“2016 sera l’année de l’élargissement de la fracture sociale et de l’apartheid économique”

Interview : Jack Bizlall

 ‘Si Ramgoolam ne part pas, le PTr risque de disparaître, puisqu’il n’y aura pas de relève’

La fin de l’année est source de joie mais aussi d’inquiétude pour un certain nombre d’êtres humains soucieux de l’avenir de leurs semblables. Tel est le cas pour l’infatigable combattant Jack Bizall. Il nous brosse un portrait réaliste de la situation politique et sociale du moment et il nous livre ses impressions pour l’année 2015.

Mauritius Times : Il me semble vous avoir entendu dire que 2015 aura été une année de grandes inquiétudes…

Jack Bizlall : C’est vrai je suis inquiet. Une inquiétude est une appréhension d’un danger, une crainte de ce qui peut ou de ce qui va arriver, et qui n’est pas souhaité. Une inquiétude est un bouclier contre la peur, un refus de l’aventurisme et un moyen de se projeter dans l’inconnu. C’est surtout un moyen de prendre conscience de son environnement.

Il y a de quoi être inquiet. Nous avons certes tourné la page de la République présidentielle de Ramgoolam, mais nous sommes retombés sous le contrôle de la Dynastie Jugnauth. Je demande aux habitants de notre pays à apprendre à le connaître. Pour cela, il faut le suivre depuis bien avant l’indépendance du pays pour le comprendre.

D’abord, il a un passé dont les journalistes évitent de parler. Il a une aversion du travaillisme. Je peux comprendre pourquoi, puisqu’il n’a jamais été un socialiste et je sais de quoi je parle. Par exemple, il n’a absolument rien contribué aux programmes du MMM.

Ce qui l’intéresse, c’est le pouvoir. Pour atteindre son but, il a contracté plusieurs alliances politiques et avec tout le monde : MMM, PTr, PMSD, PSM, PL, … Ce qui est grave, c’est sa stratégie de casser les partis politiques « ennemis ». Il n’a pas d’adversaire en politique. Il a des ennemis de l’heure.

Il impose le suivisme et la soumission de son entourage. Vous savez les révolutionnaires, les résistants (les vrais) et les adeptes de certaines religions) ne se soumettent à aucun humain. Voyez ce qu’est devenu Soodhun. C’est l’exemple de la soumission caractérisée. Il y a plusieurs autres dans sa situation. Un soumis est un exécutant dangereux.

Puis-je demander aux intellectuels qui le suivent de me dire quelle est l’idéologie de Jugnauth ? Quel est son programme politique ? Quelle est sa perspective constitutionnelle ?

* Quelles ont été les autres raisons de votre inquiétude cette année-ci ? La loi Bhadain ? L’agenda politique du pouvoir et les arrestations de Ramgoolam et des autres qui se sont suivies ? L’absence d’une opposition forte ou le pouvoir lui-même?

Tout. Je n’ai pas aimé l’ingérence des ministres dans une affaire qui relève de la police. Je n’ai pas aimé l’attaque contre le DPP. Beaucoup d’actions relèvent de l’inconscience de quatre ministres au sein du gouvernement. Ils ont agi comme des pions de Jugnauth. Cela fait honte.

Quand vous voyez Bhadain jeter par terre l’opuscule du Mouvement Premier Mai sur une nouvelle Constitution, avec colère et dédain en proposant un amendement de la Constitution pour faire le jeu du pouvoir en place contre ses ennemis politiques, n’y-a-t-il aucune raison d’être inquiet ?

Quand vous constatez le refus de Bhadain de prendre ses distances de l’affaire Medpoint, lequel est un scandale, de prendre conscience qu’il faut se méfier des hommes politiques… Comment peut-il dire qu’il change les choses avec la surprotection dont jouit Gooljoory et demain Soornack… N’avons-nous vraiment aucune raison d’être inquiets ?

Fort heureusement, nous avons une opposition parlementaire et extra-parlementaire qui réagissent. Sinon l’inquiétude tournerait à la révolte. Je vous dis franchement si le pays continue à subir la Dynastie et ses suiveurs, il n’y aura que deux choix : la soumission généralisée ou la révolte.

