Interview : Mohamad Vayid

 

 

Interview : Mohamad Vayid


« Un leadership collégial n’a jamais fonctionné et il faut un seul timonier à la barre »

* « Le Labour est toujours une force avec laquelle il faut compter et c’est sans doute la notion de fin de règne du MSM, et même de Paul Bérenger, qui incite les dirigeants actuels du MMM à ménager le PTr »

* « « Il existait suffisamment d’arguments et de dossiers pour attaquer le gouvernement sur les cas allégués d’abus de pouvoir pour ne pas avoir à divulguer les détails intimes de la vie privée de ses anciens alliés. C’est là un procédé bas et vil »

* « « Nous ne pouvons plus avoir des membres du Parlement à temps partiel. Quand on considère ce qu’ils coûtent aux contribuables… nous n’en avons pas pour notre argent… »

Les mauvaises nouvelles font la une de la presse et se succèdent. Par ailleurs, chaque parti politique fait face à des crises spécifiques tandis que la question énergétique dévoile et confirme les dessous de certains contrats. Comment réagit le Mauricien face à ces interminables affaires ? Mohamad Vayid nous livre ses impressions.

 

Mauritius Times : Selon un sondage effectué par DCDM Research auprès de 600 Mauriciens entre le 15 et le 31 janvier dernier, une majorité de Mauriciens (8 sur 10) disent qu’ils sont satisfaits de leur vie actuelle, et trois sur quatre sont optimistes pour l’année 2013. Le taux de satisfaction est certes plus élevé chez les professionnels et les plus aisés, etc. Néanmoins, on aurait cru que les « mauvaises » nouvelles, telles que véhiculées quotidiennement par la presse écrite et les radios privées depuis le début de cette année auraient une incidence déprimante sur le moral des Mauriciens. Il ne semble pas que tel soit effectivement le cas ?

Mohamad Vayid : Rien d’étonnant dans le résultat de ce sondage. On n’a qu’à voir le nombre de Français et d’autres étrangers qui viennent séjourner à Maurice quelquefois en infraction aux lois du pays. L’herbe est plus verte chez nous que nous ne l’imaginons. Il fait bon vivre à Maurice. Notre parcours historique a été suffisamment positif pour que nous en tirions une certaine satisfaction, n’en déplaise aux critiques.

D’autre part, il ne faut pas tirer de conclusions trop flatteuses de ce sondage. Il reste beaucoup à faire. Malheureusement la politisation outrancière de l’administration est une préoccupation majeure, les nominés politiques font beaucoup de tort à la nation, les mécanismes de décision sont trop souvent paralysés, et le copinage et la corruption nous donnent une mauvaise réputation. Ce sont ces constats qui quelquefois dépriment le peuple car ce dernier se rend compte qu’il y a trop de laissés-pour-compte.

* Personnellement, ces « mauvaises » nouvelles vous ont-elles déprimé, M. Vayid ? Ou est-ce que c’est la manière dont ces affaires ont été gérées à coup d’interrogatoires aux Casernes centrales et de « gagging orders » qui vous chiffonnent?

Nous sommes habitués aux grands titres soufflants des journaux qui nous laissent sur notre faim lorsque nous lisons le texte qui les accompagne. Le sensationnalisme, les effets d’annonce nous sont familiers. Les mauvaises nouvelles et l’opposition font vendre les journaux. Les gens heureux n’ont pas d’histoire, c’est connu. Les détails des opérations de police aux Casernes centrales, ou ailleurs, commencent à perdre de leur intérêt et le public finira par être blasé.

Mais les Mauriciens ont un seuil élevé de tolérance : c’est ce qui fait leur force et leur permet de traiter les médias avec un certain scepticisme, sinon une grande désinvolture. Mais comme la presse écrite est une espèce menacée, les journaux jouent avec le feu en exploitant à fond cette tolérance populaire.

* Que pensez-vous du traitement accordé à ces affaires par la presse ? A-t-elle agi correctement, à votre avis ?

