Education tertiaire gratuite : « Un cadeau mais… un cadeau empoisonné »

Interview: Dharam Gokhool – Ancien ministre de l’Education

‘Cette fois-ci, dimoune pas pou alle vote pied banane. Je ne prévois ni raz de marée ni aucune victoire by default

‘L’amateurisme n’a pas sa raison d’être dans le domaine de l’Education’


Le PM a annoncé que l’éducation sera gratuite au niveau tertiaire. Tandis que certains accueillent la nouvelle favorablement, d’autres ne sont pas d’accord avec cette mesure et se positionnent contre l’extension de la gratuité pour des raisons économiques, entre autres.  Pour faire le point, nous avons invité un ancien ministre de l’Education, Dharam Gokhool. Il s’attarde sur les réformes éducatives, les défis du secteur tertiaire par rapport au marché du travail,  les problématiques associées au choix d’une filière pour les jeunes aujourd’hui. Lire ci-après :


Mauritius Times : Que vous indique l’état des lieux de l’éducation actuellement tant dans les établissements secondaires qu’au niveau tertiaire par rapport aux faiblesses ou à l’efficacité de notre système éducatif ?

Dharam Gokhool : La situation qui prévaut aujourd’hui au niveau secondaire et au niveau tertiaire n’est pas une surprise pour moi vu l’approche adoptée par la ministre de l’Education nationale. C’est la même situation qui prévaut aux niveaux pré-primaire et primaire.

Je vais résumer l’état des lieux dans le secteur éducatif en une phrase : Going from bad to worse.

Mais cette situation me préoccupe énormément non seulement en tant que professionnel de ce secteur mais aussi bien en qualité d’ancien ministre de l’Education nationale de 2005 à 2008.

Pendant mon mandat durant trois ans, j’ai appris une grande leçon qui m’a été d’une utilité précieuse dans mes responsabilités ministérielles que je résumerai ainsi : « Bien préparer pour bien gérer et bien gérer pour mieux éduquer. »

C’est dans cet état d’esprit qu’avec l’aide des cadres du ministère et le concours des « stakeholders », nous avions engagé des réflexions – d’une façon holistique et systémique – sur les enjeux du secteur éducatif et nous avions élaboré des plans stratégiques pour l’avenir du secteur avant de concrétiser certaines initiatives spécifiques pour chaque secteur du système éducatif. Je vous cite, à titre d’exemple, quelques documents que nous avions élaborés :

  • Special Education Needs and Inclusive Education in Mauritius National Policy & Strategy Document (mars 2006)
  • Towards a Quality Curriculum: Strategy for Reforms (septembre 2006)
  • Early Childhood Education
  • Education & Human Resources Strategy Plan 2008-2020
  • National Curriculum Framework for Primary Education (2007)
  • National Curriculum Framework for Pre-Primary Education (2008)
  • National Curriculum Framework for Secondary Education (2009)
  • Strategic Paper for Tertiary Education (2008)

Ce travail de base était essentiel pour bien calibrer et coordonner les initiatives de réforme et assurer une cohérence dans les différents secteurs du système éducatif.

Que voyons-nous aujourd’hui ? Par manque de planification et d’une approche holistique, on tourne en rond et les faiblesses s’accentuent.

Que se passe-t-il si un ministre ne maîtrise pas les complexités du « système » éducatif ? L’amateurisme donne lieu au « fire-fighting » et le « crisis management ».

Etes-vous surpris que la gratuité pour le niveau tertiaire ait été annoncée par le PM sans consultation avec Madame la ministre ?

* Voyez-vous une constance – et une logique – dans les récentes décisions gouvernementales par rapport aux niveaux secondaire et tertiaire ?

Encore une fois, y a-t-il eu une réflexion sérieuse sur toutes les implications pratiques des mesures annoncées ? Le désarroi parmi parents et jeunes qui n’ont pas obtenu les 3 « Credits » est palpable.

