“La crise du pouvoir d’achat ne s’estompera pas de sitôt. La colère, non plus !”

Interview Rabin Bhujun

* ‘Le gouvernement ne peut pas jouer à la politique de l’autruche : il existe un terrain propice aux effusions de colère’

* ‘Une défiance généralisée envers les institutions et la classe politique dirigeante installée est en train de conduire des citoyens à effectuer ou à contempler des choix extrêmes’


L’expérience montre qu’une crise peut en cacher une autre. La pandémie mondiale de la Covid-19 semble sous contrôle mais l’impact économique se fait toujours sentir. A peine les gouvernements ont-ils commencé à en minimiser les effets que la guerre a surgi de manière brutale et inattendue. Rien n’est acquis. Au contraire, tout redevient précaire. Les fondements mêmes des sociétés démocratiques semblent menacés. Notre invité nous en parle. 


Mauritius Times : S’il y a effectivement une crise du pouvoir d’achat affectant la classe ouvrière et aussi une bonne partie de la classe moyenne, et que cela mérite une attention particulière de la part du gouvernement, il y aurait – selon votre lecture des incidents survenus la semaine dernière et publiée sur un blog, des pyromanes à l’œuvre, en particulier des avocats-politiciens ; ceux-ci souhaiteraient rééditer l’embrasement social survenu en 1999 suivant la mort du chanteur Kaya en cellule policière. Est-ce que cela représente le plus grand danger, selon vous ?

Dans le texte que vous évoquez, j’ai estimé qu’il y a un ensemble de personnes et de facteurs qui contribuent à l’escalade de la violence. Soyons exhaustifs pour n’oublier personne: Un Premier ministre incapable, dans ses paroles et ses actes, de se montrer proche des préoccupations de ceux qui souffrent; une communication calamiteuse du gouvernement autour de ses récentes décisions impopulaires; un ministre des Finances arrogant et un team playerqui laisse à désire; des figures de l’opposition qui se complaisent dans un populisme irresponsable et dangereux; des médias qui privilégient la superficialité et le spectacle.

J’inclus aussi, dans ce lot, une bande d’avocats va-t-en-guerre dont on cerne quotidiennement la propension à attiser les tensions par leurs propos, leurs non-dits et/ou les postures qu’ils adoptent. Voilà pour remettre en contexte ce que j’ai écrit.

Je pense aussi qu’il faut éviter de comparer ce qui s’est passé la semaine dernière avec les émeutes de 1999. Pour une raison principale : les évènements de février 1999 étaient, quelque part, la culmination d’un « malaise » relativement circonscrit qu’on avait commencé à évoquer depuis le début des années 1990.

La crise de 2022 est diffuse et « démocratisée », car causée par un effondrement généralisé du pouvoir d’achat. C’est une crise qui affecte l’immense majorité des foyers de notre pays à l’exception de ceux pour qui Rs 25,000 de dépenses en plus ou en moins par mois, est un non-évènement (non-event). Quelques-uns de ceux qui nous dirigent font d’ailleurs partie de cette catégorie. Cela explique peut-être leur manque apparent d’empathie face aux cris de colère et de désespoir.

* Pensez-vous que ces agitateurs soient capables de produire des soulèvements sur de simples mots d’ordre, ou bien le peuple est-il vraiment arrivé à un point de saturation par rapport à la gestion et certains excès du gouvernement ?

Je n’adhère pas à la théorie du complot que des membres du gouvernement, et le Premier ministre lui-même, chercheraient à nous faire gober. Si tous ces épisodes de violences ont été orchestrés par une même bande, qu’on nous le démontre, preuves à l’appui.

Le gouvernement ne peut pas jouer à la politique de l’autruche : il existe un terrain propice aux effusions de colère avec les coups de massue à répétition reçus par les ménages. Dans ce contexte, le moindre évènement perçu comme une injustice envers ceux qui souffrent, ou ceux dont ils se sentent proches – journalistes/animateurs, «activistes » ou avocats, voisins – représente une occasion de manifester leur colère, et ce, bruyamment et/ou violemment.