La presse est l’enfant terrible de toute démocratie. Il faut faire avec. C’est une erreur de partir en guerre contre les médias. Beekrumsing Ramlallah, Philippe Forget, Jean Margéot, Henri Souchon, pour ne nommer que quelques-uns, se sont battus pour la liberté de la presse et il faut honorer leur mémoire.

Mais la presse, rappelons-le, n’est pas une entité abstraite, sans visage et dénuée d’engagements particuliers. Elle est représentée par des acteurs, hommes et femmes, armés et protégés par tout un attirail de défense légale, constitutionnelle, et économique. Ces gens ont leurs préjugés, leurs partis pris, leur allégeance partisane. Ils n’habitent pas les hauteurs de la moralité publique et de l’éthique professionnelle. Ce qui s’est passé en Angleterre récemment avec des journaux de Rupert Murdoch (News of the World, The Sun) et à la BBC avec l’affaire Jimmy Saville, doit nous faire réfléchir et nous amener à une réalité plus juste.

Je suis pour la liberté totale de la presse et pour l’exercice de son métier sans aucune contrainte, excepté celles du bon goût, de la bienséance, de la retenue, de l’usage du bistouri plutôt que de Ia hache. Il y a trop de rédacteurs qui se prennent pour le Grand Ferré, le guerrier médiéval français qui se battait avec une hache contre les Anglais !

La presse n’est pas non plus infaillible. Elle commet des erreurs tous les jours, pas toujours des erreurs de jugement. Une récente correspondance de Dharam Gokhool, ancien ministre de l’Education, et de Sunil Jeetah, administrateur d’une institution tertiaire a remonté les bretelles d’un journal du matin – et elle n’a pas été suivie d’une note de la rédaction pour se déjuger.

Il y a aussi une forte dose d’hypocrisie dans les attaques de certains journaux et de l’Opposition. Ceux qui ont péché sont souvent les plus ardents des jeteurs de pierre. Je me souviens que, dans les années 60, un membre du Conseil Exécutif, éminent légiste issu de la haute société, avait refusé d’arborer les lettres E.C. sur la plaque d’immatriculation de sa voiture, comme les autres membres du Conseil Exécutif, par décence disait-il, car sa voiture était souvent stationnée devant des maisons closes. Il ne souffrait pas qu’on apprenne qu’un membre du Conseil Exécutif fréquentait une adresse mal famée.

En ce qui concerne le grand branle-bas de combat de la presse concernant des investigations dans la vie privés des gens haut placés, il faut se rappeler qu’il y a quatre ans, un mari éploré est allé déballer ses déboires conjugaux dans une salle de rédaction, mais la presse n’avait alors aucun point d’appui sur lequel échafauder une attaque en règle contre le Premier ministre. L’incident au Collège Maurice Curé lui a fourni le prétexte tant attendu, l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. C’était une erreur fatidique de la part de l’activiste politique que de se manifester publiquement en cette occasion et la suite a fait les choux gras de certains journaux.

* « Non aux atteintes à la vie personnelle ! » a lancé le leader suppléant du MMM Alan Ganoo, samedi dernier, aux hommes politiques de tous bords qui, selon lui, ont tendance à tout mélanger ces derniers temps. M Ganoo affirme qu’une telle pratique ne peut que discréditer la classe politique. Mise en garde tardive, mais salutaire quand même, n’est-ce pas ?

Il est regrettable que Alan Ganoo n’ait pas cru bon de fustiger son allié Pravind Jugnauth pour son impardonnable impair en divulguant une conversation privée et confidentielle entre le Premier ministre et lui afin de marquer des points politiques. Je suis peut-être vieux jeu, mais j’appartiens à une tradition qui condamnait comme ignoble le rôle de délateur, surtout si c’est par intérêt. C’est une entorse très grave à une convention non écrite que toute confidence entre le PM et ses ministres est placée sous le sceau du secret et doit être protégée en toutes circonstances.

Il existait suffisamment d’arguments et de dossiers pour attaquer le gouvernement sur les cas allégués d’abus de pouvoir pour ne pas avoir à divulguer les détails intimes de la vie privée de ses anciens alliés. C’est là un procédé bas et vil. Il faut toujours respecter l’adversaire, car il est souvent un allié de l’avenir, mais la retenue et l’éthique ne sont pas de mise dans la joute politique actuelle, ce qui a malheureusement disgracié toute la classe politique.