  • Est-ce que la filière technique et vocationnelle (TVET) est préparée à accueillir ces milliers de jeunes ?
  • De quelle(s) filière(s) parle-t-on ?
  • N’y a-t-il pas un risque de saturer les filières existantes ?
  • Combien de jeunes ont bénéficié du « Career Guidance » au préalable avant d’intégrer le TVET ?
  • Est-ce qu’on va rééditer le projet « Prevoc » du ministre Obeegadoo où les jeunes ont perdu 3 à 4 ans dans des centres pré-vocationnels ?
  • Comme vous le savez déjà, l’Etat subventionne les examens uniquement une première fois. Comment vont faire ceux issus de milieux modestes qui n’auront pas les moyens financiers pour passer de nouveau des examens soit en cas d’échec ou seulement pour améliorer leurs résultats de SC avec l’objectif d’intégrer le HSC ?

Au-delà de la rhétorique, que font ces nominés politiques – l’un qui est un ancien directeur de l’IVTB – recyclé en conseiller en matière de TVET auprès de la ministre, et l’autre – ayant passé un quart de siècle comme haut cadre du secteur éducatif avec la bénédiction du Parti Travailliste, puis converti en conseiller du MMM et maintenant, recyclé en propagandiste du système singapourien.

Concrètement, où sont les propositions pour l’avenir afin que nos jeunes d’aujourd’hui n’appartiennent pas à une « lost generation » ?

Quant à la gratuité au niveau tertiaire, les risques d’une réduction dans le budget de développement (‘Capital Budget’) sont réels, ce qui pourrait entraîner une détérioration de la qualité générale. Notez que je ne parle pas uniquement de la qualité des résultats académiques.

Les infrastructures vétustes étaient au cœur des PNQ récemment à l’Assemblée nationale. Vous allez faire le même constat en ce qu’il s’agit de l’université de Maurice et de la Open University.

D’autre part, le Gouvernement n’a pas bien mesuré l’impact socio-économique de cette mesure car « Egalité » n’est pas synonyme « d’Equité ». Cette mesure pourra bien avoir un effet contraire dans le moyen terme et le long terme en aggravant la fracture sociale.

* En ce qui concerne les résultats détaillés non-publiés du School Certificate, certains se sont posé la question : que cache le MES ? La réticence des autorités à rendre public ces résultats est probablement dû au fait que ce n’est pas beau à voir. Qu’en pensez-vous ?

C’est sans précédent ! Une opacité qui intrigue et interpelle parents, élèves, professionnels et grand public. C’est l’incompréhension et l’indignation générale comme vous le savez déjà.

D’abord, il y a eu le refus d’introduire une Freedom of Information Act et les tentatives de museler les réseaux sociaux. Voilà maintenant une institution qui devrait informer et éclairer l’opinion publique, et aider à engager une réflexion sérieuse quant à la performance de nos jeunes à l’épreuve du Cambridge School Certificate (SC), le MES, qui a recours à une forme de censure de l’information. C’est grave, provoquant et honteux.

En essayant de cacher ce qui est l’évidence même – la qualité des résultats a chuté, probablement dans des matières fondamentales comme les mathématiques, l’anglais ou le français – la direction du MES ne ferait-elle pas preuve d’irresponsabilité et d’incompétence ?

Avec les nouvelles dispositions de l’obtention de 4 Credits pour accéder en HSC, la colère gronde. N’aurait-il pas fallu préparer un « Strategic plan » en collaboration avec tous les « stakeholders », et sensibiliser les parents et les jeunes aux nouveaux besoins du marché de l’emploi afin que personne ne soit pris au dépourvu ?

Le comble, c’est que le monsieur – qui assure la communication du ministère – lui-même un nominé politique – essaierait de nous fait avaler la couleuvre que le MES est une institution indépendante (alors que c’est une vérité de la Palice que cette institution est dirigée par une nominée politique) et que le ministère n’y peut rien…

Il ne faudrait pas prendre les citoyens de la République pour des moutons de Panurge !

* Il n’y a pas que le niveau secondaire. Beaucoup de ceux qui opèrent dans le milieu tertiaire soutiennent que le niveau est aujourd’hui au plus bas et que la gratuité universitaire, qu’elle soit une mesure électoraliste ou non, ne fera donc que ‘reproduire’ ce même niveau sur une plus grande échelle. Votre opinion ?