Chacun prendra ses responsabilités. Je constate que certains à gauche pataugent dans la collaboration avec le régime à travers Bhadain comme ce fut le cas dans le passé avec le régime de Ramgoolam à travers Nita Deerpalsing. Le pouvoirisme est en train de finir nos meilleurs combattants.

* Si 2015 renferme des éléments d’inquiétudes, de quoi sera fait 2016, selon vous ? Ou pourrait croire que ce sera encore et toujours « work in progress » – cela en accord avec l’agenda politique de l’actuel régime, non ?

Faisons un constat sans complaisance : les jeunes du gouvernement sont décevants. Beaucoup d’entre eux ne connaissent pas notre Histoire et les enjeux de la politique. Ce n’est pas seulement de la méconnaissance, mais ce serait plutôt de la bêtise. C’est déjà choquant que quelqu’un d’entre eux avoue candidement ne rien connaître de l’affaire Gorah Issac, qui a été pourtant un des premiers attentats intégristes dans le monde. Mais c’est inacceptable qu’il ne fasse aucune différence entre un projet politique partisan ou circonstanciel et un amendement constitutionnel qui change la nature de l’Etat dans la durée ! C’est inouï à moins qu’il ait un agenda politique personnel.

Prenons par exemple ce qui se passe actuellement en France où il y a un débat sur la manière de combattre les attentats téléguidés de l’IS. Il y a eu plusieurs victimes et ces criminels sont dangereux : 130 morts le 13 novembre 2015. C’est grave. Hollande a proposé la déchéance de nationalité pour ceux qui sont nés en France mais qui ont conservé aussi la nationalité de leurs parents nés ailleurs.

La déchéance de nationalité a été une des pratiques fascistes du gouvernement de Vichy contre les Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Et voilà une proposition pour amender la Constitution dans ce sens. Fort heureusement, des démocrates au sein de la gauche s’opposent à un tel projet. Fort probablement le gouvernement français se repliera vers des lois organiques pour combattre les terroristes. La loi prévoit déjà cette déchéance contre ceux qui ont obtenu la nationalité française et NON contre ceux qui sont nés en France. Nuance.

Si quelqu’un qui combat cet amendement est qualifié de passéiste, selon mon point de vue, l’accusateur serait un homme dangereux en sus d’être un inculte. Voilà ce que nous avons hérité comme des dirigeants du futur, et ils ont l’audace de croire qu’ils sont des ténors, avec leur orgueil et leur arrogance abêtissants, piétinant tout même l’amitié.

2016 sera fait d’inculture sur le plan du débat parce que ces jeunes ne sont que des produits du fordisme intellectuel. Ils ne savent que ce qu’ils ont appris sur les bancs de l’université et sont, d’autre part, des réductionnistes qui ont des fixations psychopathologiques.

2016 sera l’année de l’élargissement de la fracture sociale et de l’apartheid sur le plan économique et social avec des Smart cities. Je reviendrai sur cette question.

2016 sera l’année de la pratique confucéenne avec la concentration des pouvoirs entre les mains d’une Dynastie et des lois liberticides. Nous aurons à faire face à un dirigisme économique qui nous entraînera encore plus en dehors du cadre de l’économie réelle et de l’Etat social et d’un dirigisme politique qui s’attaquera à nos libertés et à nos droits et, pire encore, à notre démocratie et à nos institutions indépendantes.

Je n’ai pas les moyens que ceux au pouvoir détiennent pour mener un combat politique d’envergure. Ceux qui sont dans le combat syndical sont débordés. La solution, c’est la publication d’un mensuel. C’est ce qui va être fait au début de l’année prochaine. Je fais enregistrer une compagnie de publication et un journal d’ici le 15 janvier 2016.

2016 doit nous rassembler pour une vraie résistance et une vrai alternative. Ceux qui se retranchent dans le sectarisme de gauche doivent se ressaisir pendant qu’il est encore temps.

Je suis désolé de constater certaines choses fort impropres à gauche. On ne pourra pas continuer à se battre sans dénoncer certaines pratiques, voire même certaines personnes.

* Par ailleurs, il est sans doute difficile de dire à ce stade si le régime qui nous gouverne parviendra à neutraliser Navin Ramgoolam et le PTr, mais une question mérite d’être posée : peut-on détruire ou se débarrasser d’un grand parti tel que le PTr ?

