Interview: Steven Obeegadoo — «Le MMM ne peut jouer à l’autruche qui s’enfouit la tête dans le sable sans voir passer le temps»

«Avons-nous tiré les leçons de la malencontreuse alliance avec le PTr de Navin Ramgoolam et de la déroute de 2014?»

« Non seulement pouvons-nous refaire du MMM un parti qui gagne…

… mais nous pouvons redonner espoir au pays »


« Le PTr attend que l’électorat revienne vers lui par défaut et je trouve cela désolant »


La classe politique continue de faire la une de la presse et beaucoup de citoyens se demandent si le renouvellement des partis politiques intéresse les uns et les autres. Tel semble être le cas au MMM et nous avons donc invité Steven Obeegadoo, membre actif du Bureau Politique et celui qui a présidé le ‘Task Force’ mis en place par le MMM pour proposer une nouvelle Constitution pour ce parti, à nous donner son point de vue sur les transformations futures du MMM…


Mauritius Times: Décembre 2014 a dû être très bouleversant pour les dirigeants du MMM et des militants en général, et c’est généralement dans de tels moments, dans la défaite qu’on s’emploie à repenser la philosophie, le fonctionnement ou les stratégies d’un parti. Estimez-vous cependant qu’il existe un réel désir de changement et une volonté d’agir en conséquence au niveau de la direction du MMM?

Steven Obeegadoo : Il y a trois facteurs qui ont contribué à susciter, au sein du MMM, le sentiment qu’il fallait se remettre en question pour se relancer: la débâcle électorale de décembre 2014 après les défaites de 2005 et de 2010; le départ d’Alan Ganoo et des siens représentant la plus grave scission au MMM depuis 1993; et la réalisation que notre parti va bientôt atteindre ses cinquante ans d’existence, d’où le séminaire de réflexion du 1er mai 2015, organisé par la direction du parti, qui débouchera sur la création d’un Task Force ayant pour mission de formuler des recommandations pour améliorer le fonctionnement du MMM et accroitre l’efficacité de son action politique.

Ce Task Force, co-présidé par Pradeep Jeeha, Deputy Leader, et moi, avec 24 autres collaborateurs issus de la base comme des instances dirigeantes du parti a œuvré 11 mois durant, se mettant à l’écoute de chaque membre des instances au niveau des circonscriptions ainsi que de la Commission des femmes et de la Jeunesse Militante, se réunissant en quelque 40 occasions pour étudier les suggestions émises avant de déposer son rapport, il y a une dizaine de jours.

Peut-on imaginer une telle entreprise ailleurs qu’au MMM ? Et tout cela, bien évidemment, n’aurait pu se faire sans l’accord de la direction du parti.

* Lorsque l’actuel leader du MMM, Paul Bérenger, déclare que les statuts proposés par le ‘Task Force’ mis en place par le MMM pour proposer une nouvelle Constitution pour le parti, et présidé par vous-même, semblent à son goût « très idéalistes », que décodez-vous dans cette prise de position?

Paul Bérenger a reconnu l’énorme travail abattu, a loué la qualité du texte et a choisi de le rendre public lui-même.

Est idéaliste ce qui est guidé par un idéal, ce qui correspond à des valeurs absolues pour améliorer la société. Tout comme l’idéalisme des jeunes qui créèrent le MMM en 1969 eurent l’effet d’un séisme politique et social, gageons que notre idéalisme redynamisera le MMM et redonnera espoir, aux jeunes et à tous ceux écœurés par le marasme politique actuel, qu’il existe une autre manière de s’organiser pour agir politiquement au 21ème siècle.

Ramener une part de rêve en politique, ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est, pour mobiliser toutes les énergies afin de transformer les mentalités et faire avancer notre pays, pourquoi pas ?

* Le projet de réforme tel que le préconise votre Task Force vise le long terme, nous dit-on, et se fixe pour objectif l’accroissement de l’efficacité de l’action politique du MMM. L’élaboration d’une nouvelle Constitution va-t-elle suffire, M Obeegadoo?

Comprenons-nous. Le MMM a été, depuis 1970, l’une des principales forces politiques du pays. Il demeure le parti de masse le mieux structuré et le plus démocratique, avec une ‘Constitution’, accessible à tous, qui définit la finalité de son action politique, les principes qui le guident et les modalités de son organisation et de son fonctionnement.