Pour moi, le contexte, le timing et les motivations n’ont rien à faire avec une amélioration de la qualité de l’éducation. D’ailleurs, tout le monde a noté les contradictions entre l’annonce du PM que « l’éducation gratuite pou le tertiaire » et les énoncés laborieux de la ministre de l’Education quant à l’étendue de cette gratuité, ou devrait-on dire de cette « conditional gratuity ».

Comme l’ont déjà dit certains commentateurs, cette mesure serait bien un cadeau mais… un cadeau empoisonné. Ou comme on dit dans notre jargon local « Beau marché coutte cher ».

Les responsables des institutions tertiaires ont déjà fait savoir que bon nombre de « Undergraduate programmes» ne seront pas offerts au profit des « Postgraduate fee-paying programmes » pour renflouer les caisses de ces institutions. Quant au niveau et à la qualité, le ranking sur le plan international de nos institutions tertiaires est éloquent. Au niveau de la qualité, la situation dans nos institutions tertiaires publiques est déjà inquiétante.

La crise financière que traversent ces institutions ne fera qu’aggraver la situation. La priorité de ce Gouvernement aurait du être l’investissement et la consolidation de ce secteur stratégique – l’investissement dans les infrastructures modernes, la technologie, la recherche, les laboratoires bien équipés et sophistiqués, les bibliothèques digitales et un environnement physique attrayant. Cela étant dit, je dois aussi mentionner que la qualité en éducation ne dépend pas uniquement des financements mais aussi de la qualité des ressources humaines.

Aujourd’hui, il faudrait mieux rationnaliser les dépenses par rapport aux ressources limitées dont dispose le pays, et mieux canaliser les besoins.

* En ce qui concerne la décision gouvernementale d’imposer aux étudiants l’obtention de quatre credits pour passer en Grade 12 (Lower VI) en 2019 et de cinq credits en 2020, certains syndicalistes du secteur éducatif soutiennent que cette mesure pourrait impacter sur la fermeture des plusieurs collèges privés et le ‘intake’ au niveau des universités. Par contre, le président de l’association des recteurs soutient cette décision – l’obtention de cinq credits est faisable, dit-il…

J’ai toujours prôné la qualité en éducation et celle-ci doit être améliorée en permanence. D’ailleurs, ceux qui avaient ridiculisé le concept de l’excellence en Education – « World Class Quality Education » – en ont fait référence par la suite en s’indignant contre le nivellement par le bas.

Le philosophe allemand Arthur Schopenhauer a fait cette réflexion que je partage avec vos lecteurs : « All truth passes through three stages. First, it is ridiculed. Second, it is violently opposed. Third, it is accepted as being self-evident.”
Mais, disons que pour réussir, tout changement doit nécessairement passer par une phase de transition bien préparée. Encore une fois, je maintiens que l’amateurisme n’a pas sa raison d’être dans le domaine de l’Education…

* Si cette décision par rapport au critère d’éligibilité aux cours de HSC a provoqué déjà une hausse des demandes dans la filière technique, on peut imaginer ce qu’un manque de places dans cette filière aura comme conséquences sur le plan social avec des étudiants laissés à eux-mêmes faute de qualifications nécessaires afin de poursuivre leurs études dans le « normal stream ». Avez-vous des craintes pour l’avenir de ces jeunes – et de notre société ?

En tant que professionnel de l’Education, je vous rappelle qu’au sein de la population mauricienne, il y a tous les types d’intelligence. Alors, à l’époque où j’étais ministre de l’Education et des Ressources humaines, nous avions mis à parité toutes les filières.

  • Nous avions donc prévu l’ouverture d’un Knowledge Based Training Centre (Ex BAI) à Roche Bois.
  • On parle aujourd’hui de la filière technique mais, en 2008, quand j’étais ministre, on avait mis en place le « Fashion et Design Institute ».

Comme vous le savez, cela fait un certain temps que le pays a besoin de ressources pour l’industrie locale. De ce fait, nos propositions avaient une valeur de projet-pilote pour répondre à la question de « mismatch » entre formations et besoins du marché de l’emploi.

