Interview : Sydney Selvon

Interview : Sydney Selvon – Historien & Journaliste

« Sir Anerood ne bluffe pas. S’il ne descend pas dans l’arène, ce sera pour d’autres raisons »

* « La fin du monde n’est pas pour 2012 même si durant l’année, on change de Président, de Premier ministre ou de Leader de l’Opposition » Cette semaine, l’actualité est dominée par la prorogation de l’Assemblée nationale. Les commentaires vont bon train au sein de la population. Entre confrontation au niveau politique, crise constitutionnelle derrière la porte et alliances en construction, les discussions sont animées. Sydney Selvon fait le point en s’appuyant sur ses connaissances de la classe politique mauricienne… 

Mauritius Times : Nous voilà repartis pour une nouvelle campagne électorale avec la confrontation au niveau politique et une crise constitutionnelle derrière la porte. On se pose des questions sur cette situation et ses conséquences. Qu’en pensez-vous ?

Sydney Selvon : Une crise constitutionnelle ? Oui, mais elle ne sera pas longue, à mon avis, soit le Président Anerood Jugnauth, à condition qu’il jouisse actuellement d’une opinion favorable majoritaire au Parlement, change de Premier ministre, soit il fait face à un Parlement majoritairement contre lui. Et il est alors ‘cochon dans dame’ comme la langue nationale le dit si bien, et logiquement, il devrait partir afin de garder la tête haute.

Ceci dit, un Premier ministre est obligé par la Constitution d’être capable de démontrer à tout moment qu’il détient une majorité d’abord au Cabinet, et ensuite au Parlement. Au cas contraire, dans le premier cas, il ne peut plus gouverner car ses décisions doivent avoir le soutien majoritaire du Cabinet. Il peut alors être remplacé par un ministre qui pourrait attirer le soutien de l’opposition. En ce qui concerne le Parlement, s’il ne peut pas prouver qu’il a une majorité à tout moment où l’Opposition veut le tester, il peut tomber sur une motion de censure. Alors, s’il ne démissionne pas, la Constitution prévoit ceci dans sa section 57 :

“Where the Assembly passes a resolution that it has no confidence in the Government and the Prime Minister does not within 3 days either resign from his office or advise the President to dissolve Parliament within 7 days or at such later time as the President, acting in his own deliberate judgment, may consider reasonable, the President, acting in his own deliberate judgment, may dissolve Parliament.”

Vous comprenez, alors, la tactique de Paul Bérenger, qui connaît les rouages de la Constitution pour l’avoir étudiée et pratiquée pendant plus de 40 ans de présence dans l’arène politique. Et l’assurance de Sir Anerood qui, lui aussi, a derrière lui une des plus longues et glorieuses carrières de l’histoire politique nationale. Certes, face à eux, Ramgoolam, bien qu’ayant été absent longtemps du pays et de l’arène politique, est lui aussi devenu un homme d’Etat avisé, mais qui, ces derniers temps, semble avoir adopté une attitude qui rappelle le Parti Travailliste des années 70 avec ses coteries, une armée de flatteurs opérant 24/7 dans le supermarché des faveurs et du favoritisme, de lobbies sectaires de toutes, je dis bien, toutes les ethnies, travaillant pour des intérêts personnels de leurs dirigeants lesquels seront prêts, demain, à faire le serment d’allégeance à un SAJ redevenu, si son destin le veut, Premier ministre.

Le PTr s’est fragilisé en revenant à une situation rappelant celle qui prévalait avant les années 80. C’està-dire être victime plutôt consentante d’une perception d’être le parti d’une section de la population, voire d’une sous-section, ce qui est contraire à sa vocation première. Tous les partis ont dérivé plus ou moins de la même manière, mais j’insiste que c’est une perception que leurs dirigeants entretiennent eux-mêmes en faisant le contraire de ce qu’ils prêchent contre le sectarisme.

* La décision du Premier ministre de proroger les travaux parlementaires au 16 avril est diversement commentée dans les milieux politiques. « Descente aux enfers… panique dans les rangs de la majorité », selon l’opposition MMM-MSM qui estime que le PM craint pour sa majorité. Il semblerait, selon les bruits qui courent, que le PM aura à travailler dur afin de sauvegarder sa majorité, ce qui constitue l’un de ses plus grands défis présentement. Votre opinion ?

