D.E.V

Elections générales — Analyse et Perspectives

  

Quand? Quelle alliance? Lutte à trois?

  

Quand? Quelle alliance? Lutte à trois? Voilà les questions que se posent le Mauriciens présentement. En effet l’année 2010 sera celle des élections générales et le renouvellement ou non du mandat de l’Alliance sociale. Les tractations en vue de nouvelles alliances ont débuté, chacun affichant ses préférences et conditions. Verrons-nous pour bientôt une alliance PTr-MMM ou PTr-MSM… ? Notre consultant politique, D.E.V., aborde (sous la forme de questions-réponses) toutes ces questions concernant les différents scénarios et les enjeux favorisant une lutte seule, à deux ou à trois pour le parti au pouvoir…* L’attention des Mauriciens est focalisée sur les prochaines législatives engagées dans la dernière ligne droite. Les questions sur toutes les lèvres sont: Quand? Quelle alliance? Lutte à trois? Est-ce trop tôt pour avoir des réponses dans la mesure où les leaders eux-mêmes donnent l’impression de ne pas savoir où ils en sont?

 

La question centrale qui va déterminer la date, c’est quelle alliance. J’avais dans ces mêmes colonnes analysé dans les détails en juillet 2009 cette question dans l’article que j’avais titré « Le casse-tête chinois de Navin Ramgoolam » J’avais ainsi expliqué que c’est beaucoup plus compliqué que ce que les principaux commentateurs laissaient entendre.

Il faut savoir qu’au cœur de cette difficulté se trouve une préoccupation majeure, à savoir la majorité absolue ou quasi absolue pour le parti du Premier ministre. Navin Ramgoolam doit en grande partie la réussite de son prime ministership à cette majorité absolue, gage de stabilité et du renforcement de l’autorité du PM, ô combien nécessaire ! pour un pays comme le nôtre. Lorsque Navin Ramgoolam dit que sa démarche dans le cadre de ses « discussions » vise « l’intérêt du Parti travailliste », il sous-entend cette majorité confortable pour le PTr.

Le PM a absolument raison de prendre le temps qu’il faut pour convaincre un éventuel partenaire de cette nécessité pour le pays. D’autant plus que la réforme constitutionnelle de 2003 portant sur l’article 57 en matière de dissolution du Parlement est venue corser l’affaire. Avant cette réforme l’adoption d’une motion de censure contraignait le Président à dissoudre le Parlement, quel que soit le cas de figure. Depuis l’amendement de 2003, la dissolution n’est plus automatique. Le Président, « acting in his own deliberate judgement », peut très bien passer outre la proposition de dissolution d’un PM désavoué et confier la responsabilité à un tiers de former un nouveau gouvernement dès lors qu’il est convaincu que cette personne a une majorité avec lui.

* C’est une situation difficile à imaginer…

Oui, peut-être, mais on ne sait jamais. Vous savez qu’en politique à Maurice non seulement tout est possible mais aussi n’importe quoi. Qui avait prévu en 2000 que le MMM et le MSM allaient sortir du chapeau cette ânerie qui s’appelle « accord à l’israélienne » J’ajoute que le prime ministership est tellement convoité, de plus en plus, et par n’importe qui, que toutes les combines sont envisageables. En tout cas, cet amendement est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête d’un PM ne disposant que d’une majorité relative.

* Donc, les tractations c’est avant tout une affaire de tickets ?

Absolument. Il s’agit surtout de tickets dans des circonscriptions sûres, à savoir des tickets gagnants. Sur papier, l’exercice de répartition la plus aisée est dans une configuration d’alliance PTr-MMM. Tous les tickets sont éligibles (c-à-d des tickets gagnants) et donc on connaît d’avance les résultats : 60-0. On sait que le MSM aura vraisemblablement deux best losers sauf si le FSM de Cehl Meeah s’en mêle, qu’il y aura quatre élus rodriguais dont deux best losers. Par conséquent la majorité absolue est de 33 plus un, ce que le PTr est en droit de réclamer. Le reste, soit 26, à partager entre le MMM et le PMSD.

En 2005 on peut dire qu’une vingtaine de députés MMM-MSM doivent leur élection à l’électorat mauve alors qu’on a de fortes raisons de croire que l’électorat MSM a été déterminant dans l’élection de Ashock Jugnauth et Mme Dookhun. A partir de cette base chiffrée les négociations portant sur le nombre de tickets ne devraient pas poser de problème.