Voici ce qu’est notre démarche : prendre acte de l’évolution du monde et de notre pays, écouter la base du MMM et la jeunesse en général tout en s’inspirant de ce qui se fait de mieux au sein des partis de gauche à l’étranger, et qui partagent nos valeurs et surtout en imaginant de quoi sera fait l’avenir et, à partir de là, formuler des recommandations pour que le MMM remplace sa Constitution datant de 1973 par ‘une Constitution pour le 21ème siècle’.

Et voici notre pari : ce faisant, le MMM se réinvente et redéfinit ce que peut et ce que doit être une organisation politique, démocratique, transparente et efficace pour répondre aux aspirations de ceux qui cherchent une autre voie. Notre espoir : Qu’en se relançant, le MMM parvienne à mobiliser toutes les énergies du pays pour bâtir une autre Ile Maurice.

* Ce Task Force a-t-il pour ambition de transformer le MMM, son fonctionnement, sa manière de faire, ou ambitionne-t-elle aussi d’influencer la manière dont la politique est pratiquée à Maurice?

En 1969, en inventant un parti structuré avec des ‘branches’ comme instances de base pour assurer l’enracinement au sein de la population; une Assemblée de délégués pour asseoir la démocratie interne; un Comité Central pour garantir la coordination de l’action politique et la collégialité dans la prise de décisions; un Bureau Politique pour l’efficacité dans l’action politique au jour le jour, le MMM se démarquait des partis traditionnels.

Il inventait, en s’inspirant des structures à la fois du Labour britannique et de la gauche française, une autre façon inédite de s’organiser pour agir politiquement. Ce qui fut, par la suite copié par tous les partis politiques mauriciens. Parce qu’il était idéaliste et déterminé, parce qu’il émanait de la jeunesse mauricienne et offrait une réponse au ras-le-bol généralisé au sein de la population, le MMM fut d’une remarquable efficacité et forma plusieurs générations de cadres politiques qui, quand bien même ils émigrèrent vers d’autres formations, ont bâti l’Ile Maurice post-indépendance.

Aujourd’hui, la situation a des similarités avec l’Ile Maurice de 1969. Voyez la désaffection vis-à-vis de la chose politique et la défiance à l’encontre des politiciens de tout acabit. Et bien, nous croyons que si le MMM peut se réinventer pour démontrer qu’il existe une manière différente de faire de la politique; que notre fonctionnement interne, démocratique, intègre et transparente peut présager de la société que nous prônons, alors non seulement pouvons-nous refaire du MMM un parti qui gagne mais nous pouvons redonner espoir au pays.

* Paul Bérenger n’a toutefois pas encore dit le fond de sa pensée, mais il se pourrait qu’il fasse preuve de réalisme politique en qualifiant les propositions du Task Force par rapport aux statuts proposés de « très idéalistes », car les idéaux, ça « fait beau » dans un « perfect political market » où tous les participants jouent franc jeu. Or tel n’est souvent pas le cas dans une société aussi complexe et compliquée comme la nôtre, n’est-ce pas ?

La realpolitik, est-ce un gage de réussite? Avons-nous tiré les leçons de la malencontreuse alliance avec le PTr de Navin Ramgoolam et de la déroute de 2014 ? La société dite ‘complexe et compliquée’ a fait l’impasse sur le racisme, le communalisme et le castéisme pour rendre un jugement électoral sans appel sanctionnant les gouvernants d’hier et leur allié de circonstance !

Si l’on veut avancer et redonner espoir au pays, il faut oser.

* Vous savez qu’il suffit d’avoir la bonne alliance à Maurice, de tenir le bon discours – politiquement correct et populiste en plus -, de faire le bon dosage ethnique/castéiste lors de l’attribution des tickets électoraux et de présenter un leader avec le profil correct, mais surtout avoir l’adversaire qui sied en face de soi, et la partie est gagnée… Qu’en pensez-vous ?

C’est sans doute l’argument des cyniques et des conservateurs de toujours pour s’opposer au progrès. Et à supposer que cela ait pu décrire correctement les dynamiques politiques des années passées, la réalité est-elle immuable ?

La société mauricienne évolue à un rythme époustouflant, déjouant les calculs savants des politiciens traditionnels, leur faisant perdre le nord pour ne pas dire l’équilibre, politiquement s’entend !

