KRJ Yash

Ce qui compte vraiment…

La lumière ne fait pas de bruit…

Comme tous les ans, à l’occasion d’une des plus belles fêtes du calendrier hindou, Diwali, j’abuse des douceurs de la vie. Pour un hindou, il est plus important d’avoir bien mangé et d’avoir la peau du ventre bien tendu plutôt que d’avoir de beaux habits ou une très belle paire de chaussures. Je ne suis pas encore arrivé à percer ce mystère qui nous transforme le temps de cette fête en voisin attentionné, en ami dévoué, et en famille modèle. Une petite voix me dit qu’en ce jour particulier, nous sommes prêts à nous investir vis-à-vis des autres, et en même temps nous sommes prêts à recevoir des autres. La conjugaison de ces prédispositions fait que nous donnons le meilleur de nous-mêmes, alors que d’autres se contentent-ils simplement de donner des gâteaux.

Aujourd’hui, c’est facile d’acheter des gâteaux, et les partager sans avoir mauvaise conscience car l’excuse est toute trouvée : je n’ai pas le temps, je travaille. Les « halwai » eux travaillent d’arrache-pied et livrent avec un stress certain en cette période : tentez l’expérience d’y faire un achat sans avoir pris la peine d’avoir fait une commande!

Déjà en temps normal l’Asiatique est un businessman dans l’âme, alors quand la possibilité lui est offerte de faire du business en vendant des lampes, des vêtements, des gâteaux et tout autre chose croyez-vous qu’il va s’en priver ? Cet aspect commercial prend des proportions qui ne me plaisent pas tellement, mais la légendaire tolérance hindoue permet qu’on s’y accommode facilement.

Cette fête aussi est devenue un prétexte pour que les soi-disant dirigeants de la communauté hindoue s’affichent avec le Premier ministre ou le Président de la République. Les « roder-boutes » hindous du pays entier savaient où il fallait être et se faire voir le dimanche 31 octobre, pour « lancer » les célébrations de Diwali. Cette arrogance, cette prétention de diriger et cet accaparement des célébrations sont stupides. Est-ce que les Chrétiens ont besoin que quelqu’un donne le départ pour que les célébrations de Noël débute? So ridiculous !

Tout en sachant que ces soi-disant représentants de la communauté utiliseront la présence du Premier ministre à leur fête comme le passeport à leurs excès, est-ce que le Premier ministre peut faire autrement ? Malheureusement non, car certains journalistes et animateurs de radios s’empresseront de crier au boycott. D’autant que Paul Bérenger et ses acolytes veillent au grain derrière la porte. Nous connaissons tous la facilité avec laquelle certains injectent le poison communal dans la population. C’est tellement facile de faire croire à cette bande de « représentants de la communauté hindoue » qu’ils ont plus à gagner avec le MMM au pouvoir, quitte à les traiter d’intellectuellement limités après !

Cet amalgame de soif de reconnaissance de la part des soi-disant représentants de la communauté hindoue d’une part et d’autre part la mise en scène d’une ferveur religieuse ne fait pas honneur à la communauté hindoue.

La communauté hindoue n’a pas besoin de représentant autoproclamé, et encore moins de guide spirituel, elle a sa culture millénaire et ses valeurs immuables qui guident ses actions. Diwali célèbre le sentier de la lumière, le chemin, la possibilité de se détourner du moi-je, de l’ego, de l’individu, pour se tourner vers ce que nous sommes vraiment : la Lumière de l’Esprit, la Toute-Lumière de l’Esprit, tel que le définit Sri Aurobindo.

KRJ YASH

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