Dans le cas d’une alliance AS-MSM, l’exercice est plus compliqué si on prend en compte le paramètre majorité absolue ou suffisamment confortable pour le PTr. D’abord, il faut effectuer une prévision très sérieuse sur les résultats en termes de sièges susceptibles d’être conquis lors des législatives à venir. A partir de ce chiffre on procède ensuite à la répartition des tickets pour ces sièges donnés gagnants. Si on prend par exemple 40 tickets gagnants comme base de répartition, ce n’est pas déraisonnable, compte tenu de leur force respective, que le PTr en obtienne une trentaine, le MSM 7, et le PMSD 2.

* Le MSM pourrait considérer cela comme « humiliant », n’est-ce pas?

Ce qualificatif est servi à toutes les sauces. D’après les échos qui nous parviennent des coulisses les négociations actuelles n’ont rien de comparable avec celles qu’avait connues le PTr en 1983, par exemple. Le PTr bien que la plus importante force de l’alliance bleu-blanc-rouge avec un noyau dur de 25%, soit le score de 82, avait dû sans rouspéter accepter une quinzaine de tickets dont 8 sûrs. En plus les profils étaient déterminés par la direction du MSM si bien que des parfaits inconnus étiquetés travaillistes étaient choisis. Il y avait même dans la foulée un plan pour faire disparaître le PTr.

* Par ailleurs, Navin Ramgoolam affirme qu’il est en train de parler à tous ceux qui veulent bien discuter avec lui, alors que Paul Bérenger déclare que les négociations PTr-MMM ont été « freezed ». A quel jeu jouent-ils ?
Navin Ramgoolam est sollicité par deux partenaires potentiels, le MSM d’une part et le MMM d’autre part, ce qui le place dans une situation à la fois confortable et inconfortable. Confortable parce qu’il est en mesure de comparer sereinement les propositions des uns et des autres. Inconfortable dès lors qu’il joue sur deux tableaux. Il fait jouer la concurrence en quelque sorte en laissant le temps ramener les uns et les autres à la raison.
* Paul Bérenger dit préférer une lutte à trois. Au fait, a-t-il de meilleures chances d’arracher la victoire dans une lutte à trois que dans le cadre d’une alliance avec le MSM?
La lutte à trois signifie que les tentatives d’alliance du PTr avec le MMM ou le MSM ont échoué. Mais je n’y crois pas trop. Toutefois, le cas échéant, c’est le MSM qui va se sentir blessé car il s’était habitué à cette idée d’alliance avec le PTr depuis la reconduction de SAJ à Réduit et le soutien appuyé des rouges lors de la partielle au N° 8. Du coup le MSM pourrait mettre en branle sa machine et surtout ses moyens pour faire battre le PTr et se présenter ensuite comme l’alternative face au MMM. Concrètement un petit millier de voix ici et là, je pense notamment aux Nos 4, 8, 13, 14, 15, 16, 18, pouvant faire la différence.
En 1976, seule élection qui a connu une lutte sans alliance, deux petits partis pêchant dans les eaux travaillistes avaient fait tomber quelques élus rouges aux Nos 7, 8, 9, 10, 13. Il est vrai que, de l’autre côté et plus significativement, c’est la présence du PMSD de Gaëtan Duval dans une configuration triangulaire dans certaines circonscriptions urbaines comme les Nos 15, 16, 18 qui a facilité l’élection des candidats travaillistes. Or aujourd’hui il n’y a plus de force capable de mordre dans l’électorat pro-MMM traditionnellement, alors que le MSM est en mesure de faire beaucoup de mal au PTr.
C’est la raison pour laquelle Paul Bérenger insiste lourdement sur cette confrontation à trois qui, bien entendu, l’arrange. Cela dit, je ne crois pas que Paul Bérenger pense sincèrement que Navin Ramgoolam va tomber dans le panneau.
* Mais pourquoi Paul Bérenger semble privilégier une alliance avec les travaillistes plutôt qu’avec le MSM alors que ce dernier pourrait lui concéder tout au moins un partage de prime ministership, ‘deal’ qu’il ne pourra obtenir de Navin Ramgoolam ?
Pour de multiples raisons. En dehors du fait de victoire 60-0 garantie, j’en relèverais trois fondamentales :
1. Obtenir sans frais un nombre plus important d’élus mauves, comparé à 2005 où le MMM était réduite à la portion congrue, afin de constituer une rampe suffisamment solide de relance pour l’après 2010.
2. Permettre sans dégâts la rénovation du parti, cette fameuse relève dont il parle.
3. Redonner du baume au cœur des partisans mauves en désarroi, après une période 2005-10 catastrophique en tout point de vue pour le MMM.
* On sait aussi ce que valent les « paroles données » — sur papier timbré, s’il en faut. Il semblerait que Navin Ramgoolam ne fasse pas grand cas de celle donnée par le leader du MMM par rapport au MSM, le traumatisme de 2000 l’ayant, semble-t-il, profondément marqué. Mais Paul Bérenger insiste sur le fait qu’une alliance MMM-MSM est hors de question. Peut-on le croire?
La réponse est non. Pour reprendre la formule d’un ancien ministre français : « En politique les promesses n’engagent que ceux qui écoutent ». Cela dit, les conditions ne seront pas certainement pas les mêmes qu’en 2005. Par exemple, tout indique que le MMM ne cèdera pas ses bastions. Par conséquent, en cas de victoire, forcément étriquée de cette alliance, le MSM sortirait largement minoritaire entraînant le pays dans une instabilité chronique.
* Les partisans — nombreux en sont-ils — de SAJ disent qu’il devrait faire un « come-back », ce qui modifierait bien de choses sur le terrain. Est-ce envisageable, surtout après l’affaire Cassam Uteem?
On ne peut écarter le retour de SAJ sur le terrain s’il y a une demande pressante de ses partisans. Quant à la polémique entourant l’engagement de Cassam Uteem, si l’éthique ou la morale avait une place en politique, pas seulement à Maurice, cela se saurait.
Je crois même que cette polémique a plutôt servi Cassam Uteem. C’est un sacré coup de pub pour lui. Vous avez vu avec quelle vitesse il a sauté sur l’occasion qui lui est offerte sur un plateau pour entrer dans la mêlée. En sortant les griffes, il est perçu comme un battant, encore « fit for duty ».Pour revenir à SAJ, je ne vois pas en quoi cela le gênerait de faire un retour sur le terrain. Sauf que ce serait peut-être de manière plus discrète pour ne pas gêner son fils qui se donne tellement de mal, ça se comprend, pour s’affranchir politiquement du père.