La société civile innove, les jeunes font preuve d’une créativité qui fait pâlir d’envie les révolutionnaires d’hier. Voyez l’émergence du combat écologiste à Maurice. Voyez la vitesse à laquelle avance le combat contre la classification communale inscrite constitutionnellement dans notre système électoral. Voyez, à l’extérieur, Syriza et Podemos. Voyez la campagne de Bernie Sanders aux Etats-Unis. Notre pays est plus que jamais à transformer et tous les espoirs sont permis.

* La politique à Maurice reste toutefois bloquée avec les mêmes cultures, pratiques et discours. Les partis restent soumis aux diktats des leaders, les règles d’alternance sont bafouées. On a vu d’ailleurs que ce sont souvent les politiques controversées et les choix d’alliances des leaders qui expliquent l’effritement de leur électorat et les défaites – dans certains cas, successives – de leurs partis. Quelles sont les propositions de votre Task Force par rapport à cette question de leadership?

Quatre choses essentiellement.

D’abord revoir un mode d’élection du leader qui a fait son temps. Le MMM, le seul des grands partis mauriciens à élire son leader régulièrement, le fait à partir d’une structure pyramidale, à partir de comités superposés qu’on appelle le centralisme démocratique et, au final, 20 personnes du Bureau Politique proposent aux 60 membres du Comité Central l’identité du leader du principal parti de l’Opposition de tout un pays.

Ce modèle a explosé chez les autres partis socialistes des pays développés. Le MMM ne peut jouer à l’autruche qui s’enfouit la tête dans le sable sans voir passer le temps et doit opter pour un mode de fonctionnement encore plus démocratique et transparent.

Ainsi nous proposons que, lors de la première élection suivant l’adoption de la nouvelle Constitution, le leader, en tandem avec un leader adjoint qu’il se choisit, est élu par une assemblée de délégués et, dans un deuxième temps, selon le principe de ‘one member one vote’ avec, dans les deux cas, une élection transparente, supervisée par un Comité des Sages indépendant.

Ensuite qu’aucun dirigeant ne puisse rester au même poste plus de 10 ans durant.

Troisièmement, qu’une fois au gouvernement, seuls le leader et le leader adjoint restent à leur poste tandis que les autres ministres ou PPS ne peuvent cumuler des responsabilités au sein du parti.

Finalement, que le nouveau Code de conduite proposé s’applique à tous les membres du MMM, qu’ils soient dirigeants ou militants de la base, élus ou simples activistes.

* Concrètement, quel type de leadership serait souhaitable pour un parti comme le MMM ?

Le type de leadership que suggère le nouveau projet de Constitution est un leadership démocratique et collégial, intègre et transparent dans son action et à l’écoute de la base du MMM comme de la société civile. Le 21ème siècle exige un leadership moderne, ancré dans nos valeurs et nos principes, mais tenant compte de l’évolution sociale et des attentes des jeunes; un leadership capable d’innover, en prenant appui sur les nouvelles technologies de la communication.

Le parcours du MMM, ses succès et sa contribution à l’histoire du pays reflète, dans une large mesure, la qualité du leadership dont le parti a bénéficié.

* Justement, ces propositions telles que celle par rapport à l’interdiction à un membre d’occuper le même poste de responsabilité au sein du parti pendant plus de dix ans, et l’autre recommandant la mise sur pied d’un « Comité de sages ayant pour tâche de veiller au respect de la Constitution et des valeurs fondamentales du parti » visent clairement la vieille garde mais aussi l’actuel leader du MMM, non ?

Non, vous vous méprenez.

La pratique d’assurer un renouvellement de l’identité de ceux occupant un poste particulier à la direction est une exigence démocratique, garante d’efficacité. C’est la pratique consacrée ailleurs. Et cela n’empêche pas un Secrétaire Général performant, au bout de dix ans, de passer au poste de Président ou de leader adjoint par exemple.

De toute manière, selon les statuts actuels, tout responsable remet en jeu son mandat tous les deux ans à l’occasion du renouvellement du Bureau politique. Nos suggestions ne visent personne en particulier mais cherche à moderniser le parti qui est déjà le plus démocratique des grands partis mauriciens.

* Le PTr reste bloqué, et le renouvellement n’aura pas lieu – pas de sitôt en tout cas – , malgré la défaite humiliante de décembre 2014. L’allié de Navin Ramgoolam, c’est-à-dire l’actuel leader du MMM reste en poste lui aussi. Deux leaders avec différents traits de personnalités, mais partageant essentiellement les mêmes méthodes. Pensez-vous que le MMM puisse envisager l’avenir sans Paul Bérenger ?