  • Nous avions aussi proposé de convertir La Gaulette SSS en un modèle hybride de TVET de niveau internationalement reconnu pour faciliter l’intégration des jeunes dans le monde du travail.
  • Nous avions prévu dans le manifeste 2005-2010 du PTr la création d’une dizaine d’institutions d’Education et de Formation Technique (IFETs).

Par la suite, nous pensions créer des passerelles pour les jeunes diplômés issus de ces Centres afin qu’ils aient accès à des institutions de niveau tertiaire, et ainsi combler les manques et répondre aux besoins du pays.

* Le secteur éducatif a connu au moins six plans de réforme durant ces 25 dernières années, dont ceux qui sont venus inverser ou défaire ce qui a été mis en place par le précédent gouvernement. Ces réformes ont englouti des milliards de roupies, alors que le niveau baisse aux niveaux secondaire et tertiaire, et pour des milliers de jeunes, les perspectives d’avenir professionnel ne sont pas brillantes. Est-ce acceptable, M. Gokhool ?

Voyez-vous une bonne réforme du « système » – et je mets l’emphase sur l’adjectif « bonne », doit être bien préparée et planifiée avant d’être implémentée dans la durée. Toute réforme doit comprendre tous les secteurs du système éducatif et « no one should be left apart ».

Il n’y aura pas de problème si des plans stratégiques successifs sont bien élaborés et que leur implémentation est bien définie en accord avec tous les « stakeholders » et, bien entendu, les parents devront être au premier rang.

Les pays scandinaves et Singapore sont souvent cités en exemple mais ces pays sont arrivés là où ils sont aujourd’hui car ils ont travaillé sans relâche et de manière professionnelle pendant environ 50 ans. Leurs efforts ont été soutenus et ils ont fait preuve d’innovation quand cela s’avérait crucial pour leur pays, tant sur le plan social qu’économique.

* Certains vous accusent d’avoir inversé ou défait ce qui avait été mis en place par le précédent gouvernement lorsque vous étiez ministre de l’Education, ce qui représentait un gaspillage d’argent public. Que répondriez-vous à cela ?

Vous parlez « d’inverser » ou « de défaire » ce qui a été mis en place par « le précédent gouvernement ». Je récuse cette affirmation. Je ne peux répondre pour d’autres, mais en tant que ministre de l’Education, ma politique était axée sur le changement sans bousculer ce qui était déjà en place lorsque c’était justifié. Laissez-moi vous donner quelques exemples.

  • En 2005, le Parti Travailliste a proposé un retour aux « Form 1- Form V1 Colleges » car les « Form 1- Form V Colleges » et les « Form V1 Colleges » posaient des problèmes importants. Ce système ne fonctionnait pas, tout simplement, dans le contexte mauricien.

Quand nous sommes arrivés au pouvoir, il y avait de nombreux problèmes liés à la discipline dans ces établissements. Laissez-moi vous en citer un. On avait mis des adolescents de même âge et ayant les mêmes besoins et désirs de liberté – chose normale pour n’importe quel jeune – dans un même espace sans préparation préalable du personnel pour gérer ce type d’établissement. Il fallait prendre une décision rapidement afin d’éviter d’autres dérapages. Il n’était pas question d’entacher la réputation des établissements publics.

Aujourd’hui, la plupart des collèges sont des « Form1-Form V1 Colleges ». Est-ce que vous avez entendu parler d’un retour au « Form 1-Form V Colleges » et aux « Form V1 Colleges » de la part de M. Obeegadoo et/ou de Madame Dookhun ? Même l’ardent défenseur de cette formule, jadis conseiller au MMM, aujourd’hui au service du MSM, a concédé que c’était une mauvaise formule.

  • Un deuxième exemple – l’introduction du « grading » au CPE, où le grade A (70 points minimum) était suffisant pour intégrer un collège régional, l’objectif étant de réduire le rat-race.