* Il semble cependant que les attaques contre la vie privée peuvent s’avérer des armes redoutables pour affaiblir l’adversaire du jour… en vue de le forcer à revenir à la table des négociations. Au fait, les conditions actuelles se prêtent favorablement à la reprise des négociations : un Ramgoolam affaibli politiquement, et un Bérenger souffrant. Chacun se trouve donc dans une disposition à rechercher une solution politique commune. Votre opinion ?

Il est évident que le MSM n’en mène pas très large dans la configuration politique actuelle bien que Navin Ramgoolam soit sorti plutôt affaibli et fragilisé de la récente confrontation. Mais le Labour est toujours une force avec laquelle il faut compter et c’est sans doute la notion de fin de règne du MSM, et même de Paul Bérenger, qui incite les dirigeants actuels du MMM à ménager le Parti travailliste à ne pas hypothéquer une alliance qui est dans la nature des choses, alliance plus naturelle, selon certains du MMM, que celle qui prévaut en ce moment.

En ce qui concerne le duel à distance impliquant le leader du PMSD, Xavier Duval, et le ministre Sik Yuen présentement, c’est peut-être un signe précurseur d’une crise qui s’annonce. Mais il faut toutefois se garder de tirer des conclusions hâtives, car Xavier Duval sait pertinemment bien qu’il a tout à perdre s’il quittait le gouvernement.

* Il est peut-être trop tôt pour parler du remplacement de Paul Bérenger ou de Navin Ramgoolam. Nous ne savons pas non plus ce qu’en pensent les militants du MMM du « remplacement collégial » à la tête de ce parti. Pensez-vous toutefois qu’il est temps d’en parler ? De cette question et mais aussi de la réforme de nos partis politiques ?

Les leaders politiques sont traditionnellement allergiques à l’identification d’un successeur éventuel. Ils le savent : « Nothing succeeds like successors ». Avouons-le : le « succession planning » n’a jamais fait partie des pratiques des partis politiques. C’est aussi une question complexe, étant donné chez nous les considérations de caste, d’ethnie et de culture. Un leadership collégial n’a jamais fonctionné et il faut un seul timonier à la barre. Mais le peuple est, de nos jours, mieux préparé à des innovations, à un nouveau départ, même sur les plans politique et ethnique . Il faudrait cependant que le processus de sélection, ou d’élection, d’un successeur au leader soit transparent et démocratique. Il est temps d’y penser.

* Un développement positif intervenu la semaine dernière après des semaines consacrées aux affaires privées : la publication des Power Purchase Agreements (PPAs) signés entre le CEB et les Independent Power Producers (IPPs). Quelle lecture faites-vous de ces PPAs ?

On est encore loin du compte. Il n’y a pas que les IPPs. Il y a aussi de nombreux accords qui sont tenus secrets, comme l’a fait ressortir Anil Gayan dans une récente chronique. La transparence, lorsqu’il s’agit de l’intérêt et des deniers publics, ne doit souffrir d’aucune ombre, d’aucune exception. Il y a trop de contrats qui sont occultés, ce qui provoque la suspicion et les accusations de corruption. Le CT Power, Mangalore, le projet du métro léger et de la carte d’identité de Singapour, Jin Fei, le Neotown des Patel – nous interpellent toujours. Mais soyons bon prince et contentons-nous du peu, si c’est un commencement d’une politique d’ouverture et de transparence généralisée.

Relativement au contenu de ces contrats, les Independent Power Producers ont tiré les draps de leur côté, comme aurait fait tout négociateur qui traite avec un partenaire mal préparé et sans grande connaissance du secteur en question. Il y a aussi eu des risques considérables dans les projets des IPPs, et il faut convenir que les producteurs indépendants ont misé sur le succès de leur projet à grand renfort d’investissements financiers, technologiques et humains. Mais on aurait dû prévoir de nouvelles négociations après une période initiale de 3/4 ans à la lumière de l’expérience acquise et de la profitabilité du projet. Toutefois, une étude, plus en profondeur, des documents afférents permettrait de donner une opinion plus juste.