Le MMM a eu droit à un leader exceptionnel en la personne de Paul Bérenger. Fondateur du parti, animateur et source d’inspiration depuis toujours, c’est un géant qui a marqué l’Histoire du pays comme peu d’autres. Aujourd’hui encore, il est le meilleur leader de l’Opposition que l’on puisse offrir au pays.

De toute manière, il ne faut pas faire de l’impératif pour le MMM de se repenser, une question de personnalités, car l’enjeu est tout autre. Il s’agit ni plus ni moins d’une nouvelle manière de s’organiser politiquement pour faire de la politique autrement, en phase avec les attentes des jeunes et de la population aujourd’hui mais aussi d’anticiper l’avenir. Il y va de l’avenir du MMM mais aussi de la foi qu’ont les Mauriciens en la politique.

La démocratie au MMM est bien vivante comme en témoigne le fait que le projet de réforme du Task Force soit soumis par la direction du parti au débat public et comme en témoigne aussi l’interview que je vous accorde. Certes, il va falloir avancer et vite.

Par contre, la situation au PTr me semble complètement bloquée. Il n’y a aucun effort de repenser ce grand parti qui a joué un rôle éminemment progressiste au siècle dernier. Les instances dirigeantes sont composées selon les desiderata du leader, elles se réunissent selon le gré du leader et les Constituency Labour Parties, quand bien même elles auraient une activité régulière, n’ont aucune influence sur la prise de décisions. Les statuts du parti ne sont pas accessibles et il semblerait que ceux qui ont des idées nouvelles comme Arvind Boolell et d’autres jeunes cadres du parti n’ont pas voix au chapitre.

Le PTr attend que l’électorat revienne vers lui par défaut et je trouve cela désolant.

Vivement un vrai renouvellement d’idées pour sortir Maurice de la déprime générale qui paralyse le pays.

* On soutient que dans le monde nouveau qui se construit actuellement avec l’apport des nouvelles technologies de l’information et de la communication, la nouvelle génération ne saura que faire des semblants de démocratie ou des luttes du passé et autres clivages dépassés. Les partis traditionnels vont devoir se réinventer, dit-on. Qu’en pensez-vous ?

Oui, et le MMM doit montrer la voie et, ce faisant, démontrer qu’il n’est pas un parti traditionnel mais un phare éclairant le futur de la politique.

Comment ? Tout simplement en innovant pour répondre aux attentes des Mauriciens. Ainsi, nous proposons d’ériger en principe la parité entre les femmes et hommes, le parti s’engageant à réserver un tiers de tous les postes de responsabilités, y compris les investitures électorales aux femmes et de parvenir d’ici 2013 à un 50/50 intégral !

De même, nous proposons d’accorder 15% aux jeunes au sein des instances dirigeantes comme sur les listes électorales avec des sièges réservés au Comité Central pour les travailleurs manuels et les handicapés. Une révolution des mœurs politiques se prépare, vous l’aurez compris !

Et ce n’est que le début : carte de parti et cotisation annuelle pour tout membre; création d’une Ligue des vétérans pour faire entendre la voix des retraités et agir comme réseau de solidarité; un Comité des sages, à la fois instance de conciliation et de médiation en cas de conflit, et commission électorale interne; dispositions détaillés pour la collecte et la gestion des finances du parti; une assemblée générale annuelle pour que les dirigeants présentent aux délégués leur bilan; un think tank appelé Policy Council; une Université d’Été, forum de débat d’idées annuel ouvert au public….

Le MMM redevient la boîte à idées pour révolutionner la politique et renouveler la démocratie mauricienne.

* En attendant, que faites-vous de l’avenir des mouvements politiques de Ivan Collendavelloo et de Alan Ganoo? Ils demeureront des forces d’appoint pour le MSM et ne parviendront pas à vraiment défier le MMM de Paul Bérenger ?

J’ai longtemps plaidé pour une réunification du MMM.

Toutefois, l’évolution du ML m’inquiète. Ce parti sombre dans le mimétisme par rapport au MSM. Avez-vous, ne serait-ce qu’une seule fois, noté une position ML distincte de l’Alliance gouvernementale ? Ce parti n’aura fait illusion que le temps d’une élection générale et est aujourd’hui, semble-t-il, miné de l’intérieur par la contestation, de la part de ceux habitués au fonctionnement du MMM, du style dictatorial de ses dirigeants.