Oui, j’ai entendu des bruits au sein même de personnes qui étaient proches de lui jusqu’à tout récemment et qui affirmaient qu’il y aurait quelques problèmes sérieux à l’intérieur du parti. Mais allez savoir !

Les partis à Maurice sont tous de structure stalinienne, une caractéristique du fameux système westminstérien où un Premier ministre anglais a pu mener son pays dans une guerre illégale en Iraq, et s’en sortir par une pirouette, sans finir en prison pour avoir participé à un crime contre l’humanité. Cependant, en Grande Bretagne ou au Canada, les récalcitrants envers le comportement dictatorial de tels dirigeants ont plus souvent que chez nous, le courage, de tirer les conclusions qui s’imposent et d’agir en conséquence, notamment pour alerter l’opinion, le peuple, et claquer la porte.

Les partis à Maurice cachent bien leurs querelles internes, de force plutôt que de gré. La course aux faveurs et aux privilèges les retient. Et cette situation n’est pas unique au seul Parti travailliste. Ce qui m’étonne, c’est qu’en dépit de ce rideau de fer (peint en rouge, mauve ou orange) derrière lequel opèrent les partis, on en est arrivé à une prorogation du Parlement juste au moment où une motion de censure allait être déposée. L’impression première des gens semble être que le gouvernement ait pris peur devant la possibilité d’une censure. Si un jour il prenait l’envie à certains d’écrire ‘Behind the Red Curtain’ ou ‘Behind the Orange Curtain’… Pourquoi pas ? Le livre de Jayen Cuttaree est un véritable succès… La prorogation a, pour beaucoup de gens, été motivée par ce qui ne tourne pas rond derrière le rideau rouge.

* A quoi servira cette prorogation, selon vous ?

Je vis à la campagne et je côtoie des gens de toutes les communautés qui me connaissent depuis plusieurs décennies de carrière journalistique. Le mot « prorogation » a donné l’impression d’abord que le Parlement allait être dissout et même quelques journalistes s’y sont laissé prendre au point qu’une radio répète et doit répéter qu’une prorogation est une prorogation.

On n’étudie pas la Constitution et encore moins l’Histoire nationale, et cela, curieusement, ni pour devenir politicien ni pour être journaliste et écrire un bon éditorial, ni pour devenir un citoyen bien informé.

Toujours est-il que ce mot a provoqué une inflation inutile de palabres et de spéculations débouchant sur une onde de choc dans l’opinion et la presse que le PM aura du mal à gérer. Il n’a pas tort d’avoir eu recours à la prorogation, même si la motion de censure peut intervenir après. Il a trouvé une tactique qui lui permet de gagner quelques jours et mettre sa majorité à l’épreuve. Mais les nuits risquent d’être moins longues que les longs couteaux brandis à la faveur de l’obscurité.

Les tractations et les exigences des uns et des autres, voire les chantages habituels aux faveurs vont s’intensifier. Et le PTr risque de sombrer davantage que dans le cas d’élections anticipées ‘claires et nettes’ au lieu d’élections municipales désastreuses qui accéléreraient encore plus le déclin et l’usure du pouvoir. C’est une caractéristique avérée des mandats trois fois répétés, dans le cas de Ramgoolam pour 15 ans sur 20 à partir de 1995 ou SAJ entre 1982 et 1995.

* Les analystes soutiennent que la déclaration de Paul Bérenger à l’effet qu’il n’y aura pas d’alliance MSM-MMM sans une mise en minorité de Navin Ramgoolam au Parlement constitue « un challenge » lancé en direction de Jugnauth père pour faire tomber l’actuel gouvernement avec le concours de certains “dissidents travaillistes”. Si SAJ s’y met, dit-on, c’est qu’on aura un gouvernement en sursis. SAJ en sera-t-il capable, selon vous?

Dans la pratique constitutionnelle, ce que fait Paul Bérenger est de bonne guerre et c’est ce qu’aurait fait Ramgoolam dans la même situation. Le Parti Travailliste a recruté des députés transfuges et le MMM veut lui rendre la monnaie de sa pièce, croyant que SAJ aurait entendu des bruits de désaccord au sein du gouvernement. S’il réussit un tel tour de force, le mot « transfuge » disparaîtra du vocabulaire des partis et on exaltera ces ‘patriotes’.

