JOSEPH J.A. VARONDIN

Inde Inique Objet…

Joseph J.A. Varondin

C’est un fait connu et reconnu: La France n’aime pas I’Inde et les Français n’aiment pas les Indiens. Même quand ils leur passent la main dans le dos, courbés en profonds salamalecs, le sourire en tranche de papaye sur les lèvres emmiellées et les yeux d’énamourés transis pour qu’ils leur achètent leurs faramineux avions Rafales que le monde entier leur envie mais qu’aucun Etat n’acquiert. Deux exemples récents vont illustrer notre propos.

Dans la livraison du 24 mai dernier, du tabloid ‘Le Point’, en page 24, un de ses folliculaires qui n’a pas osé mentionner son nom, écrit en substance à propos de l’ex-tanker “Exxon Valdez”, célèbre pour sa marée noire et dont l’Union indienne vient de refuser le démantèlement dans le port d’Alang: “Pourtant les ports indiens restent les plus grands cimetières marins du monde.” Rappelons que ce même port indien avait naguère refusé de désosser le porte-avions français ‘Clémenceau’, cercueil flottant capitonné à l’amiante. Quel affront! Ces misérables miséreux des bas-fonds portuaires tiers-mondistes les plus déguenillés du globe, avaient osé refuser de s’empoisonner à l’amiante française, l’une des plus réputées du monde! On comprend donc la rancœur pérenne des gens de cette nation à l’endroit de cette Inde qu’elles courtisent en même temps qu’elles détestent par atavisme.

Il faut apprendre au folliculaire parisien que Alang n’est ni un port ni un cimetière marin au sens maritime ou poétique du terme mais un centre spécialisé dans le démantèlement de navires de toutes catégories. Les bâtiments qui y arrivent n’en repartent jamais puisqu’ils y sont venus pour être démantelés et non pour débarquer et rembarquer des passagers et des marchandises divers. Par contre tout le monde connaît un célèbre cimetière marin, port militaire sur les fonds duquel gisent des souvenirs de navires de guerre dont les grands capitaines, au lieu de tirer sur l’ennemi ou prendre le large, ont préféré se saborder. Cela s’est passé durant la Seconde Guerre Mondiale. Ce cimetière marin dont on ne veut plus parler, ne se situe pas en Inde mais en France. Il ne s’appelle pas Alang mais Toulon!

Par ailleurs, dans sa livraison du mois de juillet 2012, le mensuel français: ‘Le Monde Diplomatique’ qui se dit universel et impartial, annonce pour sa livraison du mois d’août, un article dans lequel un folliculaire expert — peu importe son nom – déblatèrera sur “Le plus long mur du monde”. Et naturellement, ce mur ne se trouve pas chez les nouveaux grands amis de l’Inde que sont les Israéliens, mais en Inde même! Exactement entre l’Inde et le Bangladesh. Et ce mur frontière ne peut être qu’une abomination infernale qui condamne à des souffrances pérennes multiples des millions de pauvres Bangladeshis.
Cette situation apocalyptique serait engendrée par un effort constant de sadiques gardes-frontières indiens obéissants aux ordres de criminels gouvernants indiens camouflés à Delhi qui n’ont de cesse de séparer les familles, de diviser les villages, d’enclaver et d’encager des groupes humains qui fuient la misère et le fanatisme religieux. Ce folliculaire parisien possède une bien maigre connaissance des murs frontières qui séparent des peuples voisins en général ennemis réciproques. Sauf que I’Inde et le Bangladesh ne sont pas ennemis.

Cette plume de mauvaise foi fait semblant d’ignorer que le plus long mur du monde se trouve en Chine, qu’il s’appelle la Grande Muraille, qu’il ne sépare pas la Chine en deux ni ne la protège d’une invasion mongole mais qu’il constitue un élément colossal du patrimoine architectural mondial, qu’il attire des millions de touristes et qu’il est le seul artefact terrestre visible de la lune à ce que l’on dit!

Cette plumassière, n’ayant plus de mur de Berlin et de la honte à dénoncer, en a trouvé un en Inde. Mais elle oublie sciemment ces grands spécialistes du mur d’enclavement que sont les Israéliens qui, grâce à un système sophistiqué d’entrelacs de béton gigantesques, transforment La Palestine actuelle en un camp de concentration à côté duquel le Ghetto de Varsovie faisait figure de kibboutz en Territoires Occupés.
Elle oublie que ces mêmes Israéliens ont construit, à la demande du Maroc, entre le territoire de la République Sahraouie et l’Algérie, un gigantesque mur bardé d’électronique de surveillance, lardé de mines, antipersonnel et chapeauté de projecteurs longue distance, de tourelles et guérites truffées de mitrailleuses et de missiles et autres aménités militaires qui interdisent aux Sahraouis réfugiés en Algérie de regagner leur pays occupé et annexé par le Maroc. Il faut dire que les mêmes Israéliens s’étaient fait la main en construisant un mur de barbelés électrifiés qui coupe le Plateau du Golan en deux pour empêcher la population syrienne chassée de chez elle de regagner sa terre annexée par Tel Aviv.

Elle souffre de graves lacunes de mémoire la dame du Monde Diplomatique. Elle oublie le mur construit par les Etats-uniens entre le Mexique et leur frontière du sud qui, lorsqu’il sera terminé, courra d’un seule traite de l’Atlantique au Pacifique dans lesquels il s’enfonce et ceci dans le seul but de refouler les migrants latino-américains. Elle oublie le mur de barbelés électrifiés qui empêchent les Marocains d’entrer dans les villes espagnoles de Ceuta et de Melilla qui pourtant se trouvent en territoire marocain. Elle oublie le mur que La Grèce ruinée envisage de construire sur sa frontière turque pour refouler les voisins musulmans d’en face. Elle oublie aussi ces milliers de murs invisibles que sont les frontières qui, à l’instar de ceux de Plaisance, de Gillot, de Mayotte ou de Schengen, ne laissent passer les visiteurs que par les meurtrières d’un contrôle policier et d’un visa rédhibitoires. Sécurité nationale oblige.

Depuis que l’Inde et les Indiens ont préféré s’aliéner aux Anglais plutôt qu’aux Dupleix et autres Labourdonnais, la France n’aime pas la Grande Péninsule et les Français n’aiment pas son peuple. Cette exécration s’est aggravée quand Delhi leur a repris ces fameux cinq comptoirs que les Anglais magnanimes leur avaient, dans leur immense mansuétude, laissé en guise de lot de consolation après les avoir boutés hors. L’Inde était devenue dès lors la “Grande Péninsule”, la Terra non grata de Paris. Comme cela leur a fait mal d’être obligés de “rétrocéder” à des fakirs nus “leur Pondichéry”, le dernier joyau de leur collier védique! La dernière bayadère de leur nostalgie indienne! Le dernier vestige de leur rêve himalayen effondré!

Et depuis ce temps-là, tous ceux qui parviennent à écrire deux lignes sans faute au pays de la grandeur Gaullienne, ne peuvent s’empêcher de dénigrer la patrie de Bhagat Singh et de Chandra Bose en qui ils ne voient qu’un Himalaya d’immondices sur lequel grouille un giga peuple de pouilleux adorateurs de vaches maigres. Mais malgré leurs crachats, le Gange restera un fleuve sacré!

Joseph J.A. Varondin

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