* Dans ses commentaires sur les tensions survenues dans différentes localités du pays la semaine dernière, le Premier ministre a fait référence aux émeutes de 1999, et il a lancé une mise en garde à ceux qui tentent de « créer du désordre ». Ce sont ces mêmes personnes, selon lui, qui “sont à la base des émeutes de Kaya” et qui “tentent de récidiver”. Il y a peut-être des similitudes entre ces deux émeutes, quoique pour différentes raisons. Mais voyez-vous des motifs politiques dans ces commentaires de PravindJugnauth?

Evidemment que c’est un commentaire éminemment politique. Il vise Rama Valayden et invoque la peur de voir les mêmes personnes précipiter les mêmes épisodes violents, 23 ans plus tard. C’est une tactique paresseuse et peu inventive, car elle revient à opposer la majorité des Mauriciens attachés à la paix sociale à une bande de forcenés qui n’auraient d’autre objectif que d’organiser le chaos dans le pays.

Je m’empresse toutefois d’ajouter que Rama Valayden, ainsi que ceux qui gravitent autour de lui, ne semblent pas non plus déployer des efforts conjugués – du moins de ce que l’on voit en public – pour calmer les esprits quand la température monte.

* Pensez-vous, comme le disent beaucoup de commentateurs, que le PM s’est trompé dans son discours à son retour à Maurice en les mettant en garde au lieu de montrer de l’empathie et de la compréhension envers les classes moyennes et populaires?

J’utilise régulièrement les interventions médiatiques de PravindJugnauth, dans mes cours de Media Training avec les dirigeants d’entreprises, pour illustrer tout ce qu’il faut éviter de faire, dans le fond ou dans la forme, quand on parle aux médias.

A mon avis, lors de sa première prise de parole à son retour au pays, le Premier ministre aurait pu faire autrement. Prendre acte des épisodes de violence ; rappeler que celle-ci n’est pas excusable car il y a toujours d’autres manières de s’exprimer ; affirmer qu’il entend la colère et la frustration dans ce contexte de crise en promettant que son gouvernement cherche et trouvera des solutions pour soulager les ménages ; enfin dire ce que son gouvernement a déjà mis en œuvre afin de prouver qu’il a déjà agi dans le passé, ce qui implique qu’il agira aussi maintenant et à l’avenir.

Or, il a fait l’inverse. Il a bombé le torse et a sombré dans une posture de satisfecit, et il a presque accusé ceux qui souffrent d’être des ingrats car le gouvernement a déjà énormément fait pour eux. Ce discours a été perçu comme de la provocation. Dans sa substance, c’est d’ailleurs le cas.

* Est-ce que cette posture du Premier ministre sur la défensive n’indique pas un gouvernement qui est pris dos au mur et probablement déconnecté des réalités quotidiennes des Mauriciens ?

Cela ne démontre absolument pas que le gouvernement est dos au mur à mon avis. Je pense même que cette arrogance dénote une certaine confiance du chef du gouvernement dans son avenir politique. Est-ce parce qu’il est convaincu que l’opposition ne pourra jamais s’entendre pour faire bloc contre lui aux prochaines législatives ? Je ne le sais pas. A moins que ce soit parce que PravindJugnauth a déjà un joker politique en poche et qu’il attend le moment opportun pour l’abattre. C’est un de ces jokers politiques dont il serait de bon ton de parler lors d’une visite en Inde.

Ce qui est certain, oui, c’est qu’il est déconnecté de la réalité, de l’ampleur du malaise de tous les Mauriciens par rapport à leur pouvoir d’achat.

* Le calme est revenu après quelques jours de tensions, mais le feu couve-t-il toujours sous les cendres, selon vous?

Oui, parce que les raisons de la crise générale du pouvoir d’achat n’ont pas disparu du jour au lendemain.

