Passation de pouvoir : « Sans légitimité populaire, le pays risque de devenir ingouvernable… à cause des ‘unintended consequences’ »

Interview: Dharam Gokhool —

* ‘Cet exercice pourrait bien devenir un turning-point à la fois pour
Ramgoolam et Bérenger’

* 9 Year Schooling : ‘Le nivellement par le bas est programmé. La privatisation va faire son entrée par la grande porte et l’écart entre les riches et les pauvres va s’accentuer’

Chaque pays a sa manière de mesurer la performance du gouvernement en place. La majorité des pays dépendent de l’analyse critique des médias sur les ministères ou les ministres choisis. Il existe aussi les vrais faux bilans imaginés par certains et qui ne persuadent plus l’électorat. La Côte d’Ivoire propose une plateforme officielle en ligne, avec des résultats quantitatifs et qualitatifs, pour accéder au bilan du gouvernement. Dans la République de Maurice, ce sont les résultats des élections qui sont déterminants : le verdict du peuple décrit clairement ce que pense la majorité silencieuse. Cette semaine, Dharam Gokhool, ancien ministre de l’Education et observateur politique, donne ses impressions sur le Gouvernement.

Mauritius Times : C’est l’heure du bilan après bientôt deux ans au pouvoir du Gouvernement Lepep. Quelle opinion en faites-vous ? Mi-figue mi-raisin ?

Dharam Gokhool : Soyons honnêtes. En décembre 2014, la victoire de l’alliance Lepep n’était pas « by design », c’était plutôt « by default ».Un mois avant les élections, l’alliance Lepep avait misé sur une présence comme une Opposition à l’Assemblée nationale pour barrer la route au tandem Ramgoolam-Bérenger. La peur d’une dictature était palpable au sein de la population.

SAJ s’est présenté comme un sauveur pour le pays .Entouré d’une équipe hétéroclite, sans un programme bien travaillé et bien ficelé, l’alliance Lepep a capitalisé sur le désarroi de la population en promettant (i) un deuxième miracle économique, et (ii) un combat contre la pourriture de corruption et le népotisme – le fameux projet de nettoyage.

Globalement, « so far », l’alliance Lepep n’a pu honorer ses engagements sur ces deux principaux axes de son programme. Avec recul, la population se sent victime du « post-truth politics». A la place d’un miracle économique, c’est la morosité économique qui frappe le pays ; l’écart entre les riches et les pauvres se creuse davantage ; le chômage persiste – environ 10,000 jeunes diplômés sont soit « under-employed » ou « unemployed », et ce nombre s’accroit chaque année créant les conditions pour un « lost generation ». La classe moyenne rétrécit. La situation de law and order crée un climat d’insécurité et les ravages du fléau de la drogue vont avoir des conséquences graves sur l’avenir de notre société.

Pour résumer sur ce point, l’action gouvernementale de l’Alliance Lepep, à ce jour, ne correspond pas aux engagements pris envers la population malgré quelques mesures et projets annoncés ou initiés. D’ailleurs, on demande à la population d’être patient car il faut du temps pour avoir des résultats concrets.

* En principe, les élections ne sont pas pour bientôt, et le Gouvernement dispose toujours de trois ans pour essayer de renverser la vapeur et remplir son contrat vis-à-vis de l’électorat. Il a intérêt à ‘deliver’, cela afin de pouvoir négocier, le temps venu, un arrangement politique avec un éventuel allié pour les prochaines législatives. Est-ce que c’est ‘doable’, selon vous ?

Théoriquement, le Gouvernement dispose de trois ans. Mais le contexte politique est très instable, imprévisible.

Vu l’accumulation des problèmes qui touchent quotidiennement la population (baisse du pouvoir d’achat, pénurie d’eau, carences dans le transport public, tracasseries administratives, etc.), les tractations et préoccupations « pouvoiristes » du régime en place, la frustration et la colère qui gagnent du terrain et la pression exercée par l’Opposition, on a l’impression que le pays est déjà en campagne électorale ou presque.

Le marketing politique agressif du Prime Minister-in-waiting, à travers des congrès et/ou des meetings appuyés par la MBC-TV, amplifie cette impression de campagne électorale. De plus, au sein même du Gouvernement, certains sentent que « terrain pe glisser » et ils donnent de la voix tandis que la grande majorité continue à vivre dans leur « comfort zone ».

