Forum – A propos du DTAA Inde-Maurice

Qu’est-ce que nos faux socialistes défendant les richesses de l’Offshore ont à gagner ?

Notre secteur offshore déblatère-t-il dans le vide ? Il critique allègrement notre ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, l’accusant d’être badin. A leur dire, il aurait dû faire ceci ou cela, mais surtout ne pas faire ce qu’il a cru devoir faire. Il ne fallait pas le plébisciter le 10 décembre 2014. Il fallait tout faire pour empêcher cela. Critiquer n’est pas action. Si Bhadain est le fossoyeur que certains prétendent qu’il est, notre secteur offshore a intérêt à cesser de faire semblant de dormir. Le réveil, pour ne pas dire la résurrection, est ici de règle. Parler, noircir les colonnes de nos journaux, ne suffisent pas. Il doit agir, sinon réagir, empêcher l’inéluctable. Il ne peut pas prétendre maîtriser les rouages d’une macro-économie mondiale de plus en plus globalisée et ne pas pouvoir empêcher ce novice en la matière d’enterrer un secteur prétendant être prometteur.

Pour justifier sa totale incapacité d’obliger Roshi Bhadain de réparer le tort qu’il aurait commis, le secteur offshore n’a surtout pas le droit d’utiliser la loi du plus fort car c’est l’argument déjà utilisé par ledit Roshi Bhadain, pour nous faire comprendre que le pot-de-terre (Maurice) ne peut aucunement dicter quoi que ce soit au pot-de-fer (l’Inde). Comme le dit si bien Sir Anerood Jugnauth, pour que deux Premiers ministres se rencontrent, faut-il encore que Modi veuille le faire. Autrement dit, un tango se danse à deux.

Maurice ne peut empêcher la Grande Péninsule de faire son grand nettoyage au karcher économique et financier, en lien avec divers pays et de reprendre les privilèges spéciaux accordés à Maurice pour notre période de développement. Comme cela avait été le cas avec le Protocole sucre Afrique/Caraïbes. Nous ne pouvons que subir ce coup de balai. En pareil cas, les faibles pleurnichent. Les débrouillards, les plus astucieux, changent déjà leur fusil d’épaule. Ils mettent au point de nouvelles stratégies qui leur permettront dans les mois à venir d’absorber les créneaux paralysés, occupés aujourd’hui, par des pleurnichards trop passifs.

La mort annoncée de notre secteur offshore nous rappelle la même littérature funéraire en vigueur quand le Protocole Sucre était à l’article de la mort.

Le Roshi Bhadain d’alors s’appelait curieusement Navin Ramgoolam. A son retour d’un de ses nombreux voyages parisiens auprès de son cher ami, Jacques Chirac, il avait commis l’imprudence de faire publiquement état de la mort programmée du Protocole Sucre. On l’avait agonisé d’injures.

Nos barons sucriers ont appris, depuis, à travailler sans filet protecteur. Ils gagnent au change qu’un faux propriétaire (notre gouvernement) cesse enfin de le traiter comme une vache à lait à pressurer. Ils ont reconquis le droit d’élaguer les branches pourries de cette industrie, permettant aux plus fortes d’obtenir davantage de sève. De sucrière, l’industrie devient cannière et énergétique. Ils (nos barons) peuvent faire la nique à ceux qui prophétisaient la mort de King Sugar.

Ce dernier se convertit désormais en Smart Cities, en grandes surfaces, en Bagatelle, en Tamarina Golf Course, en villes intelligentes, entre autres, la ville aéroportuaire. La diversification paye !

Que penser de planificateurs économiques n’ayant pas prévu la fin du cycle de ponte de la poule aux œufs d’or indien ? Ont-ils commis l’imprudence de placer tous leurs œufs dans le même panier ? Le Ciel nous épargne, ici, tout slip of the tongue.

Un détail nous reste quand même au travers de la gorge. Passe encore que de jeunes Turcs de la Haute Finance pestent contre la mauvaise gouvernance financière de Roshi Bhadain. Mais quand de vieux socialistes déclarés, invétérés, ayant plusieurs fois sévi sous cette étiquette anticapitaliste, se font les ardents défenseurs publics des milliardaires embusqués de tous les pays, profitant d’une économie parallèle, sinon sous-marine, abjecte au dire de certains car ne contribuant nullement ou presque au mieux-être de l’Humanité, voilà qui dépasse l’entendement…

Qu’ont-ils à gagner en s’empressant au secours de ces propriétaires peut-être d’argent sale, d’argent criminel, d’argent toxique, d’argent meurtrier (à côté bien sûr de l’argent propre) qui n’ont guère l’air de s’émouvoir du coup de Jarnac que l’Inde vient de nous décocher le plus fraternellement possible ?

Michael Atchia, Raouf Bundhun, Roger Leung, Yvan Martial
Democracy Watch Mauritius

* Published in print edition on 20 May 2016

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