Lors de sa réponse à la ‘Private Notice Question’ de Xavier Duval, ce 26 avril, le Premier ministre a expliqué que le pays fait face à deux crises importées : alimentaire et énergétique. C’est vrai que nous n’avons que peu de contrôle sur ces deux éléments. Toutefois l’érosion permanente du pouvoir d’achat des Mauriciens est aussi aggravée par la lente et constante dépréciation de la roupie. C’est une troisième crise.

Certes, la monnaie d’un pays reflète la santé de son économie et le dynamisme de ses rentrées en devises, et notre économie sort à peine de récession. Mais il est également vrai que le gouvernement a privé la Banque de Maurice d’une bonne partie de sa capacité d’intervention sur le cours de la roupie en pillant allègrement ses réserves. Donc, la crise du pouvoir d’achat ne s’estompera pas de sitôt. La colère, non plus !

* Au vu de l’incertitude quant à la durée du conflit affrontant la Russie à l’Ukraine, le gouvernement se verra confronté à un double défi: chercher des solutions pour en réduire les conséquences tant économiques que sociales. Après le coût financier de la pandémie qui a fragilisé les finances publiques, pensez-vous que le gouvernement dispose de moyens suffisants pour affronter cette nouvelle crise?

Le schéma est simple : il faut augmenter les revenus du gouvernement et réduire ses dépenses.

D’une part, il faut espérer que la reprise dans des secteurs qui rapportent beaucoup de devises – comme le tourisme – soit encore plus robuste que prévu. Il se trouve qu’on ne peut pas vraiment compter sur l’émergence, du jour au lendemain, d’une industrie qui remplirait soudain les caisses de l’Etat.

Pour le moment, donc, le gouvernement devra se satisfaire de la TVA additionnelle qu’elle perçoit – la taxe sur la colère et la frustration, comme je l’appelle – à chaque fois que le litre de diesel ou de l’essence grimpe.

D’autre part, il convient de réduire les dépenses. C’est plus facile à dire qu’à faire. Certains sombrent d’ailleurs dans une démagogie facile, en proposant, par exemple, de réduire les salaires du chef du gouvernement et des ministres de 25%. J’ai fait le calcul, leurs « allowances » qui figurent dans le budget, totalisent Rs 51,6 millions pour l’année 2021/2022. Réduire leur salaire de 25% dégagerait donc un budget mensuel d’un peu plus d’un million de roupies, ce qui ne servirait même pas à financer une modique petite aide mensuelle additionnelle à toutes les personnes figurant sur le Social Register of Mauritius…

On peut réduire le train de vie du gouvernement, mais il faudra aussi admettre que ce ne seront que des mesures symboliques.

* Mais il y a aussi d’autres dépenses plus importantes qu’on peut réduire ?

Je présume que vous pensez aux grands chantiers. Ce n’est pas aussi simple car il faut bien reconnaitre que ces grands chantiers sont nécessaires : pour décongestionner nos villes et villages, moderniser notre port ou encore faire en sorte que des inondations-éclair ou flash floods ne menacent plus nos concitoyens.

La proposition que le gouvernement arrête d’investir dans les chantiers pour canaliser ses ressources financières vers ceux qui souffrent, aussi louable soit-elle, n’est pas pratique. Le gouvernement peut toutefois revoir sa liste de projets prioritaires et ne s’engager que dans les chantiers importants durant les années à venir et laisser les projets non essentiels dans les tiroirs pour l’heure.

Donc pour répondre à votre question, le gouvernement devra composer avec les moyens dont il dispose au fur et à mesure que notre économie remontera à son niveau de 2018/2019 et espérons-le, au-delà.

* Pour revenir aux épisodes de violence, la cartographie des soulèvements montre majoritairement des lieux associés à certaines communautés alors que toutes les couches de la société souffrent de la crise économique et de la cherté de la vie – ce qui épargne très peu de personnes à Maurice. Force donc de constater que la mobilité sociale d’une bonne frange de la population demeure problématique pour diverses raisons, cela depuis plusieurs décennies malgré les initiatives d’autonomisation ou de ’empowerment’. Quelle analyse faites-vous de cet état des choses?