J’ai adressé une lettre à Ramgoolam hier par la poste. Cette lettre dit ce qui suit : « Je vous ai plusieurs fois informé de mes critiques sur vous pour un changement de votre part. J’ai dépensé mon temps et mon argent pour faire une publication sur vous en 2010. Je vous ai envoyé une copie. Maintes fois, je vous ai critiqué dans mes interviews dans le Mauritius Times. Je vous ai adressé des lettres personnelles pour vous dire de quitter la direction du Parti Travailliste.

Ma conclusion est que vous n’allez pas changer. Mais votre ennemi vous chasse. Tant que vous resterez à la tête du PTr, ce pays risque de se trouver sous le joug de la Dynastie des Jugnauth avec ses soumis et ses suiveurs.

Partez. Dites à votre clique de quitter la direction du PTr. Vous avez fait assez de mal à ce pays en tant que PM. Cessez de faire du mal à ce pays en tant que simple citoyen. Partez aussi vite que possible. Vous ne serez jamais encore le Premier ministre de notre République. La population ne vous aime pas. Partez.

Votre ennemi vise à tuer le Travaillisme et le Militantisme. Vous restez avec vos suiveurs à la tête du PTr, c’est notre République qui va souffrir. Si d’ici la fin de l’année vous ne partez pas, vous seriez un irresponsable. »

Si Ramgoolam ne part pas, le PTr risque de disparaître, puisqu’il n’y aura pas de relève. Mais je ne me soucie pas du PTr. Je me soucie du travaillisme. Ce que le pays est aujourd’hui, repose sur deux socles : le travaillisme et le militantisme. Je suis d’avis que le combat aujourd’hui doit être mené contre la dynastie des Jugnauth et contre Ramgoolam concurremment. Ce doit être du « ni l’un, ni l’autre ».

* La même interrogation pourrait s’appliquer également en ce qui concerne le MMM. La réponse se trouve peut-être dans l’affirmation de Paul Bérenger à l’effet que le MMM se trouve devant un grand boulevard, et pour une fois il ne semble pas qu’il se soit trompé dans son analyse du rapport de forces qui se présente sur l’échiquier politique. Qu’en pensez-vous ?

Je me suis rendu chez Bérenger il y a quelques semaines en compagnie de deux dirigeants d’un syndicat pour lui parler de la situation aux casinos. Cela fait des années que je n’ai pas été chez lui et on ne se rencontre presque jamais. Dieu merci pour nous, puisque cela nous évite des attaques apoplectiques. D’autant plus que nous vieillissons.

J’ai été surpris et heureux de constater que sa maison n’a pas beaucoup changé. Il est entouré de ses dossiers et, quand on lui parle, on constate qu’il sait de quoi il s’agit et qu’il se documente sur tout. Il n’a pas beaucoup changé du point de vue de ses rapports avec les autres. Il est toujours resté accessible tout en étant distant.

Ecoutez, pour ce que je connais de Bérenger il ne changera pas. Sa tactique est de tout faire pour se porter au pouvoir. Le pouvoir pour lui est un élixir. C’est un chat qui tombe toujours sur ses pattes qu’importe que ce soit sur terre, dans l’eau ou ailleurs. De quel boulevard parle-t-il ? Il a vidé complètement la boîte de Pandore où il ne restait pourtant que de l’espérance. Dans quelques années, il partira et laissera le pays entre les mains de personnes qui ne sont pas recommandables. On dit que la fin justifie les moyens. Il me semble qu’il n’a pas compris qu’en politique, on ne peut pas tout faire.

Faut-il croire qu’il n’est pas rassasié de ses alliances « bidon » avec les Jugnauth et les Ramgoolam ? L’autre jour, un jeune me disait que la liberté est une illusion. Je lui ai répondu que la mort étant une certitude, je ne vois pas comment vivre libre serait une illusion, à moins qu’on se projette dans une vie illusoire après la mort. A un autre j’ai dit ceci : Qu’en République la démocratie est au fond une institution idéologique et politique au service des personnes libres qui affirment leurs libertés par l’aliénation des autres.

Un aliéné est quelqu’un au départ libre mais qui par soumission volontaire a perdu sa liberté au profit d’un autre. C’est très paradoxal ce que je dis. Mais qui nous dit qu’il faut s’enterrer dans l’opinion commune ?