* Après sa victoire au N° 8 qui lui a conféré une légitimité populaire, Pravind Jugnauth semble être sorti de l’ombre de SAJ. En tout cas il est devenu le « one and only » leader du MSM ; il a acquis un « bargaining power » tel que, selon certains observateurs, cela ne facilite pas la concrétisation d’une alliance avec le PTr. Ce qui expliquerait l’ouverture des négociations officielles entre le PTr et le MMM ? Finalement, le PTr a-t-il bien fait en le faisant élire?

Je crois savoir que la raison principale derrière le soutien appuyé à Pravind Jugnauth au N° 8 est liée à une considération d’ordre moral, de profonde conviction. Le PTr s’étant tellement battu pour faire invalider l’élection de Ashock Jugnauth que cela aurait été un énorme camouflet non seulement pour le PTr mais aussi pour le pays, pour sa justice, si Ashock Jugnauth était réélu.

C’est vrai que d’un point de vue strictement stratégique, avec une défaite de Pravind Jugnauth, ce qui était prévisible en cas de non-participation des rouges, son « bargaining power » aurait été réduit à néant. De l’autre côté, une victoire d’Ashock Jugnauth aurait semé une grosse pagaille au sein du MMM. En plus une éventuelle alliance MMM-MSM aurait été définitivement exclue car le MMM aurait avec lui un Jugnauth gagnant. Tout ceci aurait alors conduit Pravind Jugnauth à la table de négociations avec plus de modestie.

Sur ces fameuses exigences de Pravind Jugnauth, les détails ne sont pas connus mais tout le monde aura deviné que ça coince tout au moins au niveau du nombre de tickets, surtout ceux donnés gagnants.

* Pravind Jugnauth doit être le premier à savoir qu’il n’avait aucune chance dans une « three-cornered fight » à la partielle du N° 8, encore moins aux élections générales? Ne prend-t-il pas un risque énorme de tout perdre en se montrant excessif dans ses demandes? Ou s’agit-il d’un risque calculé?