Nous ne sommes pas en présence d’une équipe soudée et d’un leadership déterminé à « deliver the goods ». Et le « sauveur » de la nation a décidé de jeter l’éponge…

Dans ces conditions, est-ce que ce Gouvernement arrivera à focaliser sur ses engagement envers la population et à renverser la vapeur ? Personnellement, je ne suis pas trop optimiste sur ce plan.

Quant aux arrangements électoraux éventuels, le bilan gouvernemental joue un rôle, mais il y a d’autres éléments qui entrent en jeu, tels que les mathématiques électorales, les calculs communaux et castéistes, les positionnements « pouvoiristes »des dirigeants, etc.

Sans une bonne réforme électorale et un projet de loi pour le financement des partis politiques, je crains fort que nous ne soyons condamnés à revivre ces moments pénibles aux prochaines législatives.

* Ma question précédente présuppose que le MSM cherchera ailleurs pour les prochaines législatives, ce qui laisse croire que ses alliés actuels vont se trouver livrés à eux-mêmes. Le ML ne dispose pas d’une grande marge de manœuvre en ce qui concerne ses options politiques pour l’avenir. Par contre, voyez-vous le PMSD grimper dans la locomotive du ‘winning horse’ ?

Tout compte fait, le ML est resté dans les ‘starting blocks’. Son poids électoral est négligeable. Quant au PMSD, il donne l’impression de jouer la prudence et de ne pas trop se mouiller et attend en bon opportuniste de « grimper dans la locomotive du ‘winning horse’ ». Mais, attention ! Cette posture comporte de gros risques. Le PMSD prône une ouverture vers la jeunesse. Mais cette jeunesse est très frileuse au phénomène typiquement morisien « carapatte change lichien ».

Avant de grimper dans la prochaine locomotive du « winning horse », le PMSD aura à prendre en considération le mood de l’électorat, en particulier celui des jeunes la génération internet – ce sont eux qui peuvent jouer les troubles fêtes.

* Certains analystes politiques veulent croire dans un « phénomène Xavier Duval ». Le PMSD dispose de temps ; Xavier Duval a encore 10 ou 15 bonnes années devant lui, et sa popularité personnelle auprès de toutes les composantes de notre société fait qu’on le croit capable de représenter une alternative à Paul Bérenger. Qu’en pensez-vous ?

Dans le paysage politique mauricien actuel, c’est tout à fait possible de voir émerger Xavier Duval comme une alternative à Paul Bérenger. Mais je pense qu’au sein du PMSD, ils envisagent – du moins, c’est ce que clament certains apparatchiks du parti – un avenir beaucoup plus prometteur pour Xavier Duval.

Certainement, il a fait quelques références à cette deuxième possibilité mais, à ce jour, Xavier Duval ne s’est pas encore prononcé d’une façon catégorique et sans équivoque à ce propos. Peut-être attend-il le moment opportun…

Il est tout à fait légitime qu’il aspire à jouer un rôle de premier plan. Mais au-delà d’une position opportuniste, il doit aussi définir une mission nationale et s’engager à le réaliser. Au lieu d’attendre 10 à 15 ans…

Souvenez-vous de ces paroles que le grand dramaturge français du 17e siècle, Corneille, fait dire à Don Rodrigue, dans Le Cid:

« Je suis jeune, il est vrai; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ».

Est-ce que Xavier Duval se contentera d’être un simple alter ego de Bérenger ou envisage-t-il sérieusement de jouer un rôle de premier plan ? Le temps nous le dira.

* Par ailleurs, ce qui semble préoccuper l’attention du Gouvernement, en particulier le parti majoritaire de cette alliance gouvernementale présentement, c’est la gestion de la transition annoncée entre le père et le fils. Ce dernier s’habille déjà dans un costume premier ministériel, et quoi qu’en pensent les dirigeants de l’opposition en termes d’action concertée ou de ‘pacte républicain’ pour barrer la route au leader du MSM, il parait que les choses vont se dérouler comme l’aura décidé SAJ. Pas de surprise donc à prévoir sur ce plan-là ?