Vous voulez dire que les violences de la semaine dernière ont surtout éclaté dans des quartiers où la population créole est majoritaire ? Oui, c’est un fait. Ce qui est aussi un fait, c’est que la communauté créole est surreprésentée parmi les ménages vivant dans la pauvreté relative dans notre pays. C’est une évidence.

Ce qui l’est aussi, c’est qu’on est passé d’une logique d’assistanat à une logique d’empowerment pour ensuite rebasculer lentement mais sûrement dans un assistanat déguisé. Offrir des aides directes aux familles démunies est une chose, mais c’est autre chose que de leur permettre d’accéder à la mobilité sociale et s’intégrer à travers l’éducation, l’entreprenariat, l’accès au logement et un travail rémunérateur. C’est ce qu’on ne fait pas ou plus assez.

* Y a-t-il quelque part des motifs inavouables en faveur du maintien de ces concitoyens dans une situation de précarité, ce qui servirait à l’agenda politique de gros intérêts dans le pays?

Il me semble que certaines communautés sont devenues des variables d’ajustement politiques. En les maintenant là où elles sont, dans l’état où elles sont, elles aident à la préservation d’un statu quo politique et sociologique commode. Assurant main-d’œuvre bon marché et gérable pour les uns, et clientèle politique et chasses gardées électorales pour d’autres.

Toutefois, je pense qu’au-delà d’une lecture purement ethnique, donc forcément étriquée, de nos problèmes et pesanteurs, on gagnerait à prendre deux pas de recul pour constater l’ampleur d’une autre crise dont nous ne mesurons déjà pas suffisamment les effets.

* De quelle crise parlez-vous ?

La crise de l’actuel modèle de démocratie. Une défiance généralisée envers les institutions et la classe politique dirigeante installée est en train de conduire des citoyens à effectuer ou à contempler des choix extrêmes qui reviennent, finalement, à affaiblir les démocraties.

En France, Marine Le Pen, issue d’un courant conservateur, réactionnaire, voire raciste, a engrangé le meilleur score de sa famille politique au second tour des présidentielles françaises. Elle a même battu Emmanuel Macon à plate couture en Martinique, Guadeloupe et Guyane…des îles où la population est loin d’être majoritairement composée de blonds aux yeux bleus !

Donald Trump, un président calamiteux qui a encouragé ses propres partisans à envahir le Parlement américain, est aujourd’hui considéré comme celui qui a toutes les chances d’être réélu en 2024. On le voit, les électeurs dans de grandes et anciennes démocraties ont recours à des choix de plus en plus extrêmes. Ces choix desservent leurs intérêts en fragilisant davantage l’espace démocratique.

* Quelles sont les causes de cette crise ? Ce que vous dites est vrai peut-être pour ces pays mais est-ce applicable dans le contexte de Maurice ?

Cette crise de l’actuel modèle de démocratie trouve son origine dans la profonde méfiance des citoyens dans toutes les institutions établies de la démocratie : de la presse au judiciaire en passant par les Parlements et les gouvernements et bien évidemment la classe politique mainstream. On constate ce phénomène depuis bientôt deux décennies aux Etats-Unis et cela gagne du terrain ailleurs aussi.

Enumérons ce qu’on constate à Maurice : l’interventionnisme intempestif des gouvernements au sein d’administrations censées être indépendantes, le doute sur le processus électoral malgré les pétitions électorales perdues, l’apparente impassibilité de la police face à un ordre de la Cour suprême, entre autres.

C’est dans ce type de contexte que les partis opposés au système, un peu comme Linion Pep Morisien, prétendent cristalliser le mécontentement et incarner un renouveau. Mais dans un système politique et électoral comme le nôtre, ils seront incapables d’accéder au pouvoir, déclenchant un cercle vicieux de suspicion et de ressentiment chez leurs sympathisants. Par la suite, ils nourriront chez eux le sentiment que le système « complote »contre l’émergence d’une nouvelle classe politique garante d’un avenir meilleur.