Malheureusement, suite à cette mesure, il y avait eu un relâchement général et on s’arrêtait uniquement à la Section A du questionnaire du CPE, apportant dans le court terme, une dégradation absolument irréversible de la performance en milieu scolaire. Là, encore une fois, nous avons agi rapidement pour ne pas « tamper with quality ».

Je pourrais continuer cette liste et vous donner d’autres exemples pour démystifier cette perception. D’ailleurs, j’avais interpellé le responsable d’une radio privée qui avait lancé ceci aux auditeurs : Gokhool fine kraze reforme Obeegadoo.

En vérité, à l’époque, nous avions hérité de réformes mal planifiés et nous avions travaillé en concertation avec tous les « stakeholders » pour remédier aux problèmes. Parfois, nous avions anticipé les problèmes et nous étions venus de l’avant avec des solutions.

Et, pour terminer sur ce point, j’ajouterai que j’avais maintenu Madame Gilberte Cheung, Adviser du ministre Obeegadoo à son poste. Pour rappel, c’est elle qui avait rédigé le document sur les « Special Education Needs ». Il y avait aussi M. Panday, autre conseiller de M. Obeegadoo, qui était responsable du projet ZEP quand j’étais ministre. Nous avions aussi reconnu les compétences de Cyril Dalais et retenu ses services. Il est resté en tant que conseiller en « Early Childhood Education ». D’ailleurs, l’Afrique vient de lui décerner une récompense à titre posthume pour sa contribution à l’éducation pré-scolaire.

* Doit-on présumer qu’un prochain gouvernement travailliste – si les astres politiques lui sont favorables – renversera ce qui a été entrepris par l’actuelle ministre Leela Devi Dookun-Luchoomun ?

Je vous ai donné ma réponse et mon approche. Je ne peux pas me prononcer sur l’attitude d’un éventuel titulaire au poste de ministre de l’Education en cas d’un retour du Parti Travailliste au gouvernement.

* Les conditions au niveau du leadership et du ‘team’ travailliste et des circonstances politiques sont-elles réunies pour un retour du PTr au pouvoir, selon vous ?

Les circonstances politiques sont favorables à un changement de gouvernement car les promesses – et elles sont nombreuses — n’ont pas été tenues : le « deuxième miracle économique », le fameux engagement pour nettoyer la pourriture, la fourniture d’eau 24/7, la méritocratie et la transparence en matière de recrutement, l’indépendance des institutions, l’utilisation à outrance de la MBC-TV et les plateformes socioculturelles, les retards pour combattre le fléau de la drogue et l’absence de mesures en milieu scolaire, la pauvreté, la dégradation du Law and Order…etc.

Je ne nie pas qu’il y ait eu certaines mesures positives que ce Gouvernement a introduites mais, dans l’ensemble, le bilan est négatif.

Même si les circonstances paraissent défavorables au Gouvernement, une bataille électorale n’est jamais gagnée d’avance. Aujourd’hui, plus de 50% de l’électorat a une aversion, ou une méfiance, ou affiche une indifférence vis-à-vis de la classe politique.

Cette fois-ci, dimoune pas pou alle vote pied banane. Aussi, je ne prévois ni raz de marée ni aucune victoire « by default ». Et c’est très bien pour la bonne santé de notre démocratie et la responsabilisation des hommes et femmes politiques, notamment en termes d’accountability face à l’électorat.

* Le bruit court que les jours du Gouvernement seraient comptés — quelle que soit la décision que prendront les Law Lords du Privy Council dans l’affaire MedPoint ?

Je n’y crois pas. Il y a toujours un plan B ou un plan C. Et, en politique, il ne faut jamais sous-estimer son adversaire. L’électorat mauricien en a déjà fait la démonstration lors des dernières élections. Il n’y a plus de « fixed deposit ».

Par conséquent, le PTr n’a pas d’autre option. Ce parti est amené à venir de l’avant avec un programme qui tienne compte des besoins à la fois des jeunes, des moins jeunes et des vieux. Il s’agit d’être à l’écoute de l’ensemble des citoyens de la République et de se donner les moyens politiques pour répondre à leurs aspirations.


* Published in print edition on 25 January 2019

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