Pour en revenir à votre question, oui, on aurait un gouvernement en sursis et SAJ, fin expert d’une Constitution qu’il aide à façonner depuis la première moitié des années 60, connaît bien non seulement ses limites, mais aussi les pouvoirs considérables qu’il détiendrait en cas d’une mise en minorité du gouvernement.

Si on veut spéculer, comme semble le faire tout le monde en ce moment à travers le pays alors que rien n’est joué d’avance et que Ramgoolam peut, jusqu’à preuve du contraire, s’assurer de sa majorité, je vais souligner ceci. J’ai cité la section 57. Mais il y a également le fait que le principe de nommer un Premier ministre dans le cas d’une mise en minorité de celui qui occupe ce poste. C’est dans l’esprit même de la Constitution.

La section 59(3) dit : « The President, acting in his own deliberate judgment, shall appoint as Prime Minister the member of the Assembly who appears to him best able to command the support of the majority of the members of the Assembly. »

Je vois cela comme un principe fondamental qui relève du sens profond de la Constitution par rapport à la nomination d’un Premier ministre. Il y a des légistes qui répliqueront que le Président est lié par certains pouvoirs du Premier ministre, et je suis d’accord. Mais ces limites ne valent rien si le PM ne peut pas compter sur une majorité soit au sein de son Cabinet où se développeraient de graves dissensions, soit au Parlement où un groupe de dissidents adhèrerait à une alliance MMM-MSM. Le PM peut seulement démissionner ou céder sa place à un PM de l’opposition, ou bien il peut encore dissoudre le Parlement et aller à des élections anticipées pour garder l’initiative.

N’allons pas trop vite en besogne. Bérenger est connu pour ses attaques tactiques qui ne déboulonnent pas un gouvernement tout de suite, mais qui, à la longue, s’il a les alliés qu’il lui faut, peut pousser à des élections anticipées comme en 1987 et 2000, environ une année avant l’échéance normale. Il essaie de gagner à l’usure, et c’est de bonne guerre dans les systèmes comme le nôtre.

Ramgoolam, lui, semble reculer parce qu’il pense qu’il pourra alors mieux sauter, comme il l’a déjà fait. C’est quand même intéressant à suivre. Maurice ne s’en sortira pas amoindrie, c’est le jeu démocratique et il coûte ce qu’il coûte en financement d’élections, mais le peuple a bien le droit de revenir exercer son droit de vote si un gouvernement ne sait pas sur quel pied danser, pour reconduire ce gouvernement ou pour le remplacer.

Mais, je le dis à nouveau : rien n’est joué d’avance, sauf qu’il y a un jeu d’échecs qui s’est récemment accéléré.

* Le boycott du Garden-party du Président de la République mardi dernier, au Château du Réduit effectué par les membres du PTr, confirme en quelque sorte que Sir Anerood Jugnauth demeure toujours sous la surveillance des Travaillistes malgré les dires du Premier ministre qu’il n’a pas de raison de mettre en doute les affirmations du Président à l’effet qu’il ne serait pas impliqué dans les tractations politiques en vue d’un ‘remake 2000’. En d’autres mots, SAJ n’inspire toujours pas confiance aux Travaillistes, semble-t-il…

Je crois que SAJ et Ramgoolam savent exactement ce qu’ils font et il ne faut pas en faire un drame. Aucun des deux n’a manqué de dignité dans leurs déclarations publiques. Ils ont montré de la retenue, comme exigée par leurs fonctions. Leur comportement exerce, bien sûr, une certaine tension sur le fonctionnement de l’Etat au niveau de la Constitution et des pouvoirs que celle-ci attribue à chacun.

Paul Bérenger joue très bien son rôle d’opposant voulant en découdre avec un régime affaibli et essoufflé par une cassure gouvernementale très grave. Mais laissons de côté les affirmations des uns et des autres. Ce n’est pas de l’Histoire avec un grand H, mais des histoires comme dans un ménage qui ne marche pas.