Je laisse à Bérenger le soin de réfléchir sur les rapports entre la liberté, la démocratie et l’aliénation pour se poser la question : Ai-je bien assumé ma vie politique ? Si la réponse est négative, qu’il change de pratique. Selon mon point de vue, il n’y a pas de vie après la mort. Il faut tout commencer et tout bien finir de notre vivant. Cela s’adresse aussi à Jugnauth, Ramgoolam et les autres — à gauche comme à droite.

* Et que faites-vous de l’avenir des mouvements politiques de Ivan Collendavelloo et de Alan Ganoo ? Ils demeureront des forces d’appoint pour le MSM et ne parviendront pas à vraiment pouvoir challenge le MMM de Paul Bérenger ?

Je n’ai pas trop connu Ivan Collendavelloo. Nous n’avons jamais lutté politiquement ensemble. A-t-il du caractère ? Je le pense. On verra bien s’il l’exprimera quand viendra l’heure. Pour l’instant, il est très critique vis-à-vis du MMM. Il n’a pas un grand rôle dans le gouvernement de Jugnauth. Il a avalé quelques couleuvres. Ce n’est pas grave. J’attends sa réaction quand ce sera un anaconda qu’il aura à avaler.

Ganoo est différent. Ce fut un Trotskiste se réclamant de la révolution permanente à l’époque où il avait comme amis Bibi et Ruchpaul. Il a fait de l’entrisme au sein du MMMSP (Maoïste et Marxiste Léniniste) pour atterrir au MMM (de tendance sociale démocrate et réformiste). Aujourd’hui, il assume la direction d’un parti politique en attente d’une alliance politique avec le départ des uns et des autres, ce qui fait de ce parti politique un parti opportuniste. Mais que l’on se rassure, c’est un excellent député de sa circonscription et il a un grand cœur.

Collendavelloo ressemble beaucoup plus à Bérenger qu’à Ganoo. Ni l’un, ni l’autre ne veut vraiment s’opposer au MMM. Je pense que tous ces dirigeants ne se rendent pas compte qu’ils sont tous menacés par les Jugnauth. Ils n’ont pas d’autre choix entre la soumission et leur disparition. Leur opposition au MMM n’est qu’un prétexte pour se donner une existence par rapport au MSM, Xavier Duval y compris. On pourrait appeler cela de l’ «existentiel opportuniste ».

* Il semblerait que quelle que soit la décision de la justice dans l’affaire MedPoint, le MSM va maintenir le cap, sous le leadership fort et déterminé de Sir Anerood Jugnauth. Donc rien à prévoir en termes de chambardements politiques majeurs sur ce plan-là, n’est-ce pas ?

Vous faites erreur. Quand le roi meurt, si le dauphin n’est pas à la hauteur, le nouveau roi est autrement choisi au sein de la famille royale souvent par des magouilles et la mort politique de certains prétendants.

Si vous suivez les événements, la première victime sera Lutchmeenaraidoo. Suivez bien attentivement le comportement du couple Soodhun-Bhadain. Xavier Duval a eu à se taire. Les contacts ont été rétablis entre le MMM et le MSM par le rapprochement entre leurs dirigeants. En politique, rien ne se fait innocemment.

Il y a des affiches de Pravind Jugnauth collées partout. L’information circule que Pravind Jugnauth va gagner son cas en cour et il retournera au gouvernement en tant que ministre des Finances.

Le feu sera allumé si Pravind Jugnauth gagne effectivement son cas et que l’affaire ne soit pas portée en appel par le DPP et l’ICAC. J’ai lu le jugement, j’ai tout un dossier sur Medpoint et, plus important, il faudra se référer au débat parlementaire du 22 mars 2011. Accablant !

* Pour revenir au ‘bonhomme’, SAJ fait effectivement montre d’une détermination et d’une confiance personnelle dans la capacité de son gouvernement de réussir son « deuxième miracle économique ». S’il réussit ce coup-là, la traversée du désert sera encore plus longue autant pour le PTr que le MMM, non ?

Quel miracle économique ? Qui nous pousse à penser sémantiquement que notre économie connaîtra un développement exceptionnel ? Vous savez ce sont les producteurs qui produisent notre richesse. Ils sont des milliers de travailleurs. Beaucoup ont souffert de ce qui s’est passé. Le 17 mai 1995 Jugnauth emprisonna Soodhun et lanca les blindés de la SMF contre les travailleurs de la Zone Franche alors que Laridon et la FTU avaient recherché le soutien des travailleurs contre des patrons hongkongais. Un jour, il faudra raconter ce qui s’est vraiment passé.