* Par ailleurs, il y a eu cette semaine cette décision de la mairie de Port-Louis d’annuler son contrat de bail portant sur le Champ de Mars avec la MTCSL. Votre réaction?

Décision choc, dirai-je. Même si je ne m’intéresse pas du tout au monde hippique, je crois savoir que les deux parties concernées dans ce cas se sont adonnés à des acrobaties diplomatiques ou du brinksmanship, chacun croyant que l’autre allait céder et revenir à la table des négociations.

Même si ce n’est pas politiquement correct de dire cela, je pense que les torts sont partagés et que cette décision radicale est peut-être la sonnette d’alarme ou le wake-up call salutaire pour ceux qui obéissent à un agenda politique tout en étant engoncés dans une certaine suffisance du haut de leurs 210 années d’histoire hégémonique.

Je m’empresse toutefois de rajouter que tout cela ne comptera pas car une seule impression – justifiée – demeurera si demain, ce même Champ de Mars est mis à la disposition d’une personne jugée proche d’un apparatchik du pouvoir pour qu’il organise à son tour les courses hippiques. Quelle confiance et quelle crédibilité retiendront alors les institutions chargées de veiller au respect des règles dans l’organisation des courses hippiques à Maurice ? A moins qu’on se ressaisisse très rapidement et que les deux belligérants coopèrent de bonne foi pour trouver un terrain d’accord. A mon avis, c’est toujours possible.

* Au regard de ce tableau assez sombre de la situation, comment donc consolider la démocratie et renforcer les institutions dont vous décrivez le déclin?

Je ne le sais pas parce que je ne crois pas en un réveil salutaire de notre classe dirigeante qui deviendrait soudain aussi vertueuse qu’éclairée. Ni le Père Noël, ni les fées n’existent !

Ce que je sais, par contre, c’est que l’éducation des citoyens est un élément clé de l’équation. Aussi étonnant que cela puisse paraître, une personnalité – qu’on n’accuserait jamais d’être un autocrate ou d’être opposé à la liberté d’expression – a expliqué que les réseaux sociaux sont désormais une menace aux piliers de la démocratie, encourageant une polarisation politique extrême. C’est Barack Obama qui a dit cela lors d’une conférence organisée par l’Université de Stanford, ce 21 avril. J’adhère à son raisonnement.

Les postures des politiques sont de plus en plus polarisées ; pour coller au « flavour of the day », les médias recourent également à des angles et couvertures simplistes et binaires tandis que les opinions exprimées de la manière la plus outrageante recueillent davantage d’attention que les propos plus mesurés.

Pour ne rien arranger, les algorithmes qui font tourner les réseaux sociaux finissent par montrer à chaque utilisateur exactement ce qu’il veut et ce qu’il aime voir, contribuant ainsi à rétrécir son champ de vision, l’enfermant dans ses a priori et son cercle d’amis et de connaissances partageant les mêmes opinions et penchants que lui.

Paradoxalement, pour une bonne partie de ceux qui utilisent quotidiennement les réseaux sociaux, l’espace démocratique réel a presque vocation à être régi par les mêmes règles que Facebook, Instagram ou TikTok.

Or, c’est justement l’inverse qu’il convient de faire. Sortir le citoyen assis derrière son ordinateur et/ou son smartphone pour le remettre dans l’espace démocratique réel, lui rappeler que les élections se gagnent, malgré tout, en campagne et dans les urnes, pas sur des groupes Facebook ; plus globalement, leur réapprendre le fonctionnement des institutions, le processus législatif, l’Etat de droit, la présomption d’innocence et la durée dans le temps, bien plus longue comparée aux huit secondes d’attention moyen sur les réseaux sociaux.


Mauritius Times ePaper Friday 29 April 2022

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