* L’actuel président du PTr, M. Patrick Assirvaden, qui avait également présidé le conseil d’administration du CEB pendant quelques années, a lancé un appel au gouvernement pour qu’il rende public le rapport de l’arbitre Hunton & Williams. « La-dans ki éna tamassa ! » a-t-il déclaré. Tout à fait raisonnable, n’est-ce pas ?

J’ai eu l’occasion de critiquer vigoureusement le rapport du Hunton & Williams quand j’étais à la NESC, et j’ai communiqué mes observations au ministre de l’Energie. Par la suite, Hunton & Williams a revu sa copie, car le gouvernement avait dépêché une délégation aux Etats-Unis pour faire des représentations au plus haut niveau. Suite à ces développements, le rapport avait été modifié de fond en comble, et nous avons maintenant un document plus équilibré. Le public a droit à la lecture de ce rapport qui l’intéresse au plus haut point.

* Si « tamassa » il y en a dans les rapports CEB-IPPs, il est du devoir du gouvernement d’y mettre fin. La question, toutefois, reste posée : comment s’y prendre ?

Il n’y a pas 36 solutions. Il faut tout d’abord la transparence et l’élimination des lobbies, qui font pression en faveur de certains groupes industriels, moyennant des commissions faramineuses, bien sûr. Il faut aussi des institutions intègres et fiables pour examiner les dossiers des soumissionnaires et garder les politiciens loin des délibérations des décideurs. Il faut surtout garantir la sécurité des études en comité des projets soumis au gouvernement.

* Quelle opinion faites-vous du projet de CT Power ? Les Travaillistes affirment que le contrat liant ces promoteurs au CEB est nettement plus avantageux pour le pays…

CT Power a surtout péché par un manque de transparence dès le départ. Le mystère entourant ses promoteurs, les concessions qu’il exige du gouvernement, le coût de l’infrastructure qu’il faut mettre en place, l’usage du charbon, les craintes des habitants d’Albion et du Club Med de la région en font une problématique épineuse, exacerbée par la dimension ethnique qui a vicié les controverses suscités par le projet. Voilà une entité anonyme étrangère qui soudain apparaît à l’horizon et sème la zizanie et le désarroi dans la population.

Il faut donc dépassionner le débat et le vider de son contenu émotionnel. Pour cela, il faut la transparence totale et un exposé lucide et chiffré de ce que le projet présente réellement. Ce qui n’a pas été fait jusqu’ici. On s’est contenté des données théoriques ou abstraites sans évaluer l’impact éventuel de ce projet sur nos finances et nos besoins énergétiques réels.

D’autre part, les appréhensions des habitants d’Albion méritent toute notre attention. Et, puisque nous sommes en démocratie, exigeons des révélations complètes et sans équivoques sur les tenants et aboutissants du projet.

* Avez-vous l’impression que les autorités concernées ont accordé suffisamment de réflexion par rapport à notre sécurité énergétique, aux énergies renouvelables ?

On ne peut pas traiter de toute la question des besoins énergétiques du pays en isolant les IPPs, le CT Power de l’énergie éolienne, géothermique ou océanique. Il faut une approche globale intégrée, menée non seulement par des scientifiques mais aussi par des visionnaires, des planificateurs, des légistes et des polyvalents chevronnés, qui pourraient intégrer les différents volets de notre avenir énergétique économiquement et socialement tout en protégeant notre environnement.

Mais le gouvernement s’est fourvoyé dès le départ avec le lancement avorté de ‘Maurice Ile Durable’. Sans leadership éclairé, mature et compétent, cette louable initiative a été un échec retentissant. Tout est sous la férule de la politique partisane. On a raté là une excellente occasion de faire la différence concernant notre avenir énergétique. Mais il n’est pas trop tard. On peut repartir à zéro en nommant une équipe vraiment compétente pour exécuter ce programme ambitieux et potentiellement salutaire.

* Faut-il également qu’on ait surtout les moyens de nos ambitions ?