Vous savez on peut vivre mieux dans notre pays sans adopter les projets du gouvernement actuel avec un endettement massif et la mainmise des financiers sur notre économie. Il nous faut envisager une vie simple. La modernité a plusieurs significations économiques. C’est dommage que le débat soit enfermé dans des mots comme « miracle ». On attend donc les résultats d’un dirigisme économique à la sauce Lutchmeenaraidoo. On verra.

* En attendant, que faites-vous des résultats du dernier sondage de LSL/DCDM sur la cote de popularité du gouvernement et de quelques personnalités de l’opposition ?

Les sondages passent, les hommes trépassent, seule la politique demeure.

On a le sondage que l’on veut et le résultat que l’on décide. Si je demande si les humains soutiennent entre bonnet blanc et blanc bonnet, beaucoup choisiront l’un ou l’autre. L’un récoltera forcément plus de vote que l’autre. Pour utiliser une image, je dirais que les deux s’accompagnent dans la gastroentérite. La question est donc posée pour ne donner que la réponse visée. La question pertinente serait de savoir s’il n’y a pas d’épidémie de gastro.

En Espagne, le bipartisme s’estompe en faveur de l’extrême- gauche. En France, c’est la même chose en faveur de l’extrême- droite. Il faut se concentrer sur le mouvement des choses en politique. Le mouvement avant tout. Il faut se préparer en permanence et n’être ni attentiste ni aventuriste. Il faut apprendre à se méfier des sondages entre deux élections.

Au sein du Mouvement Premier Mai, on est conscient de quatre choses :

1) que la vraie alternative ne se construira pas d’une façon centralisée, bureaucratique et stalinienne. Il faudra associer tout le monde au sein de notre société avec un noyau dur politiquement averti et formé ;

2) que la vraie alternative doit se construire à la fois en écrit et en action. Il faut des idées élaborées. On écrit beaucoup et on agit constamment.

3) il faut une clarté dans notre opposition aux forces politiques existantes. Pas de compromissions sur le plan du positionnement sans pour autant vouloir briser le multipartisme. Une société de classe repose sur les libertés, les droits, la démocratie, les institutions indépendantes et les lois non liberticides ; et

4) il faut de l’intelligence dans la pensée, de la conviction dans la parole, de la détermination dans l’action et ne pas voir le monde en noir ou blanc, en Dieu ou diable, bref avec une approche manichéenne.

* Y a-t-il des enseignements dans ce que ce sondage nous indique par rapport à Xavier Duval et Arvind Boolell ? L’avenir leur appartient ?

Chacun a l’avenir qu’il mérite et qu’il souhaite. Mais l’avenir politique de quelqu’un est surtout formulé par d’autres. Ce sont les autres qui ont construit Jugnauth et Ramgoolam.

Duval est un opportuniste qui n’hésite pas à dénoncer qui il veut et à s’associer avec qui il veut. C’est un homme sans cœur qui est resté hier froid envers les milliers de pensionnés de l’industrie sucrière et, aujourd’hui, envers les veuves du port. Il faudra le dénoncer, D’ailleurs, une manifestation est organisée par les veuves devant son bureau le 29 décembre prochain.

Boolell est une victime des travaillistes et de lui-même. Tout le monde souhaite qu’il soit à la tête du PTr mais personne n’ose se soulever contre Ramgoolam. Boolell, selon mon point de vue, surestime le castrisme au sein du Parti Travailliste. Quel avenir peut-il avoir avec une peur bleue dans le ventre qu’il ne sera pas accepté à cause de ce qu’il prétend être ? Je lisais l’autre jour un livre intitulé « Dalit freedom now and for ever » écrit par Joseph d’Souza. Que le PTr se protège du castéisme. Il faut arrêter avec ces considérations abêtissantes.

D’autre part, quand on dit que l’avenir appartient à Duval et à Boolell, que veut-on insinuer ? Si c’est la chute de la Dynastie des Jugnauth, il y a là un désir inconscient de combattre cette dynastie. Pourquoi ne pas le faire ouvertement et politiquement ? Pourquoi faut-il le faire par personnes interposées ?

 

* Published in print edition on 18 December 2015

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