Fêtes tamoules : Un aperçu des célébrations à Maurice

Le mois tamoul Thai (mi-janvier jusqu’à la mi-février) est un mois très important pour les Tamouls à cause de deux grandes fêtes qui sont célébrées, notamment le Thai Pongal et le Thai Poosa Cavadee. Le Thai Pongal est la fête la plus importante célébrée en Inde du sud et elle est décrétée jour férié quatre jours de suite !

Le mot Pongal vient du tamoul pongu voulant dire bouillir. Donc Pongal est un « bouillonnement », un symbole de vie et de fertilité mais aussi un remerciement au Dieu Soleil que nos ancêtres ont vénéré depuis des millénaires. On a des références à des prières offertes au Soleil dans la littérature tamoule classique. Dans une société agricole comme la nôtre, le Thai Pongal a été célébré depuis le temps des engagés indiens venus travailler dans l’île pour remercier le Dieu Soleil, « Suriyan ». La fête Pongal est si ancrée dans le folklore mauricien qu’il y a des gens qui confondent cette fête avec le nouvel an tamoul qui se tient, quant à lui, en avril.

Mais les temps étaient durs pour les engagés. Ceux qui voulaient célébrer le Pongal étaient confrontés aux planteurs qui leur faisaient comprendre que s’ils s’absentaient durant quatre jours consécutifs, l’argent allait être déduit de leur salaire mensuel. Souvent, lorsque les travailleurs allaient dans leur famille dans d’autres camps sucriers ou dans des familles en ville, à leur retour, ils subissaient la colère des patrons. Il y a aussi des planteurs qui accordaient des congés dépendant des profits qu’ils faisaient !

Mais, avec le temps, les planteurs ont enfin compris qu’il valait mieux écouter les besoins de leurs travailleurs car si ces derniers s’absentent souvent, c’est le travail dans le champ des cannes et leurs profits qui seront affectés. Et c’est là que peu à peu, les travailleurs ont eu un lopin de terre pour construire leur Kovil où ils pouvaient célébrer les fêtes religieuses telles que le Pongal.

A Maurice même si on ne le célèbre plus sur quatre jours, elle est célébrée comme il se doit. Dans de nombreux temples tamouls ou dans la cour des familles, on installe des pots de terre dans lesquels du riz est cuit dans du lait. Lorsque cette préparation déborde du pot, tout le monde crie « pongalo, pongal » et les femmes claquent leur langue afin d’éloigner les mauvais esprits.

Le mot pongal est aussi le nom donné à cette préparation de riz au lait. Le pot contient l’Énergie : il symbolise la plénitude débordante. Le pongal est offert au dieu Soleil et le reste est partagé entre les membres de la famille.

 

* Published in print edition on 22 January 2016

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