Si Pravind Jugnauth ne revient pas à de meilleurs sentiments, compte tenu de sa force réelle, ça peut être une indication qu’il entend réaliser son ambition premier ministérielle en s’y attelant dès maintenant. Sa nouvelle stratégie consisterait alors de passer plutôt par le PTr après l’échec de la voie MMM. S’il obtient un nombre de sièges, un seuil critique que j’estimerais à 9-10 dans une alliance de 42 élus, cela lui permettrait de se positionner comme le « challenger » direct de Navin Ramgoolam. Pravind Jugnauth prend effectivement le risque de tout perdre. Face à une alliance PTr-MMM, le MSM sera laminé et disparaîtra. On pourrait parler de risque calculé dans la perspective de lutte triangulaire. Dans ce cas, le MSM fera tout pour faire battre le PTr et se positionner comme recours. Mais bon, nous n’en sommes pas là. Nous ne sommes qu’au début des réelles négociations et les demandes excessives y sont normales. Pravind Jugnauth sait trop bien que c’est la survie même du MSM qui est en jeu, pour ne pas songer à mettre de l’eau dans son vin.

* Paul Bérenger qui mise sur une lutte à trois, ce qui l’avantagerait, sait que, le traumatisme de 2000 aidant, Navin Ramgoolam ne souhaiterait pas voir en face de lui une nouvelle alliance MMM-MSM, d’où ses exigences pour 28-30 tickets du PTr. Ici également, s’agit-il d’un risque calculé ?

Paul Bérenger exagère sur sa demande de 28-30 tickets. En 1995 le MMM plus fort que maintenant s’était contenté de 25 tickets. Bon, c’est le début des négociations, disons officielles, et les exagérations sont normales. Je pense que sur le nombre de tickets, cela à la fin ne devrait pas poser de problème. En revanche, il faut voir ce que cela donne sur d’autres points, notamment le rôle du PMXD.

* Certains apparatchiks rouges, par contre, misent sur un glissement de l’électorat traditionnel MMM vers le PTr. L’Empowerment Fund, le phénomène Grégoire aidant, ils voient un effritement de l’électorat MMM. « Wishful thinking » ?

Je ne sais vraiment pas d’où ils sortent cette histoire de glissement de l’électorat traditionnel MMM vers le PTr. Cela me fait penser à 2000 lorsque les sondages et la victoire de Xavier Duval au N°20 alimentaient ce genre de conclusion.

L’Empowerment Programme, au demeurant une très louable initiative, n’a pas encore atteint une vitesse de croisière telle qu’on puisse parler de répercussions politiques. Quant à un effritement de l’électorat MMM, il est palpable en effet mais c’est plutôt le résultat de leurs querelles internes. J’ajoute que je ne suis pas certain que ce soit aussi durable pour que le PTr puisse miser là-dessus. L’élection de 2000 doit servir d’exemple.

Je vais vous en donner un autre exemple. En 2005, l’Alliance sociale présentait deux candidats de Population générale face à un seul du MMM au N° 20 et c’est dans cette circonscription que l’AS a obtenu son plus faible score, soit 37%. Non, c’est beaucoup plus compliqué que cela. De consultation en consultation, la situation s’empire. Ce ne sont pas des artifices ou des gadgets qui vont changer tout cela. Il faut un travail de profondeur, mais est-ce que cela intéresse vraiment nos partis politiques qui affichent leur vocation de parti national ? Bon, c’est vrai, c’est déjà ça.

* Paul Bérenger, poursuivant son « opération de séduction auprès de la communauté musulmane », a participé au lancement du Ralliement des Forces Musulmanes vendredi dernier au Rabita Hall à Port Louis. Le Mauricien rapporte : « Les dirigeants du MMM ont le sentiment que les électeurs qui avaient permis à l’Alliance Sociale d’ébranler la citadelle mauve dans la capitale revenaient vers l’opposition ». Ici également, c’est du « wishful thinking » ou ont-ils de bonnes raisons de vouloir retourner vers le MMM?

Si Paul Bérenger, dans l’état où se trouve le MMM et qui comme les autres d’ailleurs, a une stratégie ethnique pour accéder au pouvoir, a une chance de réussir, c’est d’abord en tentant de reconquérir ceux qui sont partis. En particulier ces électeurs musulmans qu’il a perdus et qui occupent une place charnière sur l’échiquier politique d’aujourd’hui. D’où « l’opération de séduction » comme vous dites auprès de cette communauté.

Ceux qui sont partis vers le PTr ou plutôt vers Navin Ramgoolam et surtout Rashid Beebeejaun ne reviendront certainement pas. En revanche, il pourrait compter sur une partie de ceux qui sont partis au FSM et capables de faire la différence aux Nos 2 et 3. Tout indique que le MMM semble revenir à ses fondamentaux en matière de stratégie notamment ethnique pour préparer l’après 2010.


