Repenser les municipalités et les conseils de districts

Par KRJ YASH

Ce qui compte vraiment…
Premièrement

N’est-il pas temps de revoir la place des municipalités et des conseils de districts ? Je trouve de plus en plus difficile de justifier le rôle des municipalités et des conseils de districts. Les rares services dont nous bénéficions sont le ramassage d’ordures et la mise à disposition des facilités sportives et récréatives. Pourquoi ne pas confier ces responsabilités au gouvernement central ?

Les marchands ambulants étouffent la capitale, les maires successifs, mis à part Mahen Gondeea, ont été incapables d’y apporter une solution ne serait-ce que temporaire. La plus grande force des « nuisances ambulantes » est qu’elles jouent le gouvernement central contre le conseil municipal. Et il faut se rendre à l’évidence : certains membres du gouvernement y trouvent une occasion en or pour pratiquer le clientélisme politique. C’est tellement facile de venir critiquer le travail des autres ou d’empêcher de faire avancer les choses si cela se fait au détriment de « leurs dimounes », vu qu’ils sont au gouvernement.

Si, par contre, les grands défenseurs des marchands ambulants avaient à cœur le développement de Port-Louis comme une réelle capitale, ils ne toléreraient pas qu’il soit impossible de s’y garer sans sortir une arme ! La ville étouffe, ceux qui y travaillent stressent, ceux qui y habitent sont dégoûtés.

Le constat est similaire dans les autres villes : Quatre-Bornes parle sans cesse de relocaliser sa foire, tout comme Curepipe, alors que Rose-Hill redécouvre le délabrement du Plaza à chaque nouveau maire. Les priorités restent les mêmes, les maires changent, mais rien ne se concrétise. Il faut se rendre à l’évidence : le problème reste entier que ce soit avec des administrateurs mauves ou rouges. D’où l’idée que les municipalités ne servent pas à grand-chose mise à part la collecte des ordures. Ainsi il faudrait se demander si ce n’est pas cher payé pour maintenir des institutions aux pouvoirs décisionnels limités et aux actions concrètes inexistantes…

Deuxièmement
Amitiés nouvelles

Nous avons retenu lors de la dernière séance parlementaire le changement d’attitude de Paul Bérenger vis-à-vis de Pravind Jugnauth. Pourquoi ce soudain réchauffement de leurs relations ? Depuis les élections générales, Paul Bérenger s’est montré plus que conciliant vis-à-vis du Premier ministre. Que peut bien présager les nouvelles civilités de Paul Bérenger face à son ancien « petit frère » ?

On a beau regarder au-delà de l’arbre qui cache la forêt, des questions subsistent concernant l’avenir du parti travailliste si le MSM décide de rejoindre le PMSD pour s’allier au MMM dans l’unique but de faire chuter le Premier ministre. Peut-être que ce ne sera pas une mauvaise chose de cesser de considérer les purs-sangs travaillistes comme acquis. Il serait temps de les traiter à leur juste valeur, cela afin de pouvoir compter sur eux en cas de coups durs. A vouloir plaire à tout le monde… on ne plait à personne.


* Published in print edition on 23 December 2010

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