Je suis d’accord que SAJ sait exactement ce qu’il veut … malgré le fait qu’il donne l’impression d’être surpris, choqué ou de ne rien savoir. Il veut que son fils Pravind Jugnauth accède au poste de Premier ministre.

Apres la victoire inattendue de l’Alliance Lepep, cette éventualité a dû lui paraitre facilement réalisable.

Mais avec l’affaire MedPoint, les différents faux pas tels que la gestion chaotique de l’affaire BAI/Bramer et le projet Heritage City, ses démêlés avec Vishnu Lutchmeenaraidoo, le recrutement abusif des proches du pouvoir, le manque de bilan impressionnant, le retour en force du « King Lion » et la campagne intense de l’Opposition contre le deal Papa Piti, la situation est devenue beaucoup plus compliquée.

SAJ et Pravind Jugnauth peuvent bien aller de l’avant avec leur projet. Mais, à mon avis, cet exercice pourrait bien devenir un turning-point à la fois pour Ramgoolam et Bérenger.

En décembre 2014, la population a refusé de cautionner le projet présidentiel Ramgoolam/Bérenger. Mais si Pravind Jugnauth devient Premier ministre, sans être plébiscité par l’électorat, ce sera perçu comme un acte pire que celui envisagé par le tandem Ramgoolam/Bérenger. L’agitation politique va prendre le devant et le pays va en souffrir terriblement.

Sans légitimité populaire, le pays risque de devenir ingouvernable… à cause des « unintended consequences » qui vont suivre.

* Mais certains observateurs disent percevoir une certaine hésitation chez SAJ de passer le témoin au leader du MSM. Ce n’est certainement pas en raison du costume premier ministériel qui ne sied pas à Pravind Jugnauth, selon l’avis de Paul Bérenger. De quoi s’agit-il, d’après vous ?

Après la victoire de l’Alliance PTr/MSM en 2010, qui aurait pu prédire la cassure du gouvernement ? L’affaire MedPoint a contribué à cette cassure. Nous avons eu un wasted mandate de 2010 à 2014.

L’ombre de l’affaire MedPoint plane toujours. C’est comme une malédiction, surtout que ce projet avait trait au bien-être des personnes âgées dont la bénédiction est recherchée assidûment par toute la classe politique.

On ne connait pas l’issue de l’affaire devant la Cour Suprême et, éventuellement, devant les Law Lords. Il y a beaucoup d’incertitudes.

C’est une énorme responsabilité pour un Premier ministre d’abandonner son poste au profit de son fils… avec l’épée de Damoclès de l’affaire MedPoint suspendue à son cou. SAJ a souvent parlé de l’héritage qu’il veut laisser à la génération future. Il y a l’intérêt de son fils, mais il y a aussi sa responsabilité vis-à-vis de l’Histoire et de la postérité, tant sur le plan local qu’international.

Paul Bérenger ne fait que placer SAJ devant ses responsabilités comme Premier ministre d’un pays. SAJ a deux choix : l’intérêt du pays ou l’intérêt de son fils…

L’hésitation notée chez SAJ par certains observateurs s’explique par cette situation inédite.

* Quoi qu’il en soit, la transition se fera tôt ou tard — en mars 2017 ou plus tôt. Cependant, ce qui est certain, c’est le vaste chantier et les multiples défis qu’aura à faire face l’actuel Prime Minister-in-waiting. Se basant sur sa performance en tant que responsable de différentes portefeuilles ministérielles dans le passé, dont l’Agriculture, la Technologie de la Communication et de l’Innovation (TCI), les Finances, diriez-vous que son ‘track record’ laisse présager un Premier ministre confiant et capable de mobiliser les énergies autour de lui afin de réussir son prime ministership?

L’exposition et l’expérience acquises par Pravind Jugnauth lors de ses différentes attributions ministérielles représentent certainement un avantage.

Mais le poste de Premier ministre comporte d’autres responsabilités et exige d’autres compétences et qualités, selon la Constitution de notre pays. La confiance de la population, par exemple, est essentielle.

Cette confiance-là, on l’obtient à travers les élections. La population a l’occasion de comparer, juger et décider : qui est le plus apte à occuper ce poste parmi les premier ministrables ? C’est la règle dans une démocratie et une tradition bien ancrée chez les Mauriciens.