« Si Paul Bérenger, dans l’état où se trouve le MMM et qui comme les autres d’ailleurs, a une stratégie ethnique pour accéder au pouvoir, a une chance de réussir, c’est d’abord en tentant de reconquérir ceux qui sont partis. En particulier ces électeurs musulmans qu’il a perdus et qui occupent une place charnière sur l’échiquier politique d’aujourd’hui. D’où « l’opération de séduction » comme vous dites auprès de cette communauté. Ceux qui sont partis vers le PTr ou plutôt vers Navin Ramgoolam et surtout Rashid Beebeejaun ne reviendront certainement pas… »


« La lutte à trois signifie que les tentatives d’alliance du PTr avec le MMM ou le MSM ont échoué. Mais je n’y crois pas trop. Toutefois, le cas échéant, c’est le MSM qui va se sentir blessé car il s’était habitué à cette idée d’alliance avec le PTr depuis la reconduction de SAJ à Réduit et le soutien appuyé des rouges lors de la partielle au N° 8. Du coup le MSM pourrait mettre en branle sa machine et surtout ses moyens pour faire battre le PTr et se présenter ensuite comme l’alternative face au MMM… » 


 

 

« La réforme constitutionnelle de 2003 portant sur l’article 57 en matière de dissolution du Parlement est venue corser l’affaire. Avant cette réforme l’adoption d’une motion de censure contraignait le Président à dissoudre le Parlement, quel que soit le cas de figure. Depuis l’amendement de 2003, la dissolution n’est plus automatique. Le Président, « acting in his own deliberate judgement », peut très bien passer outre la proposition de dissolution d’un PM désavoué et confier la responsabilité à un tiers… cet amendement est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête d’un PM ne disposant que d’une majorité relative… »


 

 

 

 

 

 

« Face à une alliance PTr-MMM, le MSM sera laminé et disparaîtra. On pourrait parler de risque calculé dans la perspective de lutte triangulaire. Dans ce cas, le MSM fera tout pour faire battre le PTr et se positionner comme recours. Mais bon, nous n’en sommes pas là. Nous ne sommes qu’au début des réelles négociations et les demandes excessives y sont normales. Pravind Jugnauth sait trop bien que c’est la survie même du MSM qui est en jeu, pour ne pas songer à mettre de l’eau dans son vin

… »

« Je crois même que cette polémique a plutôt servi Cassam Uteem. C’est un sacré coup de pub pour lui. Vous avez vu avec quelle vitesse il a sauté sur l’occasion qui lui est offerte sur un plateau pour entrer dans la mêlée. En sortant les griffes, il est perçu comme un battant, encore « fit for duty ». Pour revenir à SAJ, je ne vois pas en quoi cela le gênerait de faire un retour sur le terrain. Sauf que ce serait peut-être de manière plus discrète… »


 

 

« En 1976, seule élection qui a connu une lutte sans alliance, deux petits partis pêchant dans les eaux travaillistes avaient fait tomber quelques élus rouges aux Nos 7, 8, 9, 10, 13. Il est vrai que, de l’autre côté et plus significativement, c’est la présence du PMSD de Gaëtan Duval dans une configuration triangulaire dans certaines circonscriptions urbaines comme les Nos 15, 16, 18 qui a facilité l’élection des candidats travaillistes. Or aujourd’hui il n’y a plus de force capable de mordre dans l’électorat pro-MMM traditionnellement… »


« C’est vrai que d’un point de vue strictement stratégique, avec une défaite de Pravind Jugnauth, ce qui était prévisible en cas de non-participation des rouges, son « bargaining power » aurait été réduit à néant. De l’autre côté, une victoire d’Ashock Jugnauth aurait semé une grosse pagaille au sein du MMM. En plus une éventuelle alliance MMM-MSM aurait été définitivement exclue car le MMM aurait avec lui un Jugnauth gagnant. Tout ceci aurait alors conduit Pravind Jugnauth à la table de négociations avec plus de modestie… »


« D’après les échos qui nous parviennent des coulisses les négociations actuelles n’ont rien de comparable avec celles qu’avait connues le PTr en 1983, par exemple. Le PTr bien que la plus importante force de l’alliance bleu-blanc-rouge avec un noyau dur de 25%, soit le score de 82, avait dû sans rouspéter accepter une quinzaine de tickets dont 8 sûrs. En plus les profils étaient déterminés par la direction du MSM si bien que des parfaits inconnus étiquetés travaillistes étaient choisis. Il y avait même dans la foulée un plan pour faire disparaître le PTr… » 

 

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