Nos moyens sont sous pression. Nos ressources financières sont souvent dilapidées, nos ressources humaines ne sont pas très performantes et nos décideurs sont trop lents ou incapables. D’autre part, notre endettement national est déjà trop lourd à porter et nous prévoyons des dépenses astronomiques avec un abandon coupable. Trente milliards pour l’infrastructure routière, une vingtaine d’autres milliards pour le ‘Dream Bridge’, 25 milliards pour le métro léger. Des milliards pour le CT Power, alors que le CEB a déjà une ardoise qu’il traîne comme un boulet. Sans parler des pertes colossales chez Air Mauritius et STC avec le ‘hedge fund’. On se demande si ce n’est pas là une politique de terre brûlée ou de «Après moi le déluge » !

Non, nous n’avons pas les moyens d’une ambition démesurée, mais si nous sommes plus sélectifs et si nous établissons des priorités cohérentes et logiques, nous pouvons nous en sortir. Ce qui est très grave entre-temps, c’est le fardeau financier que le gouvernement est en train d’imposer aux générations futures, à nos enfants et nos petits-enfants, qui auront à régler la note de notre dette publique qui pourrait atteindre 300 ou 400 milliards de roupies.

* Comment voyez-vous se développer la situation qui prévaut actuellement dans le pays, politiquement, socialement et économiquement ?

La classe politique doit se restructurer et se renouveler de fond en comble. Elle est non seulement affaiblie, épuisée et secouée mais décrédibilisée. Il faut un renouveau salutaire qui embrase les esprits, crée un nouveau dynamisme.

Mais nous avons escamoté les vrais enjeux de notre situation. La question de ‘Best Loser’ nous a fait perdre beaucoup de temps. Ce qu’il faut, c’est une réforme constitutionnelle de grande envergure. Nous vivons dans une monarchie presque absolue. Il n’y a plus de « checks and balances » suffisants pour contenir les excès du pouvoir en place. La liberté d’action des travailleurs doit être rétablie, mais il faut aussi responsabiliser les syndicalistes.

Nous ne pouvons plus avoir des membres du Parlement à temps partiel. Quand on considère ce qu’ils coûtent aux contribuables avec leurs interminables vacances qui retardent le passage des lois et provoquent des certificats d’urgence, leurs réunions une fois la semaine pendant à peine sept mois de l’année, leurs salaires, leurs privilèges, leur pensions, leurs voitures hors taxe, nous n’en avons pas pour notre argent. Une réforme est impérative.

Le temps est aussi venu pour l’examen d’un projet de Conseil constitutionnel, qui exercera un droit de regard sur toute législation, surtout celles ayant trait aux libertés du citoyen.

Le conflit larvé entre le pouvoir politique et le pouvoir économique va continuer, mais si nous avons besoin d’un gouvernement fort et visionnaire, nous avons aussi besoin d’un secteur privé énergique et performant : on souhaite seulement qu’il soit plus éclairé et socialement responsable. Il y a des lueurs d’espoir à l’horizon.

Sir Seewoosagur Ramgoolam comprenait cela ; c’est pourquoi il s’était toujours évertué à obtenir la collaboration des barons sucriers et des grandes familles. Mais cela ne l’a pas empêché de participer au pouvoir économique en créant plusieurs corporations d’Etat dont la SBM et Air Mauritius, pour ne nommer que ces deux-là. Le gouvernement travailliste a toujours œuvré en faveur du « ti-dimoune » tout en laissant un espace suffisant au secteur privé pour se développer et prospérer, ce qui a permis à ce dernier de s’enrichir et de consolider sa puissance économique.

Nous avons un parcours très positif en ce qui concerne la coopération secteur privé-gouvernement, mais il faut se protéger des démons qui surgissent de temps en temps dans ces relations. La récente OPA des certaines éminences grises du secteur privé sur la MEF est un exemple qui nous rappelle que ces démons ne dorment jamais. Si les autorités avalisent cette OPA, elle aiderait à créer un monstre menaçant qui pourrait barrer la route aux initiatives futures du gouvernement, sans compter que ces éminences grises comptent mettre la main sur les avoirs considérables de la MEF pour son trésor de guerre.

 

 

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