Le « track record » auquel vous faites référence est important mais pas suffisant pour exercer des responsabilités de Premier ministre avec efficacité.

* Pravind Jugnauth cherchera à marquer sa différence, à se faire respecter en tant que leader de l’Alliance Lepep par ses collègues du MSM et surtout par les leaders des partis alliés. Comment vont évoluer les choses pour son gouvernement et lui, selon vous ?

Dans l’éventualité que Pravind Jugnauth accède au poste de Premier ministre, il va de soi qu’il essayera de d’imposer son style, son approche. He will try to have his say and his way. L’affaire Air Mauritus/Megh Pillay en est un exemple.

Il se présente comme quelqu’un qui n’est pas attaché au poste de ministre ou de Premier ministre. Il prône le dialogue avec ses alliés. Il dit privilégier l’implémentation du programme de l’alliance Lepep et vouloir obtenir des résultats. Il insiste sur la discipline au sein de son parti. Il se présente comme un bon père de famille.

Autant d’indications qu’il veut bien jouer à fond son rôle de leader de l’alliance et de Premier ministre du gouvernement de l’Alliance Lepep.

Tous ces éléments peuvent contribuer à l’exercice du pouvoir d’un Premier ministre mais l’obstacle principal, comme souligné auparavant, demeurera la question de légitimité à ce poste.

Sur cette question-là, l’Opposition affiche une posture de « no retreat, no surrender ». Le mood de la population ne témoigne pas du feel-good factor à cette éventualité. Disons que la proposition de Pravind Jugnauth comme Premier ministre ne dégage pas une chimie entre la population et lui.

L’Alliance Lepep avec Pravind Jugnauth comme Premier ministre devra s’attendre à des secousses politiques.

* Qu’en est-il actuellement en ce qui concerne la gestion des affaires de l’Etat ? Il parait que le gouvernement a pris conscience de la gravité du fléau de la drogue, et semble déterminé à le combattre. On s’attaque aussi au domaine éducatif – du primaire au tertiaire –, et la mise en application du ‘Nine Year Schooling’ est en cours. Par ailleurs, on anticipe un taux de croissance de 3,5% pour cette année, 3,8 à 4% pour 2017, cela dans un contexte difficile sur le plan mondial… Ce n’est pas si mauvais que cela, non ?

Concernant le combat contre la drogue, nous vivons un paradoxe. La Commission sur la drogue est une initiative fort louable. Celle-ci fait un travail très méticuleux. Mais la population n’arrive pas à comprendre, comment, malgré tout l’arsenal légal, juridique et institutionnel, le trafic de drogue continue de plus belle jusqu’à atteindre la force policière et nos institutions scolaires.

Un drogué dans une famille, c’est un drame, une tragédie humaine. Nous devons être impitoyables envers les marchands de la mort. Nous vivons dans un petit pays. Avec un service d’intelligence et des « visible signs of undeclared wealth », pourquoi ce sont toujours les petits poissons qui sont pris dans le filets et non pas les gros requins ?

Quant au secteur de l’éducation, sérieusement, vous pensez que le Gouvernement est en train d’entamer une réforme du système éducatif ? Apres deux ans, la ministre de l’Education n’arrive toujours pas à faire la différence entre « Schooling » et
« Education » ?

Certains documents parlent de « Nine Year Schooling » (NYS), d’autres de « Nine Year Continuous Basic Education » (NYCBE). Which is which ?

Dans mon interview au Mauritius Times du 9 avril 2015, j’avais disséqué le projet du «‘Nine Year Schooling’ ». Je vous rappelle les grandes lignes de mon analyse.

En analysant le projet de Nine Year Schooling, je me suis posé la question suivante : Sommes-nous en présence d’un véritable projet de réforme de notre système éducatif pour préparer nos enfants et nos jeunes de la République de Maurice à mieux affronter les nombreux défis d’un monde globalisé ?

Ce projet concerne principalement les niveaux primaire et secondaire et vise à régler le problème d’un taux d’échec élevé au CPE et de permettre à un plus grand nombre d’enfants d’avoir accès au niveau secondaire.

Est-ce qu’on a bien analysé l’origine de ce taux d’échec ? Ne sommes-nous pas en train d’appliquer des solutions de complaisance sans aller aux sources du problème ? Sait-on qu’un enfant qui n’est pas exposé à un environnement du préscolaire risque d’accumuler des retards d’adaptation et d’apprentissage dans son parcours scolaire à l’école primaire ?