Cela dit, un changement de Premier ministre, de gouvernement ou de Président n’est pas un drame ou une tragédie dans un pays qui a une Constitution qui fonctionne. Chassez-en n’importe lequel, ou tous à la fois, il y aura un autre PM, un autre Président, un autre Leader de l’Opposition… La Constitution ne prévoit pas et n’autorise aucun vacuum. Nous avons une panoplie d’institutions qui fonctionnent qu’il pleuve ou qu’il tonne dans l’arène politique. C’est cela la beauté de notre Constitution. Il nous faut aimer cette Constitution dans son essence et non pas la maudire à tout bout de champ comme c’est à la mode en ce moment. Cette Constitution de Maurice a quand même accompli non pas un, mais deux miracles économiques, le premier de 1971 à 1974, qui fut à la base du deuxième miracle économique qui a commencé au début des années 80. La raison est que la Constitution a fait de nous un Etat de droit, un pays démocratique – si l’on excepte les épisodes marqués par la répression des libertés.

* Selon Paul Bérenger, le Premier ministre aurait raconté des «histoires » en ce qui concerne ses discussions avec le Président Jugnauth. « Je sais ce que je sais », a-t-il dit à ce propos. Mais clairement, le Président ne pourrait pas confirmer son implication dans les tractations MMM-MSM, si tel a été effectivement le cas. Pensez-vous donc que c’est le « bonhomme » qui serait en train de raconter des « histoires » ?

Ce sont des accusations faites en utilisant la presse. Sir Anerood ne va pas s’impliquer puisque ses fonctions ne le lui autorisent pas et il fait attention. Mais il reste un politicien redoutable et lorsqu’on met des bêtes politiques comme SAJ ou Cassam Uteem à la Présidence, comment peut-on prétendre qu’ils cesseraient de s’intéresser à la politique?

Je me souviens de la dernière interview de sa vie que SSR m’avait expressément réservée, alors que sa fin approchait. Il avait voulu mettre le pays en garde contre la possibilité que l’opposition MMM et des Travaillistes évoquaient à ce moment-là. Le gouvernement d’alors allait instaurer, sous l’influence d’une aile gouvernementale très dure et très hostile à la presse et à l’opposition, un régime sous une Constitution plus autoritaire.

L’interview avait pris beaucoup de temps en raison de l’état de santé de SSR, qui se détériorait et il ne pouvait plus parler qu’à travers son fidèle lieutenant jusqu’au bout, mon ami regretté le Dr K. Hazareesingh. Ce dernier m’avait, par ailleurs, remis un manuscrit des discours de SSR des années 40 aux années à 1976 qu’il avait compilés et avait fait taper à la machine. Je les avais sous la main, à ce moment-là pour terminer mon nouveau livre d’histoire. Ils ont fait beaucoup d’efforts pour que l’interview soit sur un ton très diplomatique afin de ne pas froisser le gouvernement qui semblait alors échapper au contrôle de SAJ.

Il m’avait choisi moi et mon journal d’alors, Le Mauricien, qui l’avait lancé et présenté dans l’arène politique pour la première fois dans les années 40 au sein de l’Union Mauricienne, l’ancêtre du premier Ralliement Mauricien, puis Parti Mauricien de Jules Koenig, à son tour l’ancêtre du PMSD.

SSR avait peur, en 1985, de certains changements constitutionnels dont l’intention avait été attribuée au gouvernement. Il faisait comme SAJ et on peut encore lire l’interview publiée dans Le Mauricien du 18 septembre 1985, peu de temps avant sa mort en décembre de la même année et re-publiée en annexe dans sa biographie. Il faut la lire entre les lignes. Les Travaillistes avaient alors peur que SAJ ne touche à la Constitution de manière intempestive. Ce que Hazareesingh m’avait dit, c’était que le « bonhomme » voulait faire passer ce message et insister sur son « héritage politique » qu’il léguait au pays.

Si le ‘bonhomme’ d’aujourd’hui au Réduit est en train de ‘raconter des histoires’ ou que c’est Bérenger ou Ramgoolam qui le font, ou encore les trois à la fois, je n’y accorde que peu d’importance. Je préfère croire que tout ce qu’ils disent est de bonne guerre.

