous sommes conscients que le changement politique ne voudra strictement rien dire sans un projet national qui soit capable de prendre la mesure des problèmes réels que vivent les Mauriciens, et qui sachent proposer des alternatives.

Les possibilités d’une autre île Maurice sont présentes, nous devons trouver les moyens de la réaliser maintenant.

* Il y a un autre type de changement qui intervient au niveau de votre parti, le MMM: une série de démissions depuis un certain temps. Vos propos semblent être déconnectés de ce que nous entendons lors des conférences de presse suivant chaque démission…

C’est intéressant que nous ayons droit aux mêmes discours à chaque fois qu’il y a une démission, ce qui témoigne sans doute d’une tactique politique d’un de nos adversaires. Nous devinons d’ailleurs facilement lequel.
Cela me fait rire personnellement parce que leurs reproches ne correspondent absolument pas à mon expérience depuis que j’ai rejoint le parti en 2019. J’ai toujours été écouté lorsque j’ai débattu, lorsque j’ai exposé mes idées, ou encore lorsque j’ai argumenté pour pousser vers d’autres perspectives et d’autres manières de voir les choses. Je n’ai jamais eu de problème de ce point de vue.

Pour vous répondre directement et sans langue de bois, je pense sincèrement que les nouvelles idées et le nouveau projet en train de germer à l’intérieur du parti dérangent. Ces idées et cet effort de redéfinir ce que se doit d’être le militantisme pour le 21e siècle – et ce que doit devenir notre pays — est un exercice essentiel si nous voulons proposer les politiques publiques attendues par les Mauriciens.

Le changement est en marche à l’intérieur du MMM. Et, ce changement ne renie pas les valeurs historiques du militantisme, loin de là. Ce changement ambitionne plutôt de poser les problèmes qui sont actuellement les nôtres comme autant d’opportunités pour une évolution de ce que signifie le militantisme au 21e siècle, alors que nous faisons face aux immenses défis de notre temps.

* En attendant la concrétisation de cette démarche, faut-il quand même admettre qu’on ne parvient toujours pas à mettre en place une alliance entre l’Entente de l’Espoir et le PTr, et on se demande ce qu’il en sera si on cherche à coopter les Laurette, Valayden, etc., au sein d’une grande plateforme de l’opposition…

Je ne pense pas, comme le pensent beaucoup, que la priorité actuelle de l’Entente de l’Espoir et du PTr soit une alliance, mais bien plutôt de trouver un terrain d’entente par rapport à des objectifs politiques communs pour les élections municipales. Ce n’est qu’à partir de là que nous pourrons parler d’alliance, puisque nous aurons prouvé que nous pouvons travailler ensemble vers un but national qui recevra l’approbation de la population.

Ceci implique des compatibilités qui sont tout autant de l’ordre de la pragmatique et du terrain que des idées et de l’idéologique. En d’autres termes, est-ce que, par exemple, le MMM et le Parti Travailliste peuvent trouver un terrain d’entente par rapport à un certain nombre de questions liées à la transformation sociale, économique et institutionnelle de notre pays ? Je pense sincèrement que oui.

Bien que nous soyons des partis différents, avec des histoires différentes, nous partageons certaines valeurs fondamentales, qui sont celles de la gauche sociale-démocrate. Au vu des conversations que je peux avoir avec des jeunes du PTr, il me semble clair que nous pouvons nous aligner sur beaucoup de choses du moment que nous continuons à discuter et à échanger.

Quant à la question de la cooptation d’autres acteurs politiques, je ne pense pas que cela soit d’actualité.

* Entrons-nous donc dans une phase critique qui nous mènera aux prochaines élections? Ou est-ce trop tôt de parler de scénarios possibles pour notre pays à ce stade?

Il est encore trop tôt pour dire si nous entrons dans une phase critique électoralement. Je pense que nous devons attendre la fin de l’année 2022 pour avoir une meilleure visibilité à ce propos. Il faudra déjà voir et comprendre les résultats des élections municipales, si elles ont lieu. Mais il faudra surtout observer comment évolue la situation sociale et économique. Nous sommes actuellement dans une situation complexe qui peut basculer dans un malaise social profond, notamment pour les classes populaires, si certaines décisions capitales ne sont pas prises rapidement.

Donc oui, plusieurs scénarios s’offrent à nous… Le meilleur scénario pour le pays sera un recul de la précarité actuelle, avec notamment un recul de la cherté de la vie. Le pire des scénarios sera celui d’une inflation qui devient incontrôlable, avec une explosion des prix et l’incapacité pour beaucoup de Mauriciens de manger trois repas par jour.

Il s’agit d’un scénario catastrophe, mais qui n’est pas aussi farfelu qu’on pourrait le penser. Nos aînés se souviendront des deux dévaluations successives de la Roupie à la fin des années 1970. Nous ne sommes pas si éloignés d’une situation qui y ressemble.

Les prochaines élections se joueront directement ou indirectement sur l’évolution de la situation économique et sociale d’ici là.


* Published in print edition on 25 March 2022

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