Des études scientifiques prouvent que c’est le cas. C’est la raison pour laquelle le Early Childhood Care and Education Authority Act (2008) avait été votée – une loi cadre pour moderniser le secteur préscolaire. C’est aussi dans cette optique que le projet « Bridging the Gap » avait été lancé en 2006.

Toutes les organisations internationales pour la promotion de l’éducation – UNESCO, ADEA, UNICEF, OECD, Banque Mondiale, BIT – s’accordent à dire qu’il ne faut pas négliger le secteur préscolaire.

Ce projet de Nine Year Schooling n’adopte pas une approche holistique du système éducatif. La Early Childhood Care and Education qui constitue la fondation même de tout système éducatif est exclue. Où devrait commencer l’éducation de l’enfant mauricien ? D’autre part, n’y a-t-il pas lieu de mieux planifier et agencer la transition du niveau secondaire au niveau supérieur ?

Ce projet va faciliter l’accès en terme de quantité au détriment de la qualité car les enfants, qu’ils réussissent ou échouent aux examens, vont accéder au Grade 7. Le nivellement par le bas est programmé. La privatisation (environ 20% de la population du niveau primaire a déjà délaissé l’école publique pour l’école privée) va faire son entrée par la grande porte et l’écart entre les riches et les pauvres va s’accentuer. Il y aura aussi une discrimination sur une base géographique – les enfants des régions rurales auront un problème d’accès aux ‘high demand colleges’ se trouvant principalement dans les régions urbaines. Ce projet est un exemple classique de mettre la charrue avant les bœufs.

Quant à la situation économique, les statistiques et les chiffres sont encourageants mais bien en-dessous des projections des ministres des Finances successifs. Il faut aller au-delà des chiffres et considérer l’impact réel sur la qualité de vie de nos concitoyens. D’où provient cette croissance ? Est-elle durable ? Comment cette croissance se traduit-elle en termes de création de nouveaux emplois, d’augmentation du pouvoir d’achat des ménages, d’amélioration de la qualité des divers services dispensés par le secteur public ? Qui en profite vraiment ?

La question fondamentale demeure ceci : dans quelle mesure la croissance économique se conjugue-t-elle avec le développement économique et social ? Are people better off today than they were yesterday ?

* Vous aviez pris position dans le passé contre la régionalisation style Obeegadoo dans le secteur éducatif. Voyez-vous Mme Leela Devi-Dookun Luchoomun surpasser Steven Obeegadoo sur ce plan-là ?

D’abord, à l’annonce du projet « NYS »/« NYCBE », Steven Obeegadoo l’a applaudi. Puis, il a qualifié le même projet de « véritable galimatias ».

Kadress Pillay a dit que ce projet a semé la panique et une phobie parmi certains parents.

Les autres stakeholders sont unanimes à décrier le déficit de communication autour de ce projet.

En 2015, je disais, la réussite ou non du projet de Mme la Ministre n’est pas gagné d’avance car ce projet a de nombreuses implications pédagogiques, pratiques et financières qu’il faut régler. Il n’y a pas lieu de se précipiter. L’adage dit : Mieux préparer pour bien gérer et bien gérer pour mieux éduquer.

Mais la plus grande faille du projet NYS/NYCBE se trouve dans l’exclusion de l’étape cruciale de tout projet moderne de réforme éducative.

A la page 23 du manifeste électoral de l’Alliance Lepep, on peut lire ceci :

« Retournons leur enfance à nos enfants et donnons-leur l’éducation qu’ils méritent, telle est la devise pour le secteur de l’éducation. Notre engagement est de favoriser l’épanouissement total de nos enfants. »

L’épanouissement de l’enfant mauricien doit commencer avec le niveau préscolaire dans notre système éducatif, où le développement cérébral de l’enfant est le plus rapide. Tel n’est pas le cas avec le NYS /NYCBE.

D’autre part, dans un budget global de Rs 16 milliards pour le secteur éducatif, l’allocation pour le secteur préscolaire est de 2% seulement. De quel épanouissement total de l’enfant mauricien parle-t-on ?

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