Mais ‘histoires’ ou pas, c’est la portée réelle de leurs actes eu égard à la Constitution et à la bonne marche du pays qui m’intéresse plus que les flèches qu’ils se lancent depuis des lustres. En fait, SAJ n’a pas violé la Constitution et ne le fera pas. Ni Ramgoolam ni Bérenger non plus. Si SSR s’est méfié de ‘son gouvernement’ à un moment donné, il n’y a rien de nouveau lorsque la méfiance s’installe entre le Réduit et l’Hôtel du gouvernement à nouveau.

* Le départ de Sir Anerood Jugnauth, de son propre chef ou autrement, du Réduit arrangerait bien des choses pour l’actuel gouvernement. ‘Easier said than done,’ toutefois. Mais voyez-vous SAJ quitter le Réduit prochainement pour descendre dans l’arène politique ? Sous quelles conditions ? Ou serait-il en train de bluffer ?

Non, il ne bluffe pas. S’il ne descend pas dans l’arène, ce sera pour d’autres raisons. Je le connais personnellement : ce n’est pas un bluffeur. Il n’a aucune raison de quitter le Réduit à ce stade particulièrement face aux attaques et affronts du gouvernement. Il ne peut pas partir au risque de créer la perception qu’il part sous pression. S’il quitte, ce sera exactement au moment où il décidera de partir et il le fera sereinement. Et alors, rien ne l’empêchera de descendre dans l’arène politique.

* Autre possibilité évoquée dans les milieux de l’opposition c’est la démission en bloc des parlementaires en vue des élections anticipées. Pas sûr qu’une telle démarche produira les résultats escomptés, n’est-ce pas ?

Je n’y crois pas. D’abord, l’opposition est confortablement installée et renforcée. Elle va tirer plaisir à faire chanceler la majorité comme cela a été le cas de 1976 à 1982. C’est typique dans certaines démocraties. C’est peut-être une bonne chose parce que le gouvernement Ramgoolam a besoin d’un challenge plus sérieux pour s’améliorer et s’attaquer aux vrais problèmes. Les gouvernements, avec de trop fortes majorités à Maurice, sont généralement des gouvernements ‘dominère’. Ceux qui veulent faire croire qu’une majorité écrasante est une panacée se sont toujours trompés. Il n’en a jamais été ainsi. Depuis l’indépendance, nous avons eu des oppositions fortes avec presque la moitié du pays derrière elles, soit PMSD jusqu’en 1969, soit MMM jusqu’à ce jour. Je trouve qu’un gouvernement a l’opposition qu’il mérite.

* Par ailleurs, il est clair que Paul Bérenger garde toutes ses options ouvertes. Il est à la recherche du meilleur deal pour lui-même et son parti : réforme électorale pour assurer une meilleure représentation de son parti au Parlement dans une alliance avec les Travaillistes, ou senior partner couplé d’un nouveau partage du mandat du Premier ministre – à l’israélienne – avec le MSM. Pourquoi semble-t-il privilégier l’option travailliste ?

Je ne crois pas que Bérenger ait une option travailliste. Le MSM est plus capable de lui offrir ce qu’il veut et moins capable de le rouler comme il l’a été en 2010 par le PTr. Je vous avais fait une déclaration, basée sur mes informations, que vous aviez publiée l’année dernière, à l’effet que l’alliance MSM-MMM allait se concrétiser. Et cela se fait en ce moment. Ramgoolam a sous-estimé Pravind Jugnauth dans la mesure où il a réussi à convaincre la majorité du comité central mauve de voter pour un remake 2000 de par un entêtement et une consistance typique chez les Jugnauth : lorsqu’ils ont pris une décision, ils vont jusqu’au bout, même à contre-courant. Politiquement, il s’est bien défendu et il a réussi à refaire l’unité au sein de son parti. Ce n’est pas peu de choses. Les Jugnauth sont étonnamment ‘resilient’, comme on le dit en anglais.

* Au fait, ce à quoi nous assistons sur l’échiquier politique, c’est bien une bataille de nerfs entre les différents leaders. Reste à voir qui est celui qui manquera de nerf au bout du compte…

Ils ne manquent ni de nerf, ni d’aplomb même lorsqu’ils ‘racontent des histoires’, comme vous dites, et je dirais même plus, ils ne manquent pas de culot ! Mieux vaut en rire. La fin du monde n’est pas pour 2012 même si durant l’année, on change de Président, de Premier ministre ou de Leader de l’Opposition.

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