Quant au MP, après une période où il donna l’impression de vouloir, à tout prix, rejoindre la majorité, il semble s’être ressaisi et c’est tant mieux pour la démocratie.

Il est clair que ces partis ne pourront jamais prendre la place du MMM et j’en appelle à l’unité de tous ceux partageant les idéaux, les valeurs et les principes du MMM, présentés dans la ‘Déclaration de Principes’ en préambule à la nouvelle Constitution que nous proposons au MMM.

Nous y réaffirmons notre adhésion totale aux valeurs de l’unité et du Mauricianisme; de l’égalité des droits et des chances, de liberté individuelle, de solidarité; de responsabilité écologique; d’égalité entre les sexes; de démocratie participative intégrale; de laïcité et du respect de la diversité de l’expression culturelle, d’intégrité, et d’internationalisme qui sont le fondement d’un socialisme écologique, féministe et démocratique aux couleurs de Maurice.

* On pourrait pu croire que c’est le Muvman Liberater de Ivan Collendavelloo et celui de Alan Ganoo, le Mouvement patriotique, qui devraient se faire de soucis de la montée en puissance du PMSD de Xavier Duval, mais il semble que les ambitions “nationales” de ce dernier devraient aussi interpeller le MMM, n’est-ce pas ?

Depuis les élections, le PMSD cherche à se présenter comme un parti clean, sans responsabilité aucune pour les erreurs de l’ancien régime dont il a fait partie de 2005 à 2014 et sans implication aucune dans tous les couacs et les dérives du présent gouvernement. C’est très habile de sa part et il parvient, dans une certaine mesure à faire illusion.

De même, il se présente comme parti des jeunes et moderniste, usant avec un certain succès des médias sociaux.

Certes, le PMSD d’aujourd’hui n’est plus le parti d’extrême-droite qu’il fut jadis mais au-delà de son attachement à représenter les siens au sein de tout régime, il demeure un parti conservateur adoptant des positions libérales sur certaines questions comme la peine de mort, par exemple. Par contre, sur le ‘Best Loser System’ et la classification communale dans la Constitution du pays, il reste arc-bouté sur ses positions de toujours.

Ce que le PMSD ose mentionner du bout des lèvres, nous le réalisons dans les faits. Ainsi, nous proposons ces jours-ci un Code de conduite détaillé imposant un devoir d’intégrité et de transparence et d’un comportement exemplaire, à tout membre du MMM, y compris les dirigeants et les élus. Nous y énonçons les devoirs du parti envers ses militants et nous proclamons que le respect de la loi, en toutes circonstances, s’impose à toutes et à tous au MMM. C’est sans précédent à Maurice et c’est un aperçu d’une autre manière de faire de la politique au 21ème siècle.

* Par ailleurs, il semblerait que quelle que soit la décision de la justice dans l’affaire MedPoint, le MSM lui va maintenir le cap, sous le leadership déterminé de Sir Anerood Jugnauth – “personne pas pou bouz moi,” a-t-il déclaré avec force récemment. Donc rien à prévoir en termes de chambardements politiques majeurs sur ce plan-là, sinon quelques mouvements de colère venant de l’intérieur du gouvernement lui-même et des règlements de comptes, n’est-ce pas ?

Tout au contraire, je crois que nous allons témoigner d’une instabilité politique croissante. D’abord, parce que l’économie ne décolle pas, qu’il n’y a pas de “développement” comme disent les gens, et que le gouvernement semble privilégier une inquisition généralisée à n’en plus finir.

Ensuite, parce que le gouvernement n’a ni les compétences ni l’expérience pour régler les problèmes auxquels sont confrontés les Mauriciens dans la vie de tous les jours. Et puis, il y les contradictions et les divisions à l’intérieur du régime qui ressemblent de plus en plus à un feuilleton de mauvais goût et interminable.

Hier, c’était la désillusion. Aujourd’hui, c’est une exaspération palpable au sein de la population qui s’accompagne d’une perte de confiance vis-à-vis de la politique. C’est grave pour la démocratie et pour le pays. Il faut réagir.

En proposant une modernisation du MMM, non seulement nous cherchons à favoriser la relance et la montée en puissance du parti mais nous ambitionnons d’inventer, avec les jeunes d’esprit, la politique de demain.

* Published in print